L’Atlas de la santé bucco-dentaire
SECONDE ÉDITION

L’Atlas de la santé bucco-dentaire
SECONDE ÉDITION
UN APPEL POUR UNE ACTION MONDIALE
L’ENJEUDESMALADIES
BUCCO-DENTAIRES
L’ENJEU DES MALADIES
BUCCO-DENTAIRES
Un appel pour une action
mondiale
L’Atlas de la santé bucco-dentaire
SECONDE ÉDITION
Avant-propos 5
Remerciements 6
Chapitre 1 Introduction 8
Des dents saines pour une vie en bonne santé 10
Chapitre 2 Maladies bucco-dentaires et santé 12
Santé bucco-dentaire et état général 14
Carie dentaire
Charge de morbidité de la maladie 16
Développement de la maladie 18
Témoignages de patients / Quelles mesures prendre ? 20
Maladies parodontales
Nature du processus de la maladie 22
Témoignages de patients / Quelles mesures prendre ? 24
Cancer buccal
Charge de morbidité de la maladie 26
Témoignages de patients / Quelles mesures prendre ? 28
VIH/SIDA et santé bucco-dentaire 30
Noma 32
Anomalies congénitales 34
Traumatismes bucco-dentaires 36
Chapitre 3 Maladies bucco-dentaires et facteurs de risque 38
Déterminants sociaux et facteurs de risque communs 40
Sucre 42
Tabac 44
Alcool 46
Alimentation 48
Chapitre 4 Maladies bucco-dentaires et société 50
Les inégalités en santé bucco-dentaire
État de santé bucco-dentaire 52
Impact des maladies bucco-dentaires 54
Accès aux soins bucco-dentaires 56
Table des matières
Première publication par la Fédération dentaire internationale (FDI) en 2015
Texte et illustrations copyright © Fédération dentaire internationale (FDI) 2015
Cartes, schémas, graphiques et concept original copyright © Myriad Editions 2015
Tous droits réservés
Publié pour la Fédération dentaire internationale par
Myriad Editions
Brighton, R-U
www.myriadeditions.com
Aucune partie de cet ouvrage ne peut être reproduite, enregistrée dans un système de recherche documentaire et de
consultation, ou transmise sous quelque forme que ce soit et par quelque moyen que ce soit sans l’autorisation écrite de
la Fédération dentaire internationale (FDI). Veuillez écrire à l’adresse info@fdiworldental.org pour toute demande.
Les opinions exprimées dans cet ouvrage ne reflètent pas obligatoirement celles de la Fédération dentaire internationale
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approuve ou les recommande. Toutes les précautions raisonnables ont été prises pour garantir l’exactitude de l’ensemble
des informations communiquées dans cet ouvrage. La Fédération dentaire internationale (FDI) ne peut nullement être
tenue responsable si certaines informations se révèlent néanmoins incorrectes.
Les dénominations ainsi que la présentation des données utilisées dans cet ouvrage ne reflètent nullement une quelconque
opinion de la part de la Fédération dentaire internationale (FDI) quant au statut légal de tout pays, territoire, ville, région
ou de leurs autorités, ou quant au tracé de leurs frontières ou limites. Les lignes pointillées utilisées dans les cartes
représentent des frontières qui ne sont pas reconnues de manière unanime. Les termes de « pays à faible revenu, à revenu
intermédiaire, et à revenu élevé » utilisés dans cet ouvrage reprennent les définitions de la Banque mondiale. En raison
de contraintes d’espace, la FDI a choisi d’utiliser les noms et abréviations les plus courants pour les pays suivants sur les
cartes et sur les autres graphiques :
Toutes les saisies – données, sources et références – ont été clôturées le 30 avril 2015.
Citation suggérée : L’enjeu des maladies bucco-dentaires – un appel pour une action mondiale. L’Atlas de la santé buccodentaire. 2nde éd., Genève : Fédération dentaire internationale (FDI) ; 2015.
Avertissement
ARYM : Ancienne République
yougoslave de Macédoine
B-H : Bosnie-Herzégovine
Bolivie : État plurinational de Bolivie
Brunei : Brunei Darussalam
Congo : République du Congo
Corée du Nord : République
populaire démocratique de Corée
Corée du Sud : République de Corée
EAU : Émirats arabes unis
États-Unis : États-Unis d’Amérique
Iran : République islamique d’Iran
Laos : République démocratique
populaire lao
Liecht. : Liechtenstein
Lux. : Luxembourg
Moldavie : République de Moldavie
Mont. : Monténégro
Ouzbék. : République d’Ouzbékistan
Pays-Bas : Royaume des Pays-Bas
Rép. dém. du Congo : République
démocratique du Congo
R-U : Royaume-Uni de GrandeBretagne et d’Irlande du Nord
Russie : Fédération de Russie
Slov. : Slovénie
Slovaquie : République slovaque
St Vincent & Grenad. : Saint-Vincentet-les-Grenadines
Suisse : Confédération suisse
Syrie : République arabe syrienne
Tanzanie : République unie de
Tanzanie
Timor oriental : République
démocratique du Timor oriental
Venezuela : République bolivarienne
du Venezuela
5
La Fédération dentaire internationale (FDI) représente plus d’un million de dentistes dans le
monde par l’intermédiaire des quelques 150 associations dentaires nationales (NDA) qui en sont
membres. Partant du constat que la santé bucco-dentaire est fondamentale pour un bon état de
santé général et pour le bien-être, elle cherche à réaliser sa vision pour « conduire le monde à
une santé bucco-dentaire optimale » en s’appuyant pour cela sur les quatre piliers de sa mission
qui visent à construire les moyens d’action des NDA, à garantir le transfert de connaissances, à
assurer une éducation continue, et à faire la promotion de la santé bucco-dentaire.
Pour parvenir à une santé bucco-dentaire optimale, il est nécessaire de comprendre où nous en
sommes aujourd’hui. C’est dans ce but que la FDI a publié son premier Atlas de la santé bucco-dentaire en 2009, avec l’objectif annoncé de « cartographier un problème de santé mondiale
négligé ». Ouvrage de référence, dense et informatif, mais néanmoins accessible aux lecteurs
néophytes, cet Atlas a proposé une approche inédite et innovante pour une meilleure compréhension des maladies bucco-dentaires, de leur épidémiologie et de leurs facteurs de risque, et il
a mis en lumière des domaines d’inquiétude spécifiques.
Outil unique, capable de présenter un sujet très complexe à des publics très divers, l’Atlas a reçu
un accueil très positif tant de la part des dentistes et des chercheurs dentaires que du monde
académique, des institutions sanitaires, et d’autres professions de santé. Encouragée par le succès de la première édition, la FDI a décidé de le rééditer, en ajoutant un nouvel objectif, celui
de l’activisme, aux qualités de la première version. Le but étant désormais de faire bouger les
lignes, en plus de cerner les problèmes. L’enjeu des maladies bucco-dentaires – un appel pour
une action mondiale est donc bien plus qu’une source d’informations précieuses ; c’est, pour la
FDI, un outil essentiel pour faire la promotion de la santé bucco-dentaire.
La FDI estime que la santé bucco-dentaire est un droit fondamental et elle fait écho à la Déclaration d’Adélaïde sur l’intégration de la santé dans toutes les politiques (2010) dans son propre
principe d’une « intégration de la santé bucco-dentaire dans toutes les politiques ». Ce nouvel
ouvrage cherche à donner corps à ce concept, en avançant des pistes d’action et des recommandations à chaque fois que cela est possible et pertinent. L’objectif global est d’aider les leaders
et décideurs politiques, qui peuvent ne pas être des spécialistes de la santé, à tenir compte des
aspects de la santé bucco-dentaire, du bien-être et de l’équité lors de l’élaboration des politiques
et des services, de leur mise en œuvre et de leur évaluation.
Dr Patrick Hescot,
FDI President
Chapitre 5 Maladies bucco-dentaires : prévention et traitement 58
Fourniture de soins bucco-dentaires
Dentistes 60
Équipe dentaire 62
Continuum des soins bucco-dentaires 64
Prévention de la carie dentaire
Fluors 66
Dentifrice fluoré 68
Chapitre 6 Les enjeux en santé bucco-dentaire 70
Enjeux de la formation 72
Enjeux des migrations internationales 74
Enjeux de la recherche 76
Chapitre 7 La santé bucco-dentaire dans l’agenda mondial 78
Santé bucco-dentaire et MNT
Un plan d’action commun 80
Une dynamique en plein essor 82
Santé bucco-dentaire et développement mondial 84
Couverture sanitaire universelle 86
Amalgame dentaire et Convention de Minamata 88
Chapitre 8 Un appel pour une action mondiale 90
Recommandations pour la promotion de la santé bucco-dentaire 92
Annexe 98
Les grandes dates de la médecine dentaire 99
Commentaires sur les données et les sources 106
Abréviations 109
Références 110
Crédits photographiques 118
Index alphabétique 119
Avant-propos
6 7
La FDI adresse toute sa gratitude à toutes les personnes
qui ont apporté leur aide lors de la préparation de L’enjeu
des maladies bucco-dentaires – un appel pour une action
mondiale.
Nous tenons à remercier tout particulièrement nos
rédacteurs en chef, le Professeur Habib Benzian, Faculté
d’odontologie, Université de New York, États-Unis, et le
Professeur David Williams, Barts and The London School
of Medicine and Dentistry, Queen Mary University of
London, R-U, pour leur profond engagement et leur
précieuse contribution à ce projet, ainsi que Tania Séverin,
rédactrice adjointe, FDI.
Nous remercions également les membres de notre Équipe
spéciale Atlas de la santé bucco-dentaire pour leur
supervision et leurs conseils :
Lijian Jin, Faculté de médecine dentaire, Université de
Hong Kong, RAS de Hong Kong, Chine, président de
l’Équipe spéciale
Habib Benzian, Faculté d’odontologie, Université de New
York, États-Unis
Kevin Hardwick, Association dentaire américaine, ÉtatsUnis
Feue Fannye Thompson, ministre de la santé, la Barbade
David Williams, Barts and The London School of Medicine
and Dentistry, Queen Mary University of London, R-U
Nous adressons toute notre reconnaissance à l’équipe
de la FDI : Claudia Marquina, rédactrice en chef, et
Jean-Luc Eiselé, Directeur exécutif (2011-2015).
Tous nos remerciements vont à l’association dentaire de
Hong Kong pour son généreux soutien de L’enjeu des
maladies bucco-dentaires – un appel pour une action
mondiale. Nous souhaitons aussi remercier nos partenaires
GC Corporation, Henry Schein, Ivoclar Vivadent, Listerine,
Morita, Sunstar et Unilever pour le soutien apporté aux
activités de promotion de la FDI dans le cadre de son
initiative Vision 2020 de la FDI.
Nos remerciements les plus chaleureux aux contributeurs
suivants pour leurs conseils sur des chapitres et des
données spécifiques :
Chapitre 1 – Introduction
Kitty Hse, School Dental Care Service, RAS de Hong
Kong, Chine
Chapitre 2 – Maladies bucco-dentaires et santé
Lijian Jin, Faculté de médecine dentaire, Université de
Hong Kong, RAS de Hong Kong, Chine
Ira Lamster, École de santé publique Mailman, Université
Columbia, États-Unis
Peter Mossey, École d’odontologie, Université de Dundee,
R-U
Sudeshni Naidoo, Faculté d’odontologie, Université du
Cap occidental, Afrique du Sud
Benoit Varenne, Bureau régional de l’Afrique,
Organisation mondiale de la Santé, République du Congo
Saman Warnakulasuriya, Dental Institute, King’s College
Londres, R-U
Domenick Zero, Institut de recherche en santé buccodentaire, École dentaire de l’université de l’Indiana,
États-Unis
Chapitre 3 – Maladies bucco-dentaires et facteurs de
risque
Michael Eriksen, École de santé publique, Université
d’État de la Géorgie, États-Unis
Zairah Roked, Groupe de recherche sur les violences,
Université de Cardiff, R-U
Andrew Rugg-Gunn, École de sciences dentaires,
Université de Newcastle, R-U
Aubrey Sheiham, Département de recherche en
épidémiologie et en santé publique, University College
London, R-U
Jonathan Shepherd, Groupe de recherche sur les
violences, Université de Cardiff, R-U
Carrie Whitney, École de santé publique, Université d’État
de la Géorgie, États-Unis
Chapitre 4 – Maladies bucco-dentaires et société
Stefan Listl, Groupe sur l’économie de la santé
translationnelle, CHU de Heidelberg, Allemagne
Georgios Tsakos, Département de recherche en
épidémiologie et en santé publique, University
College London, R-U
Richard Watt, Département de recherche en
épidémiologie et en santé publique, University College
London Londres, R-U
David Williams, Barts and The London School of Medicine
and Dentistry, Queen Mary University of London, R-U
Chapitre 5 – Maladies bucco-dentaires : prévention et
traitement
Habib Benzian, Faculté d’odontologie, Université de New
York, États-Unis
Jo Frencken, Faculté de sciences dentaires, Université
Radboud de Nimègue, Pays-Bas
Brittany Seymour, Département de politique en santé
publique et d’épidémiologie, Harvard School of Dental
Medicine, États-Unis
Nermin Yamalik, Faculté d’odontologie, Université de
Hacettepe, Turquie
Chapitre 6 – Les enjeux en santé bucco-dentaire
Madhan Balasubramanian, Centre de recherche australien pour la recherche en santé bucco-dentaire, Faculté
d’odontologie, Université d’Adélaïde, Australie
David Brennan, Centre de recherche australien pour la
recherche en santé bucco-dentaire, Faculté d’odontologie,
Université d’Adélaïde, Australie
Christopher Fox, International Association for Dental
Research, États-Unis
Sally Hewett, Ihland Garden Dental, États-Unis
Chapitre 7 – La santé bucco-dentaire dans l’agenda
mondial
Robert Beaglehole, Université d’Auckland, NouvelleZélande
Manu Raj Mathur, Public Health Foundation of India &
Département de recherche en épidémiologie et en santé
publique, University College London, R-U
Christopher Simpson, Fédération dentaire internationale
(FDI),
David Williams, Barts and The London School of Medicine
and Dentistry, Queen Mary University of London, R-U
Annexe
Malcolm Bishop, Dental Institute, Kings College London,
R-U
Remerciements
8
9

La première édition de l’Atlas de la santé buc

co-dentaire, publiée en 2009, visait à « cartogra

phier un problème de santé mondiale négligé ».
Ce problème n’a pas été davantage pris en charge

depuis, mais il se dessine cependant des occa

sions inédites et encourageantes pour agir et
traiter les maladies bucco-dentaires à l’échelle

mondiale. Le titre de cette seconde édition, l’En

jeu des maladies bucco-dentaires – un appel pour
une action mondiale, a été modifié pour prendre
acte de ces avancées.

Ce texte entièrement remanié s’adresse explici

tement aux décideurs politiques et aux leaders
d’opinion. Il s’affirme clairement comme une
ressource de promotion destinée à l’ensemble
des professionnels de santé bucco-dentaire ainsi
qu’aux personnes qui s’inquiètent de la charge

mondiale de morbidité, inacceptable, des mala

dies bucco-dentaires. Cet ouvrage est un recueil

d’informations, de données et de faits sur de nom

breux sujets en lien avec la santé bucco-dentaire.

Il dresse l’état des lieux de la santé bucco-den

taire dans le monde à travers le prisme de la santé
publique et des populations, et il vise clairement
à en soutenir l’effort de promotion et d’action.
Ainsi que l’illustre cet ouvrage, il existe de graves
lacunes dans les données épidémiologiques

récentes sur les maladies bucco-dentaires ma

jeures, notamment dans les pays à faible revenu

ou à revenu intermédiaire. De ce fait, la sensi

bilisation générale aux maladies bucco-dentaires
reste globalement faible parmi les décideurs
politiques, les planificateurs en santé publique
et la communauté de la santé. Les interventions
existantes visant à prévenir et à contrôler les
maladies bucco-dentaires sont encore bien trop
souvent considérées comme un luxe accessoire
plutôt que comme un droit humain fondamental
pour chacun. La charge mondiale de morbidité
des maladies bucco-dentaires reste donc toujours
en grande partie négligée, et ces dernières ne se

voient allouer qu’un faible pourcentage de res

sources pour les activités de surveillance, de pré

vention, de soins et de recherche.
L’un des principaux objectifs de cet ouvrage est

donc de mieux sensibiliser les décideurs poli

tiques à la nécessité de s’attaquer au problème de

la charge de morbidité des maladies bucco-den

taires. Il présente un panorama des principales
maladies bucco-dentaires et de la charge qu’elles

représentent. Il fait le point sur les difficultés ac

tuelles rencontrées par les professionnels de santé
bucco-dentaire et il propose différents trains de
mesures qui peuvent – et devraient – être prises
pour alléger la charge mondiale de morbidité de
ces maladies.

De nouveaux chapitres replacent la santé buc

co-dentaire dans le contexte plus général du
développement international, où des initiatives

majeures, telles que les Objectifs de dévelop

pement durable (ODD) des Nations Unies, la

reconnaissance de la charge de morbidité mon

diale croissante des maladies non transmissibles

(MNT), et la Convention de Minamata sur le mer

cure, offrent de nouvelles et solides occasions
de mettre en place des approches de promotion,
d’intégration et intersectorielles.
Complété par un bref rappel historique de la
santé et des maladies bucco-dentaires, l’Atlas se
referme sur des Commentaires sur les données et
les sources détaillés qui alertent sur l’étendue des

lacunes des informations en santé bucco-den

taire.
La vision de la FDI pour « conduire le monde à
une santé bucco-dentaire optimale » requiert de
passer du modèle de soins prédominant actuel,
essentiellement curatif et axé sur les services
cliniques aux patients individuels, à un modèle

d’interventions préventives à l’échelle des popu

lations.

Pour réussir, ce changement de paradigme déli

cat appelle un effort concerté de la part de l’en

semble des parties prenantes concernées par la
santé bucco-dentaire. Il nécessite également de

nouer de nouveaux partenariats avec d’autres ac

teurs du monde de la santé et d’autres secteurs.
Les efforts internationaux menés pour réduire la
charge de morbidité des autres MNT ont montré
qu’il était possible, avec un leadership solide et

un large soutien politique, de mener ce type d’ac

tions audacieuses. Il est désormais temps d’inté

grer la santé bucco-dentaire à ces efforts.
Habib Benzian
New York, États-Unis
Rédacteur en chef
David Williams
Londres, R-U
Rédacteur en chef
Introduction Chapitre 1
Il est possible de commencer
à nettoyer ou à essuyer la
première dent d’un bébé à
son éruption. Les biberons
de boissons sucrées ou de jus
de fruits peuvent provoquer
une carie précoce pendant
l’enfance. Il est préférable de
donner des biberons d’eau
pure.
Les enfants peuvent
commencer à se brosser les
dents deux fois par jour,
sous la surveillance de leurs
parents, en utilisant une
noix de dentifrice fluoré (de
la taille d’un petit pois). Les
premiers bilans dentaires
peuvent commencer très tôt
pendant l’enfance.
Adopter de bonnes
habitudes alimentaires,
en limitant la quantité de
sucreries et leur fréquence
de consommation.
Commencer à porter des
protège-dents pour les sports
de contact.
Prendre l’habitude
régulière de se brosser
les dents deux fois par
jour en utilisant du
dentifrice fluoré.
Éviter les sucreries, le
tabac et l’alcool.
Une bonne hygiène
bucco-dentaire et des
habitudes de vie saines,
associées à des bilans
dentaires réguliers, permettent
d’éviter les caries dentaires et
les maladies parodontales. Les
femmes enceintes doivent
faire particulièrement
attention à leur santé
bucco-dentaire.
Le risque de maladies peut
être accru par la sécheresse
buccale liée à une
production limitée de
salive. Des contrôles
réguliers peuvent aider à
conserver une bouche en
bonne santé et une bonne
qualité de vie.
Âge : 6 mois
Début de l’éruption
dentaire.
Âge : 2 ans et demi
Éruption de toutes les dents de
lait (supérieures et inférieures).
Âge : 12 ans
Éruption de la plupart
des dents définitives.
Âge : 21 ans
Les troisièmes molaires (dents de sagesse)
sont les dernières dents à se développer.
Âge : 6 ans
Éruption des premières dents définitives.
UNE BONNE SANTÉ BUCCO-DENTAIRE
POUR TOUTE LA VIE
Des dents de lait et
des dents définitives
saines sont
importantes pour
l’état de santé
général et pour le
bien-être tout au long
de la vie.
Des dents saines pour une vie en bonne santé
Il est important d’avoir une dentition saine et
en parfait état à chaque étape de la vie car elle
est nécessaire à toutes les fonctions humaines
essentielles, telles que parler, sourire, s’engager
dans des activités sociales et manger. Les dents
aident aussi à rendre chaque visage unique.
Une dentition normale se compose de 20 dents
de lait, progressivement remplacées par 32
dents définitives. L’éruption dentaire commence
vers l’âge de 6 à 10 mois, généralement par les
incisives inférieures. L’éruption de toutes les
dents de lait se termine habituellement vers l’âge
de deux ans et demi.
Des dents de lait saines préservent l’espace nécessaire aux dents définitives qui se développent
dans la mâchoire. Leur perte prématurée, à cause
des caries dentaires ou de blessures, se traduit
souvent par une perte d’espace pour les dents
suivantes et elle peut conduire à des problèmes
d’encombrement dentaire.
L’éruption des incisives inférieures définitives et
des premières molaires définitives se produit vers
l’âge de 6 ans. La période de transition entre les
dents de lait et la dentition définitive s’étale entre
l’âge de 6 et 12 ans. Dans l’idéal, l’éruption des
32 dents définitives est terminée à l’âge de 21 ans.
Les dents et les tissus buccaux sont exposés
pendant toute la vie à de nombreux facteurs
environnementaux susceptibles de provoquer des
maladies voire la perte des dents. La carie
dentaire et les maladies parodontales sont les
maladies bucco-dentaires les plus communes,
mais elles restent largement évitables.
Des soins bucco-dentaires appropriés, prodigués
soi-même ou par des professionnels, associés
à l’adoption de modes de vie sains et à la suppression des risques, tels qu’une consommation élevée
de sucre et le tabac fumé, permettent de conserver
une dentition saine pendant toute sa vie.
Développement de la dentition
De bonnes habitudes pour toute la vie
10 11
CHAPITRE 1 INTRODUCTION
13
Qu’est-ce que la santé bucco-dentaire et pourquoi faut-il considérer les maladies bucco-dentaires comme une menace de santé publique
sérieuse ? Certes, seule une zone limitée du corps
humain est directement attaquée par les maladies
bucco-dentaires, mais leurs conséquences et leur
impact affectent ce dernier dans sa globalité.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) définit la santé bucco-dentaire comme « l’absence
de douleur buccale ou faciale, de cancer buccal
ou pharyngé, d’infection ou de lésion buccale,
de parodontopathie (affection touchant les gencives), de déchaussement et perte de dents, et
d’autres maladies et troubles qui limitent la
capacité de mordre, mâcher, sourire et
parler d’une personne, et donc son
bien-être psychosocial ».
Cette définition largement admise est complétée par la reconnaissance de la santé bucco-dentaire comme inhérente
au droit à la santé et, partant,
aux droits humains fondamentaux énoncés dans la Déclaration
universelle des droits de l’homme
des Nations Unies, adoptée par tous les
pays.
Un corps sain est indissociable d’une bouche
saine. À l’inverse, une mauvaise santé buccodentaire peut avoir des répercussions dévastatrices sur le bien-être physique et psychologique.
Pourtant, la charge de morbidité élevée des maladies bucco-dentaires est un enjeu de santé publique largement sous-estimé par la plupart des
pays. Les maladies bucco-dentaires sont souvent
invisibles et cachées, ou alors elles sont acceptées comme une conséquence inévitable de la
vie et du vieillissement. Néanmoins, loin d’être
une fatalité, il est tout à fait possible de les juguler ou de les prévenir en adoptant des mesures
simples et efficaces tout au long de la vie, au
niveau individuel et au niveau des populations.
Sur les 291 maladies étudiées entre 1990 et 2010
dans le cadre de l’Étude sur la charge mondiale de
morbidité, la carie dentaire non soignée présente
la plus forte prévalence. Cette Étude fait autorité
en matière d’estimation de la charge mondiale de
morbidité et elle sert de base pour la planification
des politiques de santé et pour l’allocation des
ressources. La parodontite aiguë, qui affecterait
de 5 à 20 % de la population mondiale, est la
sixième maladie la plus répandue. Le cancer buccal figure parmi les 10 cancers les plus fréquents,
et sa prévalence est encore plus importante en
Asie du Sud-est, où sa charge devrait s’aggraver
en raison de la hausse de la consommation de
tabac et d’alcool.
Près de la moitié des 35 millions
de personnes infectées par le VIH
souffre d’infections fongiques,
bactériennes ou virales buccales. Des dizaines de milliers
d’enfants sont toujours victimes
du noma dans les régions les
plus pauvres d’Afrique subsaharienne. En outre, un enfant sur
500 à 700 présente une fente labiale
et/ou palatine à la naissance. Enfin, les
traumatismes bucco-dentaires et faciaux, dus à
des environnements dangereux, à la pratique des
sports et à la violence, prélèvent un lourd tribut,
notamment chez les enfants.
Ces exemples permettent de prendre la mesure
de la charge de morbidité élevée des maladies
bucco-dentaires qui appellent des actions de prévention à l’échelle des populations et l’accès à
des soins adéquats. Les nombreuses corrélations
entre état de santé général et santé bucco-dentaire, notamment en termes de facteurs de risque
communs et d’autres déterminants, justifient l’appel pour une intégration plus étroite de la santé
bucco-dentaire et de l’état général, au bénéfice
global de la santé et du bien-être.
Maladies bucco-dentaires et santé Chapitre 2
« La santé
bucco-dentaire
est essentielle pour
l’état général et la
qualité de la vie. »
Aide-mémoire de l’OMS
sur la santé buccodentaire, 2012
Respirer
Goûter
Boire
Mordre
Manger
Exprimer des émotions
Parler
Lécher
Aspirer
Cracher
Siffler
Jouer de la musique
Embrasser
Séduire
CERTAINES
DES ACTIVITÉS
QUE NOUS POUVONS
FAIRE AVEC NOTRE BOUCHE
Regina Benjamin,
Ancienne Surgeon General
des États-Unis, 2010
« … La santé
bucco-dentaire
renvoie à la santé de
notre bouche mais,
surtout, elle conditionne
la santé de notre corps
dans sa globalité et
elle en est
le reflet. »
Santé bucco-dentaire
et état général sont
étroitement liés et
ils doivent être
considérés de
manière holistique.
Santé bucco-dentaire et état général EXEMPLES D’ASSOCIATIONS ENTRE MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET ÉTAT GÉNÉRAL
Édentation :
la perte importante ou
totale des dents peut
affecter la nutrition, la
capacité de s’alimenter
et la qualité de vie.
Noma :
la gingivite/parodontite
ulcéro-nécrotique est
un facteur de risque
important du noma.
Infections des organes :
les bactéries buccales
sont associées à des
infections du cœur, du
cerveau et d’autres
organes.
Maladies
cardiovasculaires : les
maladies parodontales
peuvent être associées
aux maladies
cardiovasculaires.
Bébés prématurés et
ayant un poids
insuffisant à la
naissance : les maladies
parodontales peuvent
être associées à un
risque accru de
naissances prématurées
et de bébés ayant un
poids insuffisant à la
naissance.
Cancer
gastro-intestinal et
cancer du pancréas :
les maladies
parodontales peuvent
être associées au
cancer gastro-intestinal
et au cancer du
pancréas.
Salive :
elle permet d’identifier
des marqueurs
spécifiques de
maladies, telles que
l’infection par le VIH.
Ulcères de l’estomac :
la bouche peut être un
réservoir de bactéries
associées aux ulcères
de l’estomac.
Diabète :
les maladies
parodontales peuvent
être associées au
diabète et peuvent
accroître le risque de
complications
diabétiques.
Pneumonie :
les infections buccales
peuvent être associées
à un risque accru de
pneumonie.
La santé bucco-dentaire ne se résume pas à des
dents saines et à un beau sourire. La bouche
est le miroir du corps, et elle est souvent le révélateur de maladies systémiques. Un examen de la
bouche peut révéler des carences nutritionnelles
ou de mauvaises habitudes de vie, telles que la
consommation de tabac ou d’alcool. Les lésions
buccales peuvent être les signes avant-coureurs
d’une infection par le VIH, et le changement d’aspect des dents peut indiquer de graves troubles
alimentaires.
La plupart des maladies générales augmentent
le risque de maladies bucco-dentaires, avec, par
exemple, un risque accru de maladies parodontales chez les diabétiques. De même, une mauvaise santé bucco-dentaire risque d’aggraver un
grand nombre de maladies générales et de rendre
leur traitement plus difficile.
La plupart des maladies bucco-dentaires partagent
des facteurs de risque communs avec les MNT
telles que les maladies cardiovasculaires, les cancers, le diabète et les maladies respiratoires. Ces
facteurs de risque comprennent une alimentation
déséquilibrée (notamment lorsque la consommation de sucres ajoutés est élevée), la consommation de tabac et d’alcool. Ils se traduisent par des
schémas d’inégalités très similaires entre les différents groupes de population, que ce soit pour la
charge de morbidité des maladies bucco-dentaires
ou celle des maladies générales.
En raison de l’allongement de l’espérance de
vie, il va être de plus en plus important d’adopter
une approche pour une bonne santé bucco-dentaire tout au long de la vie. Les besoins en soins
bucco-dentaires diffèrent en fonction de l’âge, et
la prévalence des problèmes spécifiques des personnes plus âgées, qui souffrent souvent d’autres
maladies, ne cesse d’augmenter. Pour pouvoir
proposer des soins holistiques, il est donc important de connaître les corrélations étroites entre
santé bucco-dentaire et état général, et d’y être
sensibilisé. La collaboration entre les professionnels de santé bucco-dentaire et les professionnels
en santé générale est tout aussi importante.
La relation bidirectionnelle très étroite entre santé
bucco-dentaire et état général, et son impact sur
la santé et sur la qualité de vie d’une personne,
offrent une base conceptuelle solide pour mieux
intégrer les soins bucco-dentaires aux stratégies
de soins généraux.
14 15
CHAPITRE 2 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SANTÉ
parodontite
aiguë
743
millions
diabète
549
millions
asthme
334
millions
1,013
milliards
migraine caries non soignées
des dents de lait et des
dents définitives
3,054
milliards
ESTIMATION
DU NOMBRE
DE PERSONNES
TOUCHÉES PAR
DES MALADIES
GÉNÉRALES
2010
La carie dentaire est la maladie qui présente la plus
forte prévalence, affectant près de la moitié (44 %)
de la population mondiale en 2010, suivie par la
céphalée de tension (21 %), la migraine (15 %), la
parodontite aiguë (11 %), le diabète (8 %) et
l’asthme (5 %).
RÉPARTITION MONDIALE DES CARIES DENTAIRES
Nombre moyen de dents affectées chez les enfants âgés de 12 ans
par groupe de revenu des pays
2000 ou dernières données disponibles
revenu élevé
revenu intermédiaire
supérieur 1,46 0,25 0,50
revenu intermédiaire
inférieur
faible revenu 0,83
0,02 0,02
1,31
0,14 0,09
0,77 0,69
0,06
Indice CAO
Les études épidémiologiques sur la carie
dentaire s’appuient généralement sur l’indice
CAO. Il permet de consigner le nombre de
dents cariées, absentes et obturées. Même s’il
n’est pas le seul outil d’évaluation et présente
des limites, l’état de santé bucco-dentaire
des populations est souvent présenté sous
forme de score CAO (habituellement des
enfants âgés de 12 ans). Un score CAO de
1,0 signifie qu’une dent définitive sur 32 est
cariée, absente ou obturée. Les scores pour
les individus sont présentés sous forme de
nombre entier, mais ils peuvent avoir des
valeurs décimales pour les populations.
Cariées (C) Absentes (A) Obturées (O)
TONGA
SAMOA
FIDJI
POLYNÉSIE FR.
NIOUÉ
ÎLES COOK
KIRIBATI
VANUATU
TUVALU
TOKELAU
CORÉE
DU SUD
ANTIGUA-ET-BARBUDA
ANGUILLA
PORTO RICO
LA BARBADE
STE-LUCIE
TRINITÉ-ET-TOBAGO
ST-KITTS-ET-NEVIS
DOMINIQUE
BAHAMAS
OUGANDA
SRI LANKA
JAMAÏQUE
CUBA RÉP. DOMINICAINE
BRUNEI
MALAISIE
VIETNAM
CAMBODGE
LAOS
THAÏLANDE
BHOUTAN
BANGLADESH
CHYPRE SYRIE
LIBAN
ISRAËL
JORDANIE
BAHREÏN
QATAR
EAU
OMAN
KOWEÏT
YÉMEN
NÉPAL
SOUDAN
DU SUD
SÉNÉGAL GAMBIE
CÔTE
D’IVOIRE
BURKINA
FASOGHANA
BÉNIN
GABON KENYA
SWAZILAND
ÉRYTHRÉE
GUATEMALA
SALVADOR
HAÏTI
HONDURAS
NICARAGUA
COSTA RICA
PANAMA GUYANA
SURINAME
BELIZE
PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
SEYCHELLES
SINGAPOUR
GRENADE
BIRMANIE
TUNISIE
ÎLES CAÏMANS
MALTE
ÎLES
SALOMON
RAS HK
RAS MACAU
OUZBÉK.
ARABIE SAOUDITE
MONGOLIE
PAKISTAN
TURQUIE
IRAK
NIGER
NIGÉRIA
SOUDAN
ÉTHIOPIE
ÉGYPTE
MAROC
LIBYE
NAMIBIE
AFRIQUE
DU SUD
MOZAMBIQUE
BOLIVIE
PARAGUAY
VENEZUELA
COLOMBIE
ÉQUATEUR
PÉROU
URUGUAY
CHILI
PHILIPPINES
NOUVELLEZÉLANDE
TANZANIE I NDONÉSI E
IRAN
AUSTRALIE
CHINE
INDE
ÉTATS-UNIS
CANADA
MEXIQUE
BRÉSIL
JAPON
RUSSIE
RUS.
CROATIE
ITALIE
MOLDAVIE
UKRAINE
MACÉDOINE
LITUANIE
LETTONIE
ESTONIE
ALBANIE
MONT.
AUTRICHE HONGRIE
BULGARIE
ROUMANIE
GRÈCE
POLOGNE
SLOVÉNIE
B-H
BIÉLORUSSIE
R-U IRLANDE
ISLANDE
DANEMARK
FRANCE
ESPAGNE
PORTUGAL
ALLEMAGNE
SUISSE
BELGIQUE
P-B
NORVÈGE
SUÈDE FINLANDE
RÉP. TCH. SLOVAQUIE
Plus de 3,5 élevé
2,6 – 3,5 modéré
1,2 – 2,5 faible
0,0 – 1,1 très faible
aucune donnée
LES CARIES DENTAIRES
DANS LE MONDE
Nombre moyen de dents cariées,
absentes, et obturées (CAO)
chez les enfants de 12 ans
dernières données disponibles
1994–2014
La charge de morbidité de la maladie
La carie dentaire est la maladie chronique la plus
largement répandue dans le monde, et elle constitue un enjeu majeur en santé publique. Il s’agit
de la maladie la plus courante pendant l’enfance,
mais elle affecte des personnes de tout âge tout
au long de la vie. Selon les données actuelles,
la prévalence mondiale de la carie non soignée
des dents définitives est supérieure à 40 %, tous
âges confondus, et elle constitue la maladie la
plus fréquente sur les 291 étudiées dans l’Étude
sur la charge mondiale de morbidité. Les caries
non soignées provoquent fréquemment des
douleurs bucco-dentaires. Elles affectent jusqu’à
sept enfants sur dix en Inde, un adolescent sur
trois en Tanzanie et près d’un adulte sur trois au
Brésil. Des caries non soignées peuvent entraîner
des difficultés à manger et à dormir, entraver la
croissance des enfants, et elles sont une cause
majeure d’absentéisme scolaire et au travail.
La charge de morbidité de la carie dentaire pour
les enfants âgés de 12 ans est la plus élevée
dans les pays à revenu intermédiaire, où près
des deux tiers des caries ne sont pas soignés. Les
pays à faible revenu présentent une prévalence
moins élevée, mais les caries dentaires n’y sont
quasiment pas soignées, traduisant la faiblesse des
systèmes de soins bucco-dentaires. Et même dans
les pays à revenu élevé, plus de la moitié des caries
dentaires ne sont pas soignées. Les caries dentaires
partagent les mêmes déterminants sociaux, et
les mêmes inégalités, que de nombreuses autres
maladies bucco-dentaires.
En dépit de son caractère très répandu, il n’existe
que peu de données mondiales standardisées
fiables sur la carie dentaire. Une situation qui
s’explique en grande partie par l’absence d’intégration des données de santé bucco-dentaire
dans les programmes nationaux de surveillance
des maladies, notamment dans les pays à faible
revenu et à revenu intermédiaire. La réalisation
d’enquêtes nationales indépendantes sur la santé
bucco-dentaire est coûteuse et complexe, et elles
La carie dentaire non
soignée représente la
maladie chronique la
plus courante, en
raison de l’exposition
aux sucres et à
d’autres risques, à
l’absence de
prévention efficace et
à l’accès limité à des
soins bucco-dentaires
appropriés.
Carie dentaire
ne sont donc pas une priorité. Cette absence
d’informations épidémiologiques actualisées
entrave le développement de stratégies adéquates
pour en diminuer la charge de morbidité.
16 17
CHAPITRE 2 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SANTÉ
T E M P S
T E M P S
INFLUENCE AU NIVEAU DE LA COMMUNAUTÉ
INFLUENCE AU NIVEAU DE LA FAMILLE
ENVIRONNEMENT BUCCO-DENTAIRE – DE LA CAVITÉ
BUCCALE
BIOFILM BACTÉRIEN /
PLAQUE DENTAIRE
SUCRE
HÔTE
ET DENTS
CARIE
DENTAIRE
INFLUENCE AU NIVEAU DE L’INDIVIDU
LA CARIE DENTAIRE EST UNE MALADIE MULTIFACTORIELLE
Adapté de Fisher-Owens, 2007
La carie dentaire se développe dans le temps et elle
est provoquée par la production d’acides résultant
de la décomposition du sucre. Toutefois, de
nombreux autres facteurs influencent le
développement des caries dentaires et leur gravité.
Ces facteurs interviennent au fil du temps au niveau
de la communauté, de la famille et de la personne
touchée.
comportements et prat qi ues de santé, et capacités d’adaptation
de la famille • culture • fonctionnement familial • état de santé des parents • sécurité
physique • aide sociale • statut soc oi -économ
qi ue
utilisation de soins dentaires • assurance dentaire • comportements et pratiques de santé
culture • capital social • environnement de la santé bucco-dentaire
de la communauté • environnement physique • sécurité physique • caractéristiques du système de santé • caractéristiques du système de soins dentaires

  • caractéristiques physiques et
    démographiques • facteurs biologiques et génétiques • développement
    Carie dentaire
    La consommation de
    sucre est la
    principale cause de la
    carie dentaire, qui
    peut donc être
    largement évitée en
    limitant les apports
    en sucre ; en utilisant
    adéquatement le
    fluor ; et en faisant la
    promotion d’une
    bonne hygiène
    bucco-dentaire.
    Développement de la maladie
    La carie dentaire est une maladie multifactorielle,
    causée par l’interaction entre la surface des
    dents, le biofilm bactérien (plaque dentaire), et la
    présence de sucre dans les aliments. Les bactéries
    du biofilm métabolisent les sucres et produisent
    des acides qui attaquent l’émail des dents au fil
    du temps.
    La carie commence habituellement de manière
    invisible, dans les fissures des dents ou dans les
    interstices qui les séparent. Soignée de manière
    précoce, la maladie peut être stoppée et même
    inversée mais, à un stade avancé, une cavité se
    forme. Un traitement devient alors nécessaire
    pour restaurer la dent, avec le retrait des tissus
    cariés ou le placement d’un plombage ou d’une
    couronne. Si elle n’est pas soignée, une carie
    dentaire peut entraîner une destruction importante de la dent, des douleurs et une infection.
    Cette dernière peut provoquer la formation d’un
    abcès ou la septicémie. À ce stade, il devient
    nécessaire de recourir au traitement endodontique (canalaire) ou d’extraire la dent.
    La plupart des facteurs intervenant dans la carie
    PLAQUE DENTAIRE
    La plaque dentaire est un biofilm constitué
    d’environ 600 espèces bactériennes. Plusieurs de
    ces bactéries, et notamment Streptococcus mutans,
    ont été associées au développement de la carie
    dentaire.
    dentaire sont modifiables, fournissant des points
    d’appui aux individus et aux professionnels de
    santé bucco-dentaire pour prendre des mesures
    afin de prévenir la maladie ou d’en réduire la
    gravité.
    Il est possible de réduire les attaques acides sur
    l’émail des dents en limitant les apports totaux en
    sucre et leur fréquence. Il est possible de protéger
    la surface des dents par une consommation
    adéquate de fluor, en utilisant par exemple du
    dentifrice fluoré ou en buvant de l’eau fluorée. Il
    est possible d’agir sur le biofilm en adoptant une
    bonne hygiène bucco-dentaire.
    Par ailleurs, le développement des caries
    dentaires est influencé par de nombreux facteurs
    externes, tels que le lieu et le mode de vie. Par
    conséquent, même si le processus de carie
    démarre à la surface des dents, ce problème ne
    peut être résolu en se concentrant uniquement sur
    ces dernières. Il est aussi nécessaire de prendre
    des mesures au niveau de la communauté et de
    s’attaquer aux déterminants plus larges qui
    sous-tendent le processus de la maladie.
    18 19
    CHAPITRE 2 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SANTÉ
    Témoignages de patients
    Carie dentaire
    Quelles mesures prendre ?
    Réduire la consommation de sucre
    Sur les 291 maladies étudiées dans le cadre de
    l’Étude 2010 sur la charge mondiale de morbidité,
    la carie dentaire non soignée est la maladie la plus
    répandue, alors qu’elle est largement évitable en
    adoptant des mesures simples et rentables.
    Les pays à revenu intermédiaire, où la consommation de sucre ne cesse d’augmenter et où les
    systèmes de santé sont incapables d’assurer la
    prévention ou l’accès aux soins bucco-dentaires
    nécessaires, présentent la plus forte prévalence.
    Les conséquences des caries dentaires non
    soignées, notamment chez les enfants, sont
    très nombreuses : troubles de la nutrition et
    de la croissance, perte de jours d’école et de
    travail, diminution de la productivité globale et
    répercussions majeures sur la qualité de vie et
    sur les interactions sociales.
    Pour alléger la charge de morbidité mondiale de
    la carie dentaire, il est nécessaire de s’appuyer sur
    des approches combinées, notamment :
    Intégration de la santé bucco-dentaire et des
    MNT
    Pour réduire les MNT, il est nécessaire d’intégrer
    pleinement la santé bucco-dentaire dans des
    stratégies de prévention et de promotion de la
    santé menées à l’échelle des populations. En effet,
    les interventions curatives ne sont ni réalistes ni
    durables pour alléger la charge de morbidité de la
    carie dentaire. Il est essentiel de mettre davantage
    l’accent sur la promotion de bonnes habitudes alimentaires et sur la réduction de la consommation
    de sucre.
    Accès universel à du fluor abordable et efficace
    La consommation de fluor est l’une des mesures
    les plus économiques pour prévenir les caries
    dentaires et améliorer la santé bucco-dentaire.
    L’utilisation régulière de dentifrice fluoré est le
    moyen le plus important pour garantir un effet
    préventif efficace.
    Accès universel aux soins bucco-dentaires
    primaires
    Seul l’accès universel aux soins bucco-dentaires
    primaires permettra de réduire les inégalités dans
    la charge de morbidité, en prenant au minimum
    en charge le soulagement de la douleur, la promotion de la santé bucco-dentaire et le traitement des
    maladies bucco-dentaires, notamment de la carie
    dentaire.
    Surveillance, contrôle et évaluation
    La surveillance mondiale et nationale des
    maladies bucco-dentaires doivent faire partie
    intégrante de la surveillance épidémiologique
    de routine. Il est fondamental de contrôler les
    facteurs de risque et les autres besoins en santé
    bucco-dentaire pour élaborer des interventions
    et des programmes adaptés et pour en évaluer
    l’efficacité.
    « Je suis quelqu’un de très occupé.
    Mon métier est très exigeant et de
    nombreuses personnes comptent sur
    moi pour produire des résultats en
    temps nécessaire. Le temps est donc
    vraiment de l’argent. J’ai souffert de
    maux de dents pendant un moment,
    mais ça passait. La douleur restait supportable et, n’ayant pas le temps d’aller chez le médecin, je me contentais
    de prendre des anti-inflammatoires.
    Puis, un jour, la douleur est devenue
    si forte que j’en ai attrapé de la fièvre
    et les anti-inflammatoires ont cessé
    de faire effet. Je me suis précipité
    chez le dentiste qui m’a indiqué que
    mes dents étaient en si mauvais état
    qu’il était nécessaire d’effectuer un
    traitement endodontique. De simples
    caries dentaires qu’il aurait été facile
    de soigner rapidement ont fini par
    me coûter de nombreuses heures de
    travail (et de l’argent) car j’ai attendu
    trop longtemps. C’est une erreur que
    je ne suis pas près de recommencer. »
    Entrepreneur, Tokyo, Japon, 33 ans
    « Notre fils venait tout juste d’avoir
    10 ans quand il a été diagnostiqué
    avec du diabète de type 1. Ce fut
    une nouvelle difficile, mais mon mari
    et moi-même avons décidé de nous
    informer autant que possible sur la
    maladie et sur les moyens de la stabiliser. Notre médecin nous avait dit
    qu’il était très important d’éviter les
    infections chroniques et de minimiser
    le risque de caries dentaires. Nous
    avons donc commencé à emmener
    notre fils chez le dentiste pour des
    bilans dentaires réguliers et nous
    sommes aujourd’hui beaucoup plus
    apaisés sachant que nous avons pris
    les bonnes mesures préventives pour
    lui garantir une bonne santé. Heureusement, notre assurance santé couvre
    également les soins dentaires, il nous
    a donc été possible d’entreprendre le
    nécessaire pour le bien-être de notre
    fils et pour sa santé générale. »
    Enseignante, Vancouver, Canada,
    34 ans
    « J’ai toujours travaillé. Que ce soit en
    tant que serveuse ou dans la vente…
    J’ai toujours travaillé et j’ai toujours
    été en contact permanent avec les
    clients. Cela a changé quand je suis
    tombée enceinte de mon premier
    enfant. J’ai décidé de prendre un peu
    de temps pour apprécier pleinement
    ma maternité. J’ai pris un congé
    maternité de quatre ans pour rester
    avec mes enfants. Malheureusement,
    pendant ce temps, j’ai aussi pris
    l’habitude de grignoter et de boire
    des sodas. Je dois avouer que cela
    a eu un impact retentissant sur ma
    vie. Quand j’ai décidé de retravailler,
    mon employeur m’a indiqué qu’il ne
    pouvait pas me reprendre car j’avais
    désormais de mauvaises dents. Je
    n’avais pas réalisé à quel point cela
    était devenu visible, mais mes mauvaises habitudes alimentaires avaient
    entraîné de multiples caries. J’étais
    honteuse et anéantie d’apprendre que
    je ne pouvais plus travailler à cause
    de mon apparence – notamment dans
    une branche d’activité où l’aspect
    physique est soumis à de fortes pressions sociales. Cela a été un véritable
    coup de semonce pour modifier en
    profondeur mon mode de vie pour le
    bien de mes dents, de mon travail, de
    mes enfants et de ma propre santé. »
    Vendeuse, Paris, France, 54 ans
    « De simples
    caries dentaires qu’il
    aurait été facile de soigner
    rapidement ont fini par me
    coûter de nombreuses heures
    de travail (et de l’argent) car
    j’ai attendu trop longtemps.
    C’est une erreur que je ne
    suis pas près de
    20 recommencer. » 21
    CHAPITRE 2 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SANTÉ
    TONGA
    SAMOA
    FIDJI
    ÉTATS FÉDÉRÉS DE MICRONÉSIE
    ÎLES MARSHALL
    KIRIBATI
    VANUATU
    CORÉE
    DU SUD
    CORÉE
    DU NORD
    TIMOR ORIENTAL
    ANTIGUA-ET-BARBUDA
    LA BARBADE
    STE-LUCIE
    TRINITÉ-ET-TOBAGO
    ST-VINCENT-ETLES-GRENADINES DOMINIQUE
    BAHAMAS
    OUGANDA
    GÉORGIE
    AZERBAÏDJAN
    ARMÉNIE
    SRI LANKA
    JAMAÏQUE
    CUBA
    RÉP. DOMINICAINE
    BRUNEI
    MALAISIE
    VIETNAM
    CAMBODGE
    LAOS
    THAÏLANDE
    BHOUTAN
    BANGLADESH
    CHYPRE SYRIE
    LIBAN
    ISRAËL
    JORDANIE
    BAHREÏN
    QATAR EAU
    OMAN
    KOWEÏT
    YÉMEN
    NÉPAL
    RÉP.
    CENTRAFRICAINE
    SOUDAN
    DU SUD
    SÉNÉGAL GAMBIE
    CAP-VERT
    SÃO TOMÉ-ETPRINCIPE
    GUINÉEBISSAU GUINÉE
    LIBÉRIA
    CÔTE
    D’IVOIRE
    BURKINA
    FASOGHANA
    BÉNIN
    CAMEROUN GUINÉE
    ÉQUATORIALE
    GABON
    CONGO BURUNDI
    RWANDA
    KENYA
    DJIBOUTI
    SIERRA LEONE
    TOGO
    SWAZILAND
    LESOTHO
    ÉRYTHRÉE
    GUATEMALA
    SALVADOR
    HAÏTI
    HONDURAS
    NICARAGUA
    COSTA RICA
    PANAMA GUYANA
    SURINAME
    BELIZE
    PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
    ÎLE MAURICE
    MALDIVES
    COMORES
    SEYCHELLES
    SINGAPOUR
    GRENADE
    BIRMANIE
    AUT. NAT.
    PALESTINIENNE
    TUNISIE
    MALTE
    ÎLES
    SALOMON
    MALAWI
    TURKMÉN.
    OUZBÉK.
    TADJIKISTAN
    KIRGHIZSTAN
    ARABIE SAOUDITE
    MONGOLIE
    PAKISTAN
    AFGHANISTAN
    TURQUIE
    IRAK
    KAZAKHSTAN
    ALGÉRIE
    NIGER TCHAD
    NIGÉRIA
    SOUDAN
    RÉP. DÉM.
    CONGO
    ÉTHIOPIE
    ANGOLA
    ÉGYPTE
    MAROC
    LIBYE
    MAURITANIE
    NAMIBIE BOTSWANA
    AFRIQUE
    DU SUD
    MOZAMBIQUE
    SOMALIE
    MALI
    BOLIVIE
    PARAGUAY
    VENEZUELA
    COLOMBIE
    ÉQUATEUR
    PÉROU
    ARGENTINE
    URUGUAY
    CHILI
    PHILIPPINES
    NOUVELLEZÉLANDE
    I NDONÉSI E
    ZIMBABWE
    ZAMBIE
    MADAGASCAR
    TANZANIE
    IRAN
    AUSTRALIE
    CHINE
    INDE
    ÉTATS-UNIS
    CANADA
    MEXIQUE
    BRÉSIL
    JAPON
    RUSSIE
    GÉO
    RUS.
    CROATIE
    ANDORRE
    ITALIE
    MOLDAVIE
    UKRAINE
    MACÉDOINE
    LITUANIE
    LETTONIE
    ESTONIE
    ALBANIE
    MONT.
    AUTRICHE HONGRIE
    BULGARIE
    ROUMANIE
    GRÈCE
    POLOGNE
    SLOVÉNIE
    B-H
    BIÉLORUSSIE
    R-U IRLANDE
    ISLANDE
    DANEMARK
    FRANCE
    ESPAGNE
    PORTUGAL
    ALLEMAGNE
    SUISSE
    BELGIQUE
    LUX.
    P-B
    NORVÈGE
    SUÈDE FINLANDE
    RÉP. TCH. SLOVAQUIE
    SERBIE
    KOSOVO
    Plus de 15,0 %
    10,1 % – 15,0 %
    10 % ou moins
    aucune donnée
    PARODONTITE AIGUË
    CHRONIQUE
    Estimation de la prévalence
    moyenne chez les personnes
    âgées d’au moins 15 ans
    par pays
    2010
    Gingivite chronique Parodontite destructrice
    Une mauvaise hygiène bucco-dentaire se traduit
    par l’accumulation de plaque dentaire,
    composée de bactéries et de produits bactériens
    nocifs qui provoquent l’inflammation chronique
    de la gencive à proximité de la surface des
    dents. Cependant, les cellules du système
    immunitaire parviennent à neutraliser ces
    dommages et l’inflammation reste localisée.
    Pour de nombreux patients, la maladie ne
    progresse jamais au-delà de ce stade et elle est
    réversible dans la plupart des cas.
    Le système immunitaire local ne
    joue plus son rôle de défense et le
    processus d’inflammation
    progresse. Les tissus supportant les
    dents sont détruits de manière
    irréversible et une poche se forme
    avec perte de l’os de soutien. Au
    cours des phases avancées, les
    dents affectées commencent à se
    déchausser partiellement ou en
    totalité (perte des dents).
    Corrélations avec l’état général
    Les produits de l’inflammation autour de la dent et les bactéries de la plaque dentaire pénètrent dans le flux sanguin et peuvent
    donner lieu à des troubles systémiques. Les maladies ayant un impact sur le système immunitaire, telles que le diabète,
    augmentent le risque des formes les plus graves de la parodontite.
    Les maladies
    parodontales sont
    l’une des maladies
    humaines les plus
    courantes, mais elles
    peuvent être facilement évitées en
    adoptant une bonne
    hygiène bucco-dentaire ainsi que des
    politiques de
    prévention traitant
    les facteurs de risque
    communs.
    Maladies parodontales
    Nature du processus de la maladie
    La maladie parodontale (des gencives) débute
    comme une gingivite (inflammation chronique de
    la gencive), qui est une affection très répandue et
    totalement réversible chez la majorité des
    patients. Elle peut cependant évoluer vers la
    parodontite, une maladie plus grave qui détruit
    les tissus et l’os supportant les dents. Elle évolue
    vers la parodontite aiguë, qui conduit rapidement
    à la perte des dents, chez 15 % de la population.
    Le processus de cette maladie reste mal connu,
    mais elle tend à se développer par des phases de
    destruction rapide et irréversible des tissus. Près
    de 30 % des personnes âgées de 65 à 74 ans ont
    perdu la quasi-totalité de leurs dents, en raison
    essentiellement des maladies parodontales. Les
    conséquences de la parodontite aiguë sont
    dévastatrices pour les personnes touchées,
    entraînant notamment des problèmes pour
    mâcher et parler, ce qui affecte le bien-être
    général et la qualité de vie. La charge de
    morbidité mondiale des maladies parodontales
    est très lourde avec d’importantes répercussions
    sociales, économiques et sur les systèmes de
    santé.
    Des bactéries spécifiques sont la principale cause
    des maladies parodontales. D’autres facteurs de
    risque de premier plan incluent la consommation
    de tabac, une alimentation déséquilibrée, les
    facteurs génétiques, le stress et la consommation
    excessive d’alcool. Les maladies parodontales
    peuvent aussi être associées à des maladies
    systémiques telles que le diabète, les maladies
    cardiovasculaires, une mauvaise évolution des
    grossesses et les maladies respiratoires.
    Les maladies parodontales bénéficient d’une
    meilleure attention mondiale de la part des
    professionnels de la santé, des gouvernements,
    des compagnies d’assurance et des entreprises
    pharmaceutiques en raison des facteurs de risque
    communs et de cette relation bidirectionnelle
    avec les maladies systémiques. Et pourtant, les
    maladies parodontales restent largement méconnues, tout comme les mesures de prévention. Les
    soins parodontaux spécialisés sont généralement
    inexistants et, lorsqu’ils sont disponibles, ils
    restent inaccessibles à la plupart des patients.
    Comme pour la carie dentaire, les données
    mondiales sur la prévalence et sur la gravité des
    maladies parodontales sont rares.
    PHASES DE LA MALADIE PARODONTALE
    22 23
    CHAPITRE 2 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SANTÉ
    Témoignages de patients
    Maladies parodontales
    Quelles mesures prendre ?
    Les maladies parodontales sont un problème
    de santé publique majeur qui ébranle les
    systèmes de santé du monde entier. Elles ne sont
    généralement pas remarquées par les patients
    tant qu’elles n’ont pas atteint un stade avancé.
    Les possibilités d’intervention précoce et d’un
    traitement efficace sont très souvent gâchées à
    cause de la faible sensibilisation publique à ces
    maladies et à l’importance d’une bonne hygiène
    bucco-dentaire.
    Les maladies parodontales partagent de nombreux
    facteurs de risque avec d’autres MNT majeures et
    présentent une forte corrélation avec la consommation de tabac et d’alcool, une consommation
    élevée de sucre, l’obésité et une alimentation
    déséquilibrée. Elles peuvent aussi être associées
    à des maladies systémiques, dont le diabète. La
    gingivite commune évolue vers la parodontite
    aiguë chez 10 à 15 % des patients, et des efforts
    supplémentaires sont actuellement menés pour
    identifier ce groupe à haut risque avant que la
    maladie n’ait atteint le stade de la perte des dents.
    Comme pour toutes les maladies chroniques, une
    prise en charge personnelle efficace tout au long
    de la vie, associée à des soins bucco-dentaires
    professionnels adéquats, sont essentiels pour
    empêcher la maladie d’évoluer et la perte des
    dents.
    Par ailleurs, il est nécessaire de mettre en place
    des stratégies de traitement de la parodontite aiguë
    à l’échelle de la population :
    Modes de vie sains et prévention
    Pour prévenir les maladies parodontales, il est
    essentiel de faire la promotion d’un mode de
    vie globalement sain, avec une faible exposition
    aux facteurs de risque tels que la consommation
    de tabac ou d’alcool, et d’y associer une bonne
    hygiène bucco-dentaire personnelle, la sensibilisation et des bilans réguliers. La prévalence
    des maladies parodontales s’accompagne d’un
    gradient social très fort, qui exige des mesures
    capables de traiter les déterminants plus larges
    de la santé.
    Détection précoce et traitement
    Les maladies parodontales peuvent être détectées
    à un stade précoce, et les mesures adéquates
    pour contrôler la maladie peuvent être prises, en
    consultant régulièrement son dentiste. Les cas
    les plus avancés peuvent nécessiter des soins
    spécialisés.
    Renforcement de la collaboration
    interprofessionnelle
    Il est nécessaire d’adopter une approche
    holistique pour traiter les maladies parodontales
    en les intégrant dans les efforts de prévention et de
    traitement des MNT, avec une collaboration plus
    étroite entre les professionnels et les praticiens de
    santé bucco-dentaire, les médecins généralistes
    et d’autres professions de la santé. De même, les
    maladies parodontales peuvent être un symptôme
    de maladies systémiques sous-jacentes devant être
    soignées. Une santé parodontale améliorée peut
    contribuer à un meilleur traitement de maladies
    systémiques telles que le diabète.
    Surveillance intégrée de la maladie
    L’intégration des indicateurs des maladies
    parodontales, et de ceux d’autres maladies bucco-dentaires, aux programmes de surveillance de
    routine peut aider à remédier aux connaissances
    lacunaires, nombreuses, sur la prévalence et sur
    la gravité de ces maladies dans de nombreux
    pays.
    « J’ai commencé à fumer quand j’avais une
    vingtaine d’années. Ce qui n’était alors
    qu’une habitude sociale est vite devenu une
    habitude quotidienne. Fumer était à la mode à
    l’époque, et je ne voyais aucune raison de
    m’inquiéter. J’allais à l’université, je
    rencontrais des gens, je sortais… Je profitais
    de la vie. Ensuite, j’ai rencontré mon futur
    époux quand j’ai commencé à travailler. Nous
    nous sommes mariés après nous être
    fréquentés pendant trois ans, et j’ai
    rapidement attendu notre premier enfant. Ma
    grossesse a été un moment très heureux de
    ma vie, qui a malheureusement été assombri
    par des complications liées au décès
    prématuré de mon bébé. Lors de mes visites
    chez le médecin, je me souviens qu’il me
    mettait en garde contre la consommation de
    tabac et ses effets négatifs sur mon état
    général, sur ma grossesse, et sur la santé de
    mon bébé. Je me disais que je fumerais
    moins, et que j’arrêterais un jour, mais je n’y
    suis jamais réellement parvenue.
    Je devais avoir près de 40 ans quand j’ai
    commencé à remarquer des espaces entre
    mes dents. Ce n’était pas douloureux, et je
    n’ai donc pas pensé que cela pouvait être
    grave. Je me suis dit que c’était
    l’un des inconvénients de la
    vieillesse. Ensuite, il y a peu, mes dents
    ont commencé à bouger et semblaient plus
    longues qu’auparavant. J’ai remarqué que
    mes gencives étaient gonflées et saignaient
    fréquemment lorsque je me brossais les
    dents. Puis, certaines de mes dents de devant
    ont commencé à bouger facilement. J’ai pris
    peur et je me suis précipitée chez la dentiste
    qui m’a indiqué que je souffrais d’une perte
    d’os importante et d’une parodontite aiguë.
    Les implications m’ont effrayée : allais-je
    perdre toutes mes dents ? Allais-je encore être
    capable de mâcher ? Ma diction allait-elle être
    affectée ? Pourrais-je assumer le coût
    financier du traitement dentaire ? J’essaie de
    gérer au mieux la maladie mais,
    rétrospectivement, je regrette de ne pas avoir
    fait d’autres choix de vie. Je regrette de ne
    pas avoir suivi le conseil de mon médecin
    d’arrêter de fumer lorsque cela aurait pu faire
    la différence. J’aurais aimé connaître à
    l’époque ce que je sais aujourd’hui en matière
    de santé. »
    Retraitée, Kiev, Ukraine, 60 ans
    « Les
    implications m’ont
    effrayée : allais-je perdre
    toutes mes dents ? Allais-je
    encore être capable de
    mâcher ? Ma diction allait-elle
    être affectée ? Pourrais-je
    assumer le coût financier
    du traitement
    dentaire ? »
    24 25
    CHAPITRE 2 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SANTÉ
    LE CANCER BUCCAL EN FAITS
    Faits sur le cancer buccal Facteurs de risque Profil des personnes à plus haut risque
    Un profil à haut risque type est un
    homme, âgé de plus de 40 ans, qui fume
    et/ou est un gros consommateur
    d’alcool.
    Néanmoins, le ratio homme-femme est
    passé de 6/1 en 1950 à environ 2/1
    actuellement.
    L’âge moyen au
    moment du diagnostic
    est d’environ 60 ans.
    50 %
    95 %
    40
    60
    Les trois types d’alcool (bière,
    spiritueux et vin) ont tous été
    associés au cancer buccal,
    même si les spiritueux et
    les bières présentent un
    risque plus élevé. 1950 2015
    Le taux de survie moyen
    à 5 ans est de 50 %.
    Les cigarettes sont la forme la plus
    fréquente de consommation de
    tabac, mais toutes les formes de
    tabac sont liées à l’augmentation du
    risque de cancer buccal :
    consommation régulière de pipes,
    de cigares, de narguilés, ainsi que
    l’ensemble des formes de tabac non
    fumé (prise, chique, etc.).
    Près de 95 % de tous
    les cancers buccaux
    touchent des
    personnes âgées
    d’au moins 40 ans.
    NOUVELLE-CALÉDONIE
    SAMOA
    FIDJI
    GUAM
    VANUATU
    CORÉE
    DU SUD
    CORÉE
    DU NORD
    TIMOR ORIENTAL
    PORTO RICO
    LA BARBADE
    TRINITÉ-ET-TOBAGO
    MARTINIQUE
    BAHAMAS
    OUGANDA
    GÉORGIE
    AZERBAÏDJAN
    ARMÉNIE
    SRI LANKA
    JAMAÏQUE
    CUBA
    RÉP. DOMINICAINE
    BRUNEI
    MALAISIE
    VIETNAM
    CAMBODGE
    LAOS
    THAÏLANDE
    BHOUTAN
    BANGLADESH
    CHYPRE SYRIE
    LIBAN
    ISRAËL
    JORDANIE
    BAHREÏN
    QATAR EAU
    OMAN
    KOWEÏT
    YÉMEN
    NÉPAL
    SOUDAN
    DU SUD
    SÉNÉGAL GAMBIE
    CAP-VERT
    GUINÉEBISSAU GUINÉE
    LIBÉRIA
    CÔTE
    D’IVOIRE
    BURKINA
    FASOGHANA
    BÉNIN
    CAMEROUN
    GUINÉE
    ÉQUATORIALE GABON
    CONGO BURUNDI
    RWANDA
    KENYA
    DJIBOUTI
    SIERRA LEONE
    TOGO
    SWAZILAND
    LESOTHO
    ÉRYTHRÉE
    GUATEMALA
    SALVADOR
    HAÏTI
    HONDURAS
    NICARAGUA
    COSTA RICA
    PANAMA GUYANA
    SURINAME
    GUYANE
    BELIZE
    PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
    ÎLE MAURICE
    MALDIVES
    COMORES
    SINGAPOUR
    BIRMANIE
    AUT. NAT.
    PALESTINIENNE
    TUNISIE
    GUADELOUPE
    MALTE
    ÎLES
    SALOMON
    RÉUNION
    MALAWI
    TURKMÉN.
    OUZBÉK.
    TADJIKISTAN
    KIRGHIZSTAN
    ARABIE
    SAOUDITE
    MONGOLIE
    PAKISTAN
    AFGHANISTAN
    TURQUIE
    IRAK
    KAZAKHSTAN
    ALGÉRIE
    NIGER TCHAD
    NIGÉRIA
    SOUDAN
    RÉP. DÉM.
    CONGO
    ÉTHIOPIE
    ANGOLA
    ÉGYPTE
    MAROC
    LIBYE
    MAURITANIE
    NAMIBIE BOTSWANA MOZAMBIQUE
    SOMALIE
    MALI
    BOLIVIE
    PARAGUAY
    VENEZUELA
    COLOMBIE
    ÉQUATEUR
    PÉROU
    ARGENTINE
    URUGUAY
    CHILI
    PHILIPPINES
    NOUVELLEZÉLANDE
    I NDONÉSI E
    ZIMBABWE
    ZAMBIE
    MADAGASCAR
    TANZANIE
    IRAN
    AUSTRALIE
    CHINE
    INDE
    ÉTATS-UNIS
    CANADA
    MEXIQUE
    BRÉSIL
    JAPON
    RUSSIE

    RUS.
    CROATIE
    ITALIE
    MOLDAVIE
    UKRAINE
    MACÉDOINE
    LITUANIE
    LETTONIE
    ESTONIE
    ALBANIE
    MONT.
    AUTRICHE HONGRIE
    BULGARIE
    ROUMANIE
    GRÈCE
    POLOGNE
    SLOVÉNIE
    B-H
    BIÉLORUSSIE
    R-U IRLANDE
    ISLANDE
    DANEMARK
    FRANCE
    ESPAGNE
    PORTUGAL
    ALLEMAGNE
    SUISSE
    BELGIQUE
    LUX.
    P-B
    NORVÈGE
    SUÈDE FINLANDE
    RÉP. TCH. SLOVAQUIE
    SERBIE
    KOSOVO
    7,0 ou davantage
    5,0 – 6,9
    2,5 – 4,9
    moins de 2,5
    aucune donnée
    CANCER BUCCAL
    Incidence du cancer buccal et des lèvres
    pour 100 000 personnes
    parmi les populations âgées
    d’au moins 15 ans
    Estimations de 2012
    Charge de morbidité de la maladie
    Le cancer buccal présente une forte mortalité et
    compte parmi les 10 cancers les plus fréquents,
    en fonction du pays ou de la région du monde. En
    l’absence de données de surveillance fiables, on
    estime que 300 000 à 700 000 nouveaux cas se
    produisent chaque année. L’Asie du Sud et l’Asie
    du Sud-est comptent parmi les régions où la
    fréquence des nouveaux cas est la plus élevée,
    mais l’Europe de l’Est, la France et certains pays
    d’Afrique et d’Amérique latine présentent aussi
    une charge de morbidité élevée. Le cancer
    buccal touche généralement les hommes d’âge
    moyen, mais les femmes et les plus jeunes sont
    de plus en plus concernés. Il se présente généralement sous la forme d’un ulcère qui ne guérit
    pas ; d’autres symptômes peuvent inclure des
    douleurs, des gonflements, des saignements et la
    difficulté à mâcher et à avaler.
    Les cancers buccaux sont généralement précédés
    de lésions bucco-dentaires précancéreuses
    (jusqu’à 70 % des cas), sous la forme de taches
    rouges ou blanches persistantes dans la bouche.
    Le cancer peut rester invisible lors des premières
    phases, et il a souvent atteint un stade avancé
    lorsque le patient cherche enfin à se faire soigner.
    Par conséquent, le taux de survie moyen à 5 ans
    n’est que de 50 %. Le cancer buccal touche
    fréquemment la langue, la paroi interne des joues
    et le plancher de la bouche. Son traitement
    associe généralement ablation chirurgicale,
    radiothérapie ou chimiothérapie ; cependant, les
    taux de survie de ce cancer sont parmi les plus
    faibles de tous les cancers, et ils ne se sont pas
    améliorés au cours des dernières décennies.
    Les principales causes du cancer buccal sont la
    consommation de tabac et d’alcool, à l’origine de
    près de 90 % des cas. La mastication de tabac,
    souvent mâché avec d’autres substances carcinogènes, dans des feuilles de bétel, est l’une des
    causes prévalentes en Asie, tandis que l’infection
    par le papillomavirus (HPV) est un facteur de
    risque émergent, notamment dans les pays à
    revenu élevé.
    Les professionnels de santé bucco-dentaire sont
    dans une position idéale pour détecter les
    patients à haut risque et les signes précoces du
    cancer buccal et, pourtant, l’opportunité d’un
    examen bucco-dentaire simple est souvent
    gâchée.
    Le cancer buccal est
    l’un des cancers les
    plus fréquents, mais
    une diminution de la
    consommation de
    tabac et d’alcool
    permet d’en réduire
    largement la
    prévalence. La
    détection précoce
    permet d’améliorer le
    taux de survie.
    Cancer buccal
    L’orientation rapide des patients vers des centres
    de traitement multidisciplinaire est un facteur clé
    qui conditionne les chances de survie, mais elle
    constitue un objectif difficile dans les pays à
    faible revenu et à revenu intermédiaire où les
    installations nécessaires sont inexistantes, inadéquates ou trop onéreuses.
    26 27
    CHAPITRE 2 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SANTÉ
    Témoignages de patients
    Cancer buccal
    Le cancer buccal est un cancer fréquent, qui
    touche habituellement les hommes d’âge moyen.
    Dans certains pays d’Asie du Sud, il est le second
    cancer le plus fréquent chez les hommes, et la
    cause la plus répandue de décès prématurés au
    sein de cette population. Généralement, les taux
    de mortalité liés au cancer buccal sont supérieurs
    à ceux de nombreux autres cancers ; seule la
    moitié de l’ensemble des patients survit au cours
    des cinq premières années suivant le diagnostic.
    En dépit des avancées réalisées en matière de
    diagnostic et de traitement, ce nombre n’a pas
    évolué au cours des dernières décennies. En
    outre, les répercussions du cancer buccal, même
    traité, se traduisent par une qualité de vie nettement diminuée pour les survivants.
    De manière générale, les aspects suivants doivent
    être renforcés et améliorés à l’échelle mondiale :
    Détection précoce et orientation rapide
    La détection précoce améliore les résultats des
    traitements grâce à l’orientation rapide vers des
    soins spécialisés. Pourtant, l’orientation tardive
    est une constante persistante, même dans les
    pays à revenu élevé, et les occasions de dépister
    les patients à risque sont fréquemment gâchées.
    Même s’il n’est pas recommandé de procéder à
    un dépistage de la population générale, il existe
    des preuves solides de son efficacité chez les
    patients présentant des facteurs de risque tels que
    la consommation de tabac ou la consommation
    élevée d’alcool. Les professionnels de santé qui
    dispensent les soins primaires pourraient même
    s’en charger après avoir suivi une formation minimale.
    Disponibilité de soins spécialisés efficaces et
    adaptés
    Le cancer buccal requiert des soins spécialisés
    dans des centres dédiés proposant des traitements chirurgicaux, de chimiothérapie ou de
    radiothérapie de pointe. Il est nécessaire de faire
    appel à des équipes multidisciplinaires pour
    assurer la qualité optimale de la réadaptation
    post-thérapie afin que la qualité de vie des
    patients soit la meilleure possible. De telles
    approches sont inexistantes dans de nombreux
    pays à faible revenu et à revenu intermédiaire,
    notamment en Asie du Sud, où les installations
    existantes sont submergées par les nouveaux cas.
    En outre, le coût des soins est souvent bien
    au-dessus des moyens de la plupart des patients
    et de leur famille.
    Politiques intégratives pour traiter les facteurs
    de risque, les déterminants et les inégalités
    La meilleure stratégie pour gérer sur le long terme
    ce problème croissant est de s’appuyer sur
    l’approche basée sur des facteurs de risque communs, et sur l’intégration de la prévention et du
    contrôle du cancer buccal dans les approches
    des cancers généraux et des MNT. L’incidence,
    les taux de survie et la qualité de vie des patients
    touchés par le cancer buccal révèlent d’importantes inégalités liées au statut socio-économique.
    Ces inégalités pourraient être réduites en incluant
    les soins du cancer buccal dans la couverture
    sanitaire universelle, en renforçant les systèmes
    de santé et en adoptant une approche intégrale
    pour diminuer les facteurs de risque.
    Surveillance de la maladie
    Le cancer buccal doit être intégré aux
    programmes de surveillance de routine mis en
    œuvre pour d’autres cancers, en mettant notamment en place des registres spécialisés des
    cancers buccaux. Les capacités en pathologies
    buccales et en diagnostic histologique doivent
    aussi être renforcées.
    Quelles mesures prendre ?
    « Le cancer de la tête et du cou peut être dû à
    de nombreux facteurs, notamment le HPV, la
    consommation de tabac, l’alcool, les drogues,
    les gènes, l’environnement et le stress.
    Je ne sais pas lequel de ces facteurs a été la
    cause de mon cancer. Si je le savais, j’aurais
    un prix Nobel. Mais ce que je sais, c’est que si
    je suis en vie aujourd’hui, c’est grâce à toutes
    ces avancées incroyables dans la recherche et
    le traitement des cancers.
    Une sensibilisation précoce est l’un des
    facteurs essentiels. Si mon cas sert à mieux
    sensibiliser le grand public, tant mieux. »
    Michael Douglas,
    acteur et producteur américain, 2013
    « Cela a été un choc terrible. Je suis resté
    prostré dans le silence pendant plusieurs
    jours. La détection précoce a fait toute la
    différence. Je fais partie des chanceux. »
    Rod Stewart,
    auteur et chanteur de rock britannique, 2002
    « La détection
    précoce a fait toute
    la différence.
    Je fais partie des
    chanceux. »
    « Une
    sensibilisation
    précoce est l’un des
    facteurs essentiels.
    Si mon cas sert à
    mieux sensibiliser
    le grand public,
    tant mieux. »
    28 29
    CHAPITRE 2 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SANTÉ
    John S. Greenspan,
    Spécialiste des pathologies buccales / Expert SIDA, 2015
    Deborah Greenspan,
    Spécialiste en médecine buccale / Expert SIDA, 2015
    « La bouche est
    un tel révélateur de la
    santé globale et des maladies,
    notamment de l’infection par le
    VIH, ce qui appelle des examens
    réguliers et approfondis des tissus mous
    de la bouche par les professionnels
    concernés. Tout en révélant des signes
    de l’infection par le VIH sous la forme
    de nombreuses lésions… la bouche
    permet aussi de la dépister avec
    succès grâce aux tests
    salivaires. »
    « Mon médecin
    m’a conseillé de faire un
    dépistage pour le VIH, mais
    j’étais terrifié. La stigmatisation
    entourant le VIH au [Botswana] est
    toujours si prégnante. Trop de personnes
    continuent à lier VIH et sorcellerie. Trop de
    personnes continuent à penser que le virus
    est incurable. Elles ne comprennent pas qu’il
    est possible de combattre le VIH grâce à un
    dépistage adéquat et au bon traitement.
    Oui, je suis séropositif, mais
    maintenant je peux prendre mes
    médicaments et me sentir de
    nouveau vivant. »
    Paul Kebakile, Gaborone, Botswana, 2003
    CORÉE
    DU SUD
    LA BARBADE
    TRINITÉ-ET-TOBAGO
    BAHAMAS
    OUGANDA
    GÉORGIE
    AZERBAÏDJAN ARMÉNIE
    SRI LANKA
    JAMAÏQUE
    CUBA
    RÉP. DOMINICAINE
    MALAISIE
    VIETNAM
    CAMBODGE
    LAOS
    THAÏLANDE
    BHOUTAN
    BANGLADESH
    LIBAN
    ISRAËL
    YÉMEN
    NÉPAL
    RÉP.
    CENTRAFRICAINE
    SOUDAN
    DU SUD
    SÉNÉGAL GAMBIE
    CAP-VERT
    SÃO TOMÉET-PRINCIPE
    GUINÉEBISSAU GUINÉE
    LIBÉRIA
    CÔTE
    D’IVOIRE
    BURKINA
    FASOGHANA
    BÉNIN
    CAMEROUN
    GUINÉE
    ÉQUATORIALE GABON
    CONGO BURUNDI
    RWANDA KENYA
    DJIBOUTI
    TOGO
    SIERRA LEONE
    SWAZILAND
    LESOTHO
    ÉRYTHRÉE
    GUATEMALA
    SALVADOR
    HAÏTI
    HONDURAS
    NICARAGUA
    COSTA RICA
    PANAMA GUYANA
    SURINAME
    BELIZE
    PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
    ÎLE MAURICE
    MALDIVES
    SINGAPOUR
    BIRMANIE
    TUNISIE
    MALTE
    MALAWI
    OUZBÉK.
    TADJIKISTAN
    KIRGHIZSTAN
    MONGOLIE
    PAKISTAN
    KAZAKHSTAN
    ALGÉRIE
    NIGER TCHAD
    NIGÉRIA
    SOUDAN
    ÉTHIOPIE
    ANGOLA
    ÉGYPTE
    MAROC
    MAURITANIE
    NAMIBIE
    BOTSWANA
    AFRIQUE DU SUD
    MOZAMBIQUE
    SOMALIE
    MALI
    BOLIVIE
    PARAGUAY
    VENEZUELA
    COLOMBIE
    ÉQUATEUR
    PÉROU
    ARGENTINE
    URUGUAY
    CHILI
    NOUVELLEZÉLANDE
    I NDONÉSI E
    ZIMBABWE
    ZAMBIE
    MADAGASCAR
    TANZANIE
    IRAN
    AUSTRALIE
    INDE
    ÉTATS-UNIS
    CANADA
    MEXIQUE
    BRÉSIL
    RUSSIE
    É
    RUS.
    ITALIE
    MOLDAVIE
    UKRAINE
    LETTONIE
    ESTONIE
    AUTRICHE
    BULGARIE
    ROUMANIE
    GRÈCE
    POLOGNE
    BIÉLORUSSIE
    R-U IRLANDE
    ISLANDE
    DANEMARK
    FRANCE
    ESPAGNE
    PORTUGAL
    ALLEMAGNE
    SUISSE
    BELGIQUE
    LUX.
    P-B
    NORVÈGE
    SUÈDE FINLANDE
    RÉP. TCH.
    SERBIE
    KOSOVO
    20,0 % ou plus
    10,0 % – 19,9 %
    1,0 % – 9,9 %
    2 millions ou plus
    1 million – 1,6 million
    600 000 – 790 000
    moins de 1,0 %
    aucune donnée
    VIH/SIDA
    Pourcentage de la population
    âgée de 15 à 49 ans
    positif au VIH
    Estimations 2011
    Populations les plus affectées
    par le VIH
    Estimations 2013
    Les premiers signes
    de l’infection par le
    VIH apparaissent
    souvent dans la
    bouche et pèsent
    lourdement sur la
    qualité de vie et sur
    la nutrition. Il est
    donc essentiel que les
    professionnels de
    santé bucco-dentaire
    soient partie
    prenante d’une offre
    de soins multidisciplinaires efficaces.
    VIH/SIDA et santé bucco-dentaire
    Selon les estimations, 35 millions de personnes
    dans le monde étaient infectées par le VIH en
    2013, et la plupart ne survivent que grâce aux
    thérapies antirétrovirales. Plus de la moitié des
    personnes infectées par le VIH développe des
    symptômes buccaux en amont de la maladie,
    notamment des infections fongiques, bactériennes
    et virales ; des parodontites aiguës ; la leucoplasie
    chevelue ; des verrues ; une sécheresse buccale ;
    un sarcome de Kaposi ; et un lymphome. Toutes
    ces maladies peuvent générer des douleurs et
    un inconfort, conduisant à une difficulté pour
    mâcher, avaler, et sentir le goût des aliments, ce
    qui a des répercussions négatives sur la qualité de
    vie.
    Les personnes touchées par le VIH/SIDA
    restent sujettes à une stigmatisation et à une
    discrimination sociales. Les dentistes et les autres
    professionnels de santé bucco-dentaire ont l’obligation de fournir des soins éthiques et équitables
    à tous les patients, quelle que soit leur sérologie
    VIH. Les lésions buccales liées au VIH peuvent
    permettre de diagnostiquer l’infection par ce
    virus, de surveiller l’évolution de la maladie,
    de prévoir l’état immunitaire et de contribuer à
    des interventions thérapeutiques à temps. Le traitement et la gestion des lésions buccales dues au
    VIH peuvent améliorer sans commune mesure la
    qualité de vie et le bien-être. Les dentistes et les
    professionnels de santé bucco-dentaire peuvent
    aussi garantir l’orientation des patients présentant
    des manifestations buccales pour un dépistage
    du VIH/SIDA, leur suivi médical adéquat, et le
    contrôle de la prise des thérapies antirétrovirales.
    Les fournisseurs de soins de santé peuvent améliorer la surveillance des lésions buccales associées
    à l’infection par le VIH en menant des examens
    buccaux simples, rapides et économiques dans
    le cadre des soins aux patients. Cela peut
    constituer la première étape de la détection, de
    la prévention et du traitement de cette maladie
    mortelle. En travaillant en équipe, les professionnels de santé de différentes spécialités peuvent
    répondre de manière efficace aux besoins des
    individus et des communautés qu’ils servent.
    Afrique du Sud
    Nigéria
    Ouganda
    Inde
    Mozambique
    Kenya Indonésie Russie
    16%
    10%
    7%
    6%
    5% 4% 4% 5%
    3 %
    3 %
    3 %
    3 %
    2 %
    2 %
    2 %
    24 %
    Tanzanie
    Zimbabwe
    Chine
    Zambie
    États-Unis
    Cameroun
    Brésil
    Reste du
    monde
    INFECTIONS/VIH
    Pourcentage de
    nouvelles infections
    par le VIH
    par pays
    2013
    30 31
    CHAPITRE 2 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SANTÉ
    Il est possible de prévenir efficacement le noma grâce
    à des mesures de prévention, de sensibilisation et à
    des interventions précoces adaptées. Le Bureau
    régional de l’Afrique de l’OMS coordonne le
    Programme régional de lutte contre le noma et apporte
    un soutien technique aux huit pays de la région
    africaine. Des ONG internationales, la plupart
    membres de la Fédération NoNoma, participent à
    l’effort de collaboration avec les ministères de la santé
    des pays concernés dans les domaines de la prévention, des soins et de la réadaptation des patients du
    noma, ainsi que de la mobilisation des ressources.
    Soutenir des mesures intégrales
    contribuant à réduire la pauvreté,
    la malnutrition et d’autres facteurs
    de risque environnementaux et
    comportementaux du noma pour
    les enfants.
    Renforcer la détection précoce des
    cas de noma en s’appuyant sur des
    stratégies de santé communautaire
    intégrées.
    Fournir rapidement les soins
    primaires adaptés dans les stades
    précoces du noma.
    Assurer l’orientation des patients à
    un stade avancé du noma vers des
    soins spécialisés.
    Renforcer les systèmes de
    surveillance intégrée grâce à la
    documentation et au signalement
    des cas de noma.
    ACTIVITÉS ESSENTIELLES POUR AMÉLIORER LA DÉTECTION ET LE TRAITEMENT DU NOMA
    « L’éradication
    du noma requiert un effort
    concerté pour diminuer la
    pauvreté, pour promouvoir une
    meilleure nutrition tant des
    femmes enceintes que des enfants,
    et pour aider à enseigner aux
    parents à reconnaître les
    signes précoces de la
    maladie. »
    Geneva Study Group on Noma,
    2013
    Matshidiso Moeti,
    Directeur du Bureau régional de
    l’Afrique de l’OMS, 2012
    « Plus qu’une
    maladie, le noma est une
    tragédie. En tant que
    problème de santé publique,
    l’OMS est profondément
    convaincue qu’il relève de l’agenda
    politique des pays affectés. Mais
    c’est aussi un problème qui va
    au-delà, qui transgresse les
    frontières des droits humains
    et de l’équité. »
    Le noma affecte
    essentiellement des
    enfants vivant en
    Afrique subsaharienne. Maladie à
    évolution rapide,
    destructrice et très
    souvent mortelle, le
    noma est une maladie
    de la pauvreté et de
    la négligence.
    Noma
    De haut en bas :
    Cas de noma aigu ;
    destruction résultant du
    noma ; même patient
    après chirurgie
    reconstructive.
    Le noma est une maladie négligée qui affecte
    principalement les enfants de moins de six ans
    en Afrique subsaharienne. Elle se caractérise par
    une destruction gangréneuse sévère, à évolution
    rapide, des tissus mous et durs de la bouche et
    du visage. Bien que rare, elle dévaste la vie des
    personnes touchées. En l’absence de traitement,
    70 à 90 % des enfants affectés en meurent.
    Les survivants souffrent de défiguration à vie et ils
    sont souvent incapables de parler ou de manger
    à cause de la destruction massive des tissus.
    Cette maladie s’accompagne d’une importante
    stigmatisation sociale pour les victimes et pour
    leur famille, augmentant le risque de pauvreté du
    foyer.
    La pauvreté et la malnutrition sont les principaux
    facteurs de risque du noma. D’autres facteurs
    prédisposant à la maladie sont une mauvaise
    hygiène bucco-dentaire et des maladies telles que
    le VIH, la malaria et la rougeole. La charge de
    morbidité la plus élevée frappe le Burkina Faso, le
    Mali, le Niger, le Nigéria, le Sénégal et l’Éthiopie,
    qui forment collectivement ce que l’on appelle la
    « ceinture du noma » du monde.
    En raison des taux de mortalité élevés et de
    l’absence de documentation fiable, il n’existe pas
    de données épidémiologiques précises. Diagnostiqué à un stade précoce, un traitement simple et
    efficace est envisageable. Cependant, les cas de
    noma ont souvent déjà atteint un stade avancé au
    moment de leur présentation. En cas de survie, les
    patients doivent subir des opérations chirurgicales
    coûteuses et complexes, qui bien souvent ne
    peuvent être réalisées. Il est vital d’informer les
    groupes de populations à risque, notamment les
    mères, quant à la maladie si l’on veut concrétiser
    les objectifs de la détection précoce et de la
    prévention.
    Le Programme régional de l’OMS de lutte contre
    le noma, coordonné par le Bureau régional
    de l’Afrique, soutient les gouvernements dans
    l’élaboration de stratégies nationales contre le
    noma, dans le lancement d’actions d’acquisition
    de compétences, et dans le déploiement de
    campagnes de sensibilisation du public.
    Les efforts préventifs visant à lutter contre la
    pauvreté extrême, la malnutrition, et les maladies
    infantiles doivent être des priorités politiques
    pour éradiquer le noma. Cela a été reconnu par le
    Conseil des droits de l’homme des Nations Unies
    qui a exhorté les États membres à mieux protéger
    les droits humains et le droit à l’alimentation des
    enfants.
    32 33
    CHAPITRE 2 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SANTÉ
    Afrique du Nord
    Caraïbes
    Moyen-Orient
    Asie centrale
    Europe de l’Est
    Moyenne mondiale
    (moyenne arithmétique)
    Asie de l’Est
    Asie du Sud-est
    Asie du Sud
    Asie-Pacifique
    Europe de l’Ouest
    Océanie
    Amérique du Nord
    Australasie
    Amérique latine,
    Sud
    Amérique latine,
    Tropiques
    Europe centrale
    Amérique latine,
    Centre
    Amérique latine,
    Andes
    Afrique
    subsaharienne, Est
    Afrique subsaharienne,
    Sud
    Afrique subsaharienne,
    Centre
    Afrique subsaharienne,
    Ouest
    Europe du Sud
    Europe du Nord
    3,8
    4,4
    4,5
    5,4
    5,4
    9,3
    10,2
    10,7
    11,9
    12,2
    12,5
    12,8
    12,9
    13,6
    14,5
    15,4
    16,0
    16,5
    16,6
    18,5
    20,0
    20,1
    20,3
    23,9
    23,9
    PRÉVALENCE GÉOGRAPHIQUE DES MALFORMATIONS
    ORO-FACIALES
    Pour 10 000 naissances
    par région, 2010
    1 Renforcer la tenue de registres nationaux sur les défauts de naissance et les
    malformations oro-faciales, dans la mesure où ils jouent un rôle essentiel
    pour les services de planification et l’évaluation des interventions
    préventives primaires.
    2 Encourager les efforts combinés dans les soins de santé primaires, la
    prévention primaire et l’éducation afin d’améliorer l’accès aux soins des
    enfants porteurs de malformations oro-faciales.
    3 Exiger la mise en place d’approches plus globales de la part des ONG
    participant aux soins de traitement des malformations oro-faciales, qui ne se
    limiteraient pas aux services chirurgicaux primaires.
    4 S’assurer que la prévention primaire tient compte des facteurs génétiques et
    environnementaux pour traiter efficacement les causes des malformations
    oro-faciales.
    5 S’assurer que des services de prévention primaire et chirurgicaux essentiels
    sont proposés pour traiter les défauts de naissance (dont les malformations
    oro-faciales) dans le cadre de soins de santé intégrés.
    POLITIQUES POUR AMÉLIORER
    LE TRAITEMENT DES ANOMALIES CONGÉNITALES
    RECOMMAND
    ATIONS
    Anomalies congénitales
    Les fentes labiales
    et/ou palatines sont
    les malformations de
    naissance les plus
    fréquentes du visage
    et de la bouche, et
    elles sont à l’origine
    d’une charge élevée
    en termes de
    mortalité, de
    handicap, de qualité
    de vie et de coûts
    financiers.
    Les anomalies congénitales du visage et de
    la bouche sont fréquentes, les fentes labiales
    et/ou palatines (malformations oro-faciales) en
    constituant les deux tiers. Les fentes se produisent
    soit de manière isolée (70 %), soit dans le cadre
    d’un syndrome, affectant plus de 12 nouveau-nés
    sur 10 000 dans le monde. Ainsi, en Inde seule,
    on estime que près de 100 bébés porteurs de
    fentes naissent chaque jour mais que la majorité
    ne survit pas ; aux États-Unis, un bébé présentant
    une malformation oro-faciale naît toutes les
    75 minutes.
    Des affections moins graves, mais à plus forte
    prévalence et déterminées génétiquement, telles
    que les malocclusions, concernent près de 50 %
    de la population mondiale. D’autres anomalies
    congénitales dentaires mineures, telles que
    l’hypodontie (dents manquantes) ou des dents
    supplémentaires, présentent respectivement une
    incidence générale sur la population jusqu’à 20 %
    pour la première et 2-3 % pour les secondes.
    Même si dans le cas des anomalies congénitales,
    la prédisposition génétique est un facteur important, d’autres facteurs de risque modifiables
    entrent également en jeu. Une mauvaise alimentation, le tabac fumé, consommer de l’alcool
    et l’obésité pendant la grossesse sont autant de
    facteurs de risque supplémentaires documentés,
    soulignant l’importance de mettre en place des
    politiques préventives et des services de conseil,
    notamment à destination des futures mères.
    Il est possible de restaurer les fonctions normales
    de mastication, d’élocution, et l’aspect chez
    les patients souffrant de fentes labiales et/ou
    palatines, et d’éviter la stigmatisation sociale, mais
    cela requiert des interventions précoces multidisciplinaires. Soins infirmiers spécialisés, chirurgie
    reconstructive, médecine dentaire pédiatrique,
    orthophonie, orthodontie, génétique, et des
    services psychologiques sont tous importants pour
    une réadaptation complète des patients présentant
    de telles anomalies. La plupart de ces services ne
    sont pas disponibles dans les pays à faible revenu
    et à revenu intermédiaire, même si dans certaines
    villes, des ONG spécialisées aident à proposer au
    minimum les services chirurgicaux primaires. La
    réparation chirurgicale des malformations oro-faciales vient d’être portée sur la liste des services
    chirurgicaux essentiels et rentables recommandés
    par l’OMS.
    Aux États-Unis, le coût direct des soins de traitement des malformations oro-faciales est estimé
    à près de 200 000 dollars par patient, et le coût
    annuel global des soins s’élèverait à 35 milliards
    de dollars pour 175 000 patients. Si l’on y ajoute
    les coûts indirects, la charge financière serait
    probablement doublée, alourdissant le poids
    psychologique déjà colossal pour les patients et
    les familles affectés.
    Caucasiens
    15,2
    Mongols et Indiens d’Amérique
    15,3
    Asiatiques
    22,5
    Afro-américains
    5,0
    DIFFÉRENCES ETHNIQUES DANS L’INCIDENCE
    DES MALFORMATIONS ORO-FACIALES
    Incidence pour 10 000 naissances vivantes
    pour différents groupes ethniques de 17 pays
    2006
    TRAITEMENT DES
    MALFORMATIONS
    ORO-FACIALES
    Une réadaptation
    complète est possible si
    les fentes labiales et
    palatines sont
    correctement traitées
    par voie chirurgicale.
    Sarah Hodges,
    Anesthésiste pédiatrique,
    2009
    « L’absence d’accès à
    des conseils et à des
    services chirurgicaux peut
    entraîner le décès de l’enfant ou
    obliger une personne autrement
    en bonne santé à une défiguration
    permanente et à une diminution
    fonctionnelle, ainsi qu’à
    l’exclusion éducative et
    sociale. »
    34 35
    CHAPITRE 2 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SANTÉ
    agression et violence domestique
    chute
    accident sportif
    accident de la route
    travail
    autres
    PRINCIPALES CAUSES
    DES TRAUMATISMES
    BUCCO-DENTAIRES
    Comparaison de l’Europe et
    du Rwanda
    Europe 2014, Rwanda 2003
    31%
    3 %
    5 %
    11%
    11%
    39%
    Europe
    15%
    60%
    18%
    6%
    2 %
    Rwanda
    Kerala
    INDE
    port du casque
    14 %
    pas de casque
    53 %
    FRACTURES MAXILLO-FACIALES DUES
    À DES ACCIDENTS DE MOTO AU
    KERALA, INDE
    Incidence des fractures chez les motards
    portant ou ne portant pas de casque
    2014
    1 Adopter des réglementations pour améliorer la sécurité routière par
    l’utilisation obligatoire des ceintures de sécurité, des sièges pour enfants,
    des casques de moto et de vélo, et par l’interdiction de l’alcool au volant.
    2 Déployer des stratégies adéquates pour réduire la violence et le
    harcèlement à l’école.
    3 Imposer le port obligatoire de casques ou de protège-dents pour améliorer
    la sécurité dans les sports de contact.
    4 Renforcer le rôle des dentistes dans le diagnostic des traumatismes du fait
    d’actes de violence et de maltraitance sur les enfants.
    5 Garantir des soins d’urgence adéquats pour une réponse post-traumatique
    améliorée.
    POLITIQUES POUR PRÉVENIR ET LIMITER LA GRAVITÉ
    DES TRAUMATISMES BUCCO-DENTAIRES
    RECOMMAND
    ATIONS
    Mike Bossy,
    Ancien joueur de la NHL, 2012
    « J’ai souffert de
    nombreuses blessures
    bucco-dentaires au cours de ma
    carrière de hockeyeur. La plus grave
    a été lorsque j’ai reçu une crosse
    directement dans les dents…
    Le dentiste de l’équipe m’a examiné puis
    il a placé un abaisse-langue derrière mes
    dents de devant et les a remises en
    place… À partir de ce jour, j’ai porté
    un protège-dents en permanence
    à chaque fois que j’allais
    sur la glace. »
    Leslie Halpern,
    Chirurgienne bucco-dentaire et
    maxillo-faciale, 2008
    « Ce qu’il faut
    retenir, c’est que la
    violence domestique est un
    sujet très délicat. Nous devons
    former et éduquer la future
    génération de spécialistes de soins
    de santé sur le rôle que la
    médecine dentaire joue dans ce
    problème de santé publique
    très grave. »
    Les traumatismes
    bucco-dentaires se
    produisent fréquemment mais ils peuvent
    être évités en
    améliorant les
    politiques de santé
    publique et en
    sensibilisant davantage aux risques liés à
    la violence, aux
    sports et à la sécurité
    routière.
    Traumatismes bucco-dentaires
    Les traumatismes bucco-dentaires représentent
    5 % de l’ensemble des blessures, et les traumatismes cranio-faciaux seraient responsables
    de près de la moitié des quelques 8,5 millions
    de décès par traumatisme dans le monde. Ils
    comprennent les fractures des mâchoires et des
    autres os du visage, ainsi que les fractures, les
    dislocations et la perte des dents. Les facteurs
    de risque comprennent les accidents de la route
    et de vélo, les chutes, la violence physique, les
    sports de contact, et les piercings de la langue
    et des lèvres. Les blessures bucco-dentaires ont
    d’importantes répercussions physiques, psychosociales et économiques, et elles constituent un
    problème de santé publique majeur, qui affecte
    particulièrement les enfants et les jeunes adultes.
    Les blessures cranio-faciales sont souvent
    complexes et se produisent concomitamment
    à d’autres blessures corporelles, requérant des
    traitements coûteux et longs. Près de la moitié
    de l’ensemble des traumatismes impliquant les
    dents définitives appelle un traitement dentaire.
    Les coûts de traitement directs annuels des traumatismes dentaires au Danemark ont été estimés
    à 2–5 millions de dollars par million d’habitants.
    La prévention des blessures bucco-dentaires est
    essentielle, et l’amélioration de la sécurité de
    l’environnement est un élément clé. L’amélioration de la sécurité routière, et le port de casques,
    de masques faciaux et de protège-dents sont des
    mesures importantes pour réduire la fréquence
    et la gravité des traumatismes dentaires et
    cranio-faciaux.
    La violence et la maltraitance sont des causes
    importantes de blessures bucco-dentaires et elles
    ont des conséquences graves et permanentes. Les
    dentistes peuvent être le premier ou l’unique point
    de contact des victimes en environnement de
    santé. Les professionnels de santé bucco-dentaire
    doivent donc être capables de reconnaître les
    signes de maltraitance, qui portent habituellement
    sur la tête, le cou ou le visage. Il est nécessaire
    de renforcer la sensibilisation et l’éducation
    sur ces questions, et les professionnels de santé
    bucco-dentaire doivent être au fait de leur responsabilité juridique et éthique et de l’obligation qui
    leur incombe de signaler les cas de maltraitance.
    36 37
    CHAPITRE 2 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SANTÉ
    39
    À l’instar de toutes les autres maladies, les maladies bucco-dentaires partagent un grand nombre
    de facteurs de risque. Certains, tels que l’âge, le
    sexe et les caractères héréditaires, sont intrinsèques à l’individu et ne peuvent être ni changés
    ni modifiés. D’autres, qui dépendent des comportements et du mode de vie, relèvent de la catégorie des facteurs de risque dits modifiables car une
    action individuelle et la modification d’une habitude ou d’un comportement spécifiques est envisageable. Dans les faits, ce changement peut être
    difficile à réaliser sans mesures de soutien supplémentaires. Les facteurs de risque modifiables des
    maladies bucco-dentaires sont, entre autres, le
    déséquilibre alimentaire, notamment les régimes
    riches en sucre, la consommation de tabac, et la
    consommation excessive d’alcool. Ces facteurs de
    risque clés sont aussi communs à la plupart des
    autres grandes MNT. Ce chapitre revient en détail
    sur l’ensemble de ces facteurs de risque clés et
    cherche à mettre en lumière leur potentiel préjudiciable et à montrer l’étendue de leur impact sur
    la santé bucco-dentaire à l’échelle mondiale. Des
    recommandations spécifiques pour limiter ces
    risques, envisagées sous l’angle de la santé publique et des populations, y sont aussi présentées.
    À titre d’illustration, le risque de cancer buccal est
    multiplié par 15 en cas de consommation combinée d’alcool et de tabac. La consommation de
    tabac est la cause de 50 % des cas de maladies
    parodontales. Les sucres ajoutés sont la principale
    cause de carie dentaire chez les enfants et chez
    les adultes. En outre, plusieurs grands facteurs de
    risque se retrouvent généralement simultanément
    au sein d’un même groupe d’individus. Ainsi, les
    fumeurs sont plus enclins à avoir un régime riche
    en lipides et en sucre et faible en fibres, et à avoir
    une activité physique moins importante. De plus,
    la consommation d’alcool et celle de tabac sont
    souvent associées. De tels comportements individuels et choix de modes de vie n’ont pas seulement un impact négatif sur la santé bucco-dentaire, ils nuisent aussi généralement à la qualité
    de vie globale.
    Un certain nombre de facteurs externes qui ne
    peuvent être que faiblement atténués par les
    comportements individuels conditionnent aussi
    la santé bucco-dentaire. Ces déterminants englobent la pauvreté, une éducation inexistante, le
    chômage, l’accès restreint à l’eau potable et à des
    installations sanitaires, ainsi que l’accès limité aux
    soins bucco-dentaires. Les conditions générales
    socio-économiques, culturelles et environnementales pèsent également sur la santé bucco-dentaire, mais ces déterminants sont hors du champ
    d’influence individuel. La législation sur le tabac
    et les programmes de fluoration de l’eau sont des
    exemples des mesures « en amont » permettant
    de contrer de tels facteurs. Sur l’ensemble du
    gradient social, des plus riches aux plus pauvres,
    les personnes moins privilégiées sont toujours en
    moins bonne santé et ont toujours un accès plus
    limité aux soins appropriés. Dans toutes les sociétés, les plus démunis présentent la plus mauvaise
    santé, le moins bon accès aux soins et les plus
    grands risques pour la santé. Ces inégalités sont
    observées tant entre les régions et les pays que de
    l’un ou l’une à l’autre.
    Bien trop souvent, les approches et les politiques
    se concentrent sur la modification des comportements individuels, notamment en ce qui concerne
    les choix de mode de vie. Néanmoins, l’ensemble
    de nos choix sont fortement influencés par de
    nombreux facteurs, notamment les circonstances
    socio-économiques et les normes sociales. Par
    conséquent, les stratégies fondées sur les modes
    de vie n’offrent souvent qu’une efficacité limitée
    et elles risquent même d’accroître les inégalités
    sanitaires qu’elles sont censées réduire.
    Pour lutter contre les facteurs de risque, et accompagner les individus dans l’adoption de comportements plus sains, il est nécessaire de toujours
    prendre en compte les déterminants plus larges
    du comportement à risque et d’essayer d’en traiter
    les raisons sous-jacentes. Le principe de la Charte
    d’Ottawa pour la promotion de la santé prend ici
    tout son sens : faire en sorte que le choix le plus
    facile soit aussi le meilleur choix du point de vue
    de la santé !
    Maladies bucco-dentaires
    et facteurs de risque Chapitre 3
    éducation
    nutrition
    chômage
    pauvreté
    et
    travail inégalité eau
    assainissement
    logement
    soins de santé
    Age, sexe
    et facteurs
    héréditaires
    Réseaux sociaux et communautaires
    Facteurs du mode de vie individuel
    Conditions socio-économiques, culturelles et environnementales générales
    LES DÉTERMINANTS SOCIAUX
    DE LA SANTÉ
    Adapté de Whitehead
    & Dahlgren, 1991
    Obésité
    Diabète
    Carie dentaire
    Maladies parodontales
    traumatismes
    bucco-dentaires
    Cancers
    Maladies cardiovasculaires
    Maladies respiratoires
    mauvaise hygiène blessures
    stress alcool
    manque d’exercice absence de contrôle
    alimentation
    déséquilibrée consommation
    de tabac
    FACTEURS DE RISQUE COMMUNS ET LEUR
    IMPORTANCE POUR LA SANTÉ BUCCO-DENTAIRE
    Adapté de Sheiham & Watt, 2000
    1 Soutenir des stratégies visant à réduire la pauvreté, améliorer l’inclusion
    sociale et le niveau général d’éducation et d’emploi, améliorer l’accès
    aux soins de santé, promouvoir un logement abordable, une eau potable
    et des installations d’assainissement et protéger les minorités et les
    groupes vulnérables pour un état général et une santé bucco-dentaire
    durablement améliorés.
    2 Inclure systématiquement la question de la santé générale et de la santé
    bucco-dentaire dans toutes les politiques afin de réduire les effets négatifs
    sur l’équité sanitaire des décisions prises dans d’autres domaines, et
    contribuer à renforcer les synergies pour une meilleure santé des
    populations.
    3 Maximiser les occasions de travailler efficacement de manière
    interdisciplinaire et intersectorielle afin de réduire les inégalités en
    matière de déterminants sociaux et de santé.
    4 Cibler les ressources pour remédier aux inégalités sanitaires et apporter
    un soutien aux personnes présentant les besoins les plus importants et les
    plus complexes afin de réduire ces inégalités.
    5 Prendre des mesures pour réduire l’exposition aux facteurs de risque pour
    la santé générale et la santé bucco-dentaire en réglementant les aliments
    peu sains et en réduisant la consommation de tabac et d’alcool.
    POLITIQUES POUR TRAITER LES DÉTERMINANTS SOCIAUX
    RECOMMAND
    ATIONS
    Toutes les grandes MNT, notamment la plupart des
    maladies bucco-dentaires, partagent les mêmes
    déterminants sociaux et un petit nombre de
    facteurs de risque communs – consommation de
    sucre, de tabac, d’alcool et alimentation déséquilibrée – qui seront traités dans les pages suivantes.
    Ces facteurs de risque communs servent de base
    conceptuelle à l’Approche basée sur des facteurs
    de risque communs qui est l’une des notions les
    plus importantes en matière de prévention des
    maladies bucco-dentaires. Parallèlement, cette
    approche ouvre la voie à une intégration plus
    étroite de la santé bucco-dentaire aux stratégies de
    traitement des MNT.
    Les déterminants sociaux de la santé sont les
    circonstances de naissance, de croissance, de
    vie, de travail et d’âge. Ces circonstances, qui
    déterminent largement les comportements
    adoptés et les choix réalisés, sont elles-mêmes
    modelées par des forces plus larges : économie,
    politiques sociales, éducation, politique, etc. La
    distribution inégale de tous ces facteurs déterminants explique les différences persistantes et
    croissantes mondiales dans l’état de santé et la
    charge de morbidité. Ces inégalités qui affectent
    l’état général et la santé bucco-dentaire au sein
    des populations et entre ces dernières posent des
    défis majeurs pour les décideurs politiques et
    pour les acteurs de la santé publique.
    Les mesures dominantes qui se concentrent sur la
    modification des comportements sanitaires et des
    choix de vie n’ont qu’un succès limité, et elles ont
    été critiquées en ce qu’elles ignorent les
    influences sociales plus larges qui déterminent
    ces choix. Seule une stratégie intégrative plus
    large capable de tenir compte des facteurs de
    risque communs et des déterminants fondamentaux de la santé permettra de mettre en place des
    approches équitables et justes, à même de
    promouvoir une meilleure santé bucco-dentaire
    et un meilleur état général.
    Tant l’état général
    que la santé
    bucco-dentaire de
    populations entières
    sont largement
    déterminés par les
    facteurs sociaux et
    par leur interaction
    avec un ensemble de
    facteurs de risque
    communs, à savoir la
    consommation de
    sucre, de tabac,
    d’alcool et une
    alimentation
    déséquilibrée.
    Déterminants sociaux et
    facteurs de risque communs
    sucre
    tabac alcool
    régime
    alimentaire
    40 41
    CHAPITRE 3 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET FACTEURS DE RISQUE
    FAITS SUR LE SUCRE
    Consommation de sucre Consommation quotidienne recommandée
    par l’OMS pour les enfants et les adultes
    Teneur en sucre par 100 g
    d’aliments divers
    Consommation
    moyenne de sucre
    et d’édulcorants
    par personne par
    jour en 2011 :
    Recommandation forte
    Pas plus de 10 % de l’apport
    énergétique total :
    ~50 g ou 10 cuillères à café.
    Recommandation
    supplémentaire
    Pas plus de 5 % de l’apport
    énergétique total :
    ~25 g ou 5 cuillères à café.
    Seuls 19 pays consomment
    moins de 25 g par personne
    par jour.
    109 g
    mondiale
    166 g
    États-Unis
    65 pays consomment plus
    de 100 g par personne par
    jour.
    <25 g

100 g
10 %
5 %
Biscuits nappés de chocolat 45,8 g
Cornflakes glacés au sucre 37 g
Ketchup à la tomate 27,5 g
Sauce aigre-douce (à ajouter) 20,2 g
Assaisonnement salade (type Salad cream)
16,7 g
Yaourt aux fruits 16,6 g
Coca-Cola 10,9 g
Jus de fruits sucré 9,8 g
NOUVELLE-CALÉDONIE
SAMOA
FIDJI
POLYNÉSIE FR.
KIRIBATI
VANUATU
CORÉE
DU SUD
CORÉE
DU NORD
TIMOR ORIENTAL
ANTIGUA-ET-BARBUDA
LA BARBADE
STE-LUCIE
TRINITÉ-ET-TOBAGO
ST-KITTS-ET-NEVIS
ST-VINCENTET-GRENAD. DOMINIQUE
BAHAMAS
OUGANDA
GÉORGIE AZERBAÏDJAN
ARMÉNIE
SRI LANKA
JAMAÏQUE
CUBA
RÉP.
DOMINICAINE
BRUNEI
MALAISIE
VIETNAM
CAMBODGE
LAOS
THAÏLANDE
BANGLADESH
CHYPRE SYRIE
LIBAN
ISRAËL
JORDANIE
EAU
KOWEÏT
YÉMEN
NÉPAL
RÉP.
CENTRAFRICAINE
SOUDAN
DU SUD
SÉNÉGAL GAMBIE
CAP-VERT
SÃO TOMÉET-PRINCIPE
GUINÉEBISSAU GUINÉE
LIBÉRIA
CÔTE
D’IVOIRE
BURKINA
FASOGHANA
BÉNIN
CAMEROUN
GABON
CONGO
RWANDA
KENYA
DJIBOUTI
SIERRA LEONE
TOGO
SWAZILAND
LESOTHO
GUATEMALA
SALVADOR
HAÏTI
HONDURAS
NICARAGUA
COSTA RICA
PANAMA GUYANA
SURINAME
BELIZE
ÎLE MAURICE
MALDIVES
GRENADE
BIRMANIE
AUT. NAT.
PALESTINIENNE
TUNISIE
MALTE
ÎLES
SALOMON
RAS HK
RAS MACAU
MALAWI
LES BERMUDES
TURKMÉN.
OUZBÉK.
TADJIKISTAN
KIRGHIZSTAN
ARABIE
SAOUDITE
MONGOLIE
PAKISTAN
AFGHANISTAN
TURQUIE
IRAK
KAZAKHSTAN
ALGÉRIE
NIGER TCHAD
NIGÉRIA
SOUDAN
ÉTHIOPIE
ANGOLA
ÉGYPTE
MAROC
LIBYE
MAURITANIE
NAMIBIE BOTSWANA
AFRIQUE
DU SUD
MOZAMBIQUE
SOMALIE
MALI
BOLIVIE
PARAGUAY
VENEZUELA
COLOMBIE
ÉQUATEUR
PÉROU
ARGENTINE
URUGUAY
CHILI
PHILIPPINES
NOUVELLEZÉLANDE
I NDONÉSI E
ZIMBABWE
ZAMBIE
MADAGASCAR
TANZANIE
IRAN
AUSTRALIE
CHINE
INDE
ÉTATS-UNIS
CANADA
MEXIQUE
BRÉSIL
JAPON
RUSSIE
É
RUS.
CROATIE
ITALIE
MOLDAVIE
UKRAINE
MACÉDOINE
LITUANIE
LETTONIE
ESTONIE
ALBANIE
MONT.
AUTRICHE HONGRIE
BULGARIE
ROUMANIE
GRÈCE
POLOGNE
SLOVÉNIE
B-H
BIÉLORUSSIE
R-U IRLANDE
ISLANDE
DANEMARK
FRANCE
ESPAGNE
PORTUGAL
ALLEMAGNE
SUISSE
BELGIQUE
LUX.
P-B
NORVÈGE
SUÈDE FINLANDE
RÉP. TCH. SLOVAQUIE
SERBIE
KOSOVO
plus de 100
76 – 100
51 – 75
26 – 50
25 ou moins
aucune donnée
CONSOMMATION MOYENNE
DE SUCRE ET D’ÉDULCORANTS
Grammes par personne par jour
2011
1 Taxer davantage les
aliments riches en
sucre et les boissons
sucrées/édulcorées.
2 Garantir un étiquetage
alimentaire transparent
pour permettre aux
consommateurs de
faire des choix
informés.
3 Réglementer
strictement la teneur
en sucre des aliments
pour bébés et des
boissons sucrées/
édulcorées.
4 Limiter la commercialisation et la disponibilité d’aliments riches en
sucre et de boissons
sucrées/édulcorées
pour les enfants et les
adolescents.
5 Communiquer des
lignes directrices
nutritionnelles
simplifiées, portant
notamment sur la
consommation de
sucre, afin de
promouvoir une
alimentation et une
consommation de
boissons saines.
POLITIQUES POUR
RÉDUIRE LA
CONSOMMATION
DE SUCRE
RECOMMAND
ATIONS
Le sucre est l’un des
principaux facteurs
de risque de la carie
dentaire. Réduire sa
consommation dans
le cadre d’une
alimentation saine
permet d’améliorer la
santé bucco-dentaire
et peut contribuer à
limiter le diabète,
l’obésité et d’autres
MNT.
Sucre
Les sucres font partie de la grande famille des
édulcorants – des substances entrant naturellement dans la composition des aliments et des
boissons, ou qui y sont ajoutées, et qui créent
la sensation sucrée. Ils constituent une source
importante et essentielle de l’apport énergétique
quotidien, mais leur consommation excessive a
de graves conséquences. Leur influence sur de
grandes MNT telles que le diabète et l’obésité,
dans le cadre d’un régime alimentaire hautement
calorique, est de plus en plus reconnue.
La nomenclature appliquée aux sucres et aux
édulcorants est complexe. Les sucres ajoutés
– tous les sucres ajoutés aux aliments par les
fabricants, les cuisiniers ou les consommateurs,
ainsi que les sucres naturellement présents dans le
miel, les sirops et les jus de fruits – sont la cause
unique de carie dentaire chez l’enfant et chez
l’adulte. La consommation de sucres modifie
l’équilibre sain des bactéries présentes dans la
bouche, favorisant les bactéries qui transforment
les sucres en acides déminéralisant l’émail des
dents. La consommation répétée de sucre au cours
de la journée augmente la fréquence des attaques
acides et le risque de carie dentaire.
La consommation de sucre est influencée par
de nombreux facteurs biologiques, comportementaux, sociaux, culturels et environnementaux.
La consommation mondiale de sucre a triplé au
cours des 50 dernières années, et ce phénomène
devrait se poursuivre, notamment dans les économies émergentes. Pour lutter contre l’épidémie
croissante de carie dentaire et des autres MNT,
l’OMS recommande de limiter la consommation
quotidienne de sucres ajoutés à moins de 5 % de
l’apport énergétique total. Cela équivaut à 25 g ou
à 5 cuillères à café de sucre par jour.
Plusieurs mesures sont à l’étude afin de réduire
la consommation mondiale de sucre. Elles vont
des taxes supplémentaires sur les produits à forte
teneur en sucre à la diminution de la surconsommation de boissons sucrées/édulcorées, à la
réduction de la teneur en sucre des aliments et des
boissons, à la mise en place de réglementations
pour un étiquetage transparent des ingrédients alimentaires, et à la limitation de la vente aux enfants
et aux adolescents d’aliments riches en sucre.
42 43
CHAPITRE 3 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET FACTEURS DE RISQUE
FAITS SUR LE TABAC
Consommation de tabac Types de consommation de tabac Effets du tabac sur la santé bucco-dentaire
Tabac fumé
cigarettes
bidîs
kreteks
pipes
cigares
narguilés
Tabac non fumé
prise de tabac, sec
ou humide
Accroît le risque de :

  • cancer buccal
  • palais du fumeur
  • maladies parodontales
  • perte prématurée des dents
  • gingivite
  • taches
  • halitose (mauvaise haleine)
  • perte du sens du goût et de l’odorat
    600 000 personnes meurent chaque année
    de tabagisme passif : 156 000 hommes,
    281 000 femmes and 166 000 enfants.
    Au moins 300 millions de personnes
    consomment du tabac non fumé, et 90 %
    d’entre elles se trouvent en Asie du Sud-est.
    En 2011, les fabricants ont dépensé près
    de 9,5 milliards de dollars en publicité
    pour les cigarettes et le tabac non fumé.
    Les gouvernements consacrent moins de
    1 milliard de dollars par an à la lutte
    anti-tabac.
    800 millions d’hommes fument.
    200 millions de femmes fument.
    chique
    snus
    produits de tabac
    solubles
    Recommandations du
    programme MPOWER
    de l’OMS pour lutter
    efficacement contre le
    tabagisme :
    1 Surveiller la
    consommation de
    tabac et les
    politiques de
    prévention.
    2 Protéger les
    personnes de la
    fumée de tabac.
    3 Offrir un accompagnement pour cesser
    de consommer du
    tabac.
    4 Avertir des dangers
    du tabac.
    5 Interdire la publicité,
    la promotion et les
    actions de sponsorat
    du tabac.
    6 Augmenter les taxes
    sur le tabac.
    POLITIQUES POUR
    LUTTER CONTRE
    LE TABAGISME
    RECOMMAND
    ATIONS
    TONGA
    ÎLES COOK
    ÎLES MARSHALL
    KIRIBATI
    VANUATU
    NAURU
    LA BARBADE
    ST-KITTS-ET-NEVIS DOMINIQUE
    OUGANDA
    GÉORGIE AZERBAÏDJAN
    ARMÉNIE
    SRI LANKA
    RÉP.
    DOMINICAINE
    BRUNEI
    MALAISIE
    VIETNAM
    CAMBODGE
    LAOS
    THAÏLANDE
    BANGLADESH
    CHYPRE
    ISRAËL
    JORDANIE
    BAHREÏN
    OMAN
    KOWEÏT
    YÉMEN
    NÉPAL
    SÉNÉGAL GAMBIE
    CAP-VERT
    SÃO TOMÉ-ETPRINCIPE
    GUINÉE
    LIBÉRIA
    CÔTE
    D’IVOIRE
    GHANA
    BÉNIN
    GABON
    CONGO
    KENYA
    SIERRA LEONE
    TOGO
    SWAZILAND
    ÉRYTHRÉE
    GUATEMALA
    SALVADOR
    COSTA RICA
    PANAMA GUYANA
    BELIZE
    PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
    ÎLE MAURICE
    MALDIVES
    COMORES
    SEYCHELLES
    BIRMANIE
    AUT. NAT.
    PALESTINIENNE
    TUNISIE
    MALTE
    ÎLES
    SALOMON MALAWI
    OUZBÉK. KIRGHIZSTAN
    ARABIE
    SAOUDITE
    MONGOLIE
    PAKISTAN
    TURQUIE
    IRAK
    KAZAKHSTAN
    ALGÉRIE
    NIGER TCHAD
    NIGÉRIA
    RÉP. DÉM.
    CONGO
    ÉGYPTE
    MAROC
    LIBYE
    MAURITANIE
    NAMIBIE BOTSWANA
    AFRIQUE
    DU SUD
    SOMALIE
    MALI
    BOLIVIE
    PARAGUAY
    COLOMBIE
    ARGENTINE
    URUGUAY
    CHILI
    PHILIPPINES
    NOUVELLEZÉLANDE
    I NDONÉSI E
    ZAMBIE
    IRAN
    AUSTRALIE
    CHINE
    INDE
    CANADA
    MEXIQUE
    BRÉSIL
    JAPON
    RUSSIE
    GÉORGIE
    RUS.
    CROATIE
    ITALIE
    MOLDAVIE
    UKRAINE
    LITUANIE
    LETTONIE
    ESTONIE
    ALBANIE
    AUTRICHE HONGRIE
    BULGARIE
    ROUMANIE
    GRÈCE
    POLOGNE
    SLOVÉNIE
    B-H
    BIÉLORUSSIE
    R-U
    ISLANDE
    DANEMARK
    FRANCE
    ESPAGNE
    PORTUGAL
    ALLEMAGNE
    SUISSE
    BELGIQUE
    P-B
    NORVÈGE
    SUÈDE FINLANDE
    RÉP. TCH. SLOVAQUIE
    SERBIE
    KOSOVO
    40 % ou plus
    30 % – 39 %
    20 % – 29 %
    moins de 20 %
    aucune donnée
    CONSOMMATION DE TABAC FUMÉ
    Prévalence de la consommation de tabac fumé chez
    les adultes, normalisée selon l’âge
    2011
    La consommation de
    tabac est la
    principale cause
    mondiale évitable de
    décès et de maladies,
    y compris des
    maladies
    bucco-dentaires. Les
    professionnels de
    santé bucco-dentaire
    ont un rôle important
    à jouer dans sa
    diminution.
    Tabac
    La consommation de tabac est la cause évitable
    de décès la plus répandue dans le monde. La cigarette provoque le décès de la moitié des fumeurs
    à vie, et au 20ème
    siècle, 100 millions de décès ont
    été imputables à la consommation de tabac. Ce
    nombre devrait passer à 1 milliard au 21ème siècle
    si les habitudes ne changent pas. Par ailleurs, le
    tabagisme passif provoque près de 600 000 décès
    chaque année. En outre, la consommation de
    tabac non fumé est un problème mondial qui ne
    cesse de prendre de l’ampleur.
    La consommation de tabac est une menace de
    santé publique mondiale majeure pour tous les
    pays, et aucune forme de consommation n’est
    sans danger ; pourtant le tabac reste cultivé dans
    plus de 120 pays. En 2013, plus de 6 mille milliards de cigarettes ont été fumées par près d’un
    milliard de personnes. Plus de 300 millions de
    personnes consomment du tabac non fumé dans
    plus de 75 pays. Le tabac non fumé est particulièrement dangereux pour la santé bucco-dentaire
    dans la mesure où il est en contact direct avec les
    tissus de la cavité buccale.
    Il existe de nombreuses approches efficaces pour
    limiter la consommation de tabac. La Convention-cadre de l’OMS pour la lutte anti-tabac offre
    un cadre, ayant force obligatoire pour ses États
    membres, pour mettre en place des politiques
    efficaces afin de réduire la consommation
    mondiale de tabac. Les politiques visant à créer
    des zones non-fumeurs, à accroître l’imposition
    des produits du tabac et à augmenter le prix de
    vente du tabac présentent ainsi la plus grande
    efficacité.
    Des réglementations strictes et cohérentes à
    tous les niveaux de la production et de la consommation de tabac, de la culture des plantes au recyclage des déchets, peuvent permettre de limiter
    les niveaux de consommation et de promouvoir
    l’arrêt du tabac. Des programmes globaux de
    lutte contre le tabagisme incitant à en stopper
    la consommation via des interventions ciblées
    par populations permettent aux gouvernements
    de diminuer la morbidité et la mortalité liées au
    tabac.
    Les dentistes et l’équipe dentaire peuvent jouer un
    rôle efficace pour aider les patients à réduire ou à
    stopper la consommation de tabac. Ils devraient
    aussi être un modèle à suivre et s’abstenir d’en
    consommer eux-mêmes.
    Margaret Chan,
    Directeur général de l’OMS, 2014
    « Le moyen
    le plus efficace pour
    limiter la consommation
    de tabac et sauver des vies
    est d’augmenter les taxes sur
    les produits du tabac. Prendre
    des mesures fiscales fermes
    permet de frapper
    l’industrie du tabac là
    où le bât blesse ».
    44 45
    CHAPITRE 3 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET FACTEURS DE RISQUE
    FAITS SUR L’ALCOOL
    Consommation d’alcool Impact de l’alcool sur l’état général Impact de l’alcool sur la santé bucco-dentaire
    Consommation moyenne
    annuelle mondiale d’un
    adulte en 2010 : 6,2 litres
    5,1% de la charge mondiale
    de morbidité sont liés à la
    consommation d’alcool.
    L’alcool est le troisième facteur
    de risque de handicaps dans les
    pays développés.
    L’acidité et la forte teneur en sucre des
    boissons alcooliques peuvent provoquer
    l’érosion des dents et des caries dentaires.
    La consommation excessive d’alcool peut
    donner lieu à des blessures, souvent à la
    bouche et aux dents.
    L’abus d’alcool en début
    de grossesse peut
    provoquer la croissance
    faciale anormale du
    fœtus.
    6,2
    1
    5,1 %
    La consommation mondiale
    excessive d’alcool provoque
    près de 3,3 millions de décès par an.
    L’alcool et le tabac sont les principaux
    facteurs de risque des cancers de la
    bouche, du larynx, du pharynx et
    de l’œsophage, ainsi que des
    maladies parodontales.
    TONGA
    SAMOA
    FIDJI
    ÉTATS FÉDÉRÉS DE MICRONÉSIE
    KIRIBATI
    VANUATU
    TUVALU
    NAURU
    CORÉE
    DU SUD
    CORÉE
    DU NORD
    TIMOR ORIENTAL
    ANTIGUA-ET-BARBUDA
    LA BARBADE
    STE-LUCIE
    TRINITÉ-ET-TOBAGO
    ST-KITTS-ET-NEVIS
    ST-VINCENT-ET-GRENAD. DOMINIQUE
    BAHAMAS
    OUGANDA
    GÉORGIE AZERBAÏDJAN
    ARMÉNIE
    SRI LANKA
    JAMAÏQUE
    CUBA RÉP.
    DOMINICAINE
    BRUNEI
    MALAISI E
    VIETNAM
    CAMBODGE
    LAOS
    THAÏLANDE
    BANGLADESH
    CHYPRE SYRIE
    LIBAN
    ISRAËL
    JORDANIE
    BAHREÏN
    QATAR EAU
    OMAN
    KOWEÏT
    YÉMEN
    NÉPAL
    RÉP.
    CENTRAFRICAINE
    SÉNÉGAL GAMBIE
    CAP-VERT
    SÃO TOMÉET-PRINCIPE
    GUINÉEBISSAU GUINÉE
    LIBÉRIA
    CÔTE
    D’IVOIRE
    BURKINA
    FASOGHANA
    BÉNIN
    CAMEROUN GUINÉE
    ÉQUATORIALE
    GABON
    CONGO BURUNDI
    RWANDA
    KENYA
    DJIBOUTI
    SIERRA LEONE
    TOGO
    SWAZILAND
    LESOTHO
    ÉRYTHRÉE
    GUATEMALA
    SALVADOR
    HAÏTI
    HONDURAS
    NICARAGUA
    COSTA RICA
    PANAMA GUYANA
    SURINAME
    BELIZE
    PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
    ÎLE MAURICE
    COMORES
    SEYCHELLES
    SINGAPOUR
    GRENADE
    BIRMANIE
    TUNISIE
    MALTE
    ÎLES
    SALOMON MALAWI
    TURKMÉN.
    OUZBÉK.
    TADJIKISTAN
    KIRGHIZSTAN
    ARABIE
    SAOUDITE
    MONGOLIE
    PAKISTAN
    AFGHANISTAN
    TURQUIE
    IRAK
    KAZAKHSTAN
    ALGÉRIE
    NIGER TCHAD
    NIGÉRIA
    SOUDAN
    RÉP. DÉM.
    CONGO
    ÉTHIOPIE
    ANGOLA
    ÉGYPTE
    MAROC
    LIBYE
    MAURITANIE
    NAMIBIE BOTSWANA
    AFRIQUE
    DU SUD
    MOZAMBIQUE
    SOMALIE
    MALI
    BOLIVIE
    PARAGUAY
    VENEZUELA
    COLOMBIE
    ÉQUATEUR
    PÉROU
    ARGENTINE
    URUGUAY
    CHILI
    PHILIPPINES
    NOUVELLEZÉLANDE
    I NDONÉSI E
    ZIMBABWE
    ZAMBIE
    MADAGASCAR
    TANZANIE
    IRAN
    AUSTRALIE
    CHINE
    INDE
    ÉTATS-UNIS
    CANADA
    MEXIQUE
    BRÉSIL
    JAPON
    RUSSIE
    É
    RUS.
    CROATIE
    ANDORRE
    ITALIE
    MOLDAVIE
    UKRAINE
    MACÉDOINE
    LITUANIE
    LETTONIE
    ESTONIE
    ALBANIE
    MONT.
    AUTRICHE HONGRIE
    BULGARIE
    ROUMANIE
    GRÈCE
    POLOGNE
    SLOVÉNIE
    B-H
    BIÉLORUSSIE
    R-U IRLANDE
    ISLANDE
    DANEMARK
    FRANCE
    ESPAGNE
    PORTUGAL
    ALLEMAGNE
    SUISSE
    BELGIQUE
    LUX.
    P-B
    NORVÈGE
    SUÈDE FINLANDE
    RÉP. TCH. SLOVAQUIE
    SERBIE
    KOSOVO
    11,00 ou plus
    6,00 – 10,99
    1,00 – 5,99
    moins de 1,00
    aucune donnée
    CONSOMMATION D’ALCOOL
    Consommation moyenne d’alcool pur
    par personne âgée d’au moins 15 ans
    2013 ou dernières données disponibles
    Litres
    1 Prendre des mesures
    efficaces pour
    réglementer la
    disponibilité de
    l’alcool, telles que
    limiter les horaires et
    les jours de vente.
    2 Appliquer une
    tolérance zéro à la
    conduite en état
    d’ivresse afin de
    limiter la consommation d’alcool et les
    accidents de la route
    qui en résultent.
    3 Augmenter les taxes
    sur les boissons
    alcooliques afin de
    réduire efficacement
    la consommation.
    4 Appliquer des lois
    limitant la vente et
    l’achat d’alcool par
    les mineurs afin de
    lutter contre leur
    consommation
    d’alcool.
    5 Réduire l’exposition
    et les incitations à la
    consommation
    d’alcool en réglementant ou en interdisant
    les publicités et la
    promotion de
    l’alcool.
    POLITIQUES POUR
    LUTTER CONTRE LA
    CONSOMMATION
    EXCESSIVE
    D’ALCOOL
    RECOMMAND
    ATIONS
    La consommation
    excessive d’alcool est
    l’un des principaux
    facteurs de risque de
    plus de 200 maladies,
    dont le cancer buccal
    et les maladies
    parodontales, et elle
    doit être traitée dans
    le cadre d’une
    approche globale de
    toutes les MNT.
    Alcool
    La consommation d’alcool est une composante
    historique de nombreuses cultures depuis des
    millénaires. Mais, aujourd’hui, les niveaux très
    élevés de la consommation excessive d’alcool
    se traduisent par un poids sociétal important en
    matière sanitaire, sociale et économique.
    L’alcool est le troisième principal facteur de risque
    de handicaps dans le monde développé, après
    le tabac et l’hypertension. Sa consommation
    est associée à plus de 200 maladies, dont les
    maladies bucco-dentaires. Consommer seul ou
    associé au tabac, il est un facteur de risque majeur
    du cancer de la bouche, du larynx, du pharynx
    et de l’œsophage, et il est associé à d’autres
    maladies bucco-dentaires telles que les maladies
    parodontales. Sa consommation augmente le
    risque de blessures faciales et dentaires en raison
    des chutes, des accidents de la route ou de la
    violence interpersonnelle. En outre, les boissons
    alcooliques peuvent présenter un taux d’acidité
    et une teneur en sucre très élevés, avec un effet
    préjudiciable sur les dents sous forme d’érosion
    dentaire et de caries dentaires.
    L’abus d’alcool en début de grossesse augmente
    les risques de développement pour le fœtus. Il a
    un effet direct sur les cellules qui vont former les
    structures de la bouche et des dents, ce qui se
    traduit par une croissance faciale anormale qui
    est l’un des symptômes du syndrome d’alcoolisme
    fœtal.
    Les stratégies pour lutter contre la consommation
    d’alcool doivent idéalement être intégrées aux
    actions contre les autres facteurs de risque
    communs des MNT. Ces approches doivent se
    concentrer sur la disponibilité et sur la tarification
    des alcools, ainsi que sur les mesures de prévention de l’alcoolisme et sur son traitement dans le
    cadre des systèmes de santé. Les professionnels
    de santé bucco-dentaire doivent être conscients
    des effets néfastes de l’alcool et ils doivent fournir
    les conseils et les soins adéquats à leurs patients.
    « La charge de
    morbidité liée à
    l’alcool, ainsi que son poids
    social et économique, risquent
    encore de s’alourdir à moins que
    des politiques de prévention
    efficaces et des mesures basées
    sur les meilleures données
    probantes disponibles ne
    soient déployées à
    l’échelle mondiale. »
    Oleg Chestnov, Sous-Directeur général –
    Maladies non transmissibles et santé mentale
    de l’OMS, 2014
    46 47
    CHAPITRE 3 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET FACTEURS DE RISQUE
    1 Limiter la vente
    d’aliments et de
    boissons peu sains ;
    augmenter les taxes
    sur ces deux
    catégories, et limiter
    leur portion et leur
    disponibilité.
    2 Appliquer des
    réglementations
    d’étiquetage
    alimentaire favorables
    aux consommateurs
    afin de faciliter des
    choix alimentaires
    informés.
    3 Déployer des
    approches intégrées
    en matière de conseil
    nutritionnel traitant à
    la fois les aspects de
    l’état général et ceux
    de la santé
    bucco-dentaire.
    4 Bannir les boissons
    sucrées/édulcorées et
    les en-cas peu sains
    des écoles et
    proposer des repas
    sains.
    5 Faire la promotion de
    produits naturels et
    locaux offrant une
    bonne valeur
    nutritionnelle en lieu
    et place des aliments
    industriels.
    POLITIQUES POUR
    PROMOUVOIR UNE
    ALIMENTATION
    SAINE
    RECOMMAND
    ATIONS
    Légumes/fruits
    L’OMS recommande de
    consommer au moins cinq
    portions de fruits et légumes
    par jour.
    Céréales complètes
    Les féculents de base, de
    préférence sous leur forme
    complète, doivent être la
    principale source quotidienne
    d’apports énergétiques.
    Protéines bonnes
    pour la santé
    Poissons, volailles, haricots et
    noix doivent être privilégiés à la
    viande rouge et à la viande
    transformée.
    Eau
    L’eau, le thé ou le café (avec peu ou pas
    du tout de sucre) sont les principales
    sources liquides recommandées. Les boissons
    sucrées/édulcorées doivent être évitées.
    Huile
    Privilégier les huiles bonnes
    pour la santé telles que l’huile
    d’olive. Éviter les gras trans.
    UN RÉGIME ÉQUILIBRÉ
    TONGA
    SAMOA
    FIDJI
    ÉTATS FÉDÉRÉS DE MICRONÉSIE
    ÎLES COOK
    ÎLES MARSHALL
    KIRIBATI
    VANUATU
    NAURU
    PALAOS
    CORÉE
    DU SUD
    CORÉE
    DU NORD
    TIMOR ORIENTAL
    ANTIGUA-ET-BARBUDA
    LA BARBADE
    STE-LUCIE
    TRINITÉ-ET-TOBAGO
    ST-KITTS-ET-NEVIS
    ST-VINCENT-ETGRENAD. DOMINIQUE
    BAHAMAS
    OUGANDA
    GÉORGIE AZERBAÏDJAN
    ARMÉNIE
    SRI LANKA
    JAMAÏQUE
    CUBA
    RÉP. DOMINICAINE
    BRUNEI
    MALAISIE
    VIETNAM
    CAMBODGE
    LAOS
    THAÏLANDE
    BHOUTAN
    BANGLADESH
    CHYPRE SYRIE
    LIBAN
    ISRAËL
    JORDANIE
    BAHREÏN
    QATAR EAU
    OMAN
    KOWEÏT
    YÉMEN
    NÉPAL
    RÉP.
    CENTRAFRICAINE
    SOUDAN
    DU SUD
    SÉNÉGAL GAMBIE
    CAP-VERT
    SÃO TOMÉ-ET-PRINCIPE
    GUINÉEBISSAU GUINÉE
    LIBÉRIA
    CÔTE
    D’IVOIRE
    BURKINA
    FASOGHANA
    BÉNIN
    CAMEROUN GUINÉE
    ÉQUATORIALE
    GABON
    CONGO BURUNDI
    RWANDA
    KENYA
    DJIBOUTI
    SIERRA LEONE
    TOGO
    SWAZILAND
    LESOTHO
    ÉRYTHRÉE
    GUATEMALA
    SALVADOR
    HAÏTI
    HONDURAS
    NICARAGUA
    COSTA RICA
    PANAMA GUYANA
    SURINAME
    BELIZE
    PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
    ÎLE MAURICE
    MALDIVES
    COMORES
    SEYCHELLES
    SINGAPOUR
    GRENADE
    BIRMANIE
    TUNISIE
    MALTE
    ÎLES
    SALOMON MALAWI
    TURKMÉN.
    OUZBÉK.
    TADJIKISTAN
    KIRGHIZSTAN
    ARABIE
    SAOUDITE
    MONGOLIE
    PAKISTAN
    AFGHANISTAN
    TURQUIE
    IRAK
    KAZAKHSTAN
    ALGÉRIE
    NIGER TCHAD
    NIGÉRIA
    SOUDAN
    RÉP. DÉM.
    CONGO
    ÉTHIOPIE
    ANGOLA
    ÉGYPTE
    MAROC
    LIBYE
    MAURITANIE
    NAMIBIE BOTSWANA
    AFRIQUE
    DU SUD
    MOZAMBIQUE
    SOMALIE
    MALI
    BOLIVIE
    PARAGUAY
    VENEZUELA
    COLOMBIE
    ÉQUATEUR
    PÉROU
    ARGENTINE
    URUGUAY
    CHILI
    PHILIPPINES
    NOUVELLEZÉLANDE
    INDONÉSIE
    ZIMBABWE
    ZAMBIE
    MADAGASCAR
    TANZANIE
    IRAN
    AUSTRALIE
    CHINE
    INDE
    ÉTATS-UNIS
    CANADA
    MEXIQUE
    BRÉSIL
    JAPON
    RUSSIE
    GÉORGIE
    RUS.
    CROATIE
    ANDORRE
    ITALIE
    MOLDAVIE
    UKRAINE
    MACÉDOINE
    LITUANIE
    LETTONIE
    ESTONIE
    ALBANIE
    MONT.
    AUTRICHE HONGRIE
    BULGARIE
    ROUMANIE
    GRÈCE
    POLOGNE
    SLOVÉNIE
    B-H
    BIÉLORUSSIE
    R-U IRLANDE
    ISLANDE
    DANEMARK
    FRANCE
    ESPAGNE
    PORTUGAL
    ALLEMAGNE
    SUISSE
    BELGIQUE
    LUX.
    P-B
    NORVÈGE
    SUÈDE FINLANDE
    SLOVAQUIE RÉP. TCH.
    SERBIE
    KOSOVO
    70 % ou plus
    50 % – 69 %
    25 % – 49 %
    moins de 25 %
    aucune donnée
    SURPOIDS ET OBÉSITÉ
    Pourcentage de personnes de plus de 20 ans
    présentant un indice de masse corporelle d’au moins 25
    2008
    Margaret Chan,
    Directeur général de l’OMS, 2014
    « Quelque
    chose ne va pas.
    Une partie de notre
    monde déséquilibré meurt
    toujours de faim. Une autre
    partie a atteint un tel niveau
    d’obésité qu’il inverse les
    chiffres de l’espérance
    de vie. »
    Une alimentation
    saine, faible en sucre,
    en sel et en lipides, et
    riche en fruits et en
    légumes, contribue à
    limiter le risque des
    maladies
    bucco-dentaires, de
    l’obésité et des autres
    MNT.
    Alimentation
    Le développement socio-économique, l’urbanisation et la mondialisation rapide se sont traduits
    par de profonds bouleversements dans la façon
    dont nous produisons, stockons, préparons et
    consommons la nourriture. En dépit des avancées
    dans la lutte contre la famine dans le monde,
    de nombreux pays restent confrontés à des taux
    élevés de malnutrition et de sous-nutrition, qui
    affectent en particulier le développement des
    enfants et leurs chances dans la vie. 100 millions
    d’enfants âgés de moins de cinq ans souffrent de
    sous-poids. Parallèlement, les taux de surpoids
    et d’obésité ne cessent de s’accroître, remettant
    en cause les sociétés et leur système de santé par
    la charge de morbidité croissante des maladies
    permanentes, dont le diabète, les maladies
    cardiovasculaires et les cancers. Dans le monde,
    52 % des adultes de plus de 18 ans sont soit en
    situation de surpoids soit en situation d’obésité,
    un chiffre qui a doublé depuis 1980. En outre,
    la malnutrition – carences en micronutriments
    essentiels et en vitamines, tels que la vitamine A,
    le fer ou l’iode – est la cause de maladies graves
    qui peuvent coexister avec la surnutrition ou la
    sous-nutrition.
    Nutrition et santé bucco-dentaire sont étroitement
    liées. Un apport en sucre élevé a un lien direct
    avec la carie dentaire, et la carie dentaire non
    traitée présente une forte corrélation avec un IMC
    faible chez les enfants. De longues périodes de
    carences en micronutriments peuvent donner
    lieu à des symptômes bucco-dentaires graves.
    La sous-nutrition et la malnutrition sont des
    cofacteurs du noma.
    Une alimentation saine et équilibrée est donc
    essentielle pour la croissance et des fonctions
    corporelles saines. De nombreux pays ont établi
    des lignes directrices nutritionnelles définissant
    les apports quotidiens recommandés pour
    différentes catégories d’aliments. Le concept de
    « régime équilibré » tient compte des variations
    nationales et culturelles, et il se concentre sur les
    principes de base de la variété, des proportions et
    de la fréquence de consommation des catégories
    alimentaires concernées.
    Les professionnels de santé bucco-dentaire ont
    un rôle important à jouer dans le traitement
    des MNT et des maladies bucco-dentaires,
    notamment l’obésité et la carie dentaire, en faisant
    la promotion d’habitudes alimentaires saines.
    La transparence de l’étiquetage alimentaire et
    l’encouragement de choix sains figurent parmi les
    stratégies politiques clés, tout comme la réglementation des publicités des aliments riches en sucres
    et en lipides pour les enfants, et leur disponibilité
    restreinte en environnement scolaire.
    48 49
    CHAPITRE 3 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET FACTEURS DE RISQUE
    51
    Maladies bucco-dentaires et société Chapitre 4
    Une mauvaise santé bucco-dentaire a de multiples impacts : de nombreuses maladies provoquent des douleurs, affectent la qualité de vie,
    limitent la productivité à l’école et au travail ; et
    les soins nécessaires se traduisent par un poids
    financier conséquent pour les systèmes de santé
    et pour les personnes concernées.
    La santé bucco-dentaire est affectée par un grand
    nombre de déterminants sociaux, que l’OMS définit comme « les circonstances dans lesquelles
    les individus naissent, grandissent, vivent, travaillent et vieillissent ». Ces déterminants sont
    eux-mêmes influencés par des circonstances socio-économiques
    et politiques plus larges. La
    santé bucco-dentaire, à
    l’instar de l’état de santé
    général, est marquée
    par un gradient social,
    avec le meilleur état
    de santé en haut du
    gradient et la charge
    de morbidité la plus
    élevée en bas. Il s’agit
    d’un phénomène général observé dans
    l’ensemble des pays et
    des populations au sein
    des pays. Ce gradient social signifie que les inégalités
    en santé générale et en santé bucco-dentaire concernent tout le monde.
    Des exemples frappants d’inégalités sont par
    exemple la différence de prévalence de la carie
    dentaire, qui affecte uniquement 16 % des Japonais âgés de 6 à 19 ans contre 97 % des Philippins
    de 12 ans ; l’édentation affecte davantage les plus
    défavorisés que les plus riches ; et le nombre de
    jours d’école manqués à cause d’une mauvaise
    santé bucco-dentaire est significativement plus
    élevé chez les enfants issus de familles à faible
    revenu, de minorités ethniques et de familles
    immigrées. Les inégalités sont particulièrement
    criantes pour l’accès aux soins bucco-dentaires
    en raison de la faible couverture des soins de
    santé primaires. Ainsi, plus de 40 % des résidents américains doivent prendre eux-mêmes en
    charge le coût de leurs frais dentaires, contre 10
    % pour les consultations médicales. Seuls deux
    tiers de la population mondiale ont accès à des
    soins bucco-dentaires adéquats, avec d’énormes
    disparités entre les pays. Ce chapitre illustre les
    nombreuses dimensions des inégalités, il en décrit les causes et les répercussions.
    Un point d’entrée essentiel pour améliorer la santé
    bucco-dentaire dans le monde est, par conséquent, d’en traiter les déterminants
    sociaux. À cet égard, la Charte
    d’Ottawa pour la promotion
    de la santé, qui appelle à
    privilégier l’autonomisation, offre un cadre
    adéquat pour mettre
    en œuvre un changement visible. Aborder
    le problème en adoptant une perspective
    « ascendante » et acquérir une meilleure
    compréhension des raisons pour lesquelles les
    personnes occupant des
    positions socio-économiques
    plus défavorables ont davantage
    de difficultés à s’occuper de leur
    propre santé peuvent contribuer à élaborer des
    politiques mieux adaptées.
    Les approches faisant la promotion de l’équité
    dans l’accès et les bénéfices, tels que les programmes de fluoration de l’eau et de santé scolaire, sont des moyens pour mettre en place des
    environnements favorables à une meilleure santé
    bucco-dentaire. D’autres stratégies incluent l’application de politiques alimentaires, notamment
    un étiquetage transparent des aliments et la restriction de la disponibilité de boissons sucrées/
    édulcorées dans les écoles.
    « Toute
    personne doit
    pouvoir bénéficier d’une
    amélioration de sa santé buccodentaire, à l’instar de l’amélioration
    de son état général. Cet objectif
    louable ne pourra être réalisé si nous
    sommes incapables de remettre la
    justice sociale au cœur du processus
    décisionnel. »
    Michael Marmot,
    Professeur en épidémiologie et en santé
    publique, University College
    London, 2010
    INÉGALITÉS AU SEIN D’UNE MÉGALOPOLE RICHE
    Niveau de défavorisation à Londres 2012
    L’indice de défavorisation multidimensionnel (Multiple Deprivation Index) utilisé par
    le Royaume-Uni intègre sept aspects :
    le revenu ; l’emploi ; la défavorisation sanitaire et le handicap
    ; les compétences éducationnelles et la formation ; les
    obstacles au logement et
    aux services ; le
    crime ; l’environnement de vie.
    l’espérance de vie à la naissance 2005–09
    Comparé avec :
    Défavorisation
    élevée moyenne
    80 – 83 ans 84 ans ou plus
    faible
    Espérance de vie
    79 ans ou moins
    le pourcentage d’enfants de cinq ans
    souffrant de maux de dents 2012
    00
    %
    90
    Knightsbridge
    88
    Barbican
    78
    Mile End
    79
    White City
    46%
    Tower Hamlets
    46%
    Brent
    17%
    Richmond
    19%
    Kingston
    42%
    Ealing
    78
    Brixton
    85
    Barking
    20%
    Havering
    Copyright © Guardian News &
    Media Ltd 2012.
    GRADIENTS SOCIAUX DE LA
    PERTE DE DENTS
    Différence dans le nombre de dents
    naturelles conservées par les résidents
    britanniques âgés d’au moins 65 ans
    en fonction du quintile de revenu et
    mesurée par rapport au quintile le
    plus riche
    2015 -5
    -4
    -3
    -2
    -1
    0 plus riche plus pauvre
    second
    plus riche
    second
    intermédiaire plus pauvre
    gradient social
    nombre de
    dents
    perdues
    par rapport
    aux
    personnes
    du quintile
    le plus
    riche
    GRADIENTS SOCIAUX DE
    L’ÉDENTATION
    Prévalence normalisée selon l’âge
    chez les personnes âgées d’au moins 45 ans
    par métier et système de santé public
    welfare state regime
    2013
    Anglo-saxon
    5,2 %
    12,1 %
    18,4 %
    Méridional
    6,3 %
    8,2 %
    12,7 %
    Europe de l’Est
    17,1 %
    18,6 %
    25,6 %
    Scandinave
    2,4 %
    4,2 %
    11,6 %
    Bismarckien
    5,4 %
    11,6 %
    15,0 %
    ouvriers
    professions intermédiaires
    managers et professionnels
    Le statut socio-économique est un
    déterminant fondamental à la fois pour
    l’état général et pour
    la santé bucco-dentaire. Les actions
    entreprises pour
    réduire les inégalités
    en santé bucco-dentaire doivent traiter
    les causes
    sous-jacentes des
    maladies.
    Les inégalités en santé bucco-dentaire
    État de santé bucco-dentaire
    Les inégalités en santé font référence aux différences dans l’état de santé, tant au sein des pays
    que de l’un à l’autre, qui sont jugées évitables,
    iniques et injustes. La lutte contre les inégalités
    en santé figure désormais au rang des priorités de
    santé publique mondiales. Les inégalités en santé
    ne se résument pas aux différences entre riches
    et pauvres d’une société. Comme pour l’état de
    santé général, il existe un gradient social cohérent
    pour les maladies bucco-dentaires – la santé
    bucco-dentaire se détériore de manière constante
    en ligne avec le statut socio-économique.
    Ce gradient social est un phénomène universel
    observé tout au long de la vie, de la petite
    enfance à la vieillesse, et il concerne la quasi-totalité des maladies bucco-dentaires à différents
    degrés, telles que la carie dentaire, les maladies
    parodontales et les cancers buccaux. Tous les
    pays et toutes les populations du monde sont
    concernés par ce gradient social. Quelle est la
    cause de ce schéma social universel ? En 2008,
    l’OMS a pointé les « déterminants sociaux de
    la santé – les circonstances dans lesquelles les
    individus naissent, grandissent, vivent, travaillent
    et vieillissent » comme les causes sous-jacentes
    des inégalités.
    Le gradient social des maladies bucco-dentaires
    a de profondes implications en matière de
    politique. L’approche clinique traditionnelle « à
    haut risque » suivie en matière de prévention est
    incapable de prendre en compte l’importance
    et l’impact des déterminants plus larges de la
    santé. Au contraire, il est nécessaire de prendre
    des mesures capables de répondre pleinement
    aux causes sous-jacentes d’une mauvaise santé
    bucco-dentaire. Il est essentiel de travailler en
    partenariat au sein des secteurs, agences et
    professions pertinentes, en s’appuyant sur des
    stratégies en amont, intermédiaires et en aval.
    Les équipes dentaires et leur organisation professionnelle nationale ont un important rôle de
    défense à jouer dans la promotion de politiques
    visant à réduire les inégalités en santé au sein
    des populations qu’elles servent.
    Les niveaux d’édentation
    affichent des modèles
    similaires chez les
    personnes ayant un
    parcours professionnel
    et éducatif identique,
    quel que soit le type de
    système de santé du
    pays dans lequel ils
    vivent. Selon les
    enquêtes, l’édentation
    est toujours la plus
    élevée chez les ouvriers
    et chez les managers et
    professionnels de rang
    inférieur.
    52 53
    CHAPITRE 4 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SOCIÉTÉ
    0
    5
    10
    15
    20
    diplôme supérieur quelques qualifications aucune qualification
    TONGA
    SAMOA
    FIDJI
    ÉTATS FÉDÉRÉS DE MICRONÉSIE
    ÎLES MARSHALL
    KIRIBATI
    VANUATU
    CORÉE
    DU SUD
    CORÉE
    DU NORD
    TIMOR ORIENTAL
    ANTIGUA-ET-BARBUDA
    LA BARBADE
    STE-LUCIE
    TRINITÉ-ET-TOBAGO
    ST-VINCENT-ET-GRENAD. DOMINIQUE
    BAHAMAS
    OUGANDA
    GÉORGIE AZERBAÏDJAN
    ARMÉNIE
    SRI LANKA
    JAMAÏQUE
    CUBA
    RÉP. DOMINICAINE
    BRUNEI
    MALAISIE
    VIETNAM
    CAMBODGE
    LAOS
    THAÏLANDE
    BHOUTAN
    BANGLADESH
    CHYPRE SYRIE
    LIBAN
    ISRAËL
    JORDANIE
    BAHREÏN
    QATAR EAU
    OMAN
    KOWEÏT
    YÉMEN
    NÉPAL
    RÉP.
    CENTRAFRICAINE
    SOUDAN
    DU SUD
    SÉNÉGAL GAMBIE
    CAP-VERT
    SÃO TOMÉ-ET-PRINCIPE
    GUINÉEBISSAU GUINÉE
    LIBÉRIA
    CÔTE
    D’IVOIRE
    BURKINA
    FASOGHANA
    BÉNIN
    CAMEROUN GUINÉE
    ÉQUATORIALE
    GABON
    CONGO BURUNDI
    RWANDA
    KENYA
    DJIBOUTI
    SIERRA LEONE
    TOGO
    SWAZILAND
    LESOTHO
    ÉRYTHRÉE
    GUATEMALA
    SALVADOR
    HAÏTI
    HONDURAS
    NICARAGUA
    COSTA RICA
    PANAMA GUYANA
    SURINAME
    BELIZE
    PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
    ÎLE MAURICE
    MALDIVES
    COMORES
    SEYCHELLES
    SINGAPOUR
    GRENADE
    BIRMANIE
    AUT. NAT.
    PALESTINIENNE
    TUNISIE
    MALTE
    ÎLES
    SALOMON
    MALAWI
    TURKMÉN.
    OUZBÉK.
    TADJIKISTAN
    KIRGHIZSTAN
    ARABIE
    SAOUDITE
    MONGOLIE
    PAKISTAN
    AFGHANISTAN
    TURQUIE
    IRAK
    KAZAKHSTAN
    ALGÉRIE
    NIGER TCHAD
    NIGÉRIA
    SOUDAN
    RÉP. DÉM.
    CONGO
    ÉTHIOPIE
    ANGOLA
    ÉGYPTE
    MAROC
    LIBYE
    MAURITANIE
    NAMIBIE BOTSWANA
    AFRIQUE
    DU SUD
    MOZAMBIQUE
    SOMALIE
    MALI
    BOLIVIE
    PARAGUAY
    VENEZUELA
    COLOMBIE
    ÉQUATEUR
    PÉROU
    ARGENTINE
    URUGUAY
    CHILI
    PHILIPPINES
    NOUVELLEZÉLANDE
    INDONÉSI E
    ZIMBABWE
    ZAMBIE
    MADAGASCAR
    TANZANIE
    IRAN
    AUSTRALIE
    CHINE
    INDE
    ÉTATS-UNIS
    CANADA
    MEXIQUE
    BRÉSIL
    JAPON
    RUSSI E
    É
    RUS.
    CROATIE
    ANDORRE
    ITALIE
    MOLDAVIE
    UKRAINE
    MACÉDOINE
    LITUANIE
    LETTONIE
    ESTONIE
    ALBANIE
    MONT.
    AUTRICHE HONGRIE
    BULGARIE
    ROUMANIE
    GRÈCE
    POLOGNE
    SLOVÉNIE
    B-H
    BIÉLORUSSIE
    R-U IRLANDE
    ISLANDE
    DANEMARK
    FRANCE
    ESPAGNE
    PORTUGAL
    ALLEMAGNE
    SUISSE
    BELGIQUE
    LUX.
    P-B
    NORVÈGE
    SUÈDE FINLANDE
    SLOVAQUIE RÉP. TCH.
    SERBIE
    KOSOVO
    1.9 m – 2,3 m
    100 000 – 462 000
    10 000 – 99 999
    moins de 10 000
    aucune donnée
    CHARGE DES MALADIES
    BUCCO-DENTAIRES
    Années de vie corrigées de
    l’incapacité (AVCI) perdues à
    cause des caries dentaires et
    des maladies parodontales
    2010
    Les maladies
    bucco-dentaires ont
    un impact
    considérable sur la
    qualité de vie des
    individus et des
    populations,
    notamment parmi les
    populations plus
    jeunes et parmi les
    personnes occupant
    une position
    socio-économique
    plus défavorable.
    Les inégalités en santé bucco-dentaire
    Impact des maladies bucco-dentaires
    Les maladies bucco-dentaires ont affecté 3,9
    milliards de personnes dans le monde en 2010,
    la carie dentaire non soignée présentant la plus
    forte prévalence sur les 291 maladies étudiées,
    et la parodontite aiguë prenant la sixième place.
    Leur impact sur le bien-être des personnes et des
    sociétés est flagrant aux différentes étapes de la
    vie. Les données de plusieurs pays apportent la
    preuve du fort absentéisme scolaire et au travail
    lié aux maladies bucco-dentaires. En outre,
    l’état dentaire affecte le régime alimentaire et
    la nutrition, particulièrement chez les enfants
    et les personnes plus âgées, et les maladies
    bucco-dentaires et la perte de dents ont un
    impact négatif significatif sur la qualité de vie,
    non seulement d’un point de vue fonctionnel,
    mais aussi psychologique et social. À l’échelle
    mondiale, les maladies bucco-dentaires ont
    représenté en 2010 15 millions d’AVCI (années
    de vie corrigées de l’incapacité), soit une perte
    moyenne de 224 années en bonne santé pour
    100 000 personnes.
    Comme pour l’état général, l’impact des
    maladies bucco-dentaires sur la qualité de vie est
    inégalement distribué entre les différents groupes
    socio-économiques. Des mesures subjectives de la
    santé bucco-dentaire et de la qualité de vie parmi
    les adultes ayant des dents révèlent des inégalités
    considérables, les perceptions empirant plus la
    position socio-économique est défavorable. Ces
    gradients sociaux sont plus forts chez les plus
    jeunes, mais, en matière de qualité de vie, aucune
    inégalité de cette ampleur n’est constatée parmi
    les adultes édentés plus âgés. Néanmoins, le
    degré des inégalités sociales dans la qualité de vie
    varie entre les pays et il dépend aussi des facteurs
    politiques et du contexte social.
    Pour remédier aux inégalités en santé
    bucco-dentaire, il est nécessaire de
    mener une action de santé publique sur
    les déterminants plus larges de la santé, en
    s’intéressant particulièrement aux générations
    plus jeunes où les inégalités semblent être les plus
    prononcées en ce qui concerne la qualité de vie.
    EFFET DE L’ÉDUCATION
    SUR LA PERCEPTION DE LA SANTÉ
    BUCCO-DENTAIRE
    Probabilité que des Britanniques adultes
    ayant des dents et issus de parcours
    éducatif et de groupes d’âges
    différents évaluent leur propre santé
    bucco-dentaire comme mauvaise/très
    mauvaise
    2009
    21–34 ans
    35–49 ans
    50–64 ans
    ≥ 65 ans
    1er quartile revenu le plus faible
    2ème
    quartile
    3ème
    quartile
    4ème
    quartile revenu le plus élevé
    IMPACT DU
    REVENU DU FOYER
    SUR LA QUALITÉ DE
    VIE LIÉE À LA SANTÉ
    BUCCO-DENTAIRE
    Perception de la
    fonction bucco-dentaire
    chez les adultes
    possédant une dentition
    naturelle
    au sein des différents
    quartiles de revenu
    1998–2002
    Australie Finlande Allemagne R-U
    score de gravité
    0
    2
    4
    6
    8
    10
    54 55
    CHAPITRE 4 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SOCIÉTÉ
    diabètes
    137,0 mds €
    MCV
    105,0 mds €
    79,0 mds €
    maladies
    bucco-dentaires
    maladie
    d’Alzheimer
    71,1 mds €
    cancer
    51,0 mds €
    AVC
    38,0 mds €
    7,7 mds €
    maladies
    neuromusculaires
    sclérose en plaques
    14,6 mds €
    maladies
    respiratoires
    55,0 mds €
    DÉPENSES PERSONNELLES
    en pourcentage des dépenses
    dentaires totales
    au sein de l’OCDE26
    2011 ou données les plus récentes
    certains pays de l’OCDE
    CONSULTATION POUR DES SOINS DENTAIRES
    Probabilité d’une visite chez le dentiste
    au cours des 12 derniers mois
    par groupe de revenu
    2009 ou données les plus récentes
    certains pays de l’OCDE
    Des plus riches aux plus pauvres
    0 % 20 % 40 % 3 60 % 5 80 % 7 100 % 90 0 0 0 10 0
    COÛTS DES MALADIES
    Dépenses directes (publiques et privées)
    pour un panel de maladies dans les
    27 pays de l’Union européenne
    dépenses annuelles moyennes 2008–12
    soins dentaires de routine visites aux urgences
    pour des raisons dentaires
    LE PRIX DE
    LA NÉGLIGENCE
    Coûts moyens des soins
    dentaires
    par personne en Californie
    en dollars
    2009
    avec hospitalisation
    5 044 $
    sans hospitalisation
    bilan complet 172 $
    60 $
    bilans réguliers
    41 $
    Les maladies
    bucco-dentaires ont
    un impact considérable en termes de
    coûts de traitement
    et de perte de
    productivité.
    Garantir un accès
    équitable aux soins
    bucco-dentaires est
    un enjeu de santé
    publique majeur,
    mais des inégalités
    importantes
    subsistent entre les
    groupes de populations et les pays.
    Les inégalités en santé bucco-dentaire
    Accès aux soins bucco-dentaires
    Les maladies bucco-dentaires ont des répercussions sur les personnes, les communautés, la société civile, les systèmes de santé et l’économie.
    Pourtant, il est toujours impossible de prendre
    la mesure exacte de cet impact en raison de l’absence de statistiques internationales exhaustives
    et comparables sur les maladies bucco-dentaires,
    notamment pour les pays à faible revenu et à
    revenu intermédiaire.
    L’OMS place les maladies bucco-dentaires au
    quatrième rang des maladies les plus coûteuses
    à traiter. Les dépenses annuelles en soins
    bucco-dentaires dans les 27 pays de l’Union
    européenne sont estimées à 79 milliards d’euros
    (moyenne annuelle 2008-12), tandis que les
    États-Unis dépensent à eux seuls plus de 110
    milliards de dollars. Les dépenses dentaires
    grèvent aussi lourdement le budget médical des
    foyers. Dans les pays de l’OCDE, près de 55 %
    des frais dentaires totaux sont pris en charge
    financièrement par les patients, contre 20 % en
    moyenne pour les soins de santé généraux.
    Outre les coûts des traitements, les coûts indirects
    des maladies bucco-dentaires sont très importants.
    Selon une étude canadienne, 3,5 heures de travail
    par an et par personne sont perdues à cause des
    maladies bucco-dentaires, ce qui se traduit par
    des pertes de productivité de plus de 1 milliard
    de dollars canadiens par an pour le Canada
    uniquement. Selon des études américaines
    antérieures, 2,4 millions de jours de travail et 1,6
    million de jours d’école ont été perdus à cause des
    maladies bucco-dentaires en 1996. L’absentéisme
    scolaire et au travail est une entrave à la réussite
    académique et réduit les opportunités d’emploi.
    Les personnes les plus favorisées du point de
    vue socio-économique sont plus enclines à
    rechercher des soins dentaires réguliers. Aux
    États-Unis et dans d’autres pays, les admissions
    aux urgences pour des problèmes dentaires ne
    cessent d’augmenter, simplement parce que
    de tels soins sont gratuits. Aux États-Unis, ces
    admissions ont doublé au cours des 10 dernières
    années et les coûts y afférents s’élèvent à 2,7
    milliards de dollars américains.
    Le prix des soins dentaires est un obstacle évident
    dans la mesure où la plupart des coûts des
    traitements doivent être supportés par les patients.
    Néanmoins, une prise en charge publique plus
    importante des soins dentaires, une assurance
    santé étendue, et une meilleure disponibilité
    des services bucco-dentaires ne suffiront pas en
    eux-mêmes à réduire les inégalités, sauf si les personnes qui en ont le plus besoin sont mises au fait
    des avantages d’une bonne santé bucco-dentaire
    et si les programmes politiques s’attaquent aux
    déterminants plus larges de la santé.
    Espagne
    Danemark
    Pologne
    Estonie
    Nouvelle-Zélande
    Hongrie
    Finlande
    Autriche
    Belgique
    Slovaquie
    Canada
    Rép. tchèque
    États-Unis
    France
    Slovénie
    Espagne
    Danemark
    Pologne
    Estonie
    Nouvelle-Zélande
    Hongrie
    Finlande
    Autriche
    Belgique
    Slovaquie
    Canada
    Rép. tchèque
    États-Unis
    France
    Slovénie
    56 57
    CHAPITRE 4 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SOCIÉTÉ
    59
    Lors de la Réunion de haut niveau des Nations
    Unies sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles en 2011, Helen Clark,
    Administrateur du Programme des Nations Unies
    pour le développement (PNUD) et ancien premier ministre de la Nouvelle-Zélande, a reconnu
    que les maladies bucco-dentaires sont un obstacle au développement humain.
    Historiquement, les approches en matière de
    soins bucco-dentaires se sont concentrées sur les
    soins curatifs individuels et non sur les interventions préventives à l’échelle des populations.
    Cependant, les coûts financiers et en ressources
    humaines qu’elles induisent sont hors de la portée financière de nombreux pays, et peu viables à
    l’échelle mondiale. La plupart des maladies bucco-dentaires peuvent largement être évitées en
    adoptant des mesures simples et rentables,
    notamment en diminuant l’exposition aux
    risques reconnus et en renforçant les comportements sains. La prévention, ainsi que la promotion d’une bonne santé bucco-dentaire, sont des
    stratégies hautement rentables pour remédier à la
    charge de morbidité mondiale des maladies bucco-dentaires. Ainsi, selon des études américaines, chaque dollar dépensé en soins dentaires
    préventifs permettrait d’économiser entre 8 à 50
    dollars en traitements de restauration et d’urgence, soulignant l’importance d’améliorer la
    sensibilisation à la prévention des maladies
    bucco-dentaires.
    Les actions de prévention des maladies bucco-dentaires et de promotion de la santé bucco-dentaire peuvent être dirigées vers les individus, les communautés, ou des populations
    entières. Un accès adéquat au fluor est l’une des
    interventions préventives les plus efficaces au
    niveau des populations. Au cours des 60 dernières
    années, les programmes de fluoration ont prouvé
    leur efficacité, leur rentabilité et leur innocuité
    dans la lutte contre la carie dentaire, la maladie
    qui présente la plus forte prévalence au niveau
    mondial.
    D’autres mesures préventives permettent de traiter
    les facteurs de risque des maladies bucco-dentaires, à savoir une alimentation déséquilibrée –
    en particulier une consommation élevée de sucre,
    la consommation de tabac, la consommation d’alcool, et un ensemble de déterminants plus larges
    de la santé. La plupart de ces facteurs de risque
    sont communs aux autres grandes MNT. L’approche basée sur des facteurs de risque communs
    peut donc contribuer, d’une part, à améliorer la
    santé bucco-dentaire et, d’autre part, à réduire la
    charge mondiale de morbidité des MNT.
    L’intégration de la santé bucco-dentaire et de
    l’état général doit constituer la pierre angulaire
    des politiques adoptées pour améliorer la prévention et le contrôle des maladies bucco-dentaires.
    Ce fait est reconnu dans le Plan d’action pour la
    promotion de la santé bucco-dentaire adopté par
    la 60ème Assemblée mondiale de la Santé en 2007.
    Il prend acte du « (…) lien intrinsèque entre la
    santé bucco-dentaire, la santé en général et la
    qualité de vie » et identifie « la nécessité d’incorporer des programmes de promotion de la santé
    bucco-dentaire et de prévention des maladies
    bucco-dentaires dans les programmes de prévention et de prise en charge intégrées des maladies
    chroniques ». Les ministres de la santé y appellent
    aussi à la création de modèles de personnels
    innovants afin d’intégrer les soins bucco-dentaires élémentaires aux soins de santé primaires.
    Ce qui est également l’une des stratégies clés
    mises en avant par la FDI dans sa Vision 2020.
    L’enjeu que constituent le traitement des maladies
    bucco-dentaires et la promotion d’une bonne
    santé bucco-dentaire exige de parvenir au bon
    équilibre entre un effort de prévention plus
    important au niveau des populations, le renforcement des équipes de santé bucco-dentaire toujours en sous-effectifs, et l’évolution et l’adaptation des aptitudes et des compétences des
    prestataires de soins bucco-dentaires ; tout cela
    dans le contexte d’une intégration interdisciplinaire et intersectorielle accrue.
    Maladies bucco-dentaires :
    prévention et traitement Chapitre 5
    0
    Femmes
    Hommes
    10
    20
    30
    40
    50
    60
    70
    80
    0
    10
    20
    30
    40
    50
    60
    70
    80
    Femmes Hommes
    Pologne
    Croatie
    Rép. Tchèque
    Panama
    Pakistan
    Bénin
    Portugal
    Suède
    Sri Lanka
    Irak
    Irlande
    Autriche
    Rép. dém. du Congo
    Allemagne
    Turquie
    Pays Bas
    Rwanda
    Canada
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    SAMOA
    FIDJI
    ÎLES MARSHALL
    KIRIBATI
    VANUATU
    ratio le plus élevé 500 ou plus
    100 – 499
    20 – 99
    ratio le plus faible 2 ou moins
    2 – 19
    aucune donnée
    RATIO DE LA CHARGE DE MORBIDITÉ/
    PRESTATAIRE DE SOINS
    ratio entre la charge de morbidité des maladies
    bucco-dentaires en AVCI et les effectifs en santé
    bucco-dentaire par pays
    Les dentistes sont les
    principaux acteurs
    des traitements et de
    la prévention des
    maladies bucco-dentaires. On assiste à
    une évolution de leur
    rôle en réponse à
    l’émergence de
    nouveaux facteurs de
    risque, à l’évolution
    des charges de
    morbidité, à l’évolution démographique,
    et aux pressions plus
    larges sur les
    systèmes de santé et
    aux pressions
    socio-économiques
    accrues.
    Fourniture de soins bucco-dentaires
    Dentistes
    Les différences dans la charge de morbidité, les
    inégalités dans l’accès aux soins, et la répartition
    inégale des dentistes dans les pays et de l’un à
    l’autre sont des enjeux majeurs pour les systèmes
    de santé globaux. Ces enjeux appellent une
    gestion rentable de la charge de morbidité
    actuelle, ainsi que l’adoption de mesures de
    prévention efficaces afin d’améliorer durablement
    la santé bucco-dentaire. Les maladies suivent de
    nouveaux schémas en raison de l’évolution des
    tendances mondiales, des expositions aux facteurs
    de risque et de l’évolution démographique,
    appelant une collaboration multisectorielle et
    interprofessionnelle inédite.
    Dans tous les pays, la majorité des dentistes travaillent en cabinet privé, et seul un petit nombre
    travaille en cliniques publiques, dans le monde
    académique, dans la recherche, dans l’administration, et dans l’industrie dentaire. Les dentistes sont
    les principaux acteurs des soins bucco-dentaires,
    de l’éducation, de la prévention, de la supervision
    et du management au sein de l’équipe dentaire.
    Un nombre croissant de femmes s’établissent dans
    la profession, et de nombreux pays comptent,
    ou compteront bientôt, une majorité de dentistes
    féminins.
    Le coût financier et la disponibilité sont les
    principaux obstacles à l’accès aux soins. Les
    dentistes tendent à se concentrer dans les zones
    urbaines les plus riches, au détriment des populations rurales ou plus démunies. Les services des
    dentistes privés sont inabordables pour nombre
    de personnes, et les soins bucco-dentaires sont
    rarement intégrés aux systèmes de soins de santé
    primaires.
    La planification stratégique des effectifs dentaires
    doit donc être intégrée à la planification globale
    des ressources humaines en santé, afin de traiter
    de manière efficace les déterminants sociaux
    pressants de la santé bucco-dentaire et de l’état
    général, et de réduire les inégalités en matière
    d’accès et de services cruciaux. L’écart entre
    la charge de morbidité et la disponibilité des
    soins peut être réduit en mettant en place des
    équipes de soins bucco-dentaires, pilotées par les
    dentistes, et composées de personnels auxiliaires
    complémentaires et d’autres intervenants, en
    fonction des besoins locaux.
    Avec près de 2 millions de
    prestataires de soins
    bucco-dentaires et une
    charge de plus de
    10 millions d’AVCI résultant
    de la carie dentaire et des
    maladies parodontales, le
    ratio mondial moyen est
    de 5,3.
    Cette carte s’appuie sur les
    données issues d’un nouvel
    indice – le ratio entre les
    AVCI perdues à cause de la
    carie dentaire et des
    maladies parodontales
    (2010) et les effectifs en
    santé bucco-dentaire
    (2006–13, dernières
    données disponibles). Il met
    donc en relation la charge
    de morbidité et les
    personnels dentaires
    disponibles, cartographiant
    ainsi le potentiel de soins
    bucco-dentaires. Un pays
    qui présente une charge de
    morbidité élevée et des
    effectifs faibles aura un score
    élevé, tandis qu’un pays
    présentant la même charge
    de morbidité mais des
    effectifs importants aura un
    score inférieur (de plus
    amples détails sont fournis
    dans l’annexe).
    Ratio mondial moyen de la
    charge de morbidité des
    maladies bucco-dentaires/
    prestataire de soins
    Ratio de la charge de
    morbidité/prestataire
    de soins
    TIMOR ORIENTAL
    ANTIGUA-ET-BARBUDA
    LA BARBADE
    TRINITÉ-ET-TOBAGO
    DOMINIQUE
    BAHAMAS
    OUGANDA
    AZERBAÏDJAN
    ARMÉNIE
    SRI LANKA
    JAMAÏQUE
    CUBA
    RÉP. DOMINICAINE
    BRUNEI
    M ALAISIE
    CAMBODGE
    LAOS
    THAÏLANDE
    BHOUTAN
    BANGLADESH
    CHYPRE SYRIE
    LIBAN
    ISRAËL
    JORDANIE
    BAHREÏN
    QATAR EAU
    OMAN
    KOWEÏT
    YÉMEN
    NÉPAL
    RÉP.
    CENTRAFRICAINE
    SÉNÉGAL GAMBIE
    CAP-VERT
    SÃO TOMÉ-ET-PRINCIPE
    GUINÉEBISSAU GUINÉE
    LIBÉRIA
    CÔTE
    D’IVOIRE
    BURKINA
    FASOGHANA
    BÉNIN
    CAMEROUN GUINÉE
    ÉQUATORIALE
    GABON
    CONGO BURUNDI
    RWANDA
    KENYA
    DJIBOUTI
    SIERRA LEONE
    TOGO
    SWAZILAND
    LESOTHO
    ÉRYTHRÉE
    GUATEMALA
    SALVADOR
    HAÏTI
    HONDURAS
    NICARAGUA
    COSTA RICA
    PANAMA GUYANA
    SURINAME
    BELIZE
    PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
    ÎLE MAURICE
    MALDIVES
    COMORES
    SEYCHELLES
    SINGAPOUR
    GRENADE
    BIRMANIE
    TUNISIE
    MALTE
    ÎLES
    SALOMON
    TURKMÉN.
    OUZBÉK.
    TADJIKISTAN
    KIRGHIZSTAN
    ARABIE
    SAOUDITE
    MONGOLIE
    PAKISTAN
    AFGHANISTAN
    TURQUIE
    IRAK
    KAZAKHSTAN
    ALGÉRIE
    NIGER TCHAD
    NIGÉRIA
    SOUDAN
    RÉP. DÉM.
    CONGO
    ÉTHIOPIE
    ANGOLA
    ÉGYPTE
    MAROC
    LIBYE
    MAURITANIE
    NAMIBIE BOTSWANA MOZAMBIQUE
    SOMALIE
    MALI
    BOLIVIE
    PARAGUAY
    VENEZUELA
    COLOMBIE
    ÉQUATEUR
    PÉROU
    ARGENTINE
    URUGUAY
    CHILI
    PHILIPPINES
    NOUVELLEZÉLANDE
    INDONÉSIE
    ZIMBABWE
    ZAMBIE
    MADAGASCAR
    TANZANIE
    IRAN
    AUSTRALIE
    CHINE
    INDE
    ÉTATS-UNIS
    CANADA
    MEXIQUE
    BRÉSIL
    JAPON
    RUSSIE
    RUS.
    CROATIE
    ANDORRE
    ITALIE
    MOLDAVIE
    UKRAINE
    MACÉDOINE
    LITUANIE
    LETTONIE
    ESTONIE
    MONT.
    AUTRICHE HONGRIE
    BULGARIE
    ROUMANIE
    GRÈCE
    POLOGNE
    SLOVÉNIE
    BIÉLORUSSIE
    R-U IRLANDE
    ISLANDE
    DANEMARK
    FRANCE
    ESPAGNE
    PORTUGAL
    ALLEMAGNE
    SUISSE
    BELGIQUE
    LUX.
    P-B
    NORVÈGE
    SUÈDE FINLANDE
    SLOVAQUIE RÉP. TCH.
    SERBIE
    KOSOVO
    60 61
    CHAPITRE 5 MALADIES BUCCO-DENTAIRES : PRÉVENTION ET TRAITEMENT
    Périmètre
    légal de
    la pratique
    1
    2
    3
    4
    Praticien
    illégal sans
    aucune
    formation
    Praticien 2
    illégal ayant
    une
    formation
    Professionnel de
    santé bucco-dentaire
    outrepassant son
    périmètre légal de
    pratique
    Professionnel de
    santé bucco-dentaire
    pleinement autorisé
    à pratiquer
    Praticien légal
    pour un travail en
    clinique médicale sans
    formation en santé
    bucco-dentaire
    Autorisation de pratiquer léga
    el
    Autorisation de pratiquer légale
    Formation en santé bucco-dentaire
    Pratique illégale
    Pratique illégale
    Prat qi ue illégale
    TYPOLOGIE DE LA PRATIQUE
    ILLÉGALE DE LA MÉDECINE
    DENTAIRE
    Les quatre types de base de la pratique
    illégale de la médecine dentaire, en
    fonction de la formation et du
    périmètre légal de pratique.
    Adapté de Benzian et al, 2010
    TONGA
    SAMOA
    FIDJI
    ÉTATS FÉDÉRÉS DE MICRONÉSIE
    NIOUÉ
    ÎLES COOK
    ÎLES MARSHALL
    KIRIBATI
    VANUATU
    TUVALU
    NAURU
    PALAOS
    CORÉE
    DU SUD
    CORÉE
    DU NORD
    TIMOR ORIENTAL
    LA BARBADE
    STE-LUCIE
    TRINITÉ-ET-TOBAGO
    ST-KITTS-ET-NEVIS
    ST-VINCENT-ET-GRENAD. DOMINIQUE
    BAHAMAS
    OUGANDA
    AZERBAÏDJAN
    ARMÉNIE
    SRI LANKA
    JAMAÏQUE
    CUBA
    RÉP. DOMINICAINE
    BRUNEI
    MALAISIE
    CAMBODGE
    LAOS
    THAÏLANDE
    BHOUTAN
    BANGLADESH
    CHYPRE SYRIE
    LIBAN
    ISRAËL
    JORDANIE
    BAHREÏN
    QATAR EAU
    OMAN
    KOWEÏT
    YÉMEN
    NÉPAL
    RÉP.
    CENTRAFRICAINE
    SOUDAN
    DU SUD
    SÉNÉGAL GAMBIE
    CAP-VERT
    SÃO TOMÉ-ET-PRINCIPE
    GUINÉEBISSAU GUINÉE
    LIBÉRIA
    CÔTE
    D’IVOIRE
    BURKINA
    FASOGHANA
    BÉNIN
    CAMEROUN GUINÉE
    ÉQUATORIALE
    GABON
    CONGO BURUNDI
    RWANDA
    KENYA
    DJIBOUTI
    SIERRA LEONE
    TOGO
    SWAZILAND
    LESOTHO
    ÉRYTHRÉE
    GUATEMALA
    SALVADOR
    HONDURAS
    NICARAGUA
    COSTA RICA
    PANAMA GUYANA
    SURINAME
    BELIZE
    PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
    ÎLE MAURICE
    MALDIVES
    COMORES
    SEYCHELLES
    SINGAPOUR
    GRENADE
    BIRMANIE
    TUNISIE
    MALTE
    ÎLES
    SALOMON
    TURKMÉN.
    OUZBÉK.
    TADJIKISTAN
    KIRGHIZSTAN
    ARABIE
    SAOUDITE
    MONGOLIE
    PAKISTAN
    AFGHANISTAN
    TURQUIE
    IRAK
    KAZAKHSTAN
    ALGÉRIE
    NIGER TCHAD
    NIGÉRIA
    SOUDAN
    RÉP. DÉM.
    CONGO
    ÉTHIOPIE
    ANGOLA
    ÉGYPTE
    MAROC
    LIBYE
    MAURITANIE
    NAMIBIE BOTSWANA
    AFRIQUE
    DU SUD
    MOZAMBIQUE
    MALI
    BOLIVIE
    PARAGUAY
    VENEZUELA
    COLOMBIE
    ÉQUATEUR
    PÉROU
    ARGENTINE
    URUGUAY
    CHILI
    PHILIPPINES
    NOUVELLEZÉLANDE
    INDONÉSIE
    ZIMBABWE
    ZAMBIE
    MADAGASCAR
    TANZANIE
    IRAN
    AUSTRALIE
    CHINE
    INDE
    ÉTATS-UNIS
    CANADA
    MEXIQUE
    BRÉSIL
    JAPON
    RUSSI E
    RUS.
    CROATIE
    MONACO ANDORRE
    ITALIE
    MOLDAVIE
    UKRAINE
    MACÉDOINE
    LITUANIE
    LETTONIE
    ESTONIE
    MONT.
    AUTRICHE HONGRIE
    BULGARIE
    ROUMANIE
    GRÈCE
    POLOGNE
    SLOVÉNIE
    BIÉLORUSSIE
    R-U IRLANDE
    ISLANDE
    DANEMARK
    FRANCE
    ESPAGNE
    PORTUGAL
    ALLEMAGNE
    SUISSE
    BELGIQUE
    LUX.
    P-B
    NORVÈGE
    SUÈDE FINLANDE
    RÉP. TCH. SLOVAQUIE
    SERBIE
    KOSOVO
    1 000 ou plus
    500 – 999
    100 – 499
    moins de 10
    aucune donnée
    DISPONIBILITÉ MONDIALE DES
    PERSONNELS DENTAIRES
    Nombre de dentistes et d’autres personnels
    de soins bucco-dentaires
    par million d’habitants
    dernières données disponibles 2000–13
    Vision 2020 de la FDI – Une
    prospection sur l’avenir de la
    santé bucco-dentaire, 2012
    « Nous pouvons
    façonner un nouveau
    modèle de prestation de soins
    bucco-dentaires qui mise sur une
    approche collaborative des soins en
    équipe, assure une formation adéquate
    au personnel de soins et délègue des
    tâches spécifiques … tout en
    conservant l’entière responsabilité
    en matière de diagnostic, des
    plans de traitement et des
    ordonnances. »
    Fourniture de soins bucco-dentaires
    Équipe dentaire
    Les dentistes pilotent le développement et la mise
    en œuvre des services de santé bucco-dentaire,
    fournissant à tous des soins équitables et
    adéquats. Les équipes dentaires sont dirigées et
    supervisées par un dentiste ; elles peuvent inclure
    de nombreux professionnels de santé bucco-dentaire dont la formation, les compétences, les
    limites de pratique, ainsi que les obligations
    d’autorisation d’exercice, de reconnaissance et
    de supervision diffèrent, en fonction des besoins
    de la communauté, des ressources disponibles et
    des législations nationales.
    Les dentistes dirigent l’équipe, ils établissent
    les diagnostics, ils fournissent les soins bucco-dentaires, ils prescrivent les ordonnances, et ils
    assurent la supervision et le management. Ils sont
    aussi les garants de la qualité et de l’innocuité
    des soins conformément aux réglementations
    nationales. D’autres professionnels de santé bucco-dentaire, notamment les assistants en chirurgie
    dentaire, les infirmiers dentaires, et les assistants
    dentaires, peuvent assister les dentistes en assurant
    différentes tâches cliniques. Les assistants ou
    hygiénistes dentaires travaillent dans le domaine
    de la prévention, de l’hygiène bucco-dentaire
    et de la promotion de comportements
    sains. Les techniciens dentaires
    fournissent des services techniques
    en laboratoire en collaboration
    étroite avec le dentiste.
    Les personnels auxiliaires
    peuvent comprendre des thérapeutes dentaires, qui proposent
    des services de restauration
    et chirurgicaux limités, parfois
    pour des groupes de population
    spécifiques tels que les enfants. Les
    techniciens dentaires cliniques, ou prothésistes dentaires, peuvent fabriquer des
    prothèses amovibles avec ou sans ordonnance
    d’un dentiste, et travailler directement avec les
    patients. Le rôle des travailleurs communautaires
    intervenant en santé bucco-dentaire peut aller
    des soins d’urgence simples en environnements
    de soins primaires, à la promotion de la santé
    bucco-dentaire, au dépistage, et à l’orientation le
    cas échéant. Le nom et le périmètre de pratique
    de toutes ces professions sont définis au niveau
    national.
    La pratique illégale de la médecine dentaire reste un problème
    éthique, de santé publique et
    juridique dans de nombreux
    pays. Les praticiens illégaux ne
    suivent aucune réglementation et ne
    présentent pas l’éducation et les autorisations d’exercice nécessaires, ni les instruments
    adéquats ; ils ne respectent pas les standards de
    contrôle des infections croisées ni les normes de
    sécurité des patients pour les soins bucco-dentaires avancés. Leur pratique peut induire de
    graves dangers pour la santé des patients mais,
    pourtant, dans certains environnements, ils sont
    parfois la seule source disponible ou abordable
    de soins bucco-dentaires. Des modèles de
    personnels innovants et flexibles, intégrés au
    système de soins primaires, peuvent permettre
    de mieux répondre, et de manière plus sûre,
    aux besoins des communautés défavorisées ou
    Une équipe dirigée et
    supervisée par les
    dentistes, composée
    de professionnels de
    santé bucco-dentaire
    aux compétences et
    formation
    diversifiées, permet
    de mieux fournir des
    soins optimaux,
    garantissant ainsi des
    soins de qualité pour
    tous.
    62 63
    CHAPITRE 5 MALADIES BUCCO-DENTAIRES : PRÉVENTION ET TRAITEMENT
    Slovaquie Luxembourg Finlande Russie Brésil Malaisie Paraguay Afrique
    du Sud
    Inde Chine Philippines Ghana Bangladesh Zambie Laos Burkina
    Faso
    94,3 % 92,8 %
    81,8 %
    77,0 %
    71,4 %
    66,7 %
    58,8 % 56,8 %
    48,0 % 46,5 %
    41,6 %
    32,2 % 32,1 % 30,5 % 28,4 %
    21,2 %
    Traitement de restauration dentaire atraumatique
    Le traitement de restauration dentaire atraumatique (ART) est une
    technique de traitement de la carie, qui s’appuie sur un composant
    préventif (scellant de la fissure) et sur la restauration de la dent. L’ART
    peut être réalisé dans le sein d’une clinique dentaire ou ailleurs, dans la
    mesure où il ne nécessite que des instruments manuels et un ciment au
    verre ionomère de haute viscosité, mais pas d’électricité ni d’eau
    courante. Il est relativement peu douloureux, minimisant la nécessité
    d’une anesthésie locale et facilitant le contrôle des infections croisées.
    BASIC PACKAGE OF ORAL CARE (BPOC)
    Traitement bucco-dentaire d’urgence
    Le traitement bucco-dentaire d’urgence (OUT) est un service à la
    demande permettant d’obtenir des soins bucco-dentaires d’urgence
    élémentaires. Les trois éléments fondamentaux du OUT sont :
  • le soulagement de la douleur bucco-dentaire
  • les premiers soins en cas d’infection bucco-dentaire et de traumatismes
    dento-alvéolaires
  • l’orientation des cas compliqués.
    Le OUT peut être fourni par du personnel non dentaire formé.
    Dentifrice fluoré abordable
    L’utilisation de dentifrice fluoré abordable (AFT) est l’une des mesures
    préventives les plus importantes dans le traitement de la carie dentaire.
    Cependant, le dentifrice fluoré est souvent trop onéreux pour les groupes
    désavantagés des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. Les
    stratégies en matière d’AFT visent à permettre à chacun de se brosser les
    dents deux fois par jour avec un dentifrice fluoré de qualité.
    Fourniture de soins bucco-dentaires
    OBTENIR DES SOINS BUCCO-DENTAIRES AU BESOIN
    Pourcentage d’adultes signalant des problèmes de santé bucco-dentaire
    et en mesure d’obtenir des soins bucco-dentaires dans les pays indiqués
    2002–04
    Soins
    bucco-dentaires fournis
    par des dentistes
    et des spécialistes
    Services bucco-dentaires élémentaires –
    premier point d’entrée dans le système formel
    de santé (fournis par du personnel non dentaire
    dans les environnements pauvres en ressources)
    Soins bucco-dentaires
    avancés fournis par des
    dentistes (peuvent constituer le
    premier point d’entrée dans le
    système formel de santé dans des
    environnements plus riches en ressources)
    Auto-soins et prévention
    Adoption d’une bonne hygiène bucco-dentaire
    Utilisation de dentifrice fluoré
    Éviter les facteurs de risque pour la santé bucco-dentaire
    Soins informels par la communauté et médecine
    traditionnelle (groupes d’entraide, programmes de santé
    communautaire impliquant des professionnels non
    spécialistes de la santé)
    fréquence/quantité: élevée du besoin
    Coûts
    Quantité de soins nécessaires
    CONTINUUM DES SOINS BUCCO-DENTAIRES
    faible
    élevé faible
    élevé
    Continuum des soins bucco-dentaires
    Les systèmes de soins généraux et les systèmes
    de soins bucco-dentaires ont généralement
    suivi des évolutions parallèles au cours des 150
    dernières années. Les soins bucco-dentaires
    ne sont, en général, que partiellement intégrés
    aux systèmes de santé publique, ou ils en sont
    complètement absents. De ce fait, l’accès à des
    services bucco-dentaires adéquats et abordables
    reste une lointaine aspiration pour la majorité des
    populations dans le monde. La carie non soignée
    des dents définitives et des dents de lait prend
    respectivement le 1er et le 10ème rang des 291 maladies les plus répandues. Ce sont des statistiques
    effroyables qui prouvent clairement la négligence
    de la question de la santé bucco-dentaire.
    Un système de soins de santé (bucco-dentaire)
    primaires idéal fournirait une couverture
    universelle ; il s’articulerait autour des patients ; il
    suivrait des politiques et des programmes émanant
    de la demande ; et il serait intégré à la santé
    générale dans toutes les politiques, notamment
    les politiques du travail, environnementales et
    éducatives. Il profiterait davantage à une plus large
    proportion de la population que les approches
    traditionnelles centrées sur les soins curatifs. Les
    soins bucco-dentaires cliniques sont généralement
    coûteux et par conséquent inabordables pour les
    systèmes de santé plus faibles qui caractérisent les
    économies dotées de ressources insuffisantes.
    Le BPOC (Basic Package of Oral Care) est un
    modèle d’intégration de la prévention et des soins
    bucco-dentaires élémentaires aux points d’entrée
    des systèmes sanitaires publics. Il représente
    actuellement le seul modèle de système de santé
    bucco-dentaire approuvé par l’OMS pour le
    traitement des maladies bucco-dentaires les plus
    courantes. Il se compose de modules qui peuvent
    être adaptés et redimensionnés en fonction
    des ressources disponibles et des besoins de la
    communauté. Les auto-soins et la prévention en
    forment la base, et des priorités supplémentaires
    peuvent être définies en fonction de la charge de
    morbidité et des ressources disponibles. L’exigence
    minimale est de couvrir les soins d’urgence
    élémentaires et de soulager la douleur. Des soins
    curatifs et spécialisés peuvent y être ajoutés, ce qui
    permet d’obtenir une gamme complète de services
    dans le contexte d’une couverture universelle.
    L’accès aux soins
    bucco-dentaires
    élémentaires est
    obligatoire dans tous
    les pays. Cet accès
    reste possible même
    en cas de ressources
    rares, en prenant des
    mesures rentables,
    fondées sur des
    données probantes,
    qui mettent l’accent
    sur la prévention et
    sur les auto-soins.
    64 65
    CHAPITRE 5 MALADIES BUCCO-DENTAIRES : PRÉVENTION ET TRAITEMENT
    250 dollars
    L’utilisation du fluor figure parmi les 10 plus
    importantes réalisations en santé publique
    (selon les US Centers for Disease Control).
    Le fluor peut réduire de 20 % à 60 %
    la carie dentaire, en fonction de la méthode
    d’application.

1 dollar dépensé en fluoration du sel

économisés en futurs traitements dentaires.
FAITS SUR LE FLUOR
UTILISATION
MONDIALE DU
FLUOR
Estimation du nombre
de personnes dans le
monde utilisant
différentes sources de
fluor 2001
sel 2013
eau 2012
eau présentant les taux
adéquats de fluor
18 millions
solutions buccales au fluor
100 millions
fluoration du sel
300 millions
fluoration de l’eau (ajustée)
370 millions
dentifrice fluoré
1,5 milliard
Lait fluoré
moins de 1 million
fluor appliqué de manière topique
par des professionnels
30 millions
comprimés/gouttes de fluor
15 millions
FIDJI
KIRIBATI
CORÉE
DU SUD
SRI LANKA
BRUNEI
MALAISIE
VIETNAM
THAÏLANDE
CHYPRE
ISRAËL
SÉNÉGAL
GABON
GUATEMALA
HAÏTI
PANAMA GUYANA
PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
SINGAPOUR
MALTE
RAS HK
NIGÉRIA
RÉP. DÉM.
CONGO
LIBYE
NAMIBIE
VENEZUELA
COLOMBIE
PÉROU
ARGENTINE
URUGUAY
CHILI
PHILIPPINES
NOUVELLEZÉLANDE
ZIMBABWE
ZAMBIE
TANZANIE
AUSTRALIE
CHINE
INDE
ÉTATS-UNIS
CANADA
MEXIQUE
BRÉSIL
AUTRICHE
R-U IRLANDE
DANEMARK
FRANCE
ESPAGNE
SUÈDE FINLANDE
RÉP. TCHÈQUE
SERBIE
KOSOVO
76 % – 100 %
51 % – 75 %
26 % – 50 %
6 % – 25 %
moins de 5 %
aucune donnée
FLUOR DANS L’EAU
Pourcentage de la population
ayant accès à des niveaux adéquats
ajustés ou naturels de fluor dans l’eau
2012
solidité de la preuve
exigences de l’environnement
faisabilité de l’application
CHOISIR LA BONNE MÉTHODE DE FLUORATION
Estimation de la pertinence des interventions au fluor dans les
pays à revenu élevé (HIC) et dans les pays à faible revenu /revenu
intermédiaire (LMIC) en utilisant le FLIS (score de la méthode de
fluoration)
dentifrice eau sel lait
Score de la méthode
de fluoration (FLIS)
0
30
45
60
adaptée pour
l’application
application
envisageable, mais
avec certains enjeux
inadaptée pour
l’application,
enjeux élevés
HIC LMIC HIC LMIC HIC LMIC HIC LMIC
3 Faisabilité de l’application :

  • Assurance Qualité
  • Durabilité
  • Surveillance
  • Communication
    2 Exigences de l’environnement :
  • Faisabilité
  • Équité
  • Législation
  • Cartographie du fluor
    1 Solidité des preuves scientifiques :
  • Efficacité
  • Efficience
  • Innocuité
  • Conformité
    Critères de sélection d’une
    méthode de fluoration :
    L’utilisation du fluor
    pour prévenir la carie
    dentaire est sans
    danger, efficace et
    hautement rentable.
    Il est nécessaire
    d’accentuer les
    efforts pour
    promouvoir l’accès et
    l’utilisation de fluors
    adéquats afin
    d’universaliser
    l’accès aux soins.
    Prévention des caries dentaires
    Fluors
    Une bonne hygiène bucco-dentaire, la diminution de la consommation de sucre, et l’utilisation
    régulière et adéquate de fluor sont des éléments
    essentiels pour garantir l’efficacité des stratégies
    de prévention de la carie dentaire.
    Le fluor est utilisé depuis plus de 70 ans dans la
    prévention de la carie dentaire. Un large corpus
    de preuves scientifiques illustrant son efficacité
    dans des études menées à l’échelle des populations étaye son utilisation. Néanmoins, ces
    données factuelles sont en constante évolution
    et varient en fonction du mode d’application.
    L’effet du fluor est local (topique) à la surface
    des dents : inhibant la production d’acides bactériens, stoppant la déminéralisation de l’émail,
    améliorant la reminéralisation (réparation) ainsi
    que larésistance de l’émail aux futures attaques
    acides.
    Le fluor peut atteindre la surface des dents de
    nombreuses façons : il peut être ajouté
    à l’eau, au sel ou au lait dans le
    cadre d’interventions communautaires ; il peut être appliqué
    professionnellement ou prescrit
    sous forme de gel, de vernis ou
    de comprimés ; ou il peut être
    intégré aux auto-soins dans le
    dentifrice et les solutions buccales. La solidité des preuves
    pour ces méthodes de fluoration
    varie fortement, par conséquent, le
    choix de la stratégie de fluoration la plus adaptée
    dépend de nombreux facteurs, notamment de la
    preuve de son efficacité, de l’environnement et
    des ressources disponibles.
    Les fluors sont sans danger pour la santé et ils
    sont efficaces lorsqu’ils sont appliqués aux doses
    recommandées. Néanmoins, une exposition à
    des doses supérieures aux niveaux recommandés
    pendant le développement des dents (entre la
    naissance et l’âge de 4 ans) peut être à l’origine
    de fluorose dentaire. La majorité des cas sont superficiels et passent inaperçus, seules les formes
    les plus sévères se matérialisent sous la forme de
    taches brunes ou d’une décoloration des dents.
    Le fluorure de sodium est porté sur la liste modèle
    de médicaments essentiels de l’OMS, et l’accès
    aux fluors a été reconnu comme faisant partie
    intégrante du droit humain à la santé. La possibilité de réduire les inégalités dans la charge de
    morbidité de la carie dentaire grâce à
    l’accès universel aux fluors dans le
    cadre de la santé bucco-dentaire
    est largement gâchée par l’absence de politiques préventives
    nationales faisant la promotion de la disponibilité, du
    caractère abordable ou de
    l’utilisation des produits fluorés, et rendant obligatoire la
    fluoration de l’eau, du sel ou du
    lait.
    Appel à l’action pour promouvoir la
    santé dentaire en utilisant le fluor, OMS,
    FDI et IADR, 2006
    « Les experts ont
    réaffirmé le caractère
    efficace, rentable et sûr
    d’une utilisation quotidienne
    d’un fluor de qualité optimale.
    Ils ont confirmé que l’accès
    universel au fluor en santé
    dentaire s’inscrit dans le droit
    humain fondamental à la
    santé. »
    66 67
    CHAPITRE 5 MALADIES BUCCO-DENTAIRES : PRÉVENTION ET TRAITEMENT
    FAITS SUR LE DENTIFRICE
    Prévention de la carie dentaire : teneur
    en fluor standard (1 000 – 1 500 ppm)
    ou élevée (2 500 – 5 000 ppm).
    Contrôle de la plaque dentaire : ajout de
    substances antibactériennes.
    Réduction de la sensibilité des dents.
    Blanchiment ou effet blanchisseur.
    Rafraîchissement de l’haleine.
  • Deux fois par jour.
  • Ne pas se rincer les dents après
    le brossage.
  • Utiliser une quantité de dentifrice
    de la taille d’un pois.
  • Superviser le brossage des dents
    des enfants jusqu’à six ans.
    1 dollar dépensé dans la promotion de l’utilisation
    de dentifrice fluoré au Népal = économies de
    en coûts de traitement.
    Marché mondial
    des dentifrices
    en 2016 :
    14 milliards
    de dollars
    Principales fonctions du dentifrice : Meilleures pratiques de brossage des dents :
    87–356 dollars
    75 % ou plus
    65 % – 74 %
    55 % – 64 %
    moins de 55 %
    aucune donnée
    HABITUDES EN MATIÈRE DE BROSSAGE
    DES DENTS EN EUROPE
    Proportion d’adolescents de 11 à 15 ans
    indiquant se brosser les dents
    plus d’une fois par jour
    2010
    1 Supprimer les taxes et les droits de douane, qui constituent un facteur
    de coût important, et répercuter les économies sur les consommateurs.
    2 Augmenter l’imposition des dentifrices sans fluor afin d’en décourager
    l’utilisation.
    3 Faire appliquer une tarification équitable – prix différenciés en fonction
    des populations et de leur pouvoir d’achat.
    4 Promouvoir la concurrence générique et la production locale, tout en
    garantissant les standards de qualité.
    5 Améliorer les capacités des administrations alimentaires et pharmaceutiques nationales pour mieux contrôler la qualité des dentifrices.
    6 Renforcer et faire appliquer les exigences de la norme ISO 11609.
    POLITIQUES POUR AMÉLIORER LA QUALITÉ
    ET RÉDUIRE LE COÛT DU DENTIFRICE FLUORÉ
    RECOMMAND
    ATIONS
    ACCESSIBILITÉ FINANCIÈRE
    DES DENTIFRICES FLUORÉS
    Nombre de jours de dépenses
    du foyer par personne
    nécessaires pour acheter
    un stock annuel de dentifrice
    fluoré le moins cher pour les
    10 % les plus pauvres de la
    population
    2006
    États-Unis Australie Italie Thaïlande Inde Brésil Cambodge Sénégal
    0,1 0,2 0,5 1,2 2,0
    3,2
    4,3
    8,6
    Tanzanie
    14,3
    Zambie
    30,4
    RUS.
    LITUANIE
    LETTONIE
    ESTONIE
    AUTRICHE
    HONGRIE
    POLOGNE
    DANEMARK
    FRANCE
    Écosse
    Pays-deGalle
    ALLEMAGNE BELGIQUE
    NORVÈGE
    FINLANDE
    RUSSIE
    SUÈDE
    RÉP. TCHÈQUE
    John Stamm, Université de
    Caroline du Nord, 2007
    « Le problème du
    coût du dentifrice mérite que
    l’on y prête davantage attention car
    le prix détermine l’accès aux
    dentifrices, notamment dans les
    économies émergentes. La nécessité de
    dentifrices fluorés est particulièrement
    vitale dans la plupart de ces pays, où la
    fluoration de l’eau peut être impraticable,
    où la fluoration du sel n’est pas encore
    bien ancrée, et où l’infrastructure des
    services bucco-dentaires publics
    est sous-développée. »
    Prévention des caries dentaires
    Le dentifrice fluoré
    est hautement
    efficace dans la
    prévention de la
    carie dentaire. Il est
    sans danger et
    facilement disponible, mais il est
    nécessaire d’accentuer les efforts pour
    en améliorer le
    caractère abordable
    et la qualité afin d’en
    universaliser l’accès.
    Dentifrice fluoré
    Le dentifrice fluoré est le moyen le plus répandu
    et le plus rigoureusement évalué d’utilisation
    du fluor dans la prévention de la carie dentaire.
    Les preuves quant à son effet de prévention
    de la carie, que ce soit sur les dents de lait ou
    sur la dentition permanente, sont solides. Son
    association à la fluoration de l’eau ou du sel est
    sans danger. En outre, l’effet de protection est
    accentué. Se brosser les dents sans utiliser de
    dentifrice fluoré permet d’améliorer l’hygiène
    bucco-dentaire, mais cela ne permet pas de
    prévenir les caries.
    Du fluor a été ajouté pour la première fois à du
    dentifrice en 1914, mais il a fallu attendre 1955
    avant que le premier dentifrice fluoré (Crest®)
    ne soit commercialisé. La plupart des dentifrices
    vendus dans les pays à haut revenu contiennent
    désormais du fluor, et son utilisation répandue
    est perçue comme la principale raison du déclin
    significatif de la carie dentaire dans ces pays au
    cours des dernières décennies.
    La formulation type d’un dentifrice fluoré efficace
    est de 1 000 à 1 500 ppm (parties par million)
    de fluor ; il existe des dentifrices faiblement
    fluorés pour les enfants mais les preuves de leur
    efficacité sont faibles. La norme internationale ISO
    11609 définit la qualité, ainsi que les conditions
    d’étiquetage et de test minimales, mais on constate
    d’importants écarts dans la conformité et la mise
    en œuvre nationales de cette norme.
    Il existe d’importantes disparités dans le prix et
    dans la qualité des dentifrices fluorés. Même s’ils
    sont largement disponibles à l’achat, le coût de
    ces dentifrices, notamment pour les populations
    les plus démunies, est un obstacle majeur à leur
    utilisation régulière. La faible qualité de certains
    dentifrices dans les pays à faible revenu et à
    revenu intermédiaire peut également réduire leur
    effet de prévention de la carie. Les exigences
    d’étiquetage ne sont pas toujours satisfaites,
    compromettant la transparence pour le consommateur, et les contrefaçons peuvent même ne pas
    contenir de fluor du tout.
    Dans la mesure où la fluoration de l’eau et du sel
    restent inaccessibles à la majorité de la population
    mondiale, le dentifrice fluoré reste le moyen
    d’intervention le plus important pour prévenir les
    caries dans le monde, mais davantage d’efforts
    sont nécessaires pour en améliorer le caractère
    abordable et la qualité.
    68 69
    CHAPITRE 5 MALADIES BUCCO-DENTAIRES : PRÉVENTION ET TRAITEMENT
    71
    En 2012, La Vision 2020 de la FDI « Une prospection sur l’avenir bucco-dentaire » a identifié un
    certain nombre d’enjeux et d’opportunités dans le
    domaine de la santé bucco-dentaire. « (…) les
    inégalités persistantes en santé bucco-dentaire ;
    le non accès aux soins bucco-dentaires ; les traitements dentaires hors de prix dans de nombreuses régions ; une population croissante et
    vieillissante ; la migration de la main d’œuvre ; le
    tourisme dentaire ; l’émergence de nouveaux modèles éducatifs ; la répartition changeante des
    tâches parmi les membres du personnel de soins
    bucco-dentaires ; des mesures juridiques ciblant
    les matériaux dangereux et l’utilisation croissante
    des technologies de l’information et de la communication dans tous les secteurs de nos vies et
    de nos professions » figurent parmi ces opportunités et enjeux qui appellent une action adéquate et
    opportune.
    Ce chapitre présente certains de ces enjeux et revient en détail sur des aspects importants où professionnels de santé bucco-dentaire et décideurs
    politiques doivent collaborer plus étroitement
    afin d’identifier des solutions pertinentes et de les
    mettre en œuvre.
    L’enseignement dentaire est l’un des domaines où
    de nouvelles solutions sont nécessaires afin que
    le modèle éducatif réponde aux nouveaux besoins, réduise de manière efficace la fracture
    entre enseignement médical et enseignement
    dentaire, fasse la promotion de la pratique collaborative et la renforce, et place la santé publique,
    la prévention des maladies et la promotion de la
    santé au cœur des activités de chaque professionnel de santé bucco-dentaire. Sans ces changements, l’objectif à long terme visant à disposer au
    sein de chaque système de santé national de personnels dentaires suffisants, adéquatement formés et motivés restera lettre morte.
    Dans le contexte de la crise mondiale des personnels de santé, la migration de ces derniers a suscité un regain d’intérêt. L’émigration professionnelle a toujours existé, mais l’accélération des
    flux migratoires des pays les plus pauvres vers les
    pays plus riches risque d’accroître les pressions
    sur les systèmes de santé des premiers, déjà largement sous pression. Néanmoins, ces migrations
    peuvent aussi avoir de nombreuses retombées positives, telles que la relance des économies locales grâce aux envois d’argent des travailleurs
    émigrés. Même s’il ne faut pas restreindre le droit
    humain à la liberté de circulation, il est nécessaire de mettre en place des stratégies permettant
    de garantir une rétention efficace des dentistes
    dans leur pays d’origine, en y associant un code
    éthique afin d’atténuer les effets négatifs du recrutement actif par les pays à revenu élevé, et de
    pouvoir disposer de professionnels de santé bucco-dentaire là où leur présence est nécessaire.
    La mobilité des professionnels de santé bucco-dentaire n’est pas la seule à avoir augmenté,
    celle des patients est également en hausse, et le
    nombre de personnes se rendant à l’étranger en
    vue d’obtenir des soins bucco-dentaires s’est nettement accru au cours de la dernière décennie.
    Cette situation représente un nouvel enjeu pour la
    santé bucco-dentaire, dans la mesure où elle soulève d’importantes questions quant à l’accès aux
    soins et à leur qualité, aux aspects juridiques et
    aux responsabilités éthiques.
    Les enjeux de la recherche en santé bucco-dentaire sont essentiels et multiples. La recherche
    fondamentale, ainsi que les aspects cliniques et
    techniques des soins de santé resteront toujours
    au cœur de la recherche, mais une part plus importante va également être accordée à la mise en
    œuvre et à la recherche translationnelle, en tenant compte des implications des maladies bucco-dentaires sur l’état général, ainsi que des différents besoins des pays à faible revenu et à revenu
    intermédiaire.
    Ainsi que le rappelle la Vision 2020 de la FDI,
    tous ces enjeux soulignent la nécessité d’adopter
    un nouveau modèle de soins bucco-dentaires inclusif et efficace au bénéfice final de tous les patients dans le monde. Nous mesurerons notre
    réussite dans ce domaine à l’aune du nombre
    croissant de personnes capables de conserver une
    dentition complète et saine pendant toute leur
    vie.
    Les enjeux en santé bucco-dentaire Chapitre 6
    école publique
    école privée
    COÛT DE LA
    FORMATION
    DENTAIRE
    Dette moyenne
    contractée par les
    étudiants dentaires
    en écoles dentaires
    publiques et privées
    aux États-Unis,
    ajustée pour l’inflation
    2004–11
    100 000
    150 000
    200 000
    250 000
    $
    2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
    Young Guk Park, Doyen de la faculté
    d’odontologie de l’université Kyung Hee, 2015
    « … Les
    professeurs des écoles
    dentaires sont … confrontés à
    des demandes pour mettre en place
    des programmes capables de
    développer la sensibilisation aux services
    et aux politiques de santé publique, à la
    coopération interprofessionnelle, à la
    pensée critique et à la prise de décision,
    à l’autogestion et à la culture
    organisationnelle, ainsi qu’à la
    réflexion et aux retours
    interpersonnels. »
    FIDJI
    CORÉE
    DU SUD
    TRINITÉ-ET-TOBAGO
    AZERBAÏDJAN
    ARMÉNIE
    SRI LANKA
    CUBA
    RÉP. DOMINICAINE
    M ALAISIE
    VIETNAM
    LAOS
    THAÏLANDE
    SYRIE
    LIBAN
    ISRAËL
    JORDANIE
    EAU
    KOWEÏT NÉPAL
    SÉNÉGAL
    CÔTE
    D’IVOIRE
    RWANDA
    KENYA
    GUATEMALA
    SALVADOR
    HAÏTI
    HONDURAS
    NICARAGUA
    COSTA RICA
    PANAMA
    SINGAPOUR
    BIRMANIE
    TUNISIE
    MALTE
    MAYOTTE
    RAS HK
    OUZBÉK.
    TADJIKISTAN
    ARABIE
    SAOUDITE
    MONGOLIE
    PAKISTAN
    TURQUIE
    IRAK
    ALGÉRIE
    NIGÉRIA
    SOUDAN
    RÉP. DÉM.
    CONGO
    ÉTHIOPIE
    ÉGYPTE
    MAROC
    LIBYE
    AFRIQUE
    DU SUD
    BOLIVIE
    PARAGUAY
    VENEZUELA
    COLOMBIE
    ÉQUATEUR
    PÉROU
    ARGENTINE
    URUGUAY
    CHILI
    PHILIPPINES
    NOUVELLEZÉLANDE
    INDONÉSIE
    MADAGASCAR
    TANZANIE
    IRAN
    AUSTRALIE
    CHINE
    INDE
    ÉTATS-UNIS
    CANADA
    MEXIQUE
    BRÉSIL
    JAPON
    RUSSIE
    RUS.
    CROATIE
    ITALIE
    UKRAINE
    LETTONIE
    ESTONIE
    AUTRICHE HONGRIE
    BULGARIE
    ROUMANIE
    GRÈCE
    POLOGNE
    SLOVÉNIE
    BIÉLORUSSIE
    R-U IRLANDE
    ISLANDE
    DANEMARK
    FRANCE
    ESPAGNE
    PORTUGAL
    ALLEMAGNE
    SUISSE
    BELGIQUE
    P-B
    NORVÈGE
    SUÈDE FINLANDE
    RÉP. TCH. SLOVAQUIE
    SERBIE
    KOSOVO
    VERS LE PRIVÉ
    Nombre d’institutions d’enseignement
    supérieur dentaire en Inde
    1950–2014
    institutions publiques
    institutions privées
    1950
    3
    1960
    10
    1970
    13
    1
    1980
    17
    5
    1990
    24
    31
    2000
    30
    104
    2005
    31
    175
    2010
    39
    251
    2014
    42
    259
    La formation dentaire
    moderne permet aux
    professionnels de
    santé bucco-dentaire
    d’acquérir les
    compétences et les
    aptitudes nécessaires
    pour répondre aux
    besoins de leurs
    patients et des
    populations.
    Enjeux de la formation
    Au cours des 150 dernières années, la formation
    dentaire s’est généralement développée en
    parallèle de la formation médicale, et elle
    se concentre le plus souvent sur les soins de
    restauration dentaire et les soins cliniques. La reconnaissance accrue des interactions entre santé
    bucco-dentaire et état général, ainsi que des
    déterminants communs plus larges de la santé
    bucco-dentaire ont conduit à adopter de nouveaux modèles d’enseignement qui favorisent
    une collaboration active entre les différentes
    professions et disciplines de la santé. La priorité
    donnée à la santé publique, la promotion de la
    santé et la prévention des maladies, fondées sur
    des données probantes, ainsi qu’une capacité de
    raisonnement critique pour évaluer les nouvelles
    données de la recherche, figurent parmi les nouvelles compétences essentielles permettant à la
    profession de répondre aux nécessités des populations, loin de se limiter aux besoins dentaires.
    Les programmes de médecine dentaire comprennent généralement des cours fondamentaux
    en sciences de la santé et en compétences
    cliniques dans les domaines du diagnostic et des
    soins bucco-dentaires, et ils requièrent habituellement quatre à six années d’études, en fonction
    des législations nationales. Il existe aussi toute
    une gamme de spécialisations, ainsi que des
    parcours d’enseignement formels pour les autres
    professionnels de l’équipe dentaire.
    L’enseignement dentaire présente d’importantes
    disparités réginales, l’Afrique présentant le plus
    faible nombre d’écoles dentaires de toutes les
    régions du monde. À l’inverse, l’enseignement
    dentaire est devenu une activité lucrative dans
    certains pays, avec une hausse rapide du nombre
    d’institutions de formation dentaire, en majorité
    privés. Cette situation augmente les difficultés en
    matière de qualité de l’enseignement, de gouvernance et d’autorisation de pratique. L’agrément
    des programmes d’enseignement dentaire et les
    exigences des autorisations d’exercice varient
    d’une région à l’autre, et il n’existe pas de normes
    de compétence mondialement
    reconnues.
    L’intégration de l’enseignement
    dentaire à la formation médicale
    est un élément crucial pour définir
    le périmètre de pratique, et pour
    améliorer le nombre et l’impact des
    professionnels de santé bucco-dentaire dans le
    monde. Il est nécessaire que la formation des
    professionnels de santé générale et de santé bucco-dentaire bénéficie d’investissements publics
    adéquats et que les programmes et les institutions
    fassent l’objet de réformes, afin de disposer de
    personnels dentaires mondiaux efficaces.
    50 ou plus
    10 – 49
    2 – 9
    1
    aucune donnée
    ÉCOLES DENTAIRES PAR PAYS
    2014
    72 73
    CHAPITRE 6 LES ENJEUX EN SANTÉ BUCCO-DENTAIRE
    DOMAINES DU TOURISME MÉDICAL
    ET APPROCHES DE TRAITEMENT
    Adapté de Hall, 2011
    TOURISME
    MÉDICAL
    TOURISME
    DE SANTÉ
    TOURISME
    DE BIEN-ÊTRE
    Curatif Préventif
    Spectre de traitement
    D’amélioration
    Interventions
    médicales
    requérant des
    conditions légales
    spéciales : thérapie
    génique, transplantation
    d’organes, avortement,
    traitement de
    l’infertilité.
    Chirurgie
    orthopédique,
    chirurgie dentaire
    spécialisée
    (implants), chirurgie
    plastique.
    Visite de
    spas et de
    stations de
    cure.
    Soins
    dentaires
    généraux.
    Chirurgie
    cosmétique.
    Implants
    capillaires.
    La migration et la
    mobilité des professionnels de santé
    bucco-dentaire et des
    patients résultent de
    facteurs d’attraction/
    répulsion complexes.
    Les conséquences
    positives et négatives
    pour les pays
    d’origine et de
    destination doivent
    être équilibrées en
    adoptant des
    politiques et des
    réglementations
    adaptées.
    Enjeux des migrations internationales
    La mobilité et les migrations internationales sont
    une des composantes de nos économies de plus
    en plus mondialisées et interdépendantes. Les
    déplacements transnationaux des professionnels
    dentaires sont un phénomène connu qui présente
    des effets positifs et des effets négatifs. Pourtant,
    il existe très peu de données sur l’étendue des
    migrations des professionnels de santé bucco-dentaire en l’absence de statistiques internationales
    récentes.
    La migration des professionnels de la santé est un
    sujet complexe à la fois pour les pays d’origine
    et pour les pays de destination, de nombreux
    facteurs, tant professionnels que personnels,
    influençant ce phénomène. Sont à mentionner
    l’absence d’opportunités ou de spécialisations
    professionnelles ; des motifs personnels et
    familiaux, tels que l’éducation des enfants ;
    ou des raisons économiques, notamment la
    recherche d’un revenu plus élevé et plus stable.
    Ces facteurs coexistent avec des problèmes plus
    larges liés au système de santé, et aux questions
    sociales et politiques.
    Il existe une pénurie mondiale reconnue en compétences humaines dans le domaine de la santé,
    mais le recrutement international n’est qu’un
    remède partiel et temporaire aux insuffisances
    nationales. Le recrutement actif par les pays
    de destination peut se faire au détriment des
    systèmes de santé des pays d’origine, qui perdent
    alors l’investissement éducatif réalisé dans ces
    professionnels partant à l’étranger. Par ailleurs,
    l’économie de certains pays exportateurs nets
    peut dépendre des envois d’argent effectués par
    leurs populations émigrées.
    Les pays de destination doivent, quant à eux, garantir la compétence des professionnels étrangers
    et la qualité des soins fournis, ainsi que leurs
    droits à une rémunération et à des opportunités
    égales. De tels efforts doivent être entrepris dans le
    respect du droit humain à la liberté de circulation,
    ainsi que des droits et des opportunités pour les
    professionnels locaux.
    L’OMS et d’autres organisations ont élaboré un
    code de pratique pour le recrutement international
    ainsi que des options politiques destinées aux
    pays afin de faciliter la planification efficace des
    personnels nationaux, d’atténuer les éventuels
    effets négatifs des migrations internationales,
    et de superviser plus efficacement les flux de
    main-d’œuvre.
    Tourisme dentaire
    Le tourisme médical et le tourisme dentaire
    prennent toujours plus d’importance, facilités par
    la simplification des voyages, de l’information
    et des flux commerciaux dans le sillage de la
    mondialisation. La mobilité internationale des patients qui recherchent des soins hors de leur pays
    d’origine s’accompagne de questions complexes
    liées à l’éthique, à la qualité des soins et à la
    relation praticien-patient, et aussi aux coûts, à la
    commercialisation et au consumérisme.
    Des problèmes afférents à la couverture
    d’assurance à l’étranger, aux garanties et aux
    complications post-traitement peuvent se poser.
    Par ailleurs, le tourisme médical est devenu
    une source de revenu majeure pour certaines
    destinations et il peut contribuer à renforcer les
    systèmes de soins de santé locaux.
    Parmi les principales raisons du tourisme dentaire,
    on peut citer des coûts moins élevés dans les
    pays de destination, pas de temps d’attente, et
    des traitements plus courts, associant soins et
    voyage dans des destinations touristiques
    exotiques, ainsi que la fourniture
    de procédures qui ne sont pas
    légalement disponibles dans
    le pays d’origine.
    Migration des professionnels de santé bucco-dentaire
    MIGRATION DES
    PROFESSIONNELS
    DE SANTÉ
    BUCCO-DENTAIRE
    Principaux flux
    1999–2000
    « La FDI
    reconnaît que l’accès à la
    santé bucco-dentaire ainsi que la
    migration à des motifs professionnels,
    économiques ou personnels sont des
    droits humains pour lesquels tous les pays
    doivent prendre les dispositions
    nécessaires… Le recrutement international
    planifié des professionnels de santé
    bucco-dentaire ne peut être qu’une solution
    partielle aux insuffisances nationales. Il
    est essentiel que le recrutement
    international ne se fasse pas au
    détriment des services de
    santé des pays. »
    Déclaration de principe de la FDI sur le recrutement
    international éthique des professionnels de santé
    bucco-dentaire, 2006
    74 75
    CHAPITRE 6 LES ENJEUX EN SANTÉ BUCCO-DENTAIRE
    1
    2
    3
    4
    5
    6
    7
    8
    9
    10
    Identifier les lacunes critiques dans les connaissances.
    Élaborer et mettre en œuvre, en partenariat avec des organisations dentaires et médicales
    apparentées qui s’appuient sur des données probantes, une base de connaissance adossée à un
    ensemble standard de critères de rapport et incluant un registre des essais d’application.
    Insister sur l’importance des déterminants psychosociaux de la santé bucco-dentaire, des
    comportements liés à celle-ci, et des comportements liés à la recherche de soins bucco-dentaires,
    sur les populations globales et sur les communautés défavorisées.
    Insister sur l’importance d’intégrer la recherche sur les inégalités en santé bucco-dentaire aux
    approches plus larges afin de réduire les inégalités globales dans le domaine de la santé.
    Insister sur l’importance de la recherche multidisciplinaire et translationnelle, en recherchant des
    données d’entrée auprès des spécialistes des sciences sociales et des professionnels de la santé.
    Élaborer des stratégies de prévention des maladies fondées sur les déterminants sociaux et
    environnementaux plus larges de la santé, en adoptant des approches ascendantes plutôt que des
    approches descendantes.
    Élaborer des stratégies pouvant être interprétées localement de manière à respecter les sensibilités
    culturelles et les contraintes socio-économiques pour améliorer la littératie en santé bucco-dentaire.
    Développer des systèmes nationaux et régionaux basés sur les communautés pour faire la promotion
    de la santé bucco-dentaire et des soins de santé, en tenant compte des expériences passées et des
    implications sur les ressources, et, lorsque cela est pertinent, en mettant l’accent sur des populations
    globales et sur les populations à risque.
    Sensibiliser, dans les débats publics, au problème des inégalités en santé bucco-dentaire, avec la
    nécessité de promouvoir un universalisme proportionné spécifique et en mettant l’accent sur les
    communautés plus démunies.
    Promouvoir et défendre l’inclusion de la santé bucco-dentaire dans toutes les politiques, avec les
    autres domaines de la santé, dans le fil de la Déclaration d’Adélaïde sur l’intégration de la santé
    dans toutes les politiques.
    LES PRIORITÉS DE
    RECHERCHE DE
    L’IADR-GOHIRA
    Le projet GOHIRA
    (Global Oral Health
    Inequalities Research
    Agenda) de l’Association internationale de
    recherche dentaire
    (IADR) a identifié les
    priorités de recherche
    nécessaires pour
    déployer des stratégies
    susceptibles de réduire
    les inégalités en santé
    bucco-dentaire dans le
    monde.
    APPLIQUER LA RECHERCHE, DE LA RECHERCHE FONDAMENTALE À LA SANTÉ
    Adapté de Dzau et al, 2010
    RECHERCHE
    FONDAMENTALE
    TRANSLATION RECHERCHE
    CLINIQUE
    TRANSLATION
    & ADOPTION
    ÉTAT DE SANTÉ
    GLOBAL
  • recherche
    fondamentale
  • études
    précliniques
  • analyse in-vivo
  • pharmacodynamique
  • toxicologie
  • vérification du
    concept
    d’efficacité (proof
    of concept) sur
    l’homme
  • développement
    clinique
  • approbation
    gouvernementale
  • médecine fondée
    sur des données
    probantes
  • lignes directrices en
    matière de pratique
  • adoption des pratiques
  • évaluation par la
    communauté
  • prestation des soins ;
    recherche sur les
    services de santé
  • amélioration de l’état
    de santé de la
    communauté
  • recherche et services
    en santé mondiaux
    La recherche en santé
    bucco-dentaire, qui
    englobe la recherche
    fondamentale, la
    recherche clinique, la
    recherche translationnelle, et la
    recherche appliquée
    aux systèmes de
    santé, est essentielle
    pour alléger la
    charge que les
    maladies bucco-dentaires font peser sur
    la santé et sur
    l’économie, et pour
    améliorer la santé
    bucco-dentaire dans
    le monde.
    Enjeux de la recherche
    Science et recherche forment la base de
    programmes, de politiques sanitaires et de
    pratiques cliniques fondés sur des données
    probantes. Plus de 4 milliards de personnes dans
    le monde souffrent de maladies bucco-dentaires,
    ce qui se traduit par une charge économique et
    sanitaire énorme. Il est donc impératif de
    promouvoir, de coordonner et de soutenir la
    recherche fondamentale, la recherche clinique et
    la recherche translationnelle, ainsi que la
    formation en recherche et l’acquisition de
    compétences, afin d’alléger cette charge de
    morbidité.
    La recherche en santé bucco-dentaire est
    confrontée aux mêmes enjeux de diffusion et
    d’application des études que la recherche dans
    les autres spécialités médicales. Le continuum
    de la recherche fondamentale à l’application
    globale tient compte des différents niveaux et
    types de recherches, ainsi que de leurs
    interactions, afin d’en tirer le meilleur parti pour
    améliorer la santé bucco-dentaire mondiale. La
    première étape de ce continuum est la
    traduction de la recherche fondamentale en
    pratique clinique. Les étapes suivantes, tout aussi
    importantes, concernent la translation et
    l’adoption largement facilitée du système de
    santé, ainsi que les mesures prises au niveau des
    populations.
    La recherche en santé bucco-dentaire s’est
    traditionnellement concentrée sur les aspects
    fondamentaux, cliniques et techniques des soins
    bucco-dentaires, et essentiellement dans les pays
    à revenu élevé. Ce n’est que récemment qu’une
    plus grande attention a été accordée aux
    applications et à la recherche translationnelle,
    tenant compte des implications sur l’état de
    santé global, des maladies bucco-dentaires et
    des besoins différents des pays à faible revenu et
    à revenu intermédiaire.
    « L’écart 10/90 », qui veut que 90 % de la
    recherche et des dépenses servent à couvrir les
    besoins de seulement 10 % de la population
    mondiale, s’applique aussi à la recherche en
    santé bucco-dentaire. La partialité dans l’origine
    des publications de recherche en est un
    indicateur. En outre, il est nécessaire de procéder
    à un changement de paradigme, en accordant
    davantage d’importance à la prévention et à
    l’intégration de la recherche bucco-dentaire dans
    le courant principal de la science clinique.
    Il est essentiel de développer et de coordonner
    des priorités internationales en matière de
    recherche collaborative, dans le cadre d’un effort
    concerté, afin de remédier aux lacunes dans les
    connaissances bucco-dentaires fondamentales. Il
    sera nécessaire de mettre particulièrement
    l’accent sur l’évaluation des mesures sociales et
    comportementales, ainsi que sur la mise en
    œuvre et sur la prestation des soins pour
    prétendre réduire les inégalités mondiales
    criantes en santé bucco-dentaire.
    PUBLICATIONS
    Articles publiés en
    recherche dentaire
    par pays d’origine
    2007–11
    Inde
    992
    États-Unis
    8 661
    Brésil
    4 527
    Japon
    3 307
    Angleterre
    2 900
    Allemagne
    2 769
    Chine
    2 028
    Italie
    2 012
    Turquie
    1 982
    Corée du Sud
    1 307
    Pays-Bas
    1 194
    Espagne
    1 186
    Suède
    1 159
    Suisse
    1 137
    Canada
    1 021
    76 77
    CHAPITRE 6 LES ENJEUX EN SANTÉ BUCCO-DENTAIRE
    79
    Historiquement, la santé bucco-dentaire et la
    médecine dentaire ont cherché à être reconnues
    comme des spécialités distinctes de la santé et de
    la médecine générale. On convient aujourd’hui
    que cette volonté ancrée et délibérée d’une «
    identité » distincte est l’une des raisons de la
    faible priorité et de la négligence de la santé bucco-dentaire dans les agendas sanitaires internationaux. Cette rupture entre santé bucco-dentaire,
    médecine dentaire et le courant principal des politiques et des pratiques sanitaires mondiales n’a
    pas permis de tenir compte des liens intrinsèques
    entre la santé et les soins bucco-dentaires et de
    nombreux autres domaines, que ce soit dans le
    secteur de la santé ou d’autres. En conséquence,
    il a été impossible d’intégrer la santé bucco-dentaire dans les stratégies et les messages de santé
    générale.
    L’un des principaux enjeux auxquels professionnels de santé bucco-dentaire et défenseurs de la
    santé dentaire publique sont aujourd’hui
    confrontés est d’arriver à ce que les questions de
    la santé bucco-dentaire bénéficient de la reconnaissance et de la considération adéquates dans
    l’agenda sanitaire mondial. Parallèlement, les
    politiques doivent être traduites en actions
    concrètes permettant à chacun d’avoir un accès
    équitable à des actions de prévention efficaces et
    aux soins appropriés.
    La lutte mondiale contre les MNT, qui est désormais encadrée par le plan d’action mondial de
    l’OMS, est un bon exemple des avantages de l’intégration de la santé bucco-dentaire et de l’état
    de santé général. Les maladies bucco-dentaires
    sont un domaine d’inquiétude majeur pour la
    santé publique, et une meilleure intégration de la
    santé bucco-dentaire aux politiques de lutte
    contre les MNT pourrait générer des avantages
    pour la santé en général.
    La santé bucco-dentaire peut bénéficier des stratégies de lutte contre les MNT, en particulier des
    réponses apportées aux facteurs de risque communs ; en retour, les stratégies visant à améliorer
    la santé bucco-dentaire peuvent aussi contribuer
    de manière importante aux cibles MNT volontaires mondiales définies pour 2025.
    De même, les maladies bucco-dentaires ont été
    reliées directement ou indirectement à tous les
    OMD (2000-2015). Cependant, ce point d’entrée
    n’a pas été utilisé de manière systématique pour
    améliorer la priorité et l’intégration de la santé
    bucco-dentaire dans les agendas de santé publique internationaux. Avec le remplacement des
    OMD par les ODD (2015-2030), la santé va
    jouer un rôle clé en tant que condition préalable
    et en tant que résultat du développement durable. Là encore, garantir dès le début la corrélation entre santé bucco-dentaire et objectifs et
    indicateurs des ODD va permettre de renforcer
    la défense d’une intégration intersectorielle de la
    santé bucco-dentaire dans le contexte du développement humain durable.
    En particulier, cette relation forte peut servir à
    promouvoir la santé bucco-dentaire dans le
    contexte de la couverture sanitaire universelle
    qui, ainsi que nous le présentons dans ce chapitre, est un élément essentiel pour favoriser les
    avancées en santé bucco-dentaire, et pour réduire les inégalités et les retombées
    socio-économiques.
    Ce chapitre se referme sur une note environnementale et, plus spécifiquement, sur la Convention de Minamata sur le mercure. Les
    professionnels de santé bucco-dentaire et leurs
    organisations représentatives ont pris une part
    active à la rédaction de cette Convention et à
    l’accord pour diminuer progressivement l’utilisation de l’amalgame dentaire. Cet engagement
    prouve une nouvelle fois le sérieux avec lequel la
    profession dentaire considère ses responsabilités
    et ses engagements internationaux ; il prouve
    également que la santé bucco-dentaire peut faire
    partie intégrante d’autres questions importantes
    placées en haut des agendas mondiaux du développement et de la santé.
    Chapitre 7
    La santé bucco-dentaire
    dans l’agenda mondial
    Déclaration politique
    de la Réunion de haut
    niveau de l’Assemblée
    générale sur la
    prévention et la
    maîtrise des maladies
    non transmissibles
    Nous, chefs d’État et de
    gouvernement et
    représentants d’État et
    de gouvernement …
    1 Reconnaissons que le
    fardeau et la menace
    que les maladies non
    transmissibles
    représentent à
    l’échelle mondiale
    constituent l’un des
    principaux défis pour
    le développement au
    XXIe siècle, en ce qu’il
    vient remettre en
    cause le développement social et
    économique dans le
    monde entier et
    compromettre la
    réalisation des
    objectifs de développement arrêtés sur le
    plan international ;
    19 Reconnaissons que
    les maladies rénales,
    bucco-dentaires et
    oculaires constituent
    un important fardeau
    sanitaire pour bon
    nombre de pays et
    que ces maladies
    partagent les mêmes
    facteurs de risque et
    peuvent bénéficier
    des réponses
    communes aux
    maladies non
    transmissibles.
    PLAN D’ACTION MONDIAL DE L’OMS
    POUR LA PRÉVENTION ET LA MAÎTRISE DES MNT
    Neuf cibles pour 2025
    Au
    moins 50 % des
    personnes bénéficient d’une thérapie
    préventive en vue de
    prévenir les infarctus du
    myocarde et les
    accidents vasculaires
    cérébraux.
    Réduction
    de 25 % du
    risque de décès
    prématuré des
    personnes de 30 à 70
    ans imputable aux
    MNT.
    Disponibilité et
    accessibilité
    financière de 80 %
    des technologies et des
    médicaments
    nécessaires pour
    traiter les MNT.
    Réduction
    de 30 % de
    l’apport moyen
    de sel /sodium.
    Réduction de 30 %
    de la consommation de
    tabac.
    Arrêt de
    l’augmentation
    du diabète et
    de l’obésité.
    Baisse de
    25 % de la
    prévalence de
    l’hypertension
    artérielle.
    Baisse de
    10 %
    de l’usage
    nocif de
    l’alcool.
    Réduction
    de 10 % de la
    prévalence du
    manque
    d’exercice
    physique.
    COÛT DE L’ACTION SUR LES MNT vs.
    INACTION
    dans les pays à faible revenu et à revenu
    intermédiaire
    7 000 milliards
    Action
    Inaction
    Coûts de 11 milliards de
    dollars par an pour la mise en
    œuvre du Plan d’action mondial
    de dollars
    perdus sur 15 ans en pertes de
    productivité et en coûts de soins de
    santé en l’absence de toute mesure
    FIDJI
    800 ou plus
    700 – 799
    600 – 699
    400 – 599
    moins de 400
    aucune donnée
    MALADIES NON TRANSMISSIBLES
    Taux de mortalité liés aux MNT
    normalisés par âge
    pour 100 000 habitants
    2012
    Les MNT constituent
    une menace
    mondiale croissante.
    Les maladies
    bucco-dentaires font
    partie intégrante de
    l’effort de prévention
    et de maîtrise de ces
    maladies.
    Santé bucco-dentaire et MNT
    Un plan d’action commun
    Les maladies non transmissibles (MNT) sont
    la principale cause de décès et de handicap,
    responsables de plus des deux tiers de l’ensemble
    des décès, dont 80 % se produisent dans les pays
    à faible revenu et à revenu intermédiaire. Les
    quatre grandes MNT sont le cancer, le diabète, les
    maladies cardiovasculaires et les maladies respiratoires chroniques. Les maladies bucco-dentaires
    constituent quant à elles d’importantes MNT :
    la carie dentaire non soignée est la maladie qui
    présente la plus forte prévalence et qui est la plus
    évitable, et le cancer buccal figure parmi les 10
    cancers les plus répandus.
    Les causes sous-jacentes des MNT sont, d’une
    part, les déterminants sociaux, économiques
    et environnementaux, notamment la pauvreté,
    le chômage, la discrimination, l’absence d’éducation, et des politiques commerciales iniques ;
    et, d’autre part, les facteurs de risque communs
    tels que la consommation de tabac et d’alcool,
    l’absence d’activité physique, et une alimentation
    déséquilibrée riche en sel, en gras saturés et en
    sucres ajoutés. Les maladies bucco-dentaires
    partagent toutes ces déterminants sous-jacents
    et facteurs de risque avec les autres grandes
    MNT. L’approche basée sur des facteurs de
    risque communs fournit la base pour inclure les
    maladies bucco-dentaires dans les programmes
    de prévention et de maîtrise des MNT.
    La Réunion de haut niveau des Nations Unies
    sur la prévention et la maîtrise des MNT, tenue
    en 2011, a pris acte de la charge mondiale de
    morbidité croissante des MNT, et elle oblige ses
    États membres à adopter un train de mesures pour
    lutter contre ces maladies. Le paragraphe 19 de
    la Déclaration politique qui en a résulté énonce
    de manière explicite que les maladies bucco-dentaires partagent les mêmes déterminants que les
    autres MNT.
    L’Assemblée mondiale de la Santé de l’OMS
    a adopté en 2013 un plan d’action mondial
    afin d’arriver à diminuer la charge mondiale de
    morbidité des MNT. Même si de nombreux pays
    ont élaboré des politiques spécifiques à sa suite,
    l’Examen MNT 2014 de l’AGNU a révélé que
    de nombreux efforts supplémentaires restaient
    toujours nécessaires. Il est essentiel de promouvoir
    en permanence l’intégration des maladies
    bucco-dentaires dans ces plans d’action nationaux
    pour pouvoir diminuer les inégalités en
    santé bucco-dentaire et alléger la charge
    de morbidité des maladies bucco-dentaires.
    CORÉE
    DU SUD
    CORÉE
    DU NORD
    TIMOR ORIENTAL
    LA BARBADE
    TRINITÉ-ET-TOBAGO
    BAHAMAS
    OUGANDA
    GÉORGIE AZERBAÏDJAN
    ARMÉNIE
    SRI LANKA
    JAMAÏQUE
    CUBA
    RÉP. DOMINICAINE
    BRUNEI
    M ALAISIE
    VIETNAM
    CAMBODGE
    LAOS
    THAÏLANDE
    BHOUTAN
    BANGLADESH
    CHYPRE SYRIE
    LIBAN
    ISRAËL
    JORDANIE
    BAHREÏN
    QATAR EAU
    OMAN
    KOWEÏT
    YÉMEN
    NÉPAL
    RÉP.
    CENTRAFRICAINE
    SOUDAN
    DU SUD
    SÉNÉGAL GAMBIE
    CAP-VERT
    GUINÉEBISSAU GUINÉE
    LIBÉRIA
    CÔTE
    D’IVOIRE
    BURKINA
    FASOGHANA
    BÉNIN
    CAMEROUN GUINÉE
    ÉQUATORIALE
    GABON
    CONGO BURUNDI
    RWANDA
    KENYA
    DJIBOUTI
    SIERRA LEONE
    TOGO
    SWAZILAND
    LESOTHO
    ÉRYTHRÉE
    GUATEMALA
    SALVADOR
    HAÏTI
    HONDURAS
    NICARAGUA
    COSTA RICA
    PANAMA GUYANA
    SURINAME
    BELIZE
    PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
    ÎLE MAURICE
    MALDIVES
    COMORES
    SINGAPOUR
    GRENADE
    BIRMANIE
    AUT. NAT.
    PALESTINIENNE
    TUNISIE
    MALTE
    ÎLES
    SALOMON
    MALAWI
    TURKMÉN.
    OUZBÉK.
    TADJIKISTAN
    KIRGHIZSTAN
    ARABIE
    SAOUDITE
    MONGOLIE
    PAKISTAN
    AFGHANISTAN
    TURQUIE
    IRAK
    KAZAKHSTAN
    ALGÉRIE
    NIGER TCHAD
    NIGÉRIA
    SOUDAN
    RÉP. DÉM.
    CONGO
    ÉTHIOPIE
    ANGOLA
    ÉGYPTE
    MAROC
    LIBYE
    MAURITANIE
    NAMIBIE BOTSWANA
    AFRIQUE
    DU SUD
    MOZAMBIQUE
    SOMALIE
    MALI
    BOLIVIE
    PARAGUAY
    VENEZUELA
    COLOMBIE
    ÉQUATEUR
    PÉROU
    ARGENTINE
    URUGUAY
    CHILI
    PHILIPPINES
    NOUVELLEZÉLANDE
    INDONÉSIE
    ZIMBABWE
    ZAMBIE
    MADAGASCAR
    TANZANIE
    IRAN
    AUSTRALIE
    CHINE
    INDE
    ÉTATS-UNIS
    CANADA
    MEXIQUE
    BRÉSIL
    JAPON
    RUSSIE
    RUS.
    CROATIE
    ITALIE
    MOLDAVIE
    UKRAINE
    MACÉDOINE
    LITUANIE
    LETTONIE
    ESTONIE
    ALBANIE
    MONT.
    AUTRICHE HONGRIE
    BULGARIE
    ROUMANIE
    GRÈCE
    POLOGNE
    SLOVÉNIE
    B-H
    BIÉLORUSSIE
    R-U IRLANDE
    ISLANDE
    DANEMARK
    FRANCE
    ESPAGNE
    PORTUGAL
    ALLEMAGNE
    SUISSE
    BELGIQUE
    LUX.
    P-B
    NORVÈGE
    SUÈDE FINLANDE
    RÉP. TCH. SLOVAQUIE
    SERBIE
    KOSOVO
    80 81
    CHAPITRE 7 LA SANTÉ BUCCO-DENTAIRE DANS L’AGENDA MONDIAL
    2000
    L’OMS publie la première Stratégie
    mondiale de lutte contre les maladies
    non transmissibles.
    2004
    Stratégie mondiale de l’OMS
    pour l’alimentation, l’exercice
    physique et la santé.
    Contribution de la FDI au
    processus de consultation.
    2003
    L’OMS adopte la
    Convention-cadre pour la
    lutte anti-tabac (CCLAT de
    l’OMS).
    La FDI participe au
    processus de négociation
    de la CCLAT depuis 1998.
    2005
    LA CCLAT de l’OMS est
    approuvée par l’AMS.
    Publication par l’OMS du
    rapport sur la Prévention
    des maladies chroniques :
    un investissement vital.
    2025
    Réalisation des
    neufs cibles
    mondiales en
    matière de MNT.
    2010
    Le rapport sur les risques mondiaux du
    Forum économique mondial relève la
    priorité des MNT.
    Fondation de l’Alliance contre les MNT.
    Recommandations de l’OMS sur la
    commercialisation des aliments et des
    boissons non alcooliques aux enfants.
    Premier rapport de situation mondial de
    l’OMS sur les MNT.
    2012
    La FDI publie un guide de
    sensibilisation à la suite
    de la Réunion de haut
    niveau des Nations Unies
    sur la prévention et la
    maîtrise des MNT.
    La FDI rejoint le groupe
    d’intérêt commun de
    l’Alliance contre les MNT.
    2014
    Rapport du Secrétaire général
    de l’ONU sur les avancées
    réalisées depuis la Réunion de
    haut niveau des Nations Unies.
    Réponse de la FDI à la
    consultation de l’OMS sur le
    projet de lignes directrices sur
    la consommation de sucre.
    2008
    Publication par
    l’OMS du Plan
    d’action
    2008-2013 pour la
    Stratégie mondiale
    de lutte contre les
    maladies non
    transmissibles.
    2007
    Assemblée mondiale de la
    santé 2007 Résolution
    WHA60 R17 : Plan d’action
    pour la promotion de la
    santé bucco-dentaire et la
    prévention intégrée des
    affections.
    2011
    Réunion de haut niveau
    des Nations Unies sur la
    prévention et la maîtrise
    des MNT.
    La FDI participe à la
    réunion de consultation
    des Nations Unies en juin
    2011 et participe à tous
    les processus de
    consultation.
    2015
    Publication par l’OMS de
    nouvelles lignes directrices sur les
    apports en sucre pour les adultes
    et les enfants.
    Cadres d’action des pays pour
    engager les secteurs autres que le
    secteur de la santé sur la question
    des MNT.
    2013
    Le plan d’action mondial de
    l’OMS pour la lutte contre les
    maladies non transmissibles
    2013–2020 inclut neuf cibles
    mondiales et 25 indicateurs.
    Constitution de l’équipe
    spéciale des Nations Unies
    contre les MNT.
    Réunion consultative
    régionale du Bureau africain
    de l’OMS sur la santé
    bucco-dentaire et les MNT.
    Plan d’action régional de lutte
    contre les MNT du Bureau
    régional d’Asie du Sud-est de
    l’OMS – reconnaissance des
    maladies bucco-dentaires et
    du cancer buccal.
    Declaration de principe de la
    FDI sur la santé bucco-dentaire et les MNT.
    2009
    Publication par l’OMS
    de la Stratégie mondiale
    visant à réduire l’usage
    nocif de l’alcool.
    2001
    Lancement des
    Objectifs du
    Millénaire pour le
    développement.
    2000 2001 2003 2004 2005 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2025
    UNE DYNAMIQUE MONDIALE ET SES
    PRINCIPALES ÉTAPES
    La dynamique
    mondiale contre les
    MNT offre l’occasion
    d’améliorer la santé
    bucco-dentaire à
    l’échelle planétaire.
    Santé bucco-dentaire et MNT
    Une dynamique en plein essor
    La Réunion de haut niveau de l’Assemblée
    générale des Nations Unies de 2011, ainsi que
    l’adoption de la Déclaration politique de la
    Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale
    sur la prévention et la maîtrise des maladies non
    transmissibles, ont marqué un tournant dans la
    santé mondiale. Cette Déclaration, et le processus de planification et de définition de cibles qui
    en a résulté, ont vu une réorientation des efforts
    mis en place pour les maladies transmissibles
    vers les maladies non transmissibles, ce qui va
    transformer le paysage de la santé mondiale au
    cours de la prochaine décennie. Leur charge
    sanitaire, sociale et financière constitue le principal facteur de priorisation des MNT.
    La prévention et la maîtrise des MNT se fondent
    sur l’intégration de l’approche basée sur des
    facteurs de risque communs et sur des actions
    traitant les déterminants sociaux communs plus
    larges de la santé. Dans la mesure où les
    maladies bucco-dentaires partagent les mêmes
    facteurs de risque et déterminants, il y a urgence
    à intégrer les objectifs de santé bucco-dentaire
    aux stratégies orientées vers l’ensemble des MNT.
    En outre, les preuves du gigantesque impact
    économique et social d’une mauvaise santé
    bucco-dentaire ne cessent de s’accumuler.
    La santé bucco-dentaire bénéficiera des stratégies
    de maîtrise des MNT, notamment grâce à la
    diminution de la consommation de sucre, de
    tabac et d’alcool et, en retour, les stratégies visant
    à améliorer la santé bucco-dentaire peuvent
    contribuer de manière importante à la réalisation
    des cibles MNT volontaires mondiales définies
    pour 2025. Les lignes directrices sur les apports
    en sucre publiées par l’OMS en 2015 en sont un
    exemple important. La recommandation forte
    d’une consommation de sucre inférieure à 10 %
    des apports énergétiques se fonde sur les preuves
    de ses conséquences sur la carie dentaire. De
    plus, le respect de ces lignes directrices devrait
    conduire à la diminution des autres MNT, notamment l’obésité.
    Dans la mesure où la plupart des déterminants à
    la fois de la santé bucco-dentaire et de l’état de
    santé général restent hors du champ d’influence
    directe des systèmes sanitaires, il est nécessaire
    d’adopter une action intersectorielle complète
    pour améliorer la santé. Il est impératif d’inclure
    la santé bucco-dentaire dans toutes les stratégies
    visant à lutter contre l’épidémie des MNT.
    Chaque opportunité doit être saisie pour
    défendre l’inclusion de « la santé bucco-dentaire
    dans toutes les politiques ».
    Jakaya Mrisho Kikwete,
    Président de la Tanzanie,
    2011
    « Les maladies
    bucco-dentaires sont souvent des
    MNT négligées par la communauté
    internationale, alors qu’il s’agit d’un
    domaine de santé que nous ne pouvons nous
    permettre d’ignorer et qu’elles sont largement
    évitables. J’invite instamment mes homologues
    chefs d’État et de gouvernement à porter les
    pathologies bucco-dentaires au rang de MNT,
    et les ministres de la santé à s’engager
    davantage. Nous devons tous partager le
    devoir moral de faire d’une bonne
    santé bucco-dentaire
    une priorité. »
    82 83
    CHAPITRE 7 LA SANTÉ BUCCO-DENTAIRE DANS L’AGENDA MONDIAL
    Déterminants sociaux
    communs
    Surveillance & soutien de la recherche
    Santé générale et santé bucco-dentaire
    Couverture sanitaire universelle
    Facteurs de risque communs
    Santé bucco-dentaire
    et état de
    Collecte de
    meilleures données sur la
    intégrée à toutes les politiques
    incluant les soins buccoLes maladies bucco-dentaires et les
    santé général partagent les
    charge de
    morbidité, notam
    ment des
    dentaires primaires.
    autres MNT partagent les mêmes
    mêmes déterminants sociaux.
    maladies bucco-dentaires, et
    production de preuves en faveur
    d’approches intégrées pour la
    productives aux
    communaude santé et les économies.
    elles pèsent sur les contributions
    systèmes publics, les systèmes
    les plus répandues.
    chances dans la vie, la
    dignité, et
    impliquent des coûts pour les
    sont les maladies humaines
    bucco-dentaires diminuent les
    Les maladies bucco-dentaires
    Les maladies bucco-dentaires
    Poids social Les maladies
    Poids économique
    Charge
    de
    morbidité
    Intégration intersectorielle
    fa
    .
    cteurs de risque.
    L’AMÉLIORATION DE LA SANTÉ BUCCO-DENTAIRE ALLÈGERA LA CHARGE PESANT SUR LE DÉVELOPPEMEN
    U
    T
    NEAPPROCHE FONDÉE SUR LES DROITS
    La santé,
    dont la santé
    bucco-dentaire,
    est un droit
    humain.
    Un
    développement
    inclusif diminue
    les inégalités.
    diminuer
    tés et à la société civile.
    Permettre à
    tous de vivre en
    bonne santé et
    promouvoir le
    bien-être de tous
    à tout âge
    3
    Assurer l’accès
    de tous à une
    éducation de qualité, sur
    un pied d’égalité, et
    promouvoir les
    possibilités
    d’apprentissage tout
    au long de la vie
    4
    Garantir
    l’accès de tous à
    l’eau et à
    l’assainissement et
    assurer une gestion
    durable des
    ressources en
    eau
    6
    Réduire les
    inégalités dans
    les pays et d’un
    pays à l’autre
    10
    Renforcer
    les moyens de
    mise en place du
    partenariat mondial
    pour le développement
    durable et le
    revitaliser
    17
    OBJECTIFS SÉLECTIONNÉS DU
    DÉVELOPPEMENT DURABLE
    LIÉS À LA SANTÉ
    Statut au mois d’avril 2015
    FORCES ET FAIBLESSES DES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE
    POUR LE DÉVELOPPEMENT
    (2000–2015)
  • Positionner la santé dans
    l’agenda du
    développement
  • Concentrer l’attention et
    l’action sur les
    problèmes de santé
    majeurs liés à la
    pauvreté
  • Mobiliser les ressources
    pour réaliser les cibles
    prioritaires
  • Créer des plates-formes
    pour des partenariats
    avec de multiples parties
    prenantes
  • Renforcer les systèmes
    mondiaux de
    surveillance et la
    responsabilisation
    Les OMD ont permis de :
  • Ils ont focalisé l’attention
    sur les maladies transmissibles, passant à côté des
    MNT.
  • Ils ont fragmenté les
    systèmes de santé en
    raison de l’application de
    programmes verticaux.
  • Ils ont opéré une
    segmentation par groupes
    d’âges, au lieu d’adopter
    une approche tout au long
    de la vie.
  • Ils n’ont surveillé que les
    indicateurs cumulés
    nationaux ; ils n’ont pas
    mesuré les écarts en
    matière d’équité sanitaire.
  • Ils ont mesuré la mortalité
    mais pas la morbidité.
    Mais…
    Il est fondamental de
    relier la santé
    bucco-dentaire aux
    ODD et de les y
    intégrer afin d’accorder une plus grande
    priorité aux maladies
    bucco-dentaires dans
    le contexte de la
    santé publique et du
    développement à
    l’échelle mondiale.
    Santé bucco-dentaire et développement mondial
    Les Objectifs du Millénaire pour le développement des Nations Unies (OMD), établis pour la
    période 2000-2015, constituaient un effort international concerté visant à éradiquer la pauvreté
    extrême, à promouvoir l’éducation, la santé et
    la protection de l’environnement, ainsi qu’à
    accélérer le développement et la coopération
    dans le monde grâce à huit objectifs convenus.
    Ces objectifs ont été soutenus par un mécanisme
    de surveillance complet obligeant les États
    membres de l’ONU à suivre les avancées
    réalisées et à établir des rapports réguliers. La
    santé est directement concernée par trois de ces
    huit objectifs.
    Les maladies bucco-dentaires sont liées, directement et indirectement, aux huit objectifs des
    OMD ; cependant, cette occasion de promouvoir
    la santé bucco-dentaire n’a pas été exploitée
    de manière systématique pour en relever la
    priorité dans les agendas de santé publique
    internationaux, ou l’y intégrer.
    À l’échéance des OMD en 2015, l’ONU a
    déployé un processus consultatif mondial afin de
    s’appuyer sur les réalisations des OMD et d’élaborer un ensemble d’objectifs du développement
    durable (ODD) pour la période 2015-2030. Les
    ODD définissent de nouvelles priorités mondiales
    pour promouvoir un développement mondial
    durable et équitable. Ils reprennent certains des
    engagements non réalisés des OMD, ils renforcent
    ceux où des avancées ont été réalisées, et ils
    cherchent à mettre en place un cadre pour une
    intégration plurisectorielle des actions afin de
    faciliter le développement humain de manière à
    optimiser l’utilisation des ressources de la planète
    sans mettre en péril la durabilité.
    La santé, en tant que prérequis et résultat du
    développement durable, joue un rôle central dans
    le contexte des ODD, notamment via l’Objectif 3,
    « Permettre à tous de vivre en bonne santé et
    promouvoir le bien-être de tous à tout âge »,
    qui comportent 13 objectifs de santé. Sur ces 13
    objectifs, au moins sept concernent directement
    la communauté de la santé bucco-dentaire.
    Il est donc extrêmement important de lier de
    manière systématique, et dès le départ, la santé
    bucco-dentaire aux objectifs des ODD, à leurs
    indicateurs et à leurs objectifs. Cela permettra
    de constituer un cadre pour inclure de manière
    systématique la santé bucco-dentaire dans des
    systèmes de santé renforcés, pour promouvoir
    la santé bucco-dentaire et la prévention des
    maladies bucco-dentaires dans le contexte des
    MNT et de la couverture sanitaire universelle,
    ainsi que pour avancer de solides arguments pour
    une intégration transversale et multisectorielle
    de la santé bucco-dentaire dans le contexte du
    développement humain durable.
    Helen Clark,
    Administrateur du PNUD,
    2011
    « Les maladies
    bucco-dentaires sont un
    obstacle au développement.
    Une maladie aussi évitable que la
    carie dentaire entrave la capacité
    d’alimentation, les interactions
    sociales, la présence scolaire ou
    professionnelle. Ces conséquences
    nuisent toutes au bien-être
    humain, au potentiel
    économique et au
    développement. »
    SAISIR LES OPPORTUNITÉS PERMETTANT D’ALLIER SANTÉ BUCCO-DENTAIRE ET DÉVELOPPEMENT
    84 85
    CHAPITRE 7 LA SANTÉ BUCCO-DENTAIRE DANS L’AGENDA MONDIAL
    La couverture sanitaire universelle
    vise à :
  • une « santé pour tous » –
    proposer des services de santé
    aux personnes qui, pour le
    moment, n’en bénéficient pas.
  • inclure autant de services que
    possible, et au minimum les
    soins primaires élémentaires
  • réduire la participation des
    patients aux frais, ainsi que les
    coûts, en fournissant une
    protection financière maximale
    VERS UNE COUVERTURE UNIVERSELLE
    JAPON
    AUSTRALIE
    CANADA
    MEXIQUE
    NOUVELLEZÉLANDE
    CORÉE DU SUD
    ITALIE
    AUTRICHE HONGRIE
    GRÈCE
    TURQUIE
    POLOGNE
    R-U
    IRLANDE
    ISLANDE
    DANEMARK
    FRANCE
    PORTUGAL ESPAGNE
    ALLEMAGNE
    SUISSE
    BELGIQUE
    LUX.
    PAYSBAS
    NORVÈGE FINLANDE SUÈDE
    SLOVAQUIE RÉP. TCH.
    Couverture à 100 %
    aucune donnée
    Couverture à 51 % – 99 %
    Couverture à 1 % – 50 %
    0% pas de couverture
    TAUX DE COUVERTURE DES
    SOINS BUCCO-DENTAIRES ÉLÉMENTAIRES
    dans les pays de l’OCDE
    2008
    Les soins bucco-dentaires élémentaires
    doivent faire partie
    intégrante de la
    couverture sanitaire
    universelle, un
    concept qui fait de
    plus en plus consensus et qui vise à
    garantir l’accès de
    tous aux soins de
    santé primaires.
    Couverture sanitaire universelle
    Le concept de couverture sanitaire universelle a
    gagné de l’ampleur depuis la première résolution
    de l’OMS y afférente en 2005. L’OMS définit
    la couverture sanitaire universelle comme un
    système où « tous les individus [ont] accès aux
    services de santé sans encourir de difficultés
    financières ». L’objectif de la couverture sanitaire
    universelle est donc de garantir l’accès de tous
    aux soins de santé et de fournir une protection
    financière.
    Cependant, elle ne peut à elle seule éliminer
    les inégalités, même si elle représente une
    étape majeure vers cet objectif, notamment
    lorsqu’elle est associée à d’autres mesures traitant
    les déterminants de la santé. Une couverture
    sanitaire réellement « universelle » ne pourra être
    proposée que lorsque les soins de promotion de
    la santé, préventifs, curatifs et de réadaptation
    seront totalement intégrés au contexte plus large
    des systèmes de santé. En outre, les mécanismes
    de financement adéquats doivent couvrir tous
    les groupes de populations, notamment les plus
    défavorisés tels que les pauvres, les handicapés,
    les immigrants et d’autres.
    À ce jour, aucun concept ni solution ne fait l’unanimité en raison de la diversité des contextes, des
    besoins et des ressources des pays. Ces derniers
    prennent en charge les services dentaires à des
    degrés différents, en fonction de leurs ressources
    économiques et de leurs priorités politiques. Les
    pays à plus haut revenu mettent en place des
    réformes pour contenir les coûts, notamment en
    augmentant la co-prise en charge par les patients
    des soins réputés non essentiels, tels que les soins
    oculaires et les soins dentaires.
    Par ailleurs, de nombreux pays à faible revenu et à
    revenu intermédiaire tentent de répondre aux besoins de santé en fournissant des services de santé
    primaires minimum à la majorité des populations
    couvertes par les systèmes d’assurance santé et
    d’autres mécanismes de financement. Pour le
    moment, il n’est pas possible de cartographier
    l’inclusion des soins bucco-dentaires à l’échelle
    mondiale. Il est nécessaire de travailler davantage
    sur la mise en œuvre ainsi que sur la recherche
    sur les services de santé pour évaluer les modèles
    existants de soins bucco-dentaires universels, et
    pour orienter les décisions politiques pour les
    nouveaux modèles, en les adossant à des données
    probantes.
    Réduire la participation
    des patients aux frais,
    ainsi que les coûts
    Margaret Chan,
    Directeur général de l’OMS, 2015
    « La couverture
    sanitaire universelle
    est le concept unitaire
    le plus puissant que la
    santé publique ait à
    offrir. »
    « Tous les
    membres de la société
    civile devraient bénéficier
    d’une couverture sanitaire. Dans
    la mesure où la santé bucco-dentaire fait partie intégrante de l’état
    de santé général, et où les soins
    bucco-dentaires sont des soins
    primaires essentiels, l’accès à la
    couverture bucco-dentaire
    devrait être universel. »
    Scott Tomar, Professeur à l’université de Floride,
    Faculté d’odontologie, et Lois Cohen,
    Ambassadrice pour la recherche sur la santé mondiale, 2010
    Population
    Qui est couvert ?
    Services
    Quels services
    sont couverts ?
    Inclure
    d’autres
    services
    Étendre
    aux personnes
    non couvertes Mécanismes de
    couverture
    Protection
    financière
    Quelle est la prise
    en charge
    financière
    personnelle ?
    86 87
    CHAPITRE 7 LA SANTÉ BUCCO-DENTAIRE DANS L’AGENDA MONDIAL
    PRINCIPALES VOIES DE REJET DU
    MERCURE DANS L’ENVIRONNEMENT
    DÛ À L’UTILISATION D’AMALGAME
    DENTAIRE
    tonnes métriques par an
    total
    260–340 tonnes
    /an
    sols
    75–100
    atmosphère
    50–70
    eaux de surface
    eaux souterraines 35–45
    20–25
    capturé, mise
    au rebut sûre
    40–50
    recyclage de
    l’amalgame
    dentaire
    40–50
    1 Définir des objectifs nationaux de prévention des
    caries et de promotion de l’hygiène dentaire pour
    réduire autant que possible le besoin de
    restauration dentaire ;
    2 Définir des objectifs nationaux visant à réduire
    autant que possible leur utilisation ;
    3 Promouvoir l’utilisation de matériaux de restauration dentaire économiques et cliniquement
    efficaces qui ne contiennent pas de mercure ;
    4 Promouvoir les activités de recherche-développement axées sur des matériaux de restauration
    dentaire de qualité qui ne contiennent pas de
    mercure ;
    5 Encourager les organisations professionnelles
    représentatives et les écoles de médecine dentaire
    à éduquer et former les professionnels du secteur
    dentaire et les étudiants à l’utilisation de
    matériaux de restauration dentaire sans mercure
    et à la promotion de meilleures pratiques de
    gestion ;
    6 Décourager les polices d’assurance et
    programmes qui privilégient les amalgames plutôt
    que les matériaux de restauration dentaire sans
    mercure ;
    7 Encourager les polices d’assurance et programmes
    qui favorisent l’utilisation de matériaux de
    restauration dentaire de qualité sans mercure ;
    8 Restreindre l’utilisation d’amalgames dentaires à
    leur forme encapsulée ;
    9 Promouvoir l’utilisation de meilleures pratiques
    environnementales dans les établissements de
    soins dentaires afin de réduire les rejets de
    mercure et de composés du mercure dans l’eau et
    le sol.
    Article 4 Paragraphe 3 Les mesures qu’une Partie doit prendre pour éliminer progressivement l’utilisation
    d’amalgames dentaires doivent tenir compte de sa situation nationale et des orientations internationales
    pertinentes et comprendre deux ou plusieurs des mesures suivantes :
    CONVENTION DE MINAMATA (2013)
    TONGA
    FIDJI
    ÉTATS FÉDÉRÉS DE MICRONÉSIE
    ÎLES MARSHALL
    KIRIBATI
    VANUATU
    SAMOA
    TUVALU
    NAURU
    PALAOS
    CORÉE
    DU NORD
    TIMOR ORIENTAL
    ANTIGUA-ET
    -BARBUDA
    LA BARBADE
    STE-LUCIE
    TRINITÉ-ET-TOBAGO
    ST-KITTS-ET-NEVIS
    ST-VINCENT-ET-GRENAD. DOMINIQUE
    BAHAMAS
    AZERBAÏDJAN
    CUBA
    BRUNEI
    LAOS
    THAÏLANDE
    BHOUTAN
    LIBAN
    BAHREÏN
    QATAR
    OMAN
    SOUDAN
    DU SUD
    SAHARA
    OCCIDENTAL
    CAP-VERT
    SÃO TOMÉ-ET-PRINCIPE
    GUINÉE
    ÉQUATORIALE
    RWANDA
    DJIBOUTI
    SWAZILAND
    ÉRYTHRÉE SALVADOR
    HAÏTI
    SURINAME
    BELIZE
    PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
    MALDIVES
    GRENADE
    BIRMANIE
    AUT. NAT.
    PALESTINIENNE
    ÎLES
    SALOMON
    TURKMÉN.
    OUZBÉK.
    TADJIKISTAN
    KIRGHIZSTAN
    ARABIE
    SAOUDITE
    AFGHANISTAN
    KAZAKHSTAN
    ALGÉRIE
    RÉP. DÉM.
    CONGO
    ÉGYPTE
    NAMIBIE BOTSWANA
    SOMALIE
    SAN MARIN
    LIECHT.
    MONACO ANDORRE
    UKRAINE
    ESTONIE
    BOSNIEHERZÉGOVINE
    ISLANDE
    PORTUGAL
    signée et ratifiée/
    acceptée/
    approuvée/
    soutenue
    signée
    pas signée
    SOUTIEN INTERNATIONAL
    POUR LA CONVENTION
    DE MINAMATA
    Au mois de mars 2015
    La Convention de
    Minamata sur le
    mercure est une
    source de défis pour
    la pratique dentaire
    actuelle, mais elle
    constitue également
    une chance d’innover
    et d’accorder une
    plus grande priorité à
    la prévention des
    maladies bucco-dentaires.
    Amalgame dentaire et
    Convention de Minamata
    La maladie de Minamata, qui tire son nom de la
    ville japonaise où cette maladie neurologique a
    été découverte en 1956, est provoquée par un
    empoisonnement sévère au mercure. Les formes
    les plus extrêmes incluent le retard mental, la
    paralysie, le coma, voire la mort. Une forme
    congénitale de la maladie peut également affecter
    les fœtus en développement.
    Pour répondre aux menaces de l’utilisation du
    mercure sur la santé et sur l’environnement,
    le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a lancé en 2009 un processus
    qui a conduit à l’élaboration de la Convention
    de Minamata sur le mercure. Cette Convention
    mondiale, qui a force obligatoire, a été adoptée
    en 2013 et ouverte pour signature.
    L’impact de cette Convention sur la médecine
    dentaire est considérable car elle impose
    l’abandon progressif de l’amalgame dentaire,
    un matériau d’obturation à base de mercure
    et d’autres métaux, peu onéreux, utilisé en
    restauration dentaire depuis plus de 150 ans.
    L’utilisation mondiale de mercure à des fins
    dentaires a représenté près de 8 % de l’utilisation
    totale de mercure en 2000. Même si l’utilisation
    de l’amalgame représente moins de 1 % des
    émissions totales de mercure, des inquiétudes
    ont été exprimées quant aux risques de fuites de
    mercure lors de la fabrication, du stockage, de la
    mise au rebut et du recyclage, que ce soit dans
    les crématoriums ou les cliniques dentaires, à
    cause d’une mise au rebut inappropriée.
    Les dispositions de la Convention
    constituent des défis pour :
    les gouvernements qui ont
    l’obligation d’appliquer
    cette Convention via
    la réglementation de
    l’approvisionnement, des
    importations, de l’utilisation
    et de la mise au rebut de
    l’amalgame dentaire ; des
    chercheurs qui doivent
    accélérer la recherche et le
    développement de produits de
    rechange présentant une solidité
    et une durabilité équivalentes ; et
    pour les praticiens dentaires qui
    doivent limiter leur impact environnemental en utilisant des séparateurs
    d’amalgame et en recyclant correctement les déchets d’amalgame.
    Cependant, la Convention de Minamata
    offre aussi l’occasion unique aux
    professionnels de santé bucco-dentaire de
    défendre des stratégies de prévention efficaces
    contre la carie dentaire, et pour les décideurs politiques, de placer la prévention et le contrôle des
    maladies bucco-dentaires en haut de leur agenda
    dans le cadre des soins de santé primaires, afin
    de diminuer la nécessité sur le long terme des
    matériaux d’obturation.
    Le Dr Moryama et M.
    Hannaga – patient
    souffrant de la maladie
    congénitale de
    Minamata à l’hôpital de
    Meisui-en, 1991.
    88 89
    CHAPITRE 7 LA SANTÉ BUCCO-DENTAIRE DANS L’AGENDA MONDIAL
    91
    Un appel pour une action mondiale Chapitre 8
    L’enjeu des maladies bucco-dentaires – un appel
    pour une action mondiale dresse le panorama de
    l’enjeu mondial que représente la charge de morbidité des maladies bucco-dentaires pour tous les
    pays. Il propose aussi des recommandations et
    des pistes d’action afin de remédier à cette charge
    inacceptable et de réduire l’impact de ces maladies largement évitables.
    Les enjeux associés à la croissance rapide de la
    population mondiale, notamment dans les pays à
    revenu intermédiaire, exacerbés par l’exposition
    croissante aux facteurs de risque commun des
    MNT, se traduisent par des pressions de plus en
    plus fortes sur des systèmes de santé déjà sollicités de manière extrême. En dépit des progrès et
    des avancées réalisés dans certains domaines,
    l’état de santé bucco-dentaire mondiale reste caractérisé par la négligence, la faible priorité accordée, et des réponses inadéquates de la part des
    gouvernements et des systèmes de santé nationaux.
    Même dans les pays à revenu élevé, de larges
    pans de la population n’ont qu’un accès limité
    aux soins bucco-dentaires, de telle manière que
    la charge des maladies bucco-dentaires reste une
    question non traitée. De plus, les données de
    bonne qualité au niveau national sur la prévalence des maladies bucco-dentaires sont rares,
    notamment dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, ce qui entrave la capacité des
    gouvernements à planifier la santé publique et à
    développer des programmes préventifs et curatifs
    adaptés.
    Il est désormais temps pour les gouvernements et
    pour les décideurs politiques de répondre à la
    crise mondiale de la santé bucco-dentaire et
    d’agir pour réduire la charge de morbidité des
    maladies bucco-dentaires, en mettant en œuvre
    des politiques et des stratégies adossées à des
    données probantes. La dynamique actuellement
    développée en matière de prévention et de maîtrise des MNT offre l’occasion unique d’intégrer
    des mesures d’amélioration de la santé bucco-dentaire et de l’état général. Cet Atlas présente
    certaines des approches envisageables pour parvenir à une meilleure reconnaissance, à une plus
    grande intégration et à une plus grande priorité
    des maladies bucco-dentaires aux niveaux communautaire, national, régional et international.
    Tous les chapitres de l’Atlas L’enjeu des maladies
    bucco-dentaires – un appel pour une action mondiale fournissent des recommandations pratiques,
    conseils et pistes d’action. Ce chapitre fait la synthèse des points clés, afin de faciliter l’effort de
    défense et de promotion et d’offrir un accès
    simple aux aspects les plus importants. Il peut
    donc être utilisé comme plan de base pour traiter
    les enjeux des maladies bucco-dentaires.
    92 93
    CHAPITRE 8 UN APPEL POUR UNE ACTION MONDIALE
    La charge de morbidité des maladies bucco-dentaires – une réalité largement négligée
    Carie dentaire – soigner la maladie chronique la plus
    répandue au monde
    La carie dentaire non soignée est la maladie chronique la plus
    répandue et un problème de santé publique mondial majeur,
    avec d’importantes répercussions sur les personnes, les systèmes de santé et les économies. La carie dentaire est une
    maladie multifactorielle complexe, mais la principale raison
    de sa forte prévalence reste la consommation élevée de sucre,
    associée à l’absence de stratégies préventives efficaces et à
    l’accès limité à des soins bucco-dentaires adaptés.
  • La carie dentaire est largement évitable en diminuant
    la consommation de sucre, en augmentant l’utilisation
    des fluors adéquats et en adoptant une bonne hygiène
    bucco-dentaire.
  • La détection et des soins précoces peuvent réduire la progression de la maladie vers les formes plus sévères.
  • Pour réduire la charge de morbidité de la carie dentaire,
    il est nécessaire d’intégrer complètement la santé bucco-dentaire dans les stratégies de promotion de santé et de
    prévention menées à l’échelle des populations pour réduire
    les MNT, de proposer un accès universel à du fluor financièrement accessible, et d’inclure les soins bucco-dentaires
    primaires dans la couverture sanitaire universelle.
    Maladies parodontales – des maladies communes mais
    évitables
    Les maladies parodontales figurent parmi les maladies
    humaines les plus répandues, et elles présentent des interrelations étroites avec l’état général. Elles sont largement évitables
    par l’adoption d’une bonne hygiène bucco-dentaire et de politiques préventives traitant les déterminants communs.
  • La mise en œuvre de stratégies prises à l’échelle des populations et visant à maintenir des modes de vie sains, avec
    une faible exposition aux facteurs de risque tels que la
    consommation de tabac ou d’alcool, associée à une bonne
    hygiène bucco-dentaire et à des bilans réguliers, constituent
    des approches importantes dans la prévention des maladies
    parodontales.
  • La détection précoce grâce à des visites régulières chez
    le dentiste peut aider à enrayer la progression des formes
    légères de la parodontite vers ses formes les plus graves.
  • Le traitement et la prévention des maladies parodontales doivent être intégrés aux stratégies traitant les autres
    maladies bucco-dentaires et les MNT. Cela requiert aussi
    d’accroître la collaboration interprofessionnelle entre les
    professionnels de santé bucco-dentaire et les professionnels
    de santé générale.
    Cancer buccal – un enjeu majeur pour la santé publique
    dans de nombreux pays
    Le cancer buccal figure parmi les 10 cancers les plus répandus dans le monde, et il affiche des variations régionales très
    importantes. Les taux de survie sont faibles comparés à d’autres
    cancers en raison de la détection tardive et de la complexité
    des soins nécessaires. Pour les survivants, les répercussions sur
    la qualité de vie peuvent être très importantes.
  • La réduction des principaux facteurs de risque (consommation de tabac et consommation excessive d’alcool) est
    efficace pour remédier à l’incidence élevée du cancer
    buccal.
  • La détection précoce peut améliorer les résultats des traitements grâce à l’orientation rapide vers des soins spécialisés.
    Même s’il n’est pas recommandé de procéder à un dépistage de la population générale, il existe des preuves solides
    de son efficacité chez les patients présentant des facteurs de
    risque.
  • Des soins spécialisés adaptés doivent être intégrés à la
    couverture sanitaire universelle, notamment dans les pays
    affichant une prévalence élevée, afin d’améliorer les taux
    de survie et la qualité de vie des patients, et éviter des
    dépenses en santé catastrophiques pour les patients et leur
    famille.
  • L’intégration de la prévention et de la maîtrise du cancer
    buccal dans les stratégies de prévention et de contrôle
    des cancers dans le contexte des MNT est nécessaire pour
    réduire l’incidence de la maladie et améliorer les résultats
    des traitements.
    Autres maladies bucco-dentaires – une charge et des
    répercussions élevées
    L’infection par le VIH peut être associée à d’importants symptômes buccaux, qui pèsent sur la qualité de vie et sur la
    capacité à s’alimenter des personnes affectées. L’implication
    des professionnels de santé bucco-dentaire dans des soins
    multidisciplinaires efficaces est donc essentielle.
  • Les dentistes et les professionnels de santé bucco-dentaire
    ont l’obligation de fournir des soins éthiques et équitables à
    tous les patients, quelle que soit leur sérologie VIH.
  • Les patients présentant des manifestations buccales doivent
    être orientés pour un dépistage du VIH/SIDA, bénéficier
    d’un suivi médical adéquat, et la prise des traitements antirétroviraux doit être contrôlée.
    Le noma est une maladie de la pauvreté et de la négligence,
    défigurant et provoquant le décès de nombreux enfants en
    Afrique subsaharienne.
  • La détection précoce, des soins de santé primaires d’urgence simples, et l’orientation vers des soins spécialisés
    sont essentiels pour enrayer la progression rapide de la
    maladie. Les mesures pour remédier à la pauvreté et aux
    carences nutritionnelles, pour proposer des soins de santé
    élémentaires et pour garantir l’immunisation des enfants,
    conjuguées à une meilleure sensibilisation à cette maladie,
    peuvent contribuer à réduire le nombre de cas.
    Les fentes labiales et/ou palatines sont les défauts congénitaux
    les plus répandus du visage et de la bouche, elles sont à l’origine d’une charge élevée en termes de mortalité, de handicap,
    de qualité de vie et de coûts financiers.
  • Les services de prévention primaire et des soins chirurgicaux essentiels pour traiter les défauts de naissance telle
    que les fentes labiales et/ou palatines doivent venir renforcer des systèmes sanitaires intégrés dans les pays à faible
    revenu et à revenu intermédiaire.
    Les traumatismes des structures oro-faciales se produisent
    fréquemment mais ils peuvent être évités en améliorant les
    politiques de santé publique et en sensibilisant davantage aux
    risques liés à la violence, aux sports et à la sécurité routière.
  • Il est important d’adopter des politiques et des stratégies
    pour améliorer la sécurité routière, réduire la violence et le
    harcèlement à l’école, augmenter la sécurité des sports de
    contact et améliorer la réponse post-traumatique en fournissant des soins d’urgence adaptés.
    Améliorer la surveillance des maladies bucco-dentaires et
    la collecte des données
    Les lacunes persistantes dans les données sur la prévalence des
    maladies bucco-dentaires, ainsi que sur leur charge de morbidité et sur leur gravité au sein de différentes populations,
    se traduisent par une faible sensibilisation à leur importance.
    L’absence d’informations de bonne qualité ne permet pas de
    placer leur prévention et leur traitement au rang des priorités,
    et elle limite le développement de réponses efficaces en santé
    publique. Il est donc nécessaire :
  • D’inclure systématiquement les indicateurs de la santé
    et des maladies bucco-dentaires dans les programmes de
    surveillance des maladies et de contrôle épidémiologique
    standard, y compris les données sur leurs facteurs de risque.
  • De renforcer les registres sur les cancers afin de couvrir efficacement le cancer buccal.
  • D’améliorer la surveillance du noma, des traumatismes
    oro-faciaux et des malformations congénitales.
  • De garantir un accès universel aux données collectées et
    de constituer des bibliothèques de données, afin qu’elles
    soient disponibles pour la recherche et pour une prise de
    décisions politiques informée.
    Santé bucco-dentaire et état général – l’approche tout au long de la vie
    Des dents de lait et des dents définitives saines – de la
    plus haute importance pour la santé et le bien-être tout
    au long de la vie
    Les maladies bucco-dentaires ont un impact négatif majeur sur
    l’état général et sur la qualité de vie. Une dentition en bonne
    santé et en bon état est importante à toutes les étapes de la vie
    pour les fonctions humaines essentielles, telles que parler, sourire, s’engager dans des activités sociales et manger.
  • De bonnes pratiques d’hygiène bucco-dentaire et des soins
    dentaires professionnels, associés à un mode de vie sain
    et à la suppression des risques tels qu’une consommation
    élevée de sucre et une consommation de tabac fumé permettent de conserver une dentition en bon état pendant
    toute sa vie.
    Santé bucco-dentaire et état général – une relation
    étroite et des aspects à considérer de manière holistique
    L’amélioration mondiale de l’espérance de vie, et l’accroissement de la population de personnes plus âgées qui en résulte,
    accentuent l’importance d’une approche tout au long de la vie
    pour la santé bucco-dentaire.
  • La relation bidirectionnelle très étroite entre santé bucco-dentaire et état général, offre une base conceptuelle
    solide pour intégrer les soins bucco-dentaires aux soins
    généraux.
  • Il est important de connaître les associations étroites existant entre santé bucco-dentaire et état général, et d’y être
    sensibilisé, et de garantir la collaboration entre professionnels de santé bucco-dentaire et professionnels en santé
    générale, pour pouvoir fournir des soins holistiques.
    94 95
    CHAPITRE 8 UN APPEL POUR UNE ACTION MONDIALE
    Tant l’état général que la santé bucco-dentaire de populations
    entières sont largement déterminés par les facteurs sociaux, et
    par leur interaction avec un ensemble de facteurs de risque
    communs, à savoir la consommation de sucre, de tabac et d’alcool, et une alimentation déséquilibrée.
  • Les politiques et stratégies visant à réduire la pauvreté, à
    améliorer l’inclusion sociale, à améliorer le niveau général d’éducation et d’emploi, à faciliter l’accès aux soins
    de santé, à promouvoir un logement abordable, une eau
    potable et des installations d’assainissement, et à protéger
    les minorités et les groupes vulnérables offrent le plus grand
    potentiel pour un état général et une santé bucco-dentaire
    durablement améliorés.
  • Inclure systématiquement la question de la santé et de la
    santé bucco-dentaire dans toutes les politiques peut réduire
    les effets négatifs sur l’équité sanitaire des décisions prises
    dans d’autres domaines, et contribuer à renforcer les synergies pour une meilleure santé des populations.
  • Un travail interdisciplinaire et intersectoriel efficace présente un potentiel important pour réduire les inégalités.
  • S’attaquer aux inégalités requiert une action sur l’ensemble
    du gradient social afin de dégager le bénéfice le plus important à l’échelle de la population.
  • L’adoption de mesures efficaces pour réduire l’exposition
    aux facteurs de risque de la santé et de la santé bucco-dentaire est une responsabilité clé des gouvernements dans le
    contexte de la protection des populations et de l’amélioration de leur qualité de vie.
    Consommation de sucre
    Le sucre est le principal facteur de risque de la carie dentaire.
    Des stratégies et des politiques menées à l’échelle des populations pour réduire la consommation de sucre dans le cadre
    d’une alimentation saine présentent le plus important potentiel pour promouvoir une meilleure santé bucco-dentaire. En
    outre, elles permettent de traiter le diabète, l’obésité et d’autres
    MNT. De telles politiques comprennent, mais sans s’y limiter,
    les actions suivantes :
  • Taxer davantage les aliments riches en sucre et les boissons
    sucrées/édulcorées.
  • Garantir un étiquetage alimentaire transparent pour permettre aux consommateurs de faire des choix informés.
  • Limiter la commercialisation et la disponibilité d’aliments
    riches en sucre et de boissons sucrées/édulcorées pour les
    enfants et les adolescents.
  • Communiquer des lignes directrices nutritionnelles simplifiées, portant notamment sur la consommation de sucre,
    afin de promouvoir une alimentation et une consommation
    de boissons saines.
  • Réglementer strictement la teneur en sucre des aliments
    pour bébés et des boissons sucrées/édulcorées.
    Consommation de tabac
    Toutes les formes de consommation de tabac sont nocives pour
    la santé, y compris pour la santé bucco-dentaire. Les dentistes
    et leur équipe peuvent aider efficacement les patients à arrêter le tabac et à traiter les maladies bucco-dentaires liées à sa
    consommation. Les politiques de lutte contre le tabagisme
    incluent, mais sans s’y limiter, les actions suivantes :
  • Protéger les personnes de la fumée de tabac, offrir une aide
    pour arrêter le tabac, et avertir des dangers du tabac.
  • Augmenter les taxes sur le tabac pour limiter sa
    consommation.
  • Interdire la publicité, la promotion et les actions de sponsorat du tabac.
    Consommation excessive d’alcool
    La consommation excessive d’alcool est un facteur de risque
    majeur pour plus de 200 maladies, dont le cancer buccal et
    les maladies parodontales, et elle doit être traitée dans le cadre
    d’une approche exhaustive de maîtrise des MNT. Les mesures
    incluent, mais sans s’y limiter, les actions suivantes :
  • Augmenter les taxes sur les boissons alcooliques afin de
    réduire la consommation.
  • Prendre des mesures efficaces pour réglementer la disponibilité de l’alcool, et appliquer une tolérance zéro pour la
    conduite en état d’ivresse.
  • Réglementer, limiter ou interdire les publicités et la promotion de l’alcool.
    Alimentation déséquilibrée
    Une alimentation saine, faible en sucre, en sel et en gras,
    contribue à diminuer le risque des maladies bucco-dentaires, de l’obésité, du diabète et des autres MNT. Les mesures
    incluent, mais sans s’y limiter, les actions suivantes :
  • Limiter la vente, les portions et la disponibilité d’aliments
    et de boissons peu sains ; augmenter les taxes sur ces deux
    catégories, et bannir les aliments peu sains des environnements scolaires.
  • Réglementer les activités de publicité et de sponsorat des
    fabricants alimentaires, et appliquer des réglementations
    d’étiquetage alimentaire systématique favorables aux
    consommateurs pour faciliter des choix alimentaires informés dans chaque pays.
  • Promouvoir l’allaitement dans le respect des recommandations de l’OMS pour améliorer la nutrition et la croissance.
  • Promouvoir les produits naturels et locaux offrant une bonne
    valeur nutritionnelle et les privilégier à la consommation
    d’aliments transformés grâce à des conseils nutritionnels
    intégrés.
    Le statut socio-économique est un déterminant fondamental
    à la fois de l’état général et de la santé bucco-dentaire. Les
    actions pour diminuer les inégalités en santé bucco-dentaire
    doivent traiter les causes sous-jacentes des maladies. Les
    maladies bucco-dentaires ont un impact considérable sur la
    qualité de vie des individus et des sociétés, notamment parmi
    les groupes de populations plus jeunes et parmi les personnes
    occupant des positions socio-économiques inférieures. Les
    maladies bucco-dentaires ont un impact considérable en
    termes de coûts de traitement et de pertes de productivité ; l’accès équitable aux soins bucco-dentaires est un enjeu de santé
    publique majeur, et d’importantes inégalités subsistent entre
    les groupes de populations et les pays. Les équipes dentaires
    et leur organisation professionnelle nationale ont un important
    rôle de défense à jouer dans la promotion de politiques visant à
    réduire les inégalités en santé au sein des populations qu’elles
    servent. Les mesures politiques incluent, mais sans s’y limiter :
  • Une action de santé publique sur les déterminants plus
    larges de la santé, en mettant particulièrement l’accent sur
    les générations plus jeunes, où les inégalités en termes de
    qualité de vie semblent être les plus prononcées.
  • Étendre la couverture de l’assurance santé, et améliorer la
    disponibilité des services bucco-dentaires à destination des
    groupes de populations défavorisés.
  • Travailler en partenariat au sein des secteurs, agences et
    professions pertinentes, en s’appuyant sur des stratégies en
    amont, intermédiaires et en aval.
    Dentistes et équipe dentaire – principaux prestataires des
    soins bucco-dentaires dans le système de santé élargi
    Une équipe dirigée et supervisée par les dentistes, composée
    de professionnels de santé bucco-dentaire aux compétences
    et formation diversifiées, permet de mieux fournir des soins
    optimaux, garantissant ainsi des soins de qualité pour tous.
    Les dentistes sont les principaux acteurs des traitements et de
    la prévention des maladies bucco-dentaires. On assiste à une
    évolution de leur rôle en réponse à l’émergence de nouveaux
    facteurs de risque, à l’évolution des charges de morbidité, à
    l’évolution démographique, aux pressions plus larges sur les
    systèmes de santé et aux pressions socio-économiques accrues.
    L’accès aux soins bucco-dentaires élémentaires est obligatoire
    dans tous les pays. Il reste possible même en cas de rareté des
    ressources, en prenant des mesures rentables, fondées sur des
    données probantes, qui mettent l’accent sur la prévention et
    sur les auto-soins. Un système de soins de santé (bucco-dentaire) primaires idéal fournirait une couverture universelle ; il
    s’articulerait autour des patients ; il suivrait des politiques et
    des programmes émanant de la demande ; et il serait intégré
    à la santé générale dans toutes les politiques, notamment les
    politiques du travail, environnementales et éducatives. Parmi
    ces mesures, une telle stratégie demande :
  • D’intégrer la planification des effectifs de santé bucco-dentaire stratégiques à la planification globale des ressources
    humaines en santé afin de réduire les inégalités en matière
    d’accès et de services cruciaux.
  • De réduire l’écart entre la charge de morbidité et la disponibilité des soins en mettant en place des équipes de soins bucco-dentaires, pilotées par les dentistes, et composées de personnels auxiliaires complémentaires et d’autres intervenants,
    en fonction des besoins locaux et de la législation locale.
  • D’inclure la profession dentaire dans la planification,
    le développement et la mise en œuvre des services bucco-dentaires, garantissant ainsi la fourniture de soins
    équitables et adaptés pour tous.
    Auto-soins et prévention par l’utilisation des fluors et du
    dentifrice fluoré
    L’utilisation de fluors pour prévenir la carie dentaire est un
    moyen sûr, efficace et hautement rentable. Par conséquent, il
    est nécessaire d’accroître les efforts pour promouvoir l’accès et
    l’utilisation de fluors adaptés, notamment le dentifrice fluoré,
    afin de parvenir à un accès universel. Parmi ces mesures, une
    telle stratégie nécessite :
  • La sélection, adossée à des données probantes, de la
    méthode de fourniture des fluors la plus efficace pour la
    santé bucco-dentaire, en fonction des contextes et des ressources locaux.
  • L’amélioration du suivi et de l’évaluation des méthodes de
    fluoration à l’échelle des populations afin de renforcer les
    preuves pour une planification efficace des programmes.
  • La suppression des taxes et des droits de douane sur les produits fluorés, notamment les dentifrices fluorés, afin d’en
    améliorer l’accessibilité financière, d’une part, et l’augmentation de l’imposition des dentifrices sans fluor afin d’en
    décourager l’utilisation, d’autre part.
  • L’amélioration des capacités des administrations alimentaires et pharmaceutiques nationales pour mieux contrôler
    la qualité des dentifrices, et le renforcement de la mise en
    application des exigences de la norme ISO 11609, qui définit les standards minimaux de qualité et d’étiquetage du
    dentifrice.
    Déterminants sociaux et facteurs de risque communs – les principaux facteurs des
    maladies bucco-dentaires Inégalités en santé bucco-dentaire – charges de morbidité, impact et accès aux soins
    Fourniture de soins bucco-dentaires et prévention
    96 97
    CHAPITRE 8 UN APPEL POUR UNE ACTION MONDIALE
    La formation dentaire moderne permet aux professionnels de
    santé bucco-dentaire d’acquérir les compétences et les aptitudes nécessaires pour répondre aux besoins de leurs patients et
    des populations ; cependant, le mercantilisme et l’évolution
    rapide du contexte de l’éducation représentent un défi majeur.
    En outre, les migrations et la mobilité des professionnels de
    santé bucco-dentaire et des patients posent de nouvelles problématiques et résultent de facteurs d’attraction/répulsion
    complexes. Les conséquences positives et négatives pour
    les pays d’origine et de destination doivent être équilibrées
    en adoptant des politiques et des réglementations adaptées.
    Par conséquent, la recherche en santé bucco-dentaire, qui
    englobe la recherche fondamentale, la recherche clinique,
    la recherche translationnelle, et la recherche appliquée aux
    systèmes de santé, est essentielle pour comprendre, traiter et
    évaluer la multitude d’approches nécessaires pour améliorer la
    santé bucco-dentaire dans le monde.
  • Il est fondamental d’intégrer l’enseignement dentaire à
    l’éducation professionnelle en santé générale afin de définir
    le périmètre de pratique, et d’accroître le nombre et l’impact des professionnels de la santé publique dans le monde.
  • Il est nécessaire que la formation des professionnels de
    santé générale et de santé bucco-dentaire bénéficie d’investissements publics adéquats, et que les programmes
    d’enseignement et les institutions soient réformés, afin de
    disposer de personnels dentaires mondiaux efficaces.
  • Il est nécessaire d’appliquer le code de pratiques existant
    pour le recrutement international, ainsi que des options
    politiques pour permettre aux pays de planifier plus facilement et plus efficacement les effectifs nationaux, d’atténuer
    les effets négatifs éventuels des migrations internationales,
    et de surveiller plus efficacement les flux migratoires.
  • Il est nécessaire de développer et de coordonner des
    priorités dans le domaine de la recherche collaborative internationale afin de remédier aux lacunes dans les
    connaissances bucco-dentaires fondamentales.
  • Il est nécessaire de mettre particulièrement l’accent sur
    l’évaluation des mesures sociales et comportementales,
    ainsi que sur la mise en œuvre et sur la prestation des soins
    pour prétendre réduire les grandes inégalités mondiales en
    santé bucco-dentaire.
    Le contexte de l’environnement politique international offre à
    la fois des challenges et des opportunités de mieux reconnaître
    la santé bucco-dentaire, et d’en améliorer la priorité et l’intégration. En saisissant ces occasions, et en les mettant à profit,
    il peut être possible d’accélérer le processus d’amélioration, à
    tous les niveaux, des réponses à apporter face à la charge mondiale de morbidité croissante des maladies bucco-dentaires.
    Les mesures internationales pertinentes comprennent, mais
    sans s’y limiter :
    Prévention et contrôle des MNT
    Les MNT sont une menace mondiale croissante. Les maladies
    bucco-dentaires font partie intégrante de l’effort de prévention
    et de maîtrise de ces maladies. La dynamique mondiale contre
    les MNT offre l’opportunité d’améliorer la santé bucco-dentaire à l’échelle planétaire. Cela requiert, notamment :
  • De continuer à défendre et à promouvoir l’intégration des
    maladies bucco-dentaires dans les plans d’action de prévention et de maîtrise des MNT.
  • D’entreprendre une action intersectorielle et une collaboration interprofessionnelle complètes afin d’améliorer l’état
    général et la santé bucco-dentaire.
    Santé bucco-dentaire et développement mondial
    Il est fondamental de relier la santé bucco-dentaire aux ODD
    et de les y intégrer afin d’accorder une plus grande priorité
    aux maladies bucco-dentaires dans le contexte de la santé
    publique et du développement mondiaux.
  • Il est important de lier de manière systématique, et dès le
    départ, la santé bucco-dentaire aux objectifs des ODD, à
    leurs indicateurs et à leurs objectifs.
  • Cela permettra de constituer un cadre pour inclure de
    manière systématique la santé bucco-dentaire dans des
    systèmes de santé renforcés, pour promouvoir la santé bucco-dentaire et la prévention des maladies bucco-dentaires
    dans le contexte de la couverture sanitaire universelle ; et
    pour avancer de solides arguments pour une intégration
    transversale et multisectorielle de la santé bucco-dentaire
    dans le contexte du développement humain durable.
    Couverture sanitaire universelle
    Les soins bucco-dentaires élémentaires doivent faire partie
    intégrante de la couverture sanitaire universelle, un concept
    qui fait de plus en plus consensus et qui vise à garantir l’accès
    de tous aux soins de santé primaires.
  • Il est nécessaire de travailler davantage sur la mise en
    œuvre ainsi que sur la recherche sur les services de santé
    pour évaluer les modèles existants de soins bucco-dentaires
    universels, et pour orienter les décisions politiques pour les
    nouveaux, en les adossant à des données probantes.
    Convention de Minamata sur le mercure
    La Convention de Minamata sur le mercure vise à supprimer
    complètement les rejets de mercure dans l’environnement,
    notamment en cessant de l’utiliser en odontologie dans l’amalgame dentaire. Certaines dispositions de cette Convention
    prévoient la hausse des investissements dans la promotion de
    la santé bucco-dentaire et dans la prévention afin de limiter la
    nécessité des soins de restauration. En fonction des circonstances, cela peut permettre de mettre en avant la prévention et
    la maîtrise des maladies bucco-dentaires.
    Enjeux en éducation, soins et recherche dentaires La santé bucco-dentaire dans l’agenda mondial
    99
    Les grandes dates de la médecine dentaire 7000 avant J-C – 1699
    Annexe

7000 avant J-C Pakistan Des cultures paléolithiques du Ba

loutchistan (la « Civilisation de l’Indus ») utilisent des forets
à archer avec des fraises en silex pour retirer la substance
des dents cariées.
5000 avant J-C Irak Un texte sumérien décrit les « vers des
dents » comme la cause de la carie dentaire. Il peut s’agir
de la toute première observation de la pulpe dentaire.
2700 avant J-C Chine L’acupuncture est utilisée pour traiter
les maux de dents.
2660 avant J-C Égypte La tombe
de Hésy-Rê (troisième Dynastie),
qui le décrit comme « le plus
grand de ceux ayant à traiter les

dents, et le plus grand des méde

cins », et les tombes de trois
autres spécialistes dentaires

nommés de la cinquième Dynas

tie, toutes situées à Saqqarah,

révèlent une spécialisation pré

coce.
1750 avant J-C Mésopotamie La loi 200 du fameux Code
de Hammourabi indique que « si quelqu’un fait perdre ses
dents à un autre, il perdra ses propres dents ».
1700–1550 avant J-C Égypte Le papyrus Ebers, long de 21

m, décrit de manière exhaustive les connaissances et les trai

tements des maladies bucco-dentaires de l’époque
.
900–300 avant J-C Amériques Les
Mayas incrustent des pierres semi
précieuses, telles que le jade, dans
les dents à des fins cosmétiques et
culturelles. Les dents de devant

sont aiguisées de différentes ma

nières afin de ressembler à des
dents animales acérées.
700 avant J-C Birmanie Des

dents découvertes dans la ré

gion de Halin révèlent des ob

turations en feuille d’or, certai

nement à des fins culturelles
ou cérémoniales.
659 avant J-C Chine Su Kung mentionne l’amalgame pour
obturer une dent cariée dans son Materia Medica
.

600 avant J-C – 400 Italie/Eu

rope Étrusques et Romains de

viennent experts en médecine

dentaire de restauration et fa

briquent des couronnes en or
et des bridges fixes. Dentiers

complets et partiels sont cou

rants.
500 avant J-C Chine/Inde Des recettes décrivent une pâte
pour nettoyer les dents.
450 avant J-C Inde Le processus de cristallisation du jus de
canne à sucre est inventé.
450 avant J-C Italie La Loi romaine des 12 tables interdit

de placer de l’or dans les tombes à l’exception de l’or den

taire. Os, coquilles d’œuf et coquilles d’huître sont réduits

en poudre avec du miel pour nettoyer les dents. Les aris

tocrates emploient des esclaves spécialisés pour nettoyer
leurs dents.
460–322 avant J-C Grèce Le scientifique et philosophe

Hippocrate décrit la disposition, la salive, et l’alimenta

tion comme les principaux facteurs de la carie, s’opposant
à la croyance prédominante des vers des dents. Aristote
écrit sur la médecine dentaire, notamment sur le schéma
d’éruption des dents, le traitement des dents cariées et des
maladies parodontales, l’extraction des dents aux forceps,
et l’utilisation de fils pour stabiliser les dents branlantes et
les mâchoires fracturées. Toutefois, il estime à tort que les
êtres humains, ovins, caprins et porcins de sexe masculin

ont davantage de dents que leurs homologues de sexe fé

minin.
50–25 avant J-C Italie L’auteur médical romain Celse fait
la synthèse des connaissances en médecine et rédige sur

l’hygiène bucco-dentaire, la stabilisation des dents bran

lantes, le traitement des maux de dents et le remplacement

des dents. Il insiste sur les soins nécessaires lors de l’ex

traction des dents, et il décrit une méthode pour remettre
en place une mandibule disloquée, qui est toujours utilisée
aujourd’hui.
174 Italie Galien, le médecin personnel de l’empereur
Marc Aurèle, compile toutes les connaissances et ses

propres recherches en médecine, notamment sur les ma

ladies bucco-dentaires. Il déclare que « Bientôt, il y aura
davantage de médecins que de parties du corps, et chaque
maladie sera traitée par son propre médecin ».
100 101
ANNEXE LES GRANDES DATES DE LA MÉDECINE DENTAIRE
Les grandes dates de la médecine dentaire 1700–1899
650 Inde L’auteur indien Vagbhata décrit 75 maladies bucco-dentaires.
500–1000 Europe Au cours du Moyen Âge, la médecine,
la chirurgie et la médecine dentaire sont généralement
pratiquées par les moines, les personnes les plus éduquées
de cette époque. Bien que les connaissances des époques
romaine et grecque aient été perdues, une nouvelle médecine populaire émerge avec de nombreuses pratiques douteuses, telles que les saignées.
963–1013 Espagne Abù I-Qàsim (Abulcasis), un chirurgien
arabe d’Espagne, retrouve les connaissances dentaires du
monde gréco-romain, et les éditions de ses propres travaux
circulent largement en Europe, dont certains comportent
des illustrations très détaillées des instruments dentaires
utilisés pour détartrer, cautériser la pulpe, et extraire les
dents.
980–1037 Iran/Ouzbékistan Le
philosophe et médecin Ibn Sinà,
également connu sous le nom
d’Avicenne, décrit les connaissances médicales de son époque,
traitant aussi les maladies et les
traitements bucco-dentaires. Ses
écrits ont influencé la pensée médicale européenne jusqu’au
Moyen Âge.
1258 France Une Guilde des barbiers est fondée. Les barbiers finiront par évoluer en deux groupes : les chirurgiens,
qui ont reçu une éducation et une formation pour réaliser
des opérations chirurgicales complexes, et les barbiers, ou
barbiers-chirurgiens, qui proposent des services d’hygiène
plus routiniers, notamment le rasage, les saignées et l’extraction des dents.
1280 Chine La médecine est divisée en 13 spécialités, dont
la médecine dentaire.
Années 1400 France Une série de décrets royaux interdit
aux barbiers d’effectuer toutes les procédures chirurgicales,
à l’exception des saignées, de la pose de sangsues, de la
pose de ventouses, et de l’extraction des dents.
1498 Chine Une brosse à dents en crins est décrite pour la
première fois.
1500 Caraïbes Des plantations de canne à sucre sont établies dans les nouvelles colonies, notamment dans les Canaries et dans les Antilles.
1530 Allemagne Le premier traité entièrement consacré à
la médecine dentaire, le Petit traité de médecine sur tous
les types de maladies et les infirmités de la dent, est publié. Il couvre des sujets pratiques tels que l’hygiène bucco-dentaire, l’extraction des dents, le perçage des dents, et
le placement d’obturations en or. Il restera un ouvrage de
référence pendant plus de 200 ans. La dernière édition de
ce traité est publiée en 1756.
1533–1603 Angleterre La reine Élisabeth I obture les interstices de sa dentition avec du tissu pour améliorer son
aspect en public.
1575 France Ambroise Paré, considéré comme le père de la
chirurgie, publie ses Travaux complets, qui incluent des informations pratiques sur la chirurgie, telles que l’extraction
des dents, le traitement de la carie dentaire et des fractures
de la mâchoire. Il effectue également la première réparation
chirurgicale d’une fente labio-palatine.
1664 et suivantes R-U/Italie/Pays-Bas À Oxford, ainsi qu’à
Londres, au sein de la nouvelle Royal Society, les découvertes des innervations des dents et des mâchoires par Willis, de l’aspect microscopique des dents, et des corps vivants
et inanimés observables dans les calculs dentaires par Van
Leeuwenhoek, des capillarités par Malphigi, et d’autres sont
publiées, la discipline scientifique parvenant à la médecine
dentaire. Van Leeuwenhoek identifie certains « vers des
dents » qui lui sont envoyés comme des mites du fromage.
1685 R-U Charles Allen publie son ouvrage The operator
for the teeth qui sera édité trois fois et qui intègre les découvertes récentes, ainsi que les siennes, donnant à la médecine dentaire britannique une base théorique scientifique.
1687 France Le roi Louis XIV subit une extraction d’une
molaire supérieure qui se traduit par une fracture de la mâchoire et la perforation du sinus maxillaire. L’infection et
les traitements ultérieurs qui en résultent le privent de ses
dents supérieures pour le reste de sa vie.
1690 États-Unis La culture de la canne à sucre commence.
1728 France Le dentiste Pierre
Fauchard, considéré comme le
père de la médecine dentaire
moderne, décrit dans son ouvrage Le Chirurgien Dentiste, ou
Traité des Dents, un système exhaustif pour la pratique de la médecine dentaire, incluant l’anatomie et les fonctions bucco-dentaires de base, des techniques
d’opération et de restauration, et
la construction de dentiers. Il réfute aussi la croyance de ses
contemporains pour lesquels les vers des dents seraient la
cause de la carie. Son Traité est traduit en anglais jusqu’en
1946.
1746 France Claude Mouton décrit une couronne en or à
tenon pour le maintien dans le canal radiculaire.
1756 Allemagne Philipp Pfaff, dentiste du roi de Prusse Frédéric II, lance à Paris l’utilisation de cire et de plâtre pour
prendre les empreintes. Cela améliore grandement la fixation des dentiers. À l’instar de Pierre Fauchard, il établit des
standards pour les soins dentaires et permet à la médecine
dentaire d’atteindre de nouveaux niveaux.
1760 et suivantes France/R-U/États-Unis Les dentistes
commencent à se rendre dans les écoles et sont nommés
auprès des orphelinats et des institutions de santé publique.
Ils sont répertoriés dans les registres et les annuaires publics
comme des «dentist» ou «dentiste».
1768 R-U Thomas Berdmore établit la relation patente
entre sucre, consommation de sucreries, et carie dentaire.
1771 R-U Le Natural History of the Human Teeth de John
Hunter est publié, ainsi que A Practical Treatise on the Diseases of the Teeth. Une expérience semble valider (incorrectement) la transplantation de dents. Cette pratique, soutenue par Fauchard, a été condamnée par Allen en 1685
comme une pratique consistant à « déshabiller Pierre pour
habiller Paul » ; ainsi que par Pfaff en 1756 et par Berdmore
en 1768 à cause de la transmission de maladies, notamment des maladies vénériennes.
1776 États-Unis Au cours de l’un des premiers cas d’expertise médico-légale dentaire post-mortem, Paul Revere,
un dentiste et patriote de la guerre d’Indépendance, vérifie le décès de son ami en identifiant le bridge qui lui avait
été confectionné.
1776 R-U Joseph Priestley synthétise l’oxyde d’azote, connu ultérieurement sous le nom de gaz hilarant. Dans les années 1840, ses
propriétés narcotiques et anesthésiques sont mises à profit par les
dentistes et par les chirurgiens en
particulier.
1780 R-U William Addis lance la
production semi-industrielle de la
brosse à dents moderne.
1783 R-U Robert Woofendale relie
la consommation de sucre à la carie des dents définitives
des enfants.
1790 États-Unis L’un des dentistes de George Washington,
John Greenwood, construit l’un des premiers moteurs dentaires connus. Il adapte le rouet à pédale de sa mère pour
entraîner un foret.
1790 États-Unis Josiah Flagg, un dentiste, construit la première chaise spécialement destinée aux patients dentaires.
1791 France Nicolas Dubois de Chemant se voit délivrer le
premier brevet pour des dents en porcelaine.
1795 États-Unis Samuel Thomas von Soemmering signale
l’accroissement du nombre de cancers de la bouche parmi
les fumeurs de pipe.
1815 États-Unis Levi Spear Parmly, un dentiste de la Nouvelle-Orléans, est considéré comme l’inventeur du fil dentaire moderne (un morceau de fil de soie) ; même si des fils
utilisés à des fins dentaires ont ensuite été retrouvés sur des
sites préhistoriques.
1815 R-U Les dents des 50 000 soldats tués lors de la Bataille de Waterloo sont extraites et utilisées pour fabriquer des dentiers, connus comme
les « dents de Waterloo ». Même si
l’utilisation de dents en porcelaine et d’autres nouveaux
matériaux s’est répandue, les dents humaines extraites
continueront à être utilisées dans la fabrication des dentiers
jusque dans les années 1860.
1817–21 R-U/États-Unis Levi Spear Parmly, dans une démarche éloignée de l’apprentissage traditionnel, fait la promotion de sa Dental Institution à Londres auprès de jeunes
gens et de jeunes filles souhaitant devenir dentiste.
102 103
ANNEXE LES GRANDES DATES DE LA MÉDECINE DENTAIRE
Les grandes dates de la médecine dentaire 1900–2004
1832 États-Unis James Snell invente la première chaise
dentaire inclinée.
1839 États-Unis L’American Journal of Dental Science est la
première revue dentaire du monde.
1839 États-Unis En se fondant sur
une découverte allemande antérieure, Charles Goodyear développe le caoutchouc vulcanisé,
un matériau qui permet de fabriquer des dentiers bon marché et
bien adaptés. Ce matériau sera remplacé par la résine acrylique au 20ème siècle.
1839 États-Unis La première école dentaire du monde, la
Faculté de chirurgie dentaire de Baltimore, est inaugurée.
Des écoles dentaires s’ouvrent à Berlin en 1855, à Londres
en 1858, à Paris en 1880, à Genève en 1881, à Stockholm
en 1888 et à Vienne en 1890.
1840 États-Unis L’American Society of Dental Surgeons, la
première société dentaire au monde, est fondée.
1841 R-U John Tomes publie les principes de conception
de forceps anatomiques pour l’extraction des dents. Les
instruments chirurgicaux basés sur ses concepts sont toujours utilisés aujourd’hui.
1846 France/États-Unis Le tube souple, en plomb ou en
aluminium, est inventé dans les deux pays. Ce n’est qu’en
1896, que de la pâte dentifrice commence à être vendue en
tube souple aux États-Unis et en Allemagne.
1847 Hongrie Ignaz Semmelweiss identifie le risque d’infections croisées entre les patients.
1866 États-Unis Lucy Beaman Hobbs est
diplômée de la Faculté de chirurgie dentaire de l’Ohio, devenant la première
femme au monde à obtenir un diplôme
dentaire.
1870 Japon La pratique du noircissement
des dents des femmes des classes supérieures, en signe de fidélité conjugale,
connue depuis le quatrième siècle avant J.-C., est interdite. Cette pratique aurait pu avoir des effets de protection
contre la carie.
1872 États-Unis Le premier moteur dentaire à pédale, fabriqué par James B. Morrison, est vendu lors d’une rencontre
dentaire à Binghamton, New York. L’outil mécanisé, bon
marché de Morrison permet d’entraîner les fraises dentaires
avec suffisamment de vitesse pour entamer l’émail et la
dentine rapidement et de manière homogène, révolutionnant la pratique de la médecine dentaire.
1873 États-Unis Colgate produit en masse du dentifrice en
bocal.
1874 R-U Le gouvernement britannique, sous le premier
ministre Gladstone, abolit l’imposition du sucre, démocratisant ainsi sa consommation.
1875 États-Unis Le premier foret dentaire électrique est breveté par George Green.
1884 Autriche La cocaïne, le premier anesthésique local
utilisé en chirurgie dentaire, est lancée par l’ophtalmologue Carl Koller.
1890 Allemagne Le scientifique américain Willoughby Miller établit la base
microbiologique de la carie dentaire et
lance une discussion sur ce qui deviendra le débat sur une « infection focale »
avec sa description des bactéries de la
pulpe dentaire. La croyance dans des
sources infectieuses dentaires responsables des maladies affectant d’autres parties du corps atteindra des niveaux excessifs dans les années 1920, mais
elle fait désormais l’objet d’une étude rationnelle, notamment en association avec les maladies parodontales.
1895 R-U Lilian Lindsay devient la première Britannique à
obtenir une licence en chirurgie dentaire (LDS).
1896 Allemagne/États-Unis Wilhelm Roentgen, un physicien, découvre les rayons X. Les premiers clichés aux
rayons X des dents et des mâchoires sont pris en Allemagne
seulement trois mois plus tard. Huit mois plus tard, aux
États-Unis, C. Edmond Kells prend des clichés dentaires
aux rayons X. Il développe un cancer des doigts et du
bras à cause de l’exposition permanente au rayonnement.
Après 42 opérations, qui l’amputeront de son bras et de son
épaule, il se suicide en 1928.
1898 États-Unis Johnson & Johnson est la première entreprise à breveter le fil dentaire.
1899 États-Unis Edward Angle classifie les différentes
formes de malocclusion. Son système de classification est
toujours utilisé pour décrire la malposition dentaire.
1900 France La Fédération dentaire internationale (FDI) est
fondée à Paris par le dentiste français Charles Godon.
1901 France La Commission de la FDI sur l’hygiène dentaire publique est établie.
1903 États-Unis Charles Land conçoit la première jaquette
en porcelaine.
1905 Allemagne Alfred Einhorn, un chimiste, formule la
procaïne, un anesthésique local, commercialisée plus tard
sous la marque Novocaïne, et couramment utilisée en médecine dentaire.
1905 États-Unis Irene Newman
devient la première hygiéniste
dentaire et s’engage pour la
promotion de la santé bucco-dentaire des enfants.
1908 États-Unis G.V. Black publie son monumental traité
en deux volumes Operative Dentistry, qui reste un texte
de référence dentaire clinique pendant 50 ans. Black développe par la suite des techniques pour obturer les dents,
standardise les procédures et les instruments opératoires,
développe un amalgame amélioré, et se place à l’avantgarde dans l’utilisation d’aides visuelles pour l’enseignement de la médecine dentaire.
1910 États-Unis Le premier cursus formel destiné aux infirmiers dentaires est mis en place. Il est stoppé en 1914, en
raison essentiellement de l’opposition des dentistes.
1914 États-Unis La profession d’hygiéniste dentaire est lancée et nommée par le Dr Fones. La première promotion
obtient son diplôme à Bridgeport, dans le Connecticut.
1919 États-Unis/Allemagne La société
Ritter présente une unité dentaire,
combinant foret, eau sous pression,
air, cautérisation et une lampe.
D’autres entreprises lui emboîtent le
pas, et des standards pour l’équipement de chirurgie dentaire sont établis.
Années 1920 France Le bras articulé Doriot, mis au point
par le dentiste parisien Constant Doriot, devient l’instrument
standard pour transférer la puissance du moteur électrique
au foret et à la fraise. S’y ajoute le foret pneumatique à haute
vitesse de Walsh & Borden en 1957, et il est remplacé par
le micromoteur électrique et les moteurs pneumatiques de
Siemens à partir de 1965.
1921 Nouvelle-Zélande Le cursus de formation des thérapeutes dentaires est lancé en Nouvelle-Zélande.
1926 États-Unis William J. Gies publie un rapport sur l’état
de la formation dentaire aux États-Unis, critiquant la faible
qualité des standards et appelant à une formation dentaire
académique, rattachée aux universités.
1926 États-Unis Au cours du Congrès dentaire mondial de
la FDI à Philadelphie, une résolution est adoptée recommandant à l’ensemble des gouvernements de créer le poste
de Médecin dentaire en chef.
1937 États-Unis Alvin Strock insère le premier implant dentaire à vis Vitallium.
1938 États-Unis La brosse à dents en nylon, la première à
être fabriquée avec des poils synthétiques, est lancée sur
le marché, conduisant au remplacement graduel des crins
dans les brosses à dents.
1938 États-Unis L’indice CAO est utilisé pour la première
fois dans une étude à large échelle sur la carie aux ÉtatsUnis par Klein, Palmer et Knutson.
Années 1940 États-Unis Trendley Dean détermine le taux
idéal de fluoration de l’eau de consommation afin de
réduire de manière substantielle la carie sans entraîner de
taches sur les dents.
1945 États-Unis L’ère de la fluoration de l’eau débute
lorsque les villes de Newburgh, New York et Grand Rapids
(Michigan) ajoutent du fluorure de sodium dans les systèmes d’eau publics.
1949 Suisse Oskar Hagger, un chimiste, développe le premier système de liaison de la résine acrylique à la dentine.
1949 Nouvelle-Zélande John Patrick Walsh brevette un foret dentaire entraîné par de l’air comprimé, atteignant ainsi
une vitesse très élevée.
1951 France La FDI adopte sa première résolution en faveur de l’utilisation du fluor pour la maîtrise de la carie
dentaire.
1951 Suisse L’Assemblée mondiale de la Santé de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) décide d’intégrer un
programme dentaire aux activités de l’OMS.
1954 Suisse La première brosse à dents électrique est fabriquée. Au début des années 1960, des modèles sans fil sont
mis au point.
104 105
ANNEXE LES GRANDES DATES DE LA MÉDECINE DENTAIRE
Les grandes dates de la médecine dentaire 2005–2015
1955 États-Unis Le premier dentifrice fluoré est mis sur le
marché.
1957 États-Unis Au cours du Congrès dentaire mondial annuel de la FDI à Rome, l’Américain John Borden présente
sa pièce à main dentaire pneumatique haute vitesse.
1957 États-Unis Dentsply lance le détartreur à ultrasons.
Années 1960 Des interventions dentaires assises, à quatre
mains (dentiste et assistant), où le patient est quasiment allongé, se popularisent. Cette technique améliore la productivité et réduit les délais des traitements.
Années 1960 Europe Des lasers sont développés et approuvés pour les procédures sur les tissus mous.
1961 États-Unis/URSS La médecine dentaire spatiale devient une discipline. Lors de séjours prolongés en environnement à gravité zéro, la densité osseuse des astronautes
diminue rapidement, ce qui peut conduire à la perte des
dents.
1962 États-Unis Rafael Bowen développe un complexe
en résine thermodurcissable utilisé dans la plupart des
matériaux modernes de restauration en résine composite.
1965 Allemagne La première pièce à main à micromoteur
est présentée par Siemens, mettant fin à l’ère du bras Doriot.
1971 Allemagne En se fondant sur une suggestion du professeur allemand Joachim Viohl, la notation à deux chiffres
(des dents) de la FDI est adoptée comme standard mondial.
1975 Allemagne L’articaïne devient l’anesthésique standard pour l’anesthésie locale en médecine dentaire.
Années 1980 Suède Per-Ingvar Brånemark décrit des
techniques d’ostéointégration des implants dentaires et
pose les bases de l’implantologie dentaire.
1980 Europe La première directive dentaire de l’Union européenne harmonise la formation des cursus européens,
permettant aux étudiants dentaires de travailler dans tous
les pays de l’UE.
1981 Suisse/R-U L’OMS et la FDI déclarent ensemble les
« Objectifs globaux de santé bucco-dentaire à l’horizon
2000 ».
Années 1980 Monde Les inquiétudes quant à la propagation de nouvelles infections conduisent à une révision
intensive des procédures, des équipements, des consommables et des protocoles de stérilisation dentaires, dans le
but de supprimer tout risque d’infections croisées.
Années 1990 États-Unis De nouveaux matériaux de restauration des dents colorées, ainsi que le recours accru au
blanchiment, aux facettes, et aux implants, inaugurent l’ère
de la médecine dentaire esthétique.
1990 Canada L’expression « une médecine bucco-dentaire
fondée sur le niveau de preuve » (EBD), formulée sur le
modèle d’une « médecine fondée sur des données probantes » (« intégration des meilleures données probantes
de la recherche, de l’expertise clinique et des valeurs des
patients »), est adoptée comme synthèse d’une pratique rationnelle et scientifique de la médecine dentaire.
1994 Suisse/R-U L’OMS et la FDI déclare l’année 1994
comme « l’année internationale de la santé bucco-dentaire », dédiant la Journée mondiale de la santé du 7 avril à
la santé bucco-dentaire.
1997 États-Unis La FDA approuve le laser Erbium-YAG, le
premier à être utilisé sur la dentine, pour soigner la carie
dentaire.
2000 France Au cours du Congrès
dentaire mondial annuel de la FDI à
Paris, le centenaire de l’organisation
est célébré ; à cette occasion, le président français Jacques Chirac reçoit
le Conseil de la FDI au palais de l’Élysée.
2001 France La FDI établit le Comité du développement
dentaire mondial et de promotion de la santé dentaire afin
de répondre aux disparités croissantes en santé bucco-dentaire dans le monde.
2002 États-Unis Le rapport phare Oral Health in America: A
report of the Surgeon General est publié.
2003 Suisse/France/États-Unis Les Objectifs globaux de
santé bucco-dentaire 2020 sont définis conjointement par
l’OMS, la FDI et l’IADR.
2004 Kenya La première Conférence pour la santé bucco-dentaire en Afrique est organisée par la FDI et par
l’OMS à Nairobi. La Déclaration de Nairobi sur la santé
bucco-dentaire en Afrique reconnaît pour la première fois
la santé bucco-dentaire comme un droit humain fondamental.
2005 Suisse La Convention-cadre de l’OMS pour la lutte
anti-tabac (CCLAT) entre en vigueur, en s’appuyant sur le
droit international pour améliorer la santé publique en imposant aux gouvernements de mettre en œuvre des méthodes éprouvées pour diminuer la consommation de tabac.
2005 France La publication commune FDI/OMS Tobacco or Oral
Health est publiée en six langues.
2006 France/Suisse Une consultation d’experts, organisée
par l’OMS, la FDI et l’IADR, reconnaît l’accès au fluor adéquat comme un droit humain.
2007 Suisse Les ministres de la santé de 193 pays adoptent
la première résolution sur la santé bucco-dentaire pour 26
ans lors de la 60ème Assemblée mondiale de la Santé à Genève, appelant à redoubler d’attention en faveur de la santé
bucco-dentaire dans le monde.
2008 Suisse La première journée mondiale de lutte contre
le noma est célébrée à Genève à l’occasion de l’Assemblée
mondiale de la Santé. L’OMS, la FDI et d’autres organisations alertent le monde sur cette maladie oubliée de la
pauvreté.
2008 France La FDI déclare que la Journée mondiale de
la santé bucco-dentaire sera célébrée chaque année le 12
septembre (anniversaire du fondateur de la FDI, Charles
Godon, et date de la conférence historique d’Alma-Ata sur
les soins de santé primaires). En 2013, cette journée de célébration est déplacée au 20 mars.
2009 France La première édition de l’Atlas de la santé bucco-dentaire est publiée par la FDI.
2011 États-Unis Les Nations Unies adoptent la Déclaration
politique de la Réunion de haut niveau des Nations Unies
sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles, reconnaissant la charge de morbidité élevée que
posent les maladies bucco-dentaires à de nombreux pays.
2012 Suisse La FDI publie son document d’orientation La
Vision 2020 de la FDI : une prospection sur l’avenir de la
santé bucco-dentaire.
2013 Suisse La Convention de Minamata sur le mercure est
adoptée par le PNUE afin de limiter la pollution au mercure.
2015 Suisse L’OMS publie ses lignes directrices sur l’apport
en sucres chez l’adulte et l’enfant.
2015 Suisse La FDI publie L’enjeu
des maladies bucco-dentaires : un
appel pour une action mondiale,
la seconde édition de l’Atlas de la
santé bucco-dentaire.
106 107
ANNEXE COMMENTAIRES SUR LES DONNÉES ET SUR LES SOURCES
La collecte de données sur la santé est une tâche complexe qui requiert un cadre d’indicateurs adéquats et convenus, ainsi que des
systèmes sanitaires disposant de dispositifs de surveillance fiables,
et capables d’établir régulièrement des rapports. En outre, il est
nécessaire de bénéficier d’un soutien politique pour allouer les
ressources suffisantes à l’analyse statistique, ainsi que d’un engagement pour la transparence pour garantir un accès ouvert. D’importants progrès ont été réalisés en matière de collecte de données
sur la santé générale et sur la performance des systèmes de santé.
Cependant, tous les domaines de données afférents à la santé bucco-dentaire, aux systèmes de santé bucco-dentaire, et à la performance des programmes de santé bucco-dentaire présentent des
données fortement lacunaires.
Les initiatives entreprises par l’OMS, l’Union européenne et
d’autres organisations afin d’intégrer les indicateurs adéquats de
santé bucco-dentaire aux enquêtes de routine sur la santé sont
des étapes bienvenues pointant dans la bonne direction mais qu’il
reste à mettre en œuvre au niveau national dans de nombreux
pays. La question de l’inclusion des données clés de la santé bucco-dentaire dans les statistiques sanitaires internationales reste une
tâche à entreprendre à une plus grande échelle.
La plupart des cartes et des graphiques présentés dans cet Atlas
reflètent des moyennes calculées à partir de jeux de données disparates dont la couverture et la qualité varient. Ces moyennes
masquent, malheureusement, des différences importantes par rapport à la moyenne arithmétique et peuvent dépeindre, pour certains pays, une réalité plus positive que celle vécue réellement par
d’importants groupes de leur population. Ces moyennes peuvent,
par conséquent, aussi masquer les inégalités existantes, les besoins
en matière de collecte de futures données et de recommandations
d’action.
Certaines des sources de données utilisées dans cet Atlas sont obsolètes, peu fiables, ou elles manquent d’exhaustivité. Pourtant,
elles restent les meilleures disponibles. Est-il préférable de ne pas
avoir de données ou d’avoir des informations datant de plus de
10 ans ? Il est difficile de répondre à cette question. L’étude de
ces données a révélé des écarts surprenants en termes de disponibilité et de qualité, d’ignorance des indicateurs existant en santé
bucco-dentaire lors de l’élaboration des cadres de surveillance nationaux, ou simplement l’absence de données tout court. Néanmoins, il existe tout de même des données de qualité acceptable
pour de nombreux pays, généralement des pays à revenu élevé.
Pour remédier à ce déficit global, il est nécessaire d’entreprendre
des efforts conceptuels, politiques et financiers. Cependant, en
dépit des insuffisances de certaines des données sous-jacentes, les
sources utilisées sont généralement les meilleures disponibles ; et
les cartes permettent de mettre en lumière les problèmes clés en
santé bucco-dentaire qui requièrent une attention et une action
internationales. Après tout, même l’absence de données constitue
en soi une information et un fait digne d’intérêt. Lorsque les données ne sont pas disponibles, le nom du pays n’apparaît pas sur
les cartes.
Même si tous les efforts raisonnables ont été entrepris pour présenter les données les plus récentes et les plus fiables, des erreurs
et des omissions sont toujours susceptibles de se produire. Nous
accueillerons avec le plus grand plaisir toute suggestion et tout
commentaire sur des aspects spécifiques des données et quant à
leur précision, mais nous encourageons cependant vivement nos
lecteurs à se familiariser d’abord avec les remarques suivantes, qui
soulignent la source et les limites de certaines données spécifiques.
En effet, « personne n’aime le messager porteur de mauvaises nouvelles » ! (Antigone, Sophocle, tragédien grec, 496–406 avant J-C).
2 Maladies bucco-dentaires et santé
16–19 Carie dentaire
Bien que la carie dentaire soit la maladie chronique la plus répandue au monde, le manque de données fiables est frappant.
Les données utilisées pour la carte sont extraites du Oral Health
Country/Area Profile Programme de l’OMS, qui est à ce jour le
seul référentiel international disponible sur les données épidémiologiques en santé bucco-dentaire, notamment sur la carie dentaire.
Cependant, les données disponibles sont bien souvent obsolètes :
seuls 15 % des pays dans le monde ont publié de nouvelles données au cours des 5 dernières années ; 20 % au cours des 5-10
dernières années ; 35 % il y a plus de 10 ans ; et près d’un pays sur
trois dans le monde ne dispose d’aucune donnée fiable. Des informations supplémentaires sur les données de santé bucco-dentaire
disponibles, dont des cartes et des tableaux, peuvent être consultées sur le site FDI Data Hub for global oral health (www.fdiworldental.org/data-hub) – qui est la plate-forme en ligne de la FDI et
regroupe en un seul lieu toutes les données disponibles sur la santé
bucco-dentaire.
Par ailleurs, de nombreux jeux de données ne s’appuient pas sur
une enquête nationale et ne sont donc pas représentatifs d’un pays
tout entier. Ils présentent davantage la situation d’une région, d’une
ville ou d’un village. Ils ne reflètent absolument pas les différences
au sein des pays, en d’autres termes entre les zones rurales et urbaines ou entre les différentes couches socio-économiques. Les
données s’attachent en priorité aux enfants âgés de 5 à 6 ans ou de
12 à 15 ans ; et les données pour les autres groupes d’âges ne sont
pas recueillies ou analysées de manière exhaustive. En dépit de la
définition de l’OMS sur les standards d’enquête énoncée dans sa
publication Oral health surveys: Basic Methods, dont la cinquième
édition a été publiée en 2013, les chercheurs et les gouvernements
restent libres de suivre l’ensemble ou certaines de ces lignes directrices, ou d’agir complètement différemment. Cela ne facilite donc
pas la comparaison des études.
Le chiffre illustrant le nombre de personnes affectées par les maladies communes s’appuie sur l’Étude sur la charge mondiale de
morbidité (2010), ainsi que sur les informations obtenues auprès
de la Fédération internationale du Diabète. La carie non soignée
des dents de lait et des dents définitives a été calculée de la manière suivante : la prévalence de la carie non soignée des dents de
lait a été obtenue en divisant le nombre estimé d’enfants affectés,
en se basant sur l’Étude de la charge mondiale de morbidité (caries
dentaires des dents de lait), par le nombre d’enfants âgés de 0 à 12
ans selon les statistiques sur la population mondiale 2010. La prévalence de la carie des dents définitives a été calculée en divisant
le nombre estimé d’adolescents et d’adultes affectés, en se basant
sur l’Étude sur la charge mondiale de morbidité (caries dentaires
des dents permanentes), par le nombre de personnes âgées de plus
de 12 ans selon les statistiques sur la population mondiale 2010.
Les statistiques sur la population mondiale ont été obtenues auprès
du Census Bureau des États-Unis.
Commentaires sur les données et sur les sources
22–23 Maladies parodontales
La carte sur la parodontite chronique aiguë se base sur les données de l’Étude sur la charge mondiale de morbidité et présente
des estimations de la prévalence pour l’année 2010 (Kassebaum
et al, 2014). Cette étude s’appuie sur une revue extensive et systématique de la littérature, qui comprend un total de 72 études,
couvrant 291 170 individus âgés d’au moins 15 ans dans 37 pays
(de 16 des 21 régions, et des 7 super-régions). Cette étude récente
et à grande échelle a été retenue comme source pour cette carte,
dans la mesure où les informations sur les maladies parodontales
contenues dans le Oral Health Country/Area Profile Programme de
l’OMS sont encore plus limitées et obsolètes que les données sur
la carie dentaire.
26–27 Cancer buccal
L’incidence normalisée selon l’âge du cancer buccal est issue des
données du Centre international de recherche sur le cancer, qui
est une agence de l’OMS. Sa base de données GLOBOCAN a servi
à calculer les estimations les plus récentes pour l’année 2012. Le
détail complet des sources de données et des méthodes de la base
de données GLOBOCAN peut être consulté à l’adresse : http://globocan.iarc.fr/Pages/DataSource_and_methods.aspx.
La base de données GLOBOCAN 2012 utilise le code C00-C08
de l’ICD10 pour définir le cancer buccal. Cette définition englobe
les localisations suivantes pour ce cancer : les lèvres, la langue et
le plancher de la bouche, les gencives, le palais, les glandes salivaires et d’autres zones des muqueuses buccales.
30–31 VIH/SIDA et santé bucco-dentaire
La carte est basée sur les dernières données disponibles de l’Observatoire mondial de la Santé de l’OMS et montre le pourcentage estimé de la population âgée de 15 à 49 ans positif au VIH
en 2011. Cependant, les données pour les pays suivants ne proviennent pas de l’OMS, mais de la base de données AIDSinfo 2011
de l’UNAIDS : Bangladesh, République tchèque, Égypte, Inde,
Maldives, Mongolie, Serbie, Sri Lanka, Tunisie et Ouzbékistan. Ces
pays ont été intégrés afin d’avoir une image plus exhaustive pour
établir la carte du monde.
32–33 Noma
Actuellement, il n’existe pas de données mondiales fiables sur le
noma, par conséquent, aucune carte présentant la prévalence ou
l’incidence de cette maladie n’a pu être élaborée. Les estimations
disponibles sont généralement fondées sur le nombre de cas de
noma signalés pour traitement, qui dépend de la fiabilité des systèmes de dossiers médicaux et d’enregistrement des installations
de santé. Par le passé, il a été estimé que seuls 10 à 15 % des cas
de noma ont été orientés pour traitement, et que le taux de mortalité a atteint 80 à 90 %. En se basant sur ces hypothèses, l’OMS
a estimé le nombre total de cas mondiaux annuels à 140 000 en
1994, et à près de 42 000 en 2006. Il n’existe pas de données plus
récentes.
34–35 Anomalies congénitales
Les taux d’incidence des fentes labio-palatines par région du
monde ont été repris de Mossey et al, 2012. Les taux d’incidence
des différents groupes ethniques ont été repris de Gundlach K et
al, 2006. Les données sur l’incidence sont exprimées en nombre
moyen de défauts à la naissance par 100 000 naissances vivantes.
La terminologie afférente aux groupes ethniques a été adaptée. Le
groupe « asiatique » n’inclut pas les données du Japon et de la
Mongolie.
36–37 Traumatismes bucco-dentaires
Les statistiques sur les principales causes des traumatismes bucco-dentaires ont été reprises pour l’Europe de Boffano P et al,
2015 ; et pour le Rwanda de Majambo M et al, 2013. Même si ces
deux études diffèrent de par leur méthodologie et leur périmètre,
elles permettent d’établir une comparaison valable quant au pourcentage des différentes causes des traumatismes bucco-dentaires.

  1. Maladies bucco-dentaires et facteurs de risque
    42–43 Sucre
    Les données de la carte se fondent sur les statistiques publiées par
    la FAO. Ces statistiques montrent la disponibilité de chaque article alimentaire pour la consommation humaine. Les données de
    la carte incluent à la fois les sucres et les édulcorants, qui, selon
    la définition de la FAO, comprennent les produits suivants : fructose chimiquement pur, maltose chimiquement pur, sucre et sirops
    d’érable, sucre, glucose et dextrose, lactose, isoglucose, boissons
    sans alcool ; les données nutritives uniquement : la mélasse. Ces
    chiffres incluent donc à la fois le sucre de table (ajouté par le
    consommateur aux produits) et les sucres utilisés par l’industrie
    agro-alimentaire et ajoutés aux aliments transformés.
    L’infographie sur les Faits sur le sucre présente des statistiques sur
    la consommation de sucre qui sont des estimations reprenant les
    statistiques de la FAO citées ci-dessus. La consommation journalière de sucre par les enfants et par les adultes recommandée par
    l’OMS se fonde sur les lignes directrices de l’OMS : Apports en
    sucre pour l’enfant et pour l’adulte, publiées en 2015. La teneur
    en sucre par 100 g de produits alimentaires se fonde sur les informations disponibles communiquées par l’agence britannique
    National Health Service. Il est important de noter que la teneur
    en sucre de ces différents produits peut varier entre les pays, ainsi
    qu’entre les marques. Les pourcentages de sucre indiqués ne sont
    donc donnés qu’à titre indicatif.
    44–45 Tabac
    Les données sur la consommation mondiale de cigarettes et les
    faits de l’infographie sont repris du Tobacco Atlas (quatrième édition) avec la permission de l’American Cancer Society.
    48–49 Alimentation
    Les données sur l’indice de masse corporelle (IMC) ont été choisies
    pour illustrer l’une des conséquences les plus importantes d’une
    alimentation inappropriée. Ces données sont issues de l’Observatoire mondial de la Santé de l’OMS et présentent le pourcentage de
    personnes âgées de plus de 20 ans présentant un indice de masse
    corporelle de 25 ou supérieur, et comprenant les catégories du
    surpoids et de l’obésité.
  2. Maladies bucco-dentaires et société
    52–53 Les inégalités en santé bucco-dentaire – État de santé
    bucco-dentaire
    La carte de Londres reprend l’indice britannique de défavorisation multidimensionnel (Multiple Deprivation Index) qui intègre
    sept aspects : le revenu ; l’emploi ; la défavorisation sanitaire et le
    handicap ; les compétences éducationnelles et la formation ; les
    obstacles au logement et aux services ; le crime ; l’environnement
    de vie. Il est utilisé avec la permission du Data Blog du Guardian.
    Cette carte a été fusionnée avec les données du projet «Lives on
    the Line», lancé par le University College London, qui montre la
    différence d’espérance de vie d’une station de métro à l’autre. Les
    108 109
    ANNEXE ABRÉVIATIONS
    données sur la prévalence de la carie dentaire chez les enfants de
    5 ans dans une sélection d’arrondissements de Londres reprennent
    les données du NHS de 2012 (Muirhead V et al, 2013).
    Les données sur l’édentation sont reprises de Guarnizo-Herreño
    et al, 2013. Les pays ont été regroupés en fonction de la typologie
    du régime d’assurance santé de Ferrera (scandinave, anglo-saxon,
    bismarckien, et méridional) avec l’ajout du régime des pays d’Europe de l’Est. Le régime scandinave englobe la Suède, la Finlande
    et le Danemark ; le régime anglo-saxon englobe le Royaume-Uni
    et l’Irlande ; le régime bismarckien englobe l’Autriche, la Belgique,
    la France, l’Allemagne, le Luxembourg, et les Pays-Bas ; le régime
    méridional englobe la Grèce, l’Italie, le Portugal et l’Espagne ; et le
    régime des pays d’Europe de l’Est englobe la République tchèque,
    l’Estonie, la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie, et la Slovénie. La
    politique sociale suivie au sein de chacun de ces cinq modèles
    sociaux présente des caractéristiques spécifiques en termes de
    dépenses quant à l’aide sociale, d’emploi, de source principale
    de financement, de niveaux de pauvreté, de redistribution, et de
    privatisation de l’aide sociale (pour de plus amples informations,
    consulter Popova & Kozhevniova, 2013). Le graphique présenté
    montre que les niveaux d’édentation affichent des modèles similaires chez les personnes ayant un parcours professionnel et éducatif identique, quel que soit le type de système de santé du pays
    dans lequel ils vivent.
    54–55 Les inégalités en santé bucco-dentaire – Impact des maladies bucco-dentaires
    Qu’est-ce que les années de vie corrigées du facteur d’incapacité (AVCI) ? Selon la définition de l’OMS, une AVCI peut être vue
    comme une année en bonne santé « perdue », et la somme de
    toutes ces AVCI au sein de la population, ou charge de morbidité,
    comme une mesure de l’écart existant entre la situation sanitaire
    actuelle et une situation idéale où tout le monde atteindrait la vieillesse sans maladie ni invalidité. Les AVCI pour une maladie ou une
    affection donnée sont calculées comme la somme des années de
    vie perdues (YLL) à cause d’une mortalité prématurée au sein de
    la population et des années perdues à cause d’incapacités (YLD)
    pour les personnes vivant avec l’affection considérée ou ses conséquences. Les données utilisées pour la carte illustrant la charge des
    maladies bucco-dentaires sont reprises de l’Étude mondiale sur la
    charge de morbidité (Marcenes et al, 2013). Les données pour le
    graphique illustrant l’impact du revenu du foyer sur la qualité de
    vie liée à la santé bucco-dentaire sont reprises de Sanders et al,
  3. Enfin, les données du graphique illustrant l’effet de l’éducation sur la perception de la santé bucco-dentaire sont adaptées de
    Guarnizo-Herreño et al. (2014).
    56–57 Les inégalités en santé bucco-dentaire – Accès aux soins
    bucco-dentaires
    Le graphique sur « le prix de la négligence » reprend les données
    de Maiuro L, 2009.
    Les données illustrant le coût de différentes maladies dans les 27
    pays européens ont été obtenues auprès de différentes sources
    et études, toutes indiquées dans les références. Des données ont
    été obtenues pour les maladies cardiovasculaires (Nichols M et
    al, 2012) ; le cancer (Luengo-Fernandez R et al, 2013) ; la maladie d’Alzheimer (Wimo A et al, 2009); les maladies pulmonaires
    (European Respiratory Society, 2012) ; le diabète (IDF, 2013) ; les
    maladies neurologiques – notamment la sclérose en plaques, les
    maladies neuromusculaires et les AVC (Olesen J et al, 2012) ; et le
    coût des maladies bucco-dentaires (Eaton K, 2012).
  4. Maladies bucco-dentaires : prévention et
    traitement
    60–61 Fourniture de soins bucco-dentaires – Dentistes
    La méthode traditionnelle d’évaluation des effectifs nationaux
    consiste à calculer le ratio de professionnels par rapport à la population. Une telle carte est présentée dans la section suivante Fourniture de soins bucco-dentaires – Équipe dentaire.
    Cette section-ci présente une nouvelle approche, où l’indicateur
    de mesure est un ratio entre le nombre de professionnels de santé
    bucco-dentaire dans un pays donné et la charge de morbidité des
    maladies bucco-dentaires. Ce ratio s’appuie sur les données de
    l’OMS sur la densité du personnel de santé bucco-dentaire (appelé personnel dentaires par l’OMS, et incluant les dentistes, les
    personnels auxiliaires et les techniciens de laboratoire pour certains pays). Il s’agit des professionnels disponibles pour traiter la
    charge de morbidité des maladies bucco-dentaires. À des fins de
    simplicité, la charge est exprimée en AVCI, et elle est calculée en
    utilisant les données de la carie non soignée des dents de lait et
    des dents définitives, ainsi que des maladies parodontales aiguës,
    se rapportant par conséquent aux maladies bucco-dentaires présentant la charge de morbidité la plus élevée (Kassebaum et al,
    2014 & 2015).
    Cet indicateur de mesure permet de mettre particulièrement en
    avant les régions présentant une charge de morbidité élevée et un
    nombre de professionnels de santé bucco-dentaire restreint. Une
    valeur donnée doit être considérée par rapport aux autres pays et
    aux autres indices. Le ratio souligne également l’importance d’alléger le poids de la charge de morbidité, plutôt que d’accroître
    le nombre de professionnels, s’agissant du seul moyen réaliste de
    traiter les maladies bucco-dentaires. Tous les détails de ce nouvel indicateur de mesure, comprenant sa méthodologie, son interprétation et son application, seront communiqués dans un article
    scientifique à venir.
    Les ratios de dentistes féminins/masculins ont été communiqués
    par les associations dentaires nationales membres de la Fédération
    dentaire internationale.
    62–63 Fourniture de soins bucco-dentaires – Équipe dentaire
    Les statistiques sur le personnel dentaire sont tirées des Statistiques sanitaires mondiales 2014 de l’OMS qui couvrent les années 2006-2013. Pour les pays pour lesquels il n’existe pas de
    données récentes, des données plus anciennes ont été reprises :
    Antigua-et-Barbuda 1997, Somalie 1997, Haïti 1998, États-Unis
    d’Amérique 2000, Honduras 2000, Papouasie-Nouvelle-Guinée
    2000, Grèce 2001, Venezuela (République bolivarienne du) 2001,
    Saint Kitts and Nevis 2001, Dominique 2001, Saint-Vincent-etles-Grenadines 2001, Paraguay 2002, Sainte-Lucie 2002, Andorre
    2003, Portugal 2003, Espagne 2003, Pays-Bas 2003, République
    populaire démocratique de Corée 2003, Nicaragua 2003, Lesotho
    2003, Éthiopie 2003, Seychelles 2004, Argentine 2004, Italie 2004,
    Philippines 2004, Irlande 2004, Maurice 2004, Suriname 2004,
    Sao Tome-et-Principe 2004, Gabon 2004, Comores 2004, Guinée équatoriale 2004, Botswana 2004, Angola 2004, Népal 2004,
    Mozambique 2004, Érythrée 2004, Congo 2004, République démocratique du Congo 2004, Burundi 2004, Tchad 2004, Barbade
    2005, Iran (République islamique de) 2005, îles Salomon 2005,
    Chine 2005, Ouganda 2005, Guinée 2005.
    De plus, ces statistiques de l’OMS incluent non seulement les
    dentistes, mais aussi les infirmiers dentaires, les hygiénistes dentaires, et les techniciens de laboratoire dentaires. Parmi toutes les
    statistiques sur les professionnels de santé issus des Statistiques sanitaires mondiales 2014 de l’OMS, seule la catégorie « dentiste »
    s’appuie sur une telle approche non différenciée, tandis que les
    chiffres pour les médecins, les infirmiers et les pharmaciens sont
    bien distincts. La raison de cette différence d’enregistrement statistique n’est pas claire. En raison de la variabilité des sources de données, il peut être difficile de faire la distinction entre les dentistes
    et les professions auxiliaires pour tous les pays, dans la mesure où
    ils ne font pas l’objet de rapports séparés. Les chiffres présentés
    peuvent donc surestimer les personnels disponibles, et ils peuvent
    ne pas être comparables avec les données sur les dentistes provenant d’autres sources, notamment les statistiques nationales.
    64–65 Fournitures de soins bucco-dentaires – Continuum des
    soins bucco-dentaires
    Les données sur la disponibilité et sur l’utilisation des soins bucco-dentaires présentées dans le graphique sont reprises de Hosseinpoor et al, 2012, qui a analysé les données de 52 pays ayant
    participé à l’Enquête mondiale sur la Santé 2002–2004. Les informations sont basées sur un questionnaire qui faisait partie d’une
    enquête plus large.
    66–67 Prévention de la carie dentaire – Fluors
    Les informations sur l’utilisation mondiale du fluor se basent sur
    des estimations réalisées pour l’année 2000 par Rugg-Gunn, 2001,
    mais elles ont été adaptées car des estimations plus récentes ont été
    réalisées. Ces données doivent être interprétées avec la plus grande
    prudence, dans la mesure où des populations peuvent bénéficier
    simultanément de plusieurs sources de fluor. Ainsi, la majorité des
    personnes consommant de l’eau fluorée bénéficie aussi probablement de l’utilisation du dentifrice fluoré. La simple somme des personnes utilisant différents modes d’exposition au fluor ne permet
    donc pas de fournir une estimation fiable du nombre de personnes
    bénéficiant du fluor dans le monde. Les données sur la fluoration
    de l’eau ont été utilisées avec la permission de la British Fluoridation Society et reprises de sa publication One in a Million, 2012.
    Les informations sur les autres méthodes de fluoration sont encore
    plus rares et s’appuient bien souvent sur des estimations (tel qu’indiqué dans le texte – données sur la fluoration du sel en 2013,
    autres méthodes de fluoration 2001). L’absence d’informations
    fiables sur l’utilisation est en contradiction avec l’importance des
    fluors dans la prévention de la carie dentaire.
    68–69 Prévention de la carie dentaire – Dentifrice fluoré
    Les données sur les habitudes de brossage des dents sont issues
    d’une étude portant sur 20 pays (Honkala et al, 2015). Les données
    sur le coût annuel du dentifrice fluoré en termes de nombre de
    jours de dépenses d’un foyer sont basées sur une étude menée par
    Goldman et al, 2009. Dans leur calcul, la consommation annuelle
    moyenne a été établie à 182 g/personne.
  5. Les enjeux en santé bucco-dentaire
    72–73 Enjeux de la formation
    Les statistiques sur les écoles dentaires dans le monde sont reprises
    de la base de données de l’IFDEA (International Federation of Dental Educators Association). Dans la plupart des pays, le nombre
    d’écoles dentaires est resté stable au cours des 10 dernières années, notamment dans les pays à revenu élevé ; tandis que dans des
    pays spécifiques, tels que le Brésil, l’Inde, le Pakistan et d’autres, le
    nombre d’institutions de formation dentaire s’est fortement accru,
    en raison essentiellement d’un boom des écoles privées.
    74–75 Enjeux des migrations internationales
    Il n’existe quasiment pas de données sur les migrations internationales des dentistes, en dépit des efforts internationaux considérables menés pour recueillir des données sur les migrations des
    autres professionnels de santé. Cela peut s’expliquer par le volume
    global relativement restreint de ces migrations. Cependant, pour
    les pays plus petits, elles peuvent constituer un problème important. Les données disponibles sur les migrations des dentistes ont
    été simplifiées et condensées ; seuls les principaux flux de migration, pays d’origine et pays de destination sont représentés sur la
    carte.
  6. La santé bucco-dentaire dans l’agenda mondial
    80–81 Santé bucco-dentaire et MNT
    Les données utilisées pour la carte montrant les décès dus aux
    MNT – taux de mortalité normalisé selon l’âge (pour 100 000 habitants), pour les différents sexes, 2012 – ont été reprises de la base
    de données de l’Observatoire mondial de la Santé de l’OMS. Les
    estimations du coût de l’action vs. inaction dans les pays à faible
    revenu et à revenu intermédiaire ont été reprises d’un rapport commandé par l’OMS et publié par le Forum économique mondial
    en 2011. Un rapport supplémentaire publié à la même époque
    estime que le coût mondial des MNT, dont les maladies mentales,
    s’élèvera à 47 mille milliards de dollars américains au cours de la
    période 2010–2030 (Bloom et al, 2011).
    La frise chronologique fait la synthèse des grandes dates et des
    autres événements liés aux MNT, repris de sources différentes, et
    elle n’a pas vocation à être exhaustive.
    84–85 Santé bucco-dentaire et développement mondial
    Le délai éditorial de l’Atlas de la santé bucco-dentaire était avril
  7. À ce moment, les Objectifs de développement durable
    étaient toujours en négociation et n’avaient pas été approuvés
    de manière définitive. La phraséologie a été choisie en conséquence afin de tenir compte de toutes les révisions et modifications possibles.
    88–89 Amalgame dentaire et Convention de Minamata
    Les données de la carte illustrant le nombre de parties signataires à
    la Convention de Minamata sont reprises du PNUD et reflètent le
    statut de la Convention tel qu’au mois d’avril 2015.
    Abréviations utilisées dans l’Atlas
    AVCI Années de vie corrigées de l’incapacité
    CAO Dents cariées, absentes, obturées
    FDI Fédération dentaire internationale
    MNT Maladies non transmissibles
    OCDE Organisation pour la coopération et le
    ODD Objectifs de développement durable
    OMD Objectifs du Millénaire pour le développement
    OMS Organisation mondiale de la Santé
    PNUD Programme des Nations Unies pour le
    développement
    PNUE Programme des Nations Unies pour l’environnement
    UHC/CSU Couverture sanitaire universelle
    110 111
    ANNEXE RÉFÉRENCES
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    disponibilité et prix de 46
    facteurs de risque de
    anomalies congénitales 34
    cancer buccal 26, 27, 29, 39, 46, 47,
    93
    caries dentaires 46
    maladies parodontales 22, 25, 41,
    46, 92
    MNT 14, 25, 39, 40, 41, 59, 80
    traumatismes buccaux 41, 46
    politiques visant à réduire la
    consommation d’ 40, 46, 81, 82, 94
    amalgame dentaire 88, 89, 99, 103
    anomalies congénitales 13, 34–35
    approche pour une bonne santé buccodentaire tout au long de la vie 14
    brossage des dents 10, 68, 69
    cancer buccal 26–29, 93
    caries dentaires 10, 11, 16–21, 51, 54, 92
    absence de données standardisées 16
    développement de la maladie 18–19, 42
    facteurs de risque de 41, 42, 46, 99
    facteurs influençant le développement
    des 19
    impact sur la santé générale et le bienêtre 16, 21
    moyenne CAO chez les enfants de
    12 ans 16–17
    prévention des 21, 66, 68, 69
    Charte d’Ottawa pour la promotion de la
    santé 39, 51
    consommation de tabac 11, 13, 14, 44–45
    consommation de tabac non fumé 44, 45
    facteurs de risque de
    anomalies congénitales 34
    cancers buccaux 26, 27, 39, 45
    maladies parodontales 22, 24, 25,
    41, 45
    MNT 14, 25, 39, 40, 41, 59, 80
    politique de lutte contre le tabagisme
    39, 40, 44, 82, 94
    tabac fumé 44, 45
    Convention de Minamata sur le mercure
    (2013) 79, 88–89, 96, 105
    Couverture sanitaire universelle 79, 84,
    86–87, 92, 96
    Déclaration universelle des droits de
    l’homme des Nations Unies 13
    dentifrice voir fluor
    dentistes 60–61
    illégaux 62, 63
    ratio dentistes féminins/masculins 61
    ratio par rapport à la charge de
    morbidité de l’AVCI perdue à cause
    des maladies bucco-dentaires 60, 61
    dentition 10–11, 92
    dénutrition 48 voir aussi régime
    alimentaire
    déterminants sociaux de la santé 39, 40,
    41, 84, 94
    politique pour traiter 40, 60, 94
    données voir surveillance des maladies
    édentation 15, 51
    éducation dentaire 71, 72–73, 96, 102
    étiquetage alimentaire 48, 51
    Étude mondiale de morbidité 13, 16
    facteurs de risque 39–50, 94
    approche basée sur des facteurs de
    risques communs 29, 40, 59, 82, 94
    pour les MNT dont les pathologies
    bucco-dentaires 13, 14, 25, 39, 41,
    80, 81, 84
    facteurs de risques communs voir facteurs
    de risque
    fente labiale et/ou palatine voir
    malformations orofaciales
    fentes oro-faciales 34–35, 93, 100
    facteurs de risque pour 34
    politique pour améliorer le traitement
    des 34
    traitement des 34, 35
    fluor 18, 21, 66–67, 96
    accès universel au 21, 59, 66, 105
    capacité financière à acheter du 21, 64,
    68, 69
    dentifrice fluoré 10, 21, 65, 66, 68–69,
    92, 96, 104
    intervention de fluoration 59, 66, 67,
    96, 106
    politiques en matière de 68, 96
    gingivite 22
    gradient social voir inégalités
    hygiène bucco-dentaire 11, 18, 22, 23, 32,
    62, 65, 66, 68, 92, 96, 99
    hypodontie 34
    Indice CAO 17, 103
    inégalités 51–57, 95
    dans la morbidité 14, 52, 54–55, 95
    dans la santé bucco-dentaire des
    populations plus jeunes 54
    dans l’accès aux soins bucco-dentaires
    39, 51, 56–57, 95
    dans l’éducation et son impact sur la
    perception de sa santé buccodentaire 55
    dans l’état bucco-dentaire 51, 52–53
    maladies non transmissibles (MNT) 9
    facteurs de risques communs avec les
    maladies bucco-dentaires 13, 14, 25,
    39, 41, 80, 81
    taux de mortalité lié au 80, 81
    maladies parodontales 11, 13, 22–25, 54,
    92, 99
    absence de données standardisées sur
    22
    association avec
    bébés prématurés, ayant un poids
    insuffisant à la naissance 15, 22
    cancer gastro-intestinal et cancer du
    pancréas 15
    diabète 15, 22
    maladies cardiovasculaires 15, 22
    maladies respiratoires 15, 22
    VIH/SIDA 14, 26
    développement des 23
    facteurs de risque de 22, 25, 41, 44, 46
    signe d’autres troubles 14, 15
    malnutrition 48 voir aussi régime
    alimentaire
    malocclusion 34
    mercure 88–89
    noma 13, 15, 32–33, 93
    détection et traitement du 33, 93
    facteurs de 33, 48
    obésité 48, 49
    facteurs de risque d’anomalies
    congénitales 34
    facteurs de risque de maladies
    parodontales 25
    Objectifs de développement durable des
    Nations Unies (ODD) 9, 79, 84, 85
    Objectifs du Millénaire pour le
    développement des Nations Unies 79,
    84, 85
    Organisation mondiale de la Santé (OMS)
    82–83
    Index alphabétique
    Crédits photographiques
    Couvertures Tony Camacho/Science Photo Library; 10 iStockphoto.
    En haut, de gauche à droite : bmcent1; Zurijeta; GordonsLife;
    Bottom row: energy; acilo; monkeybusinessimages; yvdavyd;
    Hogie; joecobbs; shironosov; Suze777; 13 G.M.B. Akash / Panos;
    15 comotion_design / iStockphoto; 18 Science Photo Library; 20
    iStockphoto. De gauche à droite : phildate; bowdenimages; jaroon;
    24 iStockphoto / jaroon; 28 © Kurt Krieger/Corbis; © Denis O’Regan/Corbis; 32 © Charlotte Faty Ndiaye: WHO/AFRO; 33 Winds of
    Hope / Philippe Rathle; Winds of Hope / Philippe Rathle; iStockphoto / MShep2; iStockphoto / ranplett; iStockphoto / agafapaperiapunta; 34 Dr MA Ansary / Science Photo Library; 37 Meinzahn
    / iStockphoto; urbancow / iStockphoto; 38 Sofie Delauw / Cultura
    / Science Photo Library; 41 iStockphoto, commençant en haut à
    droite, dans le sens horaire : Twirl; PeopleImages; MotoEd; diane
    39; Inakiantonana; Sergey Nivens; jonya; Fertnig; 50 Chris Stowers
    / Panos; 58 4774344sean / iStockphoto; 70 kevinruss / iStockphoto;
    78 Sanjit Das / Panos; 90 Chris De Bode / Panos; 99 jade tooth,
    Mayan skull: Anything and Everything Blog; Halin teeth: Myanmar
    Archaeology Students Blog; Bridge: What’s behind a smile?/ Discovery Museum, Newcastle, UK; 101 Laughing gas: David Pearce,
    BLTC Research; Waterloo teeth: British Dental Association; 102
    Vulcanite dentures: British Dental Association; Beaman Hobbs: Kansas Historical Society; 103 Irene Newman: Find A Grave, Inc.; Ritter
    chair: Ritter Dental; FDI Paris: FDI World Dental Federation.
    120
    code de pratique pour le recrutement
    international 74
    Convention-cadre de l’OMS pour la
    lutte anti-tabac 44, 82, 105
    définition de la santé bucco-dentaire 13
    estimation du coût du traitement des
    maladies bucco-dentaires 56
    modèle de système de santé buccodentaire approuvé 64
    Plan d’action de l’OMS pour la
    promotion de la santé bucco-dentaire
    (2007) 59
    Plan d’action mondial de l’OMS
    pour la lutte contre les maladies non
    transmissibles 79, 80, 81, 83
    Programme régional de l’OMS de lutte
    contre le noma 32, 33
    recommandations en matière de
    chirurgie reconstructive des fentes
    orofaciales 34
    consommation de sucre 42, 43, 82,
    83, 105
    fluor 66
    régime alimentaire 49
    voir aussi stratégies
    plaque dentaire 18, 19, 69
    politiques pour
    améliorer le dentifrice fluoré 68
    améliorer le traitement des anomalies
    congénitales 34
    faire la promotion d’un régime
    alimentaire équilibré 48
    lutter contre le tabagisme 39, 44
    prévenir les traumatismes buccodentaires 36
    réduire la consommation d’alcool 46
    réduire la consommation de sucre 42
    traiter les déterminants sociaux 40, 52
    priorités de recherche de l’IADR-GOHIRA
    77
    problèmes de santé des populations plus
    âgées 14
    professionnels de santé bucco-dentaire
    62–63, 95
    migration des 71, 74
    ratio du personnel par rapport à la
    population 62, 63
    rôle dans l’atténuation des inégalités en
    santé bucco-dentaire 52, 60, 95
    programmes de fluoration de l’eau 39, 51,
    66, 67 voir aussi fluor
    protège-dents 11
    régime alimentaire 48–49, 94
    facteurs de risque de
    maladies bucco-dentaires 34, 39, 41,
    48, 59
    MNT 14, 25, 39, 40
    impact sur les maladies parodontales 22
    politiques pour promouvoir un régime
    équilibré 48, 59
    régime équilibré 48, 49
    Réunion de haut niveau des Nations Unies
    sur la prévention et la maîtrise des MNT
    59, 80, 82, 83
    salive
    absence de 13
    utilisée pour identifier les marqueurs du
    VIH 15
    santé bucco-dentaire
    en tant que droit humain 13, 84
    enjeux en 71–77
    intégration aux stratégies de diminution
    des MNT 21, 29, 79–83, 92, 96
    liens avec la santé générale 13, 14–15,
    84, 92
    partie intégrante du développement
    durable 84, 85, 96
    recherche sur 76–77
    soins bucco-dentaires 60–66
    accès aux 21, 60, 64, 65
    continuum des 64, 65
    soins bucco-dentaires élémentaires 64
    soins dentaires 11
    stratégies de promotion de la santé et
    interventions préventives au sein de la
    population 9, 51, 59
    stratégies pour combattre
    cancers buccaux 26, 29
    caries dentaires 21, 66
    consommation excessive d’alcool 46
    maladies parodontales 25
    sucre 42–43, 51, 99
    avantages de la diminution 21
    facteurs de risque de
    maladies bucco-dentaires 39, 42, 101
    MNT 14, 25, 39, 40, 42, 59, 80
    impact sur les caries dentaires 10, 18,
    19, 42, 66
    impact sur les maladies parodontales 25
    lignes directrices de l’OMS sur 42, 43
    politique pour limiter la consommation
    42, 48, 82, 94
    sucres ajoutés 39, 42, 43, 46, 47, 48, 51
    surveillance des maladies 93
    absence de 16, 22, 56, 84
    cancer buccal 29
    maladies bucco-dentaires 21
    maladies parodontales 29
    tabac voir consommation de tabac
    témoignages de patients 20, 24, 28,
    tourisme dentaire 71, 75
    traumatismes bucco-dentaires 13, 36–37,
    93
    facteurs de risque de 36, 41, 46
    politique pour prévenir les 36
    troubles bucco-dentaires 13–38 voir aussi
    troubles spécifiques
    AVCI perdue à cause des 54
    charge mondiale des 9, 13, 84
    coût indirect des 56, 84
    impact sur la qualité de vie 16, 21, 54,
    56
    nombre de personnes affectées par 16,
    54
    surveillance, contrôle et évaluation des
    21
    VIH/SIDA 30–31, 93
    impact sur les troubles bucco-dentaires
    13, 14, 26, 30
    symptômes bucco-dentaires 13, 30
    Vision 2020 de la FDI 9, 59, 62, 71, 105
    À propos de la FDI
    La Fédération dentaire internationale (FDI) est le principal organe de
    représentation de plus d’un million de dentistes dans le monde. Elle est
    chargée d’élaborer des politiques de santé et des programmes d’éducation
    continue, de s’exprimer au nom de la profession dentaire dans les efforts
    de promotion et de défense internationaux et d’apporter un soutien à ses
    associations membres lors des activités mondiales de promotion de la santé
    bucco-dentaire. Au fil des ans, la FDI a élaboré de nombreux programmes,
    initiatives, campagnes et politiques et tenu de nombreux congrès, toujours

dans l’optique d’occuper un espace qu’aucune autre organisation non-gou

vernementale n’est en mesure de prendre.

La FDI travaille au niveau national et au niveau international, par le bi

ais de ses propres activités et de celles des associations dentaires qui en
sont membres. Elle entretient des relations officielles avec l’Organisation
mondiale de la Santé (OMS) et elle est membre de l’Alliance mondiale des
professions de santé (AMPS).
Les maladies bucco-dentaires, telles que la carie dentaire, les maladies parodontales et le cancer buccal, comptent parmi les maladies
humaines les plus courantes et les plus répandues. Il est généralement possible de les relier aux mêmes facteurs de risque évitables
que plus de 100 autres maladies non transmissibles. Pourtant, l’attention internationale accordée aux maladies bucco-dentaires ne
reflète pas le nombre élevé de cas, ni l’impact de ces maladies sur
les personnes, sur les populations et sur la société civile.
La première édition de l’Atlas de la santé bucco-dentaire a cherché
à « cartographier un problème de santé mondiale négligé ». La nouvelle édition de cet Atlas continue à mettre en lumière l’ampleur de
ce problème dans le monde et revient sur les politiques et stratégies
mises en place pour traiter la charge de morbidité mondiale des maladies bucco-dentaires. L’enjeu des maladies bucco-dentaires – un
appel pour une action mondiale est une ressource de grande valeur
pour les experts de la santé publique, les décideurs politiques, la profession bucco-dentaire et toute personne s’intéressant à la santé bucco-dentaire.
Parmi les nombreux sujets de santé bucco-dentaire traités
dans cet Atlas :

  • l’impact et la charge des maladies bucco-dentaires, telles que la
    carie dentaire, les maladies parodontales, le cancer buccal et d’autres
  • les grands facteurs de risque et l’approche basée sur des facteurs de
    risque communs • les inégalités en santé bucco-dentaire • la prévention et le traitement des maladies bucco-dentaires • les enjeux des
    maladies bucco-dentaires • s’assurer que la santé bucco-dentaire est
    portée sur les agendas mondiaux de la santé et du développement.