L’Atlas de la santé bucco-dentaire
SECONDE ÉDITION
L’Atlas de la santé bucco-dentaire
SECONDE ÉDITION
UN APPEL POUR UNE ACTION MONDIALE
L’ENJEUDESMALADIES
BUCCO-DENTAIRES
L’ENJEU DES MALADIES
BUCCO-DENTAIRES
Un appel pour une action
mondiale
L’Atlas de la santé bucco-dentaire
SECONDE ÉDITION
Avant-propos 5
Remerciements 6
Chapitre 1 Introduction 8
Des dents saines pour une vie en bonne santé 10
Chapitre 2 Maladies bucco-dentaires et santé 12
Santé bucco-dentaire et état général 14
Carie dentaire
Charge de morbidité de la maladie 16
Développement de la maladie 18
Témoignages de patients / Quelles mesures prendre ? 20
Maladies parodontales
Nature du processus de la maladie 22
Témoignages de patients / Quelles mesures prendre ? 24
Cancer buccal
Charge de morbidité de la maladie 26
Témoignages de patients / Quelles mesures prendre ? 28
VIH/SIDA et santé bucco-dentaire 30
Noma 32
Anomalies congénitales 34
Traumatismes bucco-dentaires 36
Chapitre 3 Maladies bucco-dentaires et facteurs de risque 38
Déterminants sociaux et facteurs de risque communs 40
Sucre 42
Tabac 44
Alcool 46
Alimentation 48
Chapitre 4 Maladies bucco-dentaires et société 50
Les inégalités en santé bucco-dentaire
État de santé bucco-dentaire 52
Impact des maladies bucco-dentaires 54
Accès aux soins bucco-dentaires 56
Table des matières
Première publication par la Fédération dentaire internationale (FDI) en 2015
Texte et illustrations copyright © Fédération dentaire internationale (FDI) 2015
Cartes, schémas, graphiques et concept original copyright © Myriad Editions 2015
Tous droits réservés
Publié pour la Fédération dentaire internationale par
Myriad Editions
Brighton, R-U
www.myriadeditions.com
Aucune partie de cet ouvrage ne peut être reproduite, enregistrée dans un système de recherche documentaire et de
consultation, ou transmise sous quelque forme que ce soit et par quelque moyen que ce soit sans l’autorisation écrite de
la Fédération dentaire internationale (FDI). Veuillez écrire à l’adresse info@fdiworldental.org pour toute demande.
Les opinions exprimées dans cet ouvrage ne reflètent pas obligatoirement celles de la Fédération dentaire internationale
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approuve ou les recommande. Toutes les précautions raisonnables ont été prises pour garantir l’exactitude de l’ensemble
des informations communiquées dans cet ouvrage. La Fédération dentaire internationale (FDI) ne peut nullement être
tenue responsable si certaines informations se révèlent néanmoins incorrectes.
Les dénominations ainsi que la présentation des données utilisées dans cet ouvrage ne reflètent nullement une quelconque
opinion de la part de la Fédération dentaire internationale (FDI) quant au statut légal de tout pays, territoire, ville, région
ou de leurs autorités, ou quant au tracé de leurs frontières ou limites. Les lignes pointillées utilisées dans les cartes
représentent des frontières qui ne sont pas reconnues de manière unanime. Les termes de « pays à faible revenu, à revenu
intermédiaire, et à revenu élevé » utilisés dans cet ouvrage reprennent les définitions de la Banque mondiale. En raison
de contraintes d’espace, la FDI a choisi d’utiliser les noms et abréviations les plus courants pour les pays suivants sur les
cartes et sur les autres graphiques :
Toutes les saisies – données, sources et références – ont été clôturées le 30 avril 2015.
Citation suggérée : L’enjeu des maladies bucco-dentaires – un appel pour une action mondiale. L’Atlas de la santé buccodentaire. 2nde éd., Genève : Fédération dentaire internationale (FDI) ; 2015.
Avertissement
ARYM : Ancienne République
yougoslave de Macédoine
B-H : Bosnie-Herzégovine
Bolivie : État plurinational de Bolivie
Brunei : Brunei Darussalam
Congo : République du Congo
Corée du Nord : République
populaire démocratique de Corée
Corée du Sud : République de Corée
EAU : Émirats arabes unis
États-Unis : États-Unis d’Amérique
Iran : République islamique d’Iran
Laos : République démocratique
populaire lao
Liecht. : Liechtenstein
Lux. : Luxembourg
Moldavie : République de Moldavie
Mont. : Monténégro
Ouzbék. : République d’Ouzbékistan
Pays-Bas : Royaume des Pays-Bas
Rép. dém. du Congo : République
démocratique du Congo
R-U : Royaume-Uni de GrandeBretagne et d’Irlande du Nord
Russie : Fédération de Russie
Slov. : Slovénie
Slovaquie : République slovaque
St Vincent & Grenad. : Saint-Vincentet-les-Grenadines
Suisse : Confédération suisse
Syrie : République arabe syrienne
Tanzanie : République unie de
Tanzanie
Timor oriental : République
démocratique du Timor oriental
Venezuela : République bolivarienne
du Venezuela
5
La Fédération dentaire internationale (FDI) représente plus d’un million de dentistes dans le
monde par l’intermédiaire des quelques 150 associations dentaires nationales (NDA) qui en sont
membres. Partant du constat que la santé bucco-dentaire est fondamentale pour un bon état de
santé général et pour le bien-être, elle cherche à réaliser sa vision pour « conduire le monde à
une santé bucco-dentaire optimale » en s’appuyant pour cela sur les quatre piliers de sa mission
qui visent à construire les moyens d’action des NDA, à garantir le transfert de connaissances, à
assurer une éducation continue, et à faire la promotion de la santé bucco-dentaire.
Pour parvenir à une santé bucco-dentaire optimale, il est nécessaire de comprendre où nous en
sommes aujourd’hui. C’est dans ce but que la FDI a publié son premier Atlas de la santé bucco-dentaire en 2009, avec l’objectif annoncé de « cartographier un problème de santé mondiale
négligé ». Ouvrage de référence, dense et informatif, mais néanmoins accessible aux lecteurs
néophytes, cet Atlas a proposé une approche inédite et innovante pour une meilleure compréhension des maladies bucco-dentaires, de leur épidémiologie et de leurs facteurs de risque, et il
a mis en lumière des domaines d’inquiétude spécifiques.
Outil unique, capable de présenter un sujet très complexe à des publics très divers, l’Atlas a reçu
un accueil très positif tant de la part des dentistes et des chercheurs dentaires que du monde
académique, des institutions sanitaires, et d’autres professions de santé. Encouragée par le succès de la première édition, la FDI a décidé de le rééditer, en ajoutant un nouvel objectif, celui
de l’activisme, aux qualités de la première version. Le but étant désormais de faire bouger les
lignes, en plus de cerner les problèmes. L’enjeu des maladies bucco-dentaires – un appel pour
une action mondiale est donc bien plus qu’une source d’informations précieuses ; c’est, pour la
FDI, un outil essentiel pour faire la promotion de la santé bucco-dentaire.
La FDI estime que la santé bucco-dentaire est un droit fondamental et elle fait écho à la Déclaration d’Adélaïde sur l’intégration de la santé dans toutes les politiques (2010) dans son propre
principe d’une « intégration de la santé bucco-dentaire dans toutes les politiques ». Ce nouvel
ouvrage cherche à donner corps à ce concept, en avançant des pistes d’action et des recommandations à chaque fois que cela est possible et pertinent. L’objectif global est d’aider les leaders
et décideurs politiques, qui peuvent ne pas être des spécialistes de la santé, à tenir compte des
aspects de la santé bucco-dentaire, du bien-être et de l’équité lors de l’élaboration des politiques
et des services, de leur mise en œuvre et de leur évaluation.
Dr Patrick Hescot,
FDI President
Chapitre 5 Maladies bucco-dentaires : prévention et traitement 58
Fourniture de soins bucco-dentaires
Dentistes 60
Équipe dentaire 62
Continuum des soins bucco-dentaires 64
Prévention de la carie dentaire
Fluors 66
Dentifrice fluoré 68
Chapitre 6 Les enjeux en santé bucco-dentaire 70
Enjeux de la formation 72
Enjeux des migrations internationales 74
Enjeux de la recherche 76
Chapitre 7 La santé bucco-dentaire dans l’agenda mondial 78
Santé bucco-dentaire et MNT
Un plan d’action commun 80
Une dynamique en plein essor 82
Santé bucco-dentaire et développement mondial 84
Couverture sanitaire universelle 86
Amalgame dentaire et Convention de Minamata 88
Chapitre 8 Un appel pour une action mondiale 90
Recommandations pour la promotion de la santé bucco-dentaire 92
Annexe 98
Les grandes dates de la médecine dentaire 99
Commentaires sur les données et les sources 106
Abréviations 109
Références 110
Crédits photographiques 118
Index alphabétique 119
Avant-propos
6 7
La FDI adresse toute sa gratitude à toutes les personnes
qui ont apporté leur aide lors de la préparation de L’enjeu
des maladies bucco-dentaires – un appel pour une action
mondiale.
Nous tenons à remercier tout particulièrement nos
rédacteurs en chef, le Professeur Habib Benzian, Faculté
d’odontologie, Université de New York, États-Unis, et le
Professeur David Williams, Barts and The London School
of Medicine and Dentistry, Queen Mary University of
London, R-U, pour leur profond engagement et leur
précieuse contribution à ce projet, ainsi que Tania Séverin,
rédactrice adjointe, FDI.
Nous remercions également les membres de notre Équipe
spéciale Atlas de la santé bucco-dentaire pour leur
supervision et leurs conseils :
Lijian Jin, Faculté de médecine dentaire, Université de
Hong Kong, RAS de Hong Kong, Chine, président de
l’Équipe spéciale
Habib Benzian, Faculté d’odontologie, Université de New
York, États-Unis
Kevin Hardwick, Association dentaire américaine, ÉtatsUnis
Feue Fannye Thompson, ministre de la santé, la Barbade
David Williams, Barts and The London School of Medicine
and Dentistry, Queen Mary University of London, R-U
Nous adressons toute notre reconnaissance à l’équipe
de la FDI : Claudia Marquina, rédactrice en chef, et
Jean-Luc Eiselé, Directeur exécutif (2011-2015).
Tous nos remerciements vont à l’association dentaire de
Hong Kong pour son généreux soutien de L’enjeu des
maladies bucco-dentaires – un appel pour une action
mondiale. Nous souhaitons aussi remercier nos partenaires
GC Corporation, Henry Schein, Ivoclar Vivadent, Listerine,
Morita, Sunstar et Unilever pour le soutien apporté aux
activités de promotion de la FDI dans le cadre de son
initiative Vision 2020 de la FDI.
Nos remerciements les plus chaleureux aux contributeurs
suivants pour leurs conseils sur des chapitres et des
données spécifiques :
Chapitre 1 – Introduction
Kitty Hse, School Dental Care Service, RAS de Hong
Kong, Chine
Chapitre 2 – Maladies bucco-dentaires et santé
Lijian Jin, Faculté de médecine dentaire, Université de
Hong Kong, RAS de Hong Kong, Chine
Ira Lamster, École de santé publique Mailman, Université
Columbia, États-Unis
Peter Mossey, École d’odontologie, Université de Dundee,
R-U
Sudeshni Naidoo, Faculté d’odontologie, Université du
Cap occidental, Afrique du Sud
Benoit Varenne, Bureau régional de l’Afrique,
Organisation mondiale de la Santé, République du Congo
Saman Warnakulasuriya, Dental Institute, King’s College
Londres, R-U
Domenick Zero, Institut de recherche en santé buccodentaire, École dentaire de l’université de l’Indiana,
États-Unis
Chapitre 3 – Maladies bucco-dentaires et facteurs de
risque
Michael Eriksen, École de santé publique, Université
d’État de la Géorgie, États-Unis
Zairah Roked, Groupe de recherche sur les violences,
Université de Cardiff, R-U
Andrew Rugg-Gunn, École de sciences dentaires,
Université de Newcastle, R-U
Aubrey Sheiham, Département de recherche en
épidémiologie et en santé publique, University College
London, R-U
Jonathan Shepherd, Groupe de recherche sur les
violences, Université de Cardiff, R-U
Carrie Whitney, École de santé publique, Université d’État
de la Géorgie, États-Unis
Chapitre 4 – Maladies bucco-dentaires et société
Stefan Listl, Groupe sur l’économie de la santé
translationnelle, CHU de Heidelberg, Allemagne
Georgios Tsakos, Département de recherche en
épidémiologie et en santé publique, University
College London, R-U
Richard Watt, Département de recherche en
épidémiologie et en santé publique, University College
London Londres, R-U
David Williams, Barts and The London School of Medicine
and Dentistry, Queen Mary University of London, R-U
Chapitre 5 – Maladies bucco-dentaires : prévention et
traitement
Habib Benzian, Faculté d’odontologie, Université de New
York, États-Unis
Jo Frencken, Faculté de sciences dentaires, Université
Radboud de Nimègue, Pays-Bas
Brittany Seymour, Département de politique en santé
publique et d’épidémiologie, Harvard School of Dental
Medicine, États-Unis
Nermin Yamalik, Faculté d’odontologie, Université de
Hacettepe, Turquie
Chapitre 6 – Les enjeux en santé bucco-dentaire
Madhan Balasubramanian, Centre de recherche australien pour la recherche en santé bucco-dentaire, Faculté
d’odontologie, Université d’Adélaïde, Australie
David Brennan, Centre de recherche australien pour la
recherche en santé bucco-dentaire, Faculté d’odontologie,
Université d’Adélaïde, Australie
Christopher Fox, International Association for Dental
Research, États-Unis
Sally Hewett, Ihland Garden Dental, États-Unis
Chapitre 7 – La santé bucco-dentaire dans l’agenda
mondial
Robert Beaglehole, Université d’Auckland, NouvelleZélande
Manu Raj Mathur, Public Health Foundation of India &
Département de recherche en épidémiologie et en santé
publique, University College London, R-U
Christopher Simpson, Fédération dentaire internationale
(FDI),
David Williams, Barts and The London School of Medicine
and Dentistry, Queen Mary University of London, R-U
Annexe
Malcolm Bishop, Dental Institute, Kings College London,
R-U
Remerciements
8
9
La première édition de l’Atlas de la santé buc
co-dentaire, publiée en 2009, visait à « cartogra
phier un problème de santé mondiale négligé ».
Ce problème n’a pas été davantage pris en charge
depuis, mais il se dessine cependant des occa
sions inédites et encourageantes pour agir et
traiter les maladies bucco-dentaires à l’échelle
mondiale. Le titre de cette seconde édition, l’En
jeu des maladies bucco-dentaires – un appel pour
une action mondiale, a été modifié pour prendre
acte de ces avancées.
Ce texte entièrement remanié s’adresse explici
tement aux décideurs politiques et aux leaders
d’opinion. Il s’affirme clairement comme une
ressource de promotion destinée à l’ensemble
des professionnels de santé bucco-dentaire ainsi
qu’aux personnes qui s’inquiètent de la charge
mondiale de morbidité, inacceptable, des mala
dies bucco-dentaires. Cet ouvrage est un recueil
d’informations, de données et de faits sur de nom
breux sujets en lien avec la santé bucco-dentaire.
Il dresse l’état des lieux de la santé bucco-den
taire dans le monde à travers le prisme de la santé
publique et des populations, et il vise clairement
à en soutenir l’effort de promotion et d’action.
Ainsi que l’illustre cet ouvrage, il existe de graves
lacunes dans les données épidémiologiques
récentes sur les maladies bucco-dentaires ma
jeures, notamment dans les pays à faible revenu
ou à revenu intermédiaire. De ce fait, la sensi
bilisation générale aux maladies bucco-dentaires
reste globalement faible parmi les décideurs
politiques, les planificateurs en santé publique
et la communauté de la santé. Les interventions
existantes visant à prévenir et à contrôler les
maladies bucco-dentaires sont encore bien trop
souvent considérées comme un luxe accessoire
plutôt que comme un droit humain fondamental
pour chacun. La charge mondiale de morbidité
des maladies bucco-dentaires reste donc toujours
en grande partie négligée, et ces dernières ne se
voient allouer qu’un faible pourcentage de res
sources pour les activités de surveillance, de pré
vention, de soins et de recherche.
L’un des principaux objectifs de cet ouvrage est
donc de mieux sensibiliser les décideurs poli
tiques à la nécessité de s’attaquer au problème de
la charge de morbidité des maladies bucco-den
taires. Il présente un panorama des principales
maladies bucco-dentaires et de la charge qu’elles
représentent. Il fait le point sur les difficultés ac
tuelles rencontrées par les professionnels de santé
bucco-dentaire et il propose différents trains de
mesures qui peuvent – et devraient – être prises
pour alléger la charge mondiale de morbidité de
ces maladies.
De nouveaux chapitres replacent la santé buc
co-dentaire dans le contexte plus général du
développement international, où des initiatives
majeures, telles que les Objectifs de dévelop
pement durable (ODD) des Nations Unies, la
reconnaissance de la charge de morbidité mon
diale croissante des maladies non transmissibles
(MNT), et la Convention de Minamata sur le mer
cure, offrent de nouvelles et solides occasions
de mettre en place des approches de promotion,
d’intégration et intersectorielles.
Complété par un bref rappel historique de la
santé et des maladies bucco-dentaires, l’Atlas se
referme sur des Commentaires sur les données et
les sources détaillés qui alertent sur l’étendue des
lacunes des informations en santé bucco-den
taire.
La vision de la FDI pour « conduire le monde à
une santé bucco-dentaire optimale » requiert de
passer du modèle de soins prédominant actuel,
essentiellement curatif et axé sur les services
cliniques aux patients individuels, à un modèle
d’interventions préventives à l’échelle des popu
lations.
Pour réussir, ce changement de paradigme déli
cat appelle un effort concerté de la part de l’en
semble des parties prenantes concernées par la
santé bucco-dentaire. Il nécessite également de
nouer de nouveaux partenariats avec d’autres ac
teurs du monde de la santé et d’autres secteurs.
Les efforts internationaux menés pour réduire la
charge de morbidité des autres MNT ont montré
qu’il était possible, avec un leadership solide et
un large soutien politique, de mener ce type d’ac
tions audacieuses. Il est désormais temps d’inté
grer la santé bucco-dentaire à ces efforts.
Habib Benzian
New York, États-Unis
Rédacteur en chef
David Williams
Londres, R-U
Rédacteur en chef
Introduction Chapitre 1
Il est possible de commencer
à nettoyer ou à essuyer la
première dent d’un bébé à
son éruption. Les biberons
de boissons sucrées ou de jus
de fruits peuvent provoquer
une carie précoce pendant
l’enfance. Il est préférable de
donner des biberons d’eau
pure.
Les enfants peuvent
commencer à se brosser les
dents deux fois par jour,
sous la surveillance de leurs
parents, en utilisant une
noix de dentifrice fluoré (de
la taille d’un petit pois). Les
premiers bilans dentaires
peuvent commencer très tôt
pendant l’enfance.
Adopter de bonnes
habitudes alimentaires,
en limitant la quantité de
sucreries et leur fréquence
de consommation.
Commencer à porter des
protège-dents pour les sports
de contact.
Prendre l’habitude
régulière de se brosser
les dents deux fois par
jour en utilisant du
dentifrice fluoré.
Éviter les sucreries, le
tabac et l’alcool.
Une bonne hygiène
bucco-dentaire et des
habitudes de vie saines,
associées à des bilans
dentaires réguliers, permettent
d’éviter les caries dentaires et
les maladies parodontales. Les
femmes enceintes doivent
faire particulièrement
attention à leur santé
bucco-dentaire.
Le risque de maladies peut
être accru par la sécheresse
buccale liée à une
production limitée de
salive. Des contrôles
réguliers peuvent aider à
conserver une bouche en
bonne santé et une bonne
qualité de vie.
Âge : 6 mois
Début de l’éruption
dentaire.
Âge : 2 ans et demi
Éruption de toutes les dents de
lait (supérieures et inférieures).
Âge : 12 ans
Éruption de la plupart
des dents définitives.
Âge : 21 ans
Les troisièmes molaires (dents de sagesse)
sont les dernières dents à se développer.
Âge : 6 ans
Éruption des premières dents définitives.
UNE BONNE SANTÉ BUCCO-DENTAIRE
POUR TOUTE LA VIE
Des dents de lait et
des dents définitives
saines sont
importantes pour
l’état de santé
général et pour le
bien-être tout au long
de la vie.
Des dents saines pour une vie en bonne santé
Il est important d’avoir une dentition saine et
en parfait état à chaque étape de la vie car elle
est nécessaire à toutes les fonctions humaines
essentielles, telles que parler, sourire, s’engager
dans des activités sociales et manger. Les dents
aident aussi à rendre chaque visage unique.
Une dentition normale se compose de 20 dents
de lait, progressivement remplacées par 32
dents définitives. L’éruption dentaire commence
vers l’âge de 6 à 10 mois, généralement par les
incisives inférieures. L’éruption de toutes les
dents de lait se termine habituellement vers l’âge
de deux ans et demi.
Des dents de lait saines préservent l’espace nécessaire aux dents définitives qui se développent
dans la mâchoire. Leur perte prématurée, à cause
des caries dentaires ou de blessures, se traduit
souvent par une perte d’espace pour les dents
suivantes et elle peut conduire à des problèmes
d’encombrement dentaire.
L’éruption des incisives inférieures définitives et
des premières molaires définitives se produit vers
l’âge de 6 ans. La période de transition entre les
dents de lait et la dentition définitive s’étale entre
l’âge de 6 et 12 ans. Dans l’idéal, l’éruption des
32 dents définitives est terminée à l’âge de 21 ans.
Les dents et les tissus buccaux sont exposés
pendant toute la vie à de nombreux facteurs
environnementaux susceptibles de provoquer des
maladies voire la perte des dents. La carie
dentaire et les maladies parodontales sont les
maladies bucco-dentaires les plus communes,
mais elles restent largement évitables.
Des soins bucco-dentaires appropriés, prodigués
soi-même ou par des professionnels, associés
à l’adoption de modes de vie sains et à la suppression des risques, tels qu’une consommation élevée
de sucre et le tabac fumé, permettent de conserver
une dentition saine pendant toute sa vie.
Développement de la dentition
De bonnes habitudes pour toute la vie
10 11
CHAPITRE 1 INTRODUCTION
13
Qu’est-ce que la santé bucco-dentaire et pourquoi faut-il considérer les maladies bucco-dentaires comme une menace de santé publique
sérieuse ? Certes, seule une zone limitée du corps
humain est directement attaquée par les maladies
bucco-dentaires, mais leurs conséquences et leur
impact affectent ce dernier dans sa globalité.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) définit la santé bucco-dentaire comme « l’absence
de douleur buccale ou faciale, de cancer buccal
ou pharyngé, d’infection ou de lésion buccale,
de parodontopathie (affection touchant les gencives), de déchaussement et perte de dents, et
d’autres maladies et troubles qui limitent la
capacité de mordre, mâcher, sourire et
parler d’une personne, et donc son
bien-être psychosocial ».
Cette définition largement admise est complétée par la reconnaissance de la santé bucco-dentaire comme inhérente
au droit à la santé et, partant,
aux droits humains fondamentaux énoncés dans la Déclaration
universelle des droits de l’homme
des Nations Unies, adoptée par tous les
pays.
Un corps sain est indissociable d’une bouche
saine. À l’inverse, une mauvaise santé buccodentaire peut avoir des répercussions dévastatrices sur le bien-être physique et psychologique.
Pourtant, la charge de morbidité élevée des maladies bucco-dentaires est un enjeu de santé publique largement sous-estimé par la plupart des
pays. Les maladies bucco-dentaires sont souvent
invisibles et cachées, ou alors elles sont acceptées comme une conséquence inévitable de la
vie et du vieillissement. Néanmoins, loin d’être
une fatalité, il est tout à fait possible de les juguler ou de les prévenir en adoptant des mesures
simples et efficaces tout au long de la vie, au
niveau individuel et au niveau des populations.
Sur les 291 maladies étudiées entre 1990 et 2010
dans le cadre de l’Étude sur la charge mondiale de
morbidité, la carie dentaire non soignée présente
la plus forte prévalence. Cette Étude fait autorité
en matière d’estimation de la charge mondiale de
morbidité et elle sert de base pour la planification
des politiques de santé et pour l’allocation des
ressources. La parodontite aiguë, qui affecterait
de 5 à 20 % de la population mondiale, est la
sixième maladie la plus répandue. Le cancer buccal figure parmi les 10 cancers les plus fréquents,
et sa prévalence est encore plus importante en
Asie du Sud-est, où sa charge devrait s’aggraver
en raison de la hausse de la consommation de
tabac et d’alcool.
Près de la moitié des 35 millions
de personnes infectées par le VIH
souffre d’infections fongiques,
bactériennes ou virales buccales. Des dizaines de milliers
d’enfants sont toujours victimes
du noma dans les régions les
plus pauvres d’Afrique subsaharienne. En outre, un enfant sur
500 à 700 présente une fente labiale
et/ou palatine à la naissance. Enfin, les
traumatismes bucco-dentaires et faciaux, dus à
des environnements dangereux, à la pratique des
sports et à la violence, prélèvent un lourd tribut,
notamment chez les enfants.
Ces exemples permettent de prendre la mesure
de la charge de morbidité élevée des maladies
bucco-dentaires qui appellent des actions de prévention à l’échelle des populations et l’accès à
des soins adéquats. Les nombreuses corrélations
entre état de santé général et santé bucco-dentaire, notamment en termes de facteurs de risque
communs et d’autres déterminants, justifient l’appel pour une intégration plus étroite de la santé
bucco-dentaire et de l’état général, au bénéfice
global de la santé et du bien-être.
Maladies bucco-dentaires et santé Chapitre 2
« La santé
bucco-dentaire
est essentielle pour
l’état général et la
qualité de la vie. »
Aide-mémoire de l’OMS
sur la santé buccodentaire, 2012
Respirer
Goûter
Boire
Mordre
Manger
Exprimer des émotions
Parler
Lécher
Aspirer
Cracher
Siffler
Jouer de la musique
Embrasser
Séduire
CERTAINES
DES ACTIVITÉS
QUE NOUS POUVONS
FAIRE AVEC NOTRE BOUCHE
Regina Benjamin,
Ancienne Surgeon General
des États-Unis, 2010
« … La santé
bucco-dentaire
renvoie à la santé de
notre bouche mais,
surtout, elle conditionne
la santé de notre corps
dans sa globalité et
elle en est
le reflet. »
Santé bucco-dentaire
et état général sont
étroitement liés et
ils doivent être
considérés de
manière holistique.
Santé bucco-dentaire et état général EXEMPLES D’ASSOCIATIONS ENTRE MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET ÉTAT GÉNÉRAL
Édentation :
la perte importante ou
totale des dents peut
affecter la nutrition, la
capacité de s’alimenter
et la qualité de vie.
Noma :
la gingivite/parodontite
ulcéro-nécrotique est
un facteur de risque
important du noma.
Infections des organes :
les bactéries buccales
sont associées à des
infections du cœur, du
cerveau et d’autres
organes.
Maladies
cardiovasculaires : les
maladies parodontales
peuvent être associées
aux maladies
cardiovasculaires.
Bébés prématurés et
ayant un poids
insuffisant à la
naissance : les maladies
parodontales peuvent
être associées à un
risque accru de
naissances prématurées
et de bébés ayant un
poids insuffisant à la
naissance.
Cancer
gastro-intestinal et
cancer du pancréas :
les maladies
parodontales peuvent
être associées au
cancer gastro-intestinal
et au cancer du
pancréas.
Salive :
elle permet d’identifier
des marqueurs
spécifiques de
maladies, telles que
l’infection par le VIH.
Ulcères de l’estomac :
la bouche peut être un
réservoir de bactéries
associées aux ulcères
de l’estomac.
Diabète :
les maladies
parodontales peuvent
être associées au
diabète et peuvent
accroître le risque de
complications
diabétiques.
Pneumonie :
les infections buccales
peuvent être associées
à un risque accru de
pneumonie.
La santé bucco-dentaire ne se résume pas à des
dents saines et à un beau sourire. La bouche
est le miroir du corps, et elle est souvent le révélateur de maladies systémiques. Un examen de la
bouche peut révéler des carences nutritionnelles
ou de mauvaises habitudes de vie, telles que la
consommation de tabac ou d’alcool. Les lésions
buccales peuvent être les signes avant-coureurs
d’une infection par le VIH, et le changement d’aspect des dents peut indiquer de graves troubles
alimentaires.
La plupart des maladies générales augmentent
le risque de maladies bucco-dentaires, avec, par
exemple, un risque accru de maladies parodontales chez les diabétiques. De même, une mauvaise santé bucco-dentaire risque d’aggraver un
grand nombre de maladies générales et de rendre
leur traitement plus difficile.
La plupart des maladies bucco-dentaires partagent
des facteurs de risque communs avec les MNT
telles que les maladies cardiovasculaires, les cancers, le diabète et les maladies respiratoires. Ces
facteurs de risque comprennent une alimentation
déséquilibrée (notamment lorsque la consommation de sucres ajoutés est élevée), la consommation de tabac et d’alcool. Ils se traduisent par des
schémas d’inégalités très similaires entre les différents groupes de population, que ce soit pour la
charge de morbidité des maladies bucco-dentaires
ou celle des maladies générales.
En raison de l’allongement de l’espérance de
vie, il va être de plus en plus important d’adopter
une approche pour une bonne santé bucco-dentaire tout au long de la vie. Les besoins en soins
bucco-dentaires diffèrent en fonction de l’âge, et
la prévalence des problèmes spécifiques des personnes plus âgées, qui souffrent souvent d’autres
maladies, ne cesse d’augmenter. Pour pouvoir
proposer des soins holistiques, il est donc important de connaître les corrélations étroites entre
santé bucco-dentaire et état général, et d’y être
sensibilisé. La collaboration entre les professionnels de santé bucco-dentaire et les professionnels
en santé générale est tout aussi importante.
La relation bidirectionnelle très étroite entre santé
bucco-dentaire et état général, et son impact sur
la santé et sur la qualité de vie d’une personne,
offrent une base conceptuelle solide pour mieux
intégrer les soins bucco-dentaires aux stratégies
de soins généraux.
14 15
CHAPITRE 2 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SANTÉ
parodontite
aiguë
743
millions
diabète
549
millions
asthme
334
millions
1,013
milliards
migraine caries non soignées
des dents de lait et des
dents définitives
3,054
milliards
ESTIMATION
DU NOMBRE
DE PERSONNES
TOUCHÉES PAR
DES MALADIES
GÉNÉRALES
2010
La carie dentaire est la maladie qui présente la plus
forte prévalence, affectant près de la moitié (44 %)
de la population mondiale en 2010, suivie par la
céphalée de tension (21 %), la migraine (15 %), la
parodontite aiguë (11 %), le diabète (8 %) et
l’asthme (5 %).
RÉPARTITION MONDIALE DES CARIES DENTAIRES
Nombre moyen de dents affectées chez les enfants âgés de 12 ans
par groupe de revenu des pays
2000 ou dernières données disponibles
revenu élevé
revenu intermédiaire
supérieur 1,46 0,25 0,50
revenu intermédiaire
inférieur
faible revenu 0,83
0,02 0,02
1,31
0,14 0,09
0,77 0,69
0,06
Indice CAO
Les études épidémiologiques sur la carie
dentaire s’appuient généralement sur l’indice
CAO. Il permet de consigner le nombre de
dents cariées, absentes et obturées. Même s’il
n’est pas le seul outil d’évaluation et présente
des limites, l’état de santé bucco-dentaire
des populations est souvent présenté sous
forme de score CAO (habituellement des
enfants âgés de 12 ans). Un score CAO de
1,0 signifie qu’une dent définitive sur 32 est
cariée, absente ou obturée. Les scores pour
les individus sont présentés sous forme de
nombre entier, mais ils peuvent avoir des
valeurs décimales pour les populations.
Cariées (C) Absentes (A) Obturées (O)
TONGA
SAMOA
FIDJI
POLYNÉSIE FR.
NIOUÉ
ÎLES COOK
KIRIBATI
VANUATU
TUVALU
TOKELAU
CORÉE
DU SUD
ANTIGUA-ET-BARBUDA
ANGUILLA
PORTO RICO
LA BARBADE
STE-LUCIE
TRINITÉ-ET-TOBAGO
ST-KITTS-ET-NEVIS
DOMINIQUE
BAHAMAS
OUGANDA
SRI LANKA
JAMAÏQUE
CUBA RÉP. DOMINICAINE
BRUNEI
MALAISIE
VIETNAM
CAMBODGE
LAOS
THAÏLANDE
BHOUTAN
BANGLADESH
CHYPRE SYRIE
LIBAN
ISRAËL
JORDANIE
BAHREÏN
QATAR
EAU
OMAN
KOWEÏT
YÉMEN
NÉPAL
SOUDAN
DU SUD
SÉNÉGAL GAMBIE
CÔTE
D’IVOIRE
BURKINA
FASOGHANA
BÉNIN
GABON KENYA
SWAZILAND
ÉRYTHRÉE
GUATEMALA
SALVADOR
HAÏTI
HONDURAS
NICARAGUA
COSTA RICA
PANAMA GUYANA
SURINAME
BELIZE
PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
SEYCHELLES
SINGAPOUR
GRENADE
BIRMANIE
TUNISIE
ÎLES CAÏMANS
MALTE
ÎLES
SALOMON
RAS HK
RAS MACAU
OUZBÉK.
ARABIE SAOUDITE
MONGOLIE
PAKISTAN
TURQUIE
IRAK
NIGER
NIGÉRIA
SOUDAN
ÉTHIOPIE
ÉGYPTE
MAROC
LIBYE
NAMIBIE
AFRIQUE
DU SUD
MOZAMBIQUE
BOLIVIE
PARAGUAY
VENEZUELA
COLOMBIE
ÉQUATEUR
PÉROU
URUGUAY
CHILI
PHILIPPINES
NOUVELLEZÉLANDE
TANZANIE I NDONÉSI E
IRAN
AUSTRALIE
CHINE
INDE
ÉTATS-UNIS
CANADA
MEXIQUE
BRÉSIL
JAPON
RUSSIE
RUS.
CROATIE
ITALIE
MOLDAVIE
UKRAINE
MACÉDOINE
LITUANIE
LETTONIE
ESTONIE
ALBANIE
MONT.
AUTRICHE HONGRIE
BULGARIE
ROUMANIE
GRÈCE
POLOGNE
SLOVÉNIE
B-H
BIÉLORUSSIE
R-U IRLANDE
ISLANDE
DANEMARK
FRANCE
ESPAGNE
PORTUGAL
ALLEMAGNE
SUISSE
BELGIQUE
P-B
NORVÈGE
SUÈDE FINLANDE
RÉP. TCH. SLOVAQUIE
Plus de 3,5 élevé
2,6 – 3,5 modéré
1,2 – 2,5 faible
0,0 – 1,1 très faible
aucune donnée
LES CARIES DENTAIRES
DANS LE MONDE
Nombre moyen de dents cariées,
absentes, et obturées (CAO)
chez les enfants de 12 ans
dernières données disponibles
1994–2014
La charge de morbidité de la maladie
La carie dentaire est la maladie chronique la plus
largement répandue dans le monde, et elle constitue un enjeu majeur en santé publique. Il s’agit
de la maladie la plus courante pendant l’enfance,
mais elle affecte des personnes de tout âge tout
au long de la vie. Selon les données actuelles,
la prévalence mondiale de la carie non soignée
des dents définitives est supérieure à 40 %, tous
âges confondus, et elle constitue la maladie la
plus fréquente sur les 291 étudiées dans l’Étude
sur la charge mondiale de morbidité. Les caries
non soignées provoquent fréquemment des
douleurs bucco-dentaires. Elles affectent jusqu’à
sept enfants sur dix en Inde, un adolescent sur
trois en Tanzanie et près d’un adulte sur trois au
Brésil. Des caries non soignées peuvent entraîner
des difficultés à manger et à dormir, entraver la
croissance des enfants, et elles sont une cause
majeure d’absentéisme scolaire et au travail.
La charge de morbidité de la carie dentaire pour
les enfants âgés de 12 ans est la plus élevée
dans les pays à revenu intermédiaire, où près
des deux tiers des caries ne sont pas soignés. Les
pays à faible revenu présentent une prévalence
moins élevée, mais les caries dentaires n’y sont
quasiment pas soignées, traduisant la faiblesse des
systèmes de soins bucco-dentaires. Et même dans
les pays à revenu élevé, plus de la moitié des caries
dentaires ne sont pas soignées. Les caries dentaires
partagent les mêmes déterminants sociaux, et
les mêmes inégalités, que de nombreuses autres
maladies bucco-dentaires.
En dépit de son caractère très répandu, il n’existe
que peu de données mondiales standardisées
fiables sur la carie dentaire. Une situation qui
s’explique en grande partie par l’absence d’intégration des données de santé bucco-dentaire
dans les programmes nationaux de surveillance
des maladies, notamment dans les pays à faible
revenu et à revenu intermédiaire. La réalisation
d’enquêtes nationales indépendantes sur la santé
bucco-dentaire est coûteuse et complexe, et elles
La carie dentaire non
soignée représente la
maladie chronique la
plus courante, en
raison de l’exposition
aux sucres et à
d’autres risques, à
l’absence de
prévention efficace et
à l’accès limité à des
soins bucco-dentaires
appropriés.
Carie dentaire
ne sont donc pas une priorité. Cette absence
d’informations épidémiologiques actualisées
entrave le développement de stratégies adéquates
pour en diminuer la charge de morbidité.
16 17
CHAPITRE 2 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SANTÉ
T E M P S
T E M P S
INFLUENCE AU NIVEAU DE LA COMMUNAUTÉ
INFLUENCE AU NIVEAU DE LA FAMILLE
ENVIRONNEMENT BUCCO-DENTAIRE – DE LA CAVITÉ
BUCCALE
BIOFILM BACTÉRIEN /
PLAQUE DENTAIRE
SUCRE
HÔTE
ET DENTS
CARIE
DENTAIRE
INFLUENCE AU NIVEAU DE L’INDIVIDU
LA CARIE DENTAIRE EST UNE MALADIE MULTIFACTORIELLE
Adapté de Fisher-Owens, 2007
La carie dentaire se développe dans le temps et elle
est provoquée par la production d’acides résultant
de la décomposition du sucre. Toutefois, de
nombreux autres facteurs influencent le
développement des caries dentaires et leur gravité.
Ces facteurs interviennent au fil du temps au niveau
de la communauté, de la famille et de la personne
touchée.
comportements et prat qi ues de santé, et capacités d’adaptation
de la famille • culture • fonctionnement familial • état de santé des parents • sécurité
physique • aide sociale • statut soc oi -économ
qi ue
utilisation de soins dentaires • assurance dentaire • comportements et pratiques de santé
culture • capital social • environnement de la santé bucco-dentaire
de la communauté • environnement physique • sécurité physique • caractéristiques du système de santé • caractéristiques du système de soins dentaires
- caractéristiques physiques et
démographiques • facteurs biologiques et génétiques • développement
Carie dentaire
La consommation de
sucre est la
principale cause de la
carie dentaire, qui
peut donc être
largement évitée en
limitant les apports
en sucre ; en utilisant
adéquatement le
fluor ; et en faisant la
promotion d’une
bonne hygiène
bucco-dentaire.
Développement de la maladie
La carie dentaire est une maladie multifactorielle,
causée par l’interaction entre la surface des
dents, le biofilm bactérien (plaque dentaire), et la
présence de sucre dans les aliments. Les bactéries
du biofilm métabolisent les sucres et produisent
des acides qui attaquent l’émail des dents au fil
du temps.
La carie commence habituellement de manière
invisible, dans les fissures des dents ou dans les
interstices qui les séparent. Soignée de manière
précoce, la maladie peut être stoppée et même
inversée mais, à un stade avancé, une cavité se
forme. Un traitement devient alors nécessaire
pour restaurer la dent, avec le retrait des tissus
cariés ou le placement d’un plombage ou d’une
couronne. Si elle n’est pas soignée, une carie
dentaire peut entraîner une destruction importante de la dent, des douleurs et une infection.
Cette dernière peut provoquer la formation d’un
abcès ou la septicémie. À ce stade, il devient
nécessaire de recourir au traitement endodontique (canalaire) ou d’extraire la dent.
La plupart des facteurs intervenant dans la carie
PLAQUE DENTAIRE
La plaque dentaire est un biofilm constitué
d’environ 600 espèces bactériennes. Plusieurs de
ces bactéries, et notamment Streptococcus mutans,
ont été associées au développement de la carie
dentaire.
dentaire sont modifiables, fournissant des points
d’appui aux individus et aux professionnels de
santé bucco-dentaire pour prendre des mesures
afin de prévenir la maladie ou d’en réduire la
gravité.
Il est possible de réduire les attaques acides sur
l’émail des dents en limitant les apports totaux en
sucre et leur fréquence. Il est possible de protéger
la surface des dents par une consommation
adéquate de fluor, en utilisant par exemple du
dentifrice fluoré ou en buvant de l’eau fluorée. Il
est possible d’agir sur le biofilm en adoptant une
bonne hygiène bucco-dentaire.
Par ailleurs, le développement des caries
dentaires est influencé par de nombreux facteurs
externes, tels que le lieu et le mode de vie. Par
conséquent, même si le processus de carie
démarre à la surface des dents, ce problème ne
peut être résolu en se concentrant uniquement sur
ces dernières. Il est aussi nécessaire de prendre
des mesures au niveau de la communauté et de
s’attaquer aux déterminants plus larges qui
sous-tendent le processus de la maladie.
18 19
CHAPITRE 2 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SANTÉ
Témoignages de patients
Carie dentaire
Quelles mesures prendre ?
Réduire la consommation de sucre
Sur les 291 maladies étudiées dans le cadre de
l’Étude 2010 sur la charge mondiale de morbidité,
la carie dentaire non soignée est la maladie la plus
répandue, alors qu’elle est largement évitable en
adoptant des mesures simples et rentables.
Les pays à revenu intermédiaire, où la consommation de sucre ne cesse d’augmenter et où les
systèmes de santé sont incapables d’assurer la
prévention ou l’accès aux soins bucco-dentaires
nécessaires, présentent la plus forte prévalence.
Les conséquences des caries dentaires non
soignées, notamment chez les enfants, sont
très nombreuses : troubles de la nutrition et
de la croissance, perte de jours d’école et de
travail, diminution de la productivité globale et
répercussions majeures sur la qualité de vie et
sur les interactions sociales.
Pour alléger la charge de morbidité mondiale de
la carie dentaire, il est nécessaire de s’appuyer sur
des approches combinées, notamment :
Intégration de la santé bucco-dentaire et des
MNT
Pour réduire les MNT, il est nécessaire d’intégrer
pleinement la santé bucco-dentaire dans des
stratégies de prévention et de promotion de la
santé menées à l’échelle des populations. En effet,
les interventions curatives ne sont ni réalistes ni
durables pour alléger la charge de morbidité de la
carie dentaire. Il est essentiel de mettre davantage
l’accent sur la promotion de bonnes habitudes alimentaires et sur la réduction de la consommation
de sucre.
Accès universel à du fluor abordable et efficace
La consommation de fluor est l’une des mesures
les plus économiques pour prévenir les caries
dentaires et améliorer la santé bucco-dentaire.
L’utilisation régulière de dentifrice fluoré est le
moyen le plus important pour garantir un effet
préventif efficace.
Accès universel aux soins bucco-dentaires
primaires
Seul l’accès universel aux soins bucco-dentaires
primaires permettra de réduire les inégalités dans
la charge de morbidité, en prenant au minimum
en charge le soulagement de la douleur, la promotion de la santé bucco-dentaire et le traitement des
maladies bucco-dentaires, notamment de la carie
dentaire.
Surveillance, contrôle et évaluation
La surveillance mondiale et nationale des
maladies bucco-dentaires doivent faire partie
intégrante de la surveillance épidémiologique
de routine. Il est fondamental de contrôler les
facteurs de risque et les autres besoins en santé
bucco-dentaire pour élaborer des interventions
et des programmes adaptés et pour en évaluer
l’efficacité.
« Je suis quelqu’un de très occupé.
Mon métier est très exigeant et de
nombreuses personnes comptent sur
moi pour produire des résultats en
temps nécessaire. Le temps est donc
vraiment de l’argent. J’ai souffert de
maux de dents pendant un moment,
mais ça passait. La douleur restait supportable et, n’ayant pas le temps d’aller chez le médecin, je me contentais
de prendre des anti-inflammatoires.
Puis, un jour, la douleur est devenue
si forte que j’en ai attrapé de la fièvre
et les anti-inflammatoires ont cessé
de faire effet. Je me suis précipité
chez le dentiste qui m’a indiqué que
mes dents étaient en si mauvais état
qu’il était nécessaire d’effectuer un
traitement endodontique. De simples
caries dentaires qu’il aurait été facile
de soigner rapidement ont fini par
me coûter de nombreuses heures de
travail (et de l’argent) car j’ai attendu
trop longtemps. C’est une erreur que
je ne suis pas près de recommencer. »
Entrepreneur, Tokyo, Japon, 33 ans
« Notre fils venait tout juste d’avoir
10 ans quand il a été diagnostiqué
avec du diabète de type 1. Ce fut
une nouvelle difficile, mais mon mari
et moi-même avons décidé de nous
informer autant que possible sur la
maladie et sur les moyens de la stabiliser. Notre médecin nous avait dit
qu’il était très important d’éviter les
infections chroniques et de minimiser
le risque de caries dentaires. Nous
avons donc commencé à emmener
notre fils chez le dentiste pour des
bilans dentaires réguliers et nous
sommes aujourd’hui beaucoup plus
apaisés sachant que nous avons pris
les bonnes mesures préventives pour
lui garantir une bonne santé. Heureusement, notre assurance santé couvre
également les soins dentaires, il nous
a donc été possible d’entreprendre le
nécessaire pour le bien-être de notre
fils et pour sa santé générale. »
Enseignante, Vancouver, Canada,
34 ans
« J’ai toujours travaillé. Que ce soit en
tant que serveuse ou dans la vente…
J’ai toujours travaillé et j’ai toujours
été en contact permanent avec les
clients. Cela a changé quand je suis
tombée enceinte de mon premier
enfant. J’ai décidé de prendre un peu
de temps pour apprécier pleinement
ma maternité. J’ai pris un congé
maternité de quatre ans pour rester
avec mes enfants. Malheureusement,
pendant ce temps, j’ai aussi pris
l’habitude de grignoter et de boire
des sodas. Je dois avouer que cela
a eu un impact retentissant sur ma
vie. Quand j’ai décidé de retravailler,
mon employeur m’a indiqué qu’il ne
pouvait pas me reprendre car j’avais
désormais de mauvaises dents. Je
n’avais pas réalisé à quel point cela
était devenu visible, mais mes mauvaises habitudes alimentaires avaient
entraîné de multiples caries. J’étais
honteuse et anéantie d’apprendre que
je ne pouvais plus travailler à cause
de mon apparence – notamment dans
une branche d’activité où l’aspect
physique est soumis à de fortes pressions sociales. Cela a été un véritable
coup de semonce pour modifier en
profondeur mon mode de vie pour le
bien de mes dents, de mon travail, de
mes enfants et de ma propre santé. »
Vendeuse, Paris, France, 54 ans
« De simples
caries dentaires qu’il
aurait été facile de soigner
rapidement ont fini par me
coûter de nombreuses heures
de travail (et de l’argent) car
j’ai attendu trop longtemps.
C’est une erreur que je ne
suis pas près de
20 recommencer. » 21
CHAPITRE 2 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SANTÉ
TONGA
SAMOA
FIDJI
ÉTATS FÉDÉRÉS DE MICRONÉSIE
ÎLES MARSHALL
KIRIBATI
VANUATU
CORÉE
DU SUD
CORÉE
DU NORD
TIMOR ORIENTAL
ANTIGUA-ET-BARBUDA
LA BARBADE
STE-LUCIE
TRINITÉ-ET-TOBAGO
ST-VINCENT-ETLES-GRENADINES DOMINIQUE
BAHAMAS
OUGANDA
GÉORGIE
AZERBAÏDJAN
ARMÉNIE
SRI LANKA
JAMAÏQUE
CUBA
RÉP. DOMINICAINE
BRUNEI
MALAISIE
VIETNAM
CAMBODGE
LAOS
THAÏLANDE
BHOUTAN
BANGLADESH
CHYPRE SYRIE
LIBAN
ISRAËL
JORDANIE
BAHREÏN
QATAR EAU
OMAN
KOWEÏT
YÉMEN
NÉPAL
RÉP.
CENTRAFRICAINE
SOUDAN
DU SUD
SÉNÉGAL GAMBIE
CAP-VERT
SÃO TOMÉ-ETPRINCIPE
GUINÉEBISSAU GUINÉE
LIBÉRIA
CÔTE
D’IVOIRE
BURKINA
FASOGHANA
BÉNIN
CAMEROUN GUINÉE
ÉQUATORIALE
GABON
CONGO BURUNDI
RWANDA
KENYA
DJIBOUTI
SIERRA LEONE
TOGO
SWAZILAND
LESOTHO
ÉRYTHRÉE
GUATEMALA
SALVADOR
HAÏTI
HONDURAS
NICARAGUA
COSTA RICA
PANAMA GUYANA
SURINAME
BELIZE
PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
ÎLE MAURICE
MALDIVES
COMORES
SEYCHELLES
SINGAPOUR
GRENADE
BIRMANIE
AUT. NAT.
PALESTINIENNE
TUNISIE
MALTE
ÎLES
SALOMON
MALAWI
TURKMÉN.
OUZBÉK.
TADJIKISTAN
KIRGHIZSTAN
ARABIE SAOUDITE
MONGOLIE
PAKISTAN
AFGHANISTAN
TURQUIE
IRAK
KAZAKHSTAN
ALGÉRIE
NIGER TCHAD
NIGÉRIA
SOUDAN
RÉP. DÉM.
CONGO
ÉTHIOPIE
ANGOLA
ÉGYPTE
MAROC
LIBYE
MAURITANIE
NAMIBIE BOTSWANA
AFRIQUE
DU SUD
MOZAMBIQUE
SOMALIE
MALI
BOLIVIE
PARAGUAY
VENEZUELA
COLOMBIE
ÉQUATEUR
PÉROU
ARGENTINE
URUGUAY
CHILI
PHILIPPINES
NOUVELLEZÉLANDE
I NDONÉSI E
ZIMBABWE
ZAMBIE
MADAGASCAR
TANZANIE
IRAN
AUSTRALIE
CHINE
INDE
ÉTATS-UNIS
CANADA
MEXIQUE
BRÉSIL
JAPON
RUSSIE
GÉO
RUS.
CROATIE
ANDORRE
ITALIE
MOLDAVIE
UKRAINE
MACÉDOINE
LITUANIE
LETTONIE
ESTONIE
ALBANIE
MONT.
AUTRICHE HONGRIE
BULGARIE
ROUMANIE
GRÈCE
POLOGNE
SLOVÉNIE
B-H
BIÉLORUSSIE
R-U IRLANDE
ISLANDE
DANEMARK
FRANCE
ESPAGNE
PORTUGAL
ALLEMAGNE
SUISSE
BELGIQUE
LUX.
P-B
NORVÈGE
SUÈDE FINLANDE
RÉP. TCH. SLOVAQUIE
SERBIE
KOSOVO
Plus de 15,0 %
10,1 % – 15,0 %
10 % ou moins
aucune donnée
PARODONTITE AIGUË
CHRONIQUE
Estimation de la prévalence
moyenne chez les personnes
âgées d’au moins 15 ans
par pays
2010
Gingivite chronique Parodontite destructrice
Une mauvaise hygiène bucco-dentaire se traduit
par l’accumulation de plaque dentaire,
composée de bactéries et de produits bactériens
nocifs qui provoquent l’inflammation chronique
de la gencive à proximité de la surface des
dents. Cependant, les cellules du système
immunitaire parviennent à neutraliser ces
dommages et l’inflammation reste localisée.
Pour de nombreux patients, la maladie ne
progresse jamais au-delà de ce stade et elle est
réversible dans la plupart des cas.
Le système immunitaire local ne
joue plus son rôle de défense et le
processus d’inflammation
progresse. Les tissus supportant les
dents sont détruits de manière
irréversible et une poche se forme
avec perte de l’os de soutien. Au
cours des phases avancées, les
dents affectées commencent à se
déchausser partiellement ou en
totalité (perte des dents).
Corrélations avec l’état général
Les produits de l’inflammation autour de la dent et les bactéries de la plaque dentaire pénètrent dans le flux sanguin et peuvent
donner lieu à des troubles systémiques. Les maladies ayant un impact sur le système immunitaire, telles que le diabète,
augmentent le risque des formes les plus graves de la parodontite.
Les maladies
parodontales sont
l’une des maladies
humaines les plus
courantes, mais elles
peuvent être facilement évitées en
adoptant une bonne
hygiène bucco-dentaire ainsi que des
politiques de
prévention traitant
les facteurs de risque
communs.
Maladies parodontales
Nature du processus de la maladie
La maladie parodontale (des gencives) débute
comme une gingivite (inflammation chronique de
la gencive), qui est une affection très répandue et
totalement réversible chez la majorité des
patients. Elle peut cependant évoluer vers la
parodontite, une maladie plus grave qui détruit
les tissus et l’os supportant les dents. Elle évolue
vers la parodontite aiguë, qui conduit rapidement
à la perte des dents, chez 15 % de la population.
Le processus de cette maladie reste mal connu,
mais elle tend à se développer par des phases de
destruction rapide et irréversible des tissus. Près
de 30 % des personnes âgées de 65 à 74 ans ont
perdu la quasi-totalité de leurs dents, en raison
essentiellement des maladies parodontales. Les
conséquences de la parodontite aiguë sont
dévastatrices pour les personnes touchées,
entraînant notamment des problèmes pour
mâcher et parler, ce qui affecte le bien-être
général et la qualité de vie. La charge de
morbidité mondiale des maladies parodontales
est très lourde avec d’importantes répercussions
sociales, économiques et sur les systèmes de
santé.
Des bactéries spécifiques sont la principale cause
des maladies parodontales. D’autres facteurs de
risque de premier plan incluent la consommation
de tabac, une alimentation déséquilibrée, les
facteurs génétiques, le stress et la consommation
excessive d’alcool. Les maladies parodontales
peuvent aussi être associées à des maladies
systémiques telles que le diabète, les maladies
cardiovasculaires, une mauvaise évolution des
grossesses et les maladies respiratoires.
Les maladies parodontales bénéficient d’une
meilleure attention mondiale de la part des
professionnels de la santé, des gouvernements,
des compagnies d’assurance et des entreprises
pharmaceutiques en raison des facteurs de risque
communs et de cette relation bidirectionnelle
avec les maladies systémiques. Et pourtant, les
maladies parodontales restent largement méconnues, tout comme les mesures de prévention. Les
soins parodontaux spécialisés sont généralement
inexistants et, lorsqu’ils sont disponibles, ils
restent inaccessibles à la plupart des patients.
Comme pour la carie dentaire, les données
mondiales sur la prévalence et sur la gravité des
maladies parodontales sont rares.
PHASES DE LA MALADIE PARODONTALE
22 23
CHAPITRE 2 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SANTÉ
Témoignages de patients
Maladies parodontales
Quelles mesures prendre ?
Les maladies parodontales sont un problème
de santé publique majeur qui ébranle les
systèmes de santé du monde entier. Elles ne sont
généralement pas remarquées par les patients
tant qu’elles n’ont pas atteint un stade avancé.
Les possibilités d’intervention précoce et d’un
traitement efficace sont très souvent gâchées à
cause de la faible sensibilisation publique à ces
maladies et à l’importance d’une bonne hygiène
bucco-dentaire.
Les maladies parodontales partagent de nombreux
facteurs de risque avec d’autres MNT majeures et
présentent une forte corrélation avec la consommation de tabac et d’alcool, une consommation
élevée de sucre, l’obésité et une alimentation
déséquilibrée. Elles peuvent aussi être associées
à des maladies systémiques, dont le diabète. La
gingivite commune évolue vers la parodontite
aiguë chez 10 à 15 % des patients, et des efforts
supplémentaires sont actuellement menés pour
identifier ce groupe à haut risque avant que la
maladie n’ait atteint le stade de la perte des dents.
Comme pour toutes les maladies chroniques, une
prise en charge personnelle efficace tout au long
de la vie, associée à des soins bucco-dentaires
professionnels adéquats, sont essentiels pour
empêcher la maladie d’évoluer et la perte des
dents.
Par ailleurs, il est nécessaire de mettre en place
des stratégies de traitement de la parodontite aiguë
à l’échelle de la population :
Modes de vie sains et prévention
Pour prévenir les maladies parodontales, il est
essentiel de faire la promotion d’un mode de
vie globalement sain, avec une faible exposition
aux facteurs de risque tels que la consommation
de tabac ou d’alcool, et d’y associer une bonne
hygiène bucco-dentaire personnelle, la sensibilisation et des bilans réguliers. La prévalence
des maladies parodontales s’accompagne d’un
gradient social très fort, qui exige des mesures
capables de traiter les déterminants plus larges
de la santé.
Détection précoce et traitement
Les maladies parodontales peuvent être détectées
à un stade précoce, et les mesures adéquates
pour contrôler la maladie peuvent être prises, en
consultant régulièrement son dentiste. Les cas
les plus avancés peuvent nécessiter des soins
spécialisés.
Renforcement de la collaboration
interprofessionnelle
Il est nécessaire d’adopter une approche
holistique pour traiter les maladies parodontales
en les intégrant dans les efforts de prévention et de
traitement des MNT, avec une collaboration plus
étroite entre les professionnels et les praticiens de
santé bucco-dentaire, les médecins généralistes
et d’autres professions de la santé. De même, les
maladies parodontales peuvent être un symptôme
de maladies systémiques sous-jacentes devant être
soignées. Une santé parodontale améliorée peut
contribuer à un meilleur traitement de maladies
systémiques telles que le diabète.
Surveillance intégrée de la maladie
L’intégration des indicateurs des maladies
parodontales, et de ceux d’autres maladies bucco-dentaires, aux programmes de surveillance de
routine peut aider à remédier aux connaissances
lacunaires, nombreuses, sur la prévalence et sur
la gravité de ces maladies dans de nombreux
pays.
« J’ai commencé à fumer quand j’avais une
vingtaine d’années. Ce qui n’était alors
qu’une habitude sociale est vite devenu une
habitude quotidienne. Fumer était à la mode à
l’époque, et je ne voyais aucune raison de
m’inquiéter. J’allais à l’université, je
rencontrais des gens, je sortais… Je profitais
de la vie. Ensuite, j’ai rencontré mon futur
époux quand j’ai commencé à travailler. Nous
nous sommes mariés après nous être
fréquentés pendant trois ans, et j’ai
rapidement attendu notre premier enfant. Ma
grossesse a été un moment très heureux de
ma vie, qui a malheureusement été assombri
par des complications liées au décès
prématuré de mon bébé. Lors de mes visites
chez le médecin, je me souviens qu’il me
mettait en garde contre la consommation de
tabac et ses effets négatifs sur mon état
général, sur ma grossesse, et sur la santé de
mon bébé. Je me disais que je fumerais
moins, et que j’arrêterais un jour, mais je n’y
suis jamais réellement parvenue.
Je devais avoir près de 40 ans quand j’ai
commencé à remarquer des espaces entre
mes dents. Ce n’était pas douloureux, et je
n’ai donc pas pensé que cela pouvait être
grave. Je me suis dit que c’était
l’un des inconvénients de la
vieillesse. Ensuite, il y a peu, mes dents
ont commencé à bouger et semblaient plus
longues qu’auparavant. J’ai remarqué que
mes gencives étaient gonflées et saignaient
fréquemment lorsque je me brossais les
dents. Puis, certaines de mes dents de devant
ont commencé à bouger facilement. J’ai pris
peur et je me suis précipitée chez la dentiste
qui m’a indiqué que je souffrais d’une perte
d’os importante et d’une parodontite aiguë.
Les implications m’ont effrayée : allais-je
perdre toutes mes dents ? Allais-je encore être
capable de mâcher ? Ma diction allait-elle être
affectée ? Pourrais-je assumer le coût
financier du traitement dentaire ? J’essaie de
gérer au mieux la maladie mais,
rétrospectivement, je regrette de ne pas avoir
fait d’autres choix de vie. Je regrette de ne
pas avoir suivi le conseil de mon médecin
d’arrêter de fumer lorsque cela aurait pu faire
la différence. J’aurais aimé connaître à
l’époque ce que je sais aujourd’hui en matière
de santé. »
Retraitée, Kiev, Ukraine, 60 ans
« Les
implications m’ont
effrayée : allais-je perdre
toutes mes dents ? Allais-je
encore être capable de
mâcher ? Ma diction allait-elle
être affectée ? Pourrais-je
assumer le coût financier
du traitement
dentaire ? »
24 25
CHAPITRE 2 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SANTÉ
LE CANCER BUCCAL EN FAITS
Faits sur le cancer buccal Facteurs de risque Profil des personnes à plus haut risque
Un profil à haut risque type est un
homme, âgé de plus de 40 ans, qui fume
et/ou est un gros consommateur
d’alcool.
Néanmoins, le ratio homme-femme est
passé de 6/1 en 1950 à environ 2/1
actuellement.
L’âge moyen au
moment du diagnostic
est d’environ 60 ans.
50 %
95 %
40
60
Les trois types d’alcool (bière,
spiritueux et vin) ont tous été
associés au cancer buccal,
même si les spiritueux et
les bières présentent un
risque plus élevé. 1950 2015
Le taux de survie moyen
à 5 ans est de 50 %.
Les cigarettes sont la forme la plus
fréquente de consommation de
tabac, mais toutes les formes de
tabac sont liées à l’augmentation du
risque de cancer buccal :
consommation régulière de pipes,
de cigares, de narguilés, ainsi que
l’ensemble des formes de tabac non
fumé (prise, chique, etc.).
Près de 95 % de tous
les cancers buccaux
touchent des
personnes âgées
d’au moins 40 ans.
NOUVELLE-CALÉDONIE
SAMOA
FIDJI
GUAM
VANUATU
CORÉE
DU SUD
CORÉE
DU NORD
TIMOR ORIENTAL
PORTO RICO
LA BARBADE
TRINITÉ-ET-TOBAGO
MARTINIQUE
BAHAMAS
OUGANDA
GÉORGIE
AZERBAÏDJAN
ARMÉNIE
SRI LANKA
JAMAÏQUE
CUBA
RÉP. DOMINICAINE
BRUNEI
MALAISIE
VIETNAM
CAMBODGE
LAOS
THAÏLANDE
BHOUTAN
BANGLADESH
CHYPRE SYRIE
LIBAN
ISRAËL
JORDANIE
BAHREÏN
QATAR EAU
OMAN
KOWEÏT
YÉMEN
NÉPAL
SOUDAN
DU SUD
SÉNÉGAL GAMBIE
CAP-VERT
GUINÉEBISSAU GUINÉE
LIBÉRIA
CÔTE
D’IVOIRE
BURKINA
FASOGHANA
BÉNIN
CAMEROUN
GUINÉE
ÉQUATORIALE GABON
CONGO BURUNDI
RWANDA
KENYA
DJIBOUTI
SIERRA LEONE
TOGO
SWAZILAND
LESOTHO
ÉRYTHRÉE
GUATEMALA
SALVADOR
HAÏTI
HONDURAS
NICARAGUA
COSTA RICA
PANAMA GUYANA
SURINAME
GUYANE
BELIZE
PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
ÎLE MAURICE
MALDIVES
COMORES
SINGAPOUR
BIRMANIE
AUT. NAT.
PALESTINIENNE
TUNISIE
GUADELOUPE
MALTE
ÎLES
SALOMON
RÉUNION
MALAWI
TURKMÉN.
OUZBÉK.
TADJIKISTAN
KIRGHIZSTAN
ARABIE
SAOUDITE
MONGOLIE
PAKISTAN
AFGHANISTAN
TURQUIE
IRAK
KAZAKHSTAN
ALGÉRIE
NIGER TCHAD
NIGÉRIA
SOUDAN
RÉP. DÉM.
CONGO
ÉTHIOPIE
ANGOLA
ÉGYPTE
MAROC
LIBYE
MAURITANIE
NAMIBIE BOTSWANA MOZAMBIQUE
SOMALIE
MALI
BOLIVIE
PARAGUAY
VENEZUELA
COLOMBIE
ÉQUATEUR
PÉROU
ARGENTINE
URUGUAY
CHILI
PHILIPPINES
NOUVELLEZÉLANDE
I NDONÉSI E
ZIMBABWE
ZAMBIE
MADAGASCAR
TANZANIE
IRAN
AUSTRALIE
CHINE
INDE
ÉTATS-UNIS
CANADA
MEXIQUE
BRÉSIL
JAPON
RUSSIE
GÉ
RUS.
CROATIE
ITALIE
MOLDAVIE
UKRAINE
MACÉDOINE
LITUANIE
LETTONIE
ESTONIE
ALBANIE
MONT.
AUTRICHE HONGRIE
BULGARIE
ROUMANIE
GRÈCE
POLOGNE
SLOVÉNIE
B-H
BIÉLORUSSIE
R-U IRLANDE
ISLANDE
DANEMARK
FRANCE
ESPAGNE
PORTUGAL
ALLEMAGNE
SUISSE
BELGIQUE
LUX.
P-B
NORVÈGE
SUÈDE FINLANDE
RÉP. TCH. SLOVAQUIE
SERBIE
KOSOVO
7,0 ou davantage
5,0 – 6,9
2,5 – 4,9
moins de 2,5
aucune donnée
CANCER BUCCAL
Incidence du cancer buccal et des lèvres
pour 100 000 personnes
parmi les populations âgées
d’au moins 15 ans
Estimations de 2012
Charge de morbidité de la maladie
Le cancer buccal présente une forte mortalité et
compte parmi les 10 cancers les plus fréquents,
en fonction du pays ou de la région du monde. En
l’absence de données de surveillance fiables, on
estime que 300 000 à 700 000 nouveaux cas se
produisent chaque année. L’Asie du Sud et l’Asie
du Sud-est comptent parmi les régions où la
fréquence des nouveaux cas est la plus élevée,
mais l’Europe de l’Est, la France et certains pays
d’Afrique et d’Amérique latine présentent aussi
une charge de morbidité élevée. Le cancer
buccal touche généralement les hommes d’âge
moyen, mais les femmes et les plus jeunes sont
de plus en plus concernés. Il se présente généralement sous la forme d’un ulcère qui ne guérit
pas ; d’autres symptômes peuvent inclure des
douleurs, des gonflements, des saignements et la
difficulté à mâcher et à avaler.
Les cancers buccaux sont généralement précédés
de lésions bucco-dentaires précancéreuses
(jusqu’à 70 % des cas), sous la forme de taches
rouges ou blanches persistantes dans la bouche.
Le cancer peut rester invisible lors des premières
phases, et il a souvent atteint un stade avancé
lorsque le patient cherche enfin à se faire soigner.
Par conséquent, le taux de survie moyen à 5 ans
n’est que de 50 %. Le cancer buccal touche
fréquemment la langue, la paroi interne des joues
et le plancher de la bouche. Son traitement
associe généralement ablation chirurgicale,
radiothérapie ou chimiothérapie ; cependant, les
taux de survie de ce cancer sont parmi les plus
faibles de tous les cancers, et ils ne se sont pas
améliorés au cours des dernières décennies.
Les principales causes du cancer buccal sont la
consommation de tabac et d’alcool, à l’origine de
près de 90 % des cas. La mastication de tabac,
souvent mâché avec d’autres substances carcinogènes, dans des feuilles de bétel, est l’une des
causes prévalentes en Asie, tandis que l’infection
par le papillomavirus (HPV) est un facteur de
risque émergent, notamment dans les pays à
revenu élevé.
Les professionnels de santé bucco-dentaire sont
dans une position idéale pour détecter les
patients à haut risque et les signes précoces du
cancer buccal et, pourtant, l’opportunité d’un
examen bucco-dentaire simple est souvent
gâchée.
Le cancer buccal est
l’un des cancers les
plus fréquents, mais
une diminution de la
consommation de
tabac et d’alcool
permet d’en réduire
largement la
prévalence. La
détection précoce
permet d’améliorer le
taux de survie.
Cancer buccal
L’orientation rapide des patients vers des centres
de traitement multidisciplinaire est un facteur clé
qui conditionne les chances de survie, mais elle
constitue un objectif difficile dans les pays à
faible revenu et à revenu intermédiaire où les
installations nécessaires sont inexistantes, inadéquates ou trop onéreuses.
26 27
CHAPITRE 2 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SANTÉ
Témoignages de patients
Cancer buccal
Le cancer buccal est un cancer fréquent, qui
touche habituellement les hommes d’âge moyen.
Dans certains pays d’Asie du Sud, il est le second
cancer le plus fréquent chez les hommes, et la
cause la plus répandue de décès prématurés au
sein de cette population. Généralement, les taux
de mortalité liés au cancer buccal sont supérieurs
à ceux de nombreux autres cancers ; seule la
moitié de l’ensemble des patients survit au cours
des cinq premières années suivant le diagnostic.
En dépit des avancées réalisées en matière de
diagnostic et de traitement, ce nombre n’a pas
évolué au cours des dernières décennies. En
outre, les répercussions du cancer buccal, même
traité, se traduisent par une qualité de vie nettement diminuée pour les survivants.
De manière générale, les aspects suivants doivent
être renforcés et améliorés à l’échelle mondiale :
Détection précoce et orientation rapide
La détection précoce améliore les résultats des
traitements grâce à l’orientation rapide vers des
soins spécialisés. Pourtant, l’orientation tardive
est une constante persistante, même dans les
pays à revenu élevé, et les occasions de dépister
les patients à risque sont fréquemment gâchées.
Même s’il n’est pas recommandé de procéder à
un dépistage de la population générale, il existe
des preuves solides de son efficacité chez les
patients présentant des facteurs de risque tels que
la consommation de tabac ou la consommation
élevée d’alcool. Les professionnels de santé qui
dispensent les soins primaires pourraient même
s’en charger après avoir suivi une formation minimale.
Disponibilité de soins spécialisés efficaces et
adaptés
Le cancer buccal requiert des soins spécialisés
dans des centres dédiés proposant des traitements chirurgicaux, de chimiothérapie ou de
radiothérapie de pointe. Il est nécessaire de faire
appel à des équipes multidisciplinaires pour
assurer la qualité optimale de la réadaptation
post-thérapie afin que la qualité de vie des
patients soit la meilleure possible. De telles
approches sont inexistantes dans de nombreux
pays à faible revenu et à revenu intermédiaire,
notamment en Asie du Sud, où les installations
existantes sont submergées par les nouveaux cas.
En outre, le coût des soins est souvent bien
au-dessus des moyens de la plupart des patients
et de leur famille.
Politiques intégratives pour traiter les facteurs
de risque, les déterminants et les inégalités
La meilleure stratégie pour gérer sur le long terme
ce problème croissant est de s’appuyer sur
l’approche basée sur des facteurs de risque communs, et sur l’intégration de la prévention et du
contrôle du cancer buccal dans les approches
des cancers généraux et des MNT. L’incidence,
les taux de survie et la qualité de vie des patients
touchés par le cancer buccal révèlent d’importantes inégalités liées au statut socio-économique.
Ces inégalités pourraient être réduites en incluant
les soins du cancer buccal dans la couverture
sanitaire universelle, en renforçant les systèmes
de santé et en adoptant une approche intégrale
pour diminuer les facteurs de risque.
Surveillance de la maladie
Le cancer buccal doit être intégré aux
programmes de surveillance de routine mis en
œuvre pour d’autres cancers, en mettant notamment en place des registres spécialisés des
cancers buccaux. Les capacités en pathologies
buccales et en diagnostic histologique doivent
aussi être renforcées.
Quelles mesures prendre ?
« Le cancer de la tête et du cou peut être dû à
de nombreux facteurs, notamment le HPV, la
consommation de tabac, l’alcool, les drogues,
les gènes, l’environnement et le stress.
Je ne sais pas lequel de ces facteurs a été la
cause de mon cancer. Si je le savais, j’aurais
un prix Nobel. Mais ce que je sais, c’est que si
je suis en vie aujourd’hui, c’est grâce à toutes
ces avancées incroyables dans la recherche et
le traitement des cancers.
Une sensibilisation précoce est l’un des
facteurs essentiels. Si mon cas sert à mieux
sensibiliser le grand public, tant mieux. »
Michael Douglas,
acteur et producteur américain, 2013
« Cela a été un choc terrible. Je suis resté
prostré dans le silence pendant plusieurs
jours. La détection précoce a fait toute la
différence. Je fais partie des chanceux. »
Rod Stewart,
auteur et chanteur de rock britannique, 2002
« La détection
précoce a fait toute
la différence.
Je fais partie des
chanceux. »
« Une
sensibilisation
précoce est l’un des
facteurs essentiels.
Si mon cas sert à
mieux sensibiliser
le grand public,
tant mieux. »
28 29
CHAPITRE 2 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SANTÉ
John S. Greenspan,
Spécialiste des pathologies buccales / Expert SIDA, 2015
Deborah Greenspan,
Spécialiste en médecine buccale / Expert SIDA, 2015
« La bouche est
un tel révélateur de la
santé globale et des maladies,
notamment de l’infection par le
VIH, ce qui appelle des examens
réguliers et approfondis des tissus mous
de la bouche par les professionnels
concernés. Tout en révélant des signes
de l’infection par le VIH sous la forme
de nombreuses lésions… la bouche
permet aussi de la dépister avec
succès grâce aux tests
salivaires. »
« Mon médecin
m’a conseillé de faire un
dépistage pour le VIH, mais
j’étais terrifié. La stigmatisation
entourant le VIH au [Botswana] est
toujours si prégnante. Trop de personnes
continuent à lier VIH et sorcellerie. Trop de
personnes continuent à penser que le virus
est incurable. Elles ne comprennent pas qu’il
est possible de combattre le VIH grâce à un
dépistage adéquat et au bon traitement.
Oui, je suis séropositif, mais
maintenant je peux prendre mes
médicaments et me sentir de
nouveau vivant. »
Paul Kebakile, Gaborone, Botswana, 2003
CORÉE
DU SUD
LA BARBADE
TRINITÉ-ET-TOBAGO
BAHAMAS
OUGANDA
GÉORGIE
AZERBAÏDJAN ARMÉNIE
SRI LANKA
JAMAÏQUE
CUBA
RÉP. DOMINICAINE
MALAISIE
VIETNAM
CAMBODGE
LAOS
THAÏLANDE
BHOUTAN
BANGLADESH
LIBAN
ISRAËL
YÉMEN
NÉPAL
RÉP.
CENTRAFRICAINE
SOUDAN
DU SUD
SÉNÉGAL GAMBIE
CAP-VERT
SÃO TOMÉET-PRINCIPE
GUINÉEBISSAU GUINÉE
LIBÉRIA
CÔTE
D’IVOIRE
BURKINA
FASOGHANA
BÉNIN
CAMEROUN
GUINÉE
ÉQUATORIALE GABON
CONGO BURUNDI
RWANDA KENYA
DJIBOUTI
TOGO
SIERRA LEONE
SWAZILAND
LESOTHO
ÉRYTHRÉE
GUATEMALA
SALVADOR
HAÏTI
HONDURAS
NICARAGUA
COSTA RICA
PANAMA GUYANA
SURINAME
BELIZE
PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
ÎLE MAURICE
MALDIVES
SINGAPOUR
BIRMANIE
TUNISIE
MALTE
MALAWI
OUZBÉK.
TADJIKISTAN
KIRGHIZSTAN
MONGOLIE
PAKISTAN
KAZAKHSTAN
ALGÉRIE
NIGER TCHAD
NIGÉRIA
SOUDAN
ÉTHIOPIE
ANGOLA
ÉGYPTE
MAROC
MAURITANIE
NAMIBIE
BOTSWANA
AFRIQUE DU SUD
MOZAMBIQUE
SOMALIE
MALI
BOLIVIE
PARAGUAY
VENEZUELA
COLOMBIE
ÉQUATEUR
PÉROU
ARGENTINE
URUGUAY
CHILI
NOUVELLEZÉLANDE
I NDONÉSI E
ZIMBABWE
ZAMBIE
MADAGASCAR
TANZANIE
IRAN
AUSTRALIE
INDE
ÉTATS-UNIS
CANADA
MEXIQUE
BRÉSIL
RUSSIE
É
RUS.
ITALIE
MOLDAVIE
UKRAINE
LETTONIE
ESTONIE
AUTRICHE
BULGARIE
ROUMANIE
GRÈCE
POLOGNE
BIÉLORUSSIE
R-U IRLANDE
ISLANDE
DANEMARK
FRANCE
ESPAGNE
PORTUGAL
ALLEMAGNE
SUISSE
BELGIQUE
LUX.
P-B
NORVÈGE
SUÈDE FINLANDE
RÉP. TCH.
SERBIE
KOSOVO
20,0 % ou plus
10,0 % – 19,9 %
1,0 % – 9,9 %
2 millions ou plus
1 million – 1,6 million
600 000 – 790 000
moins de 1,0 %
aucune donnée
VIH/SIDA
Pourcentage de la population
âgée de 15 à 49 ans
positif au VIH
Estimations 2011
Populations les plus affectées
par le VIH
Estimations 2013
Les premiers signes
de l’infection par le
VIH apparaissent
souvent dans la
bouche et pèsent
lourdement sur la
qualité de vie et sur
la nutrition. Il est
donc essentiel que les
professionnels de
santé bucco-dentaire
soient partie
prenante d’une offre
de soins multidisciplinaires efficaces.
VIH/SIDA et santé bucco-dentaire
Selon les estimations, 35 millions de personnes
dans le monde étaient infectées par le VIH en
2013, et la plupart ne survivent que grâce aux
thérapies antirétrovirales. Plus de la moitié des
personnes infectées par le VIH développe des
symptômes buccaux en amont de la maladie,
notamment des infections fongiques, bactériennes
et virales ; des parodontites aiguës ; la leucoplasie
chevelue ; des verrues ; une sécheresse buccale ;
un sarcome de Kaposi ; et un lymphome. Toutes
ces maladies peuvent générer des douleurs et
un inconfort, conduisant à une difficulté pour
mâcher, avaler, et sentir le goût des aliments, ce
qui a des répercussions négatives sur la qualité de
vie.
Les personnes touchées par le VIH/SIDA
restent sujettes à une stigmatisation et à une
discrimination sociales. Les dentistes et les autres
professionnels de santé bucco-dentaire ont l’obligation de fournir des soins éthiques et équitables
à tous les patients, quelle que soit leur sérologie
VIH. Les lésions buccales liées au VIH peuvent
permettre de diagnostiquer l’infection par ce
virus, de surveiller l’évolution de la maladie,
de prévoir l’état immunitaire et de contribuer à
des interventions thérapeutiques à temps. Le traitement et la gestion des lésions buccales dues au
VIH peuvent améliorer sans commune mesure la
qualité de vie et le bien-être. Les dentistes et les
professionnels de santé bucco-dentaire peuvent
aussi garantir l’orientation des patients présentant
des manifestations buccales pour un dépistage
du VIH/SIDA, leur suivi médical adéquat, et le
contrôle de la prise des thérapies antirétrovirales.
Les fournisseurs de soins de santé peuvent améliorer la surveillance des lésions buccales associées
à l’infection par le VIH en menant des examens
buccaux simples, rapides et économiques dans
le cadre des soins aux patients. Cela peut
constituer la première étape de la détection, de
la prévention et du traitement de cette maladie
mortelle. En travaillant en équipe, les professionnels de santé de différentes spécialités peuvent
répondre de manière efficace aux besoins des
individus et des communautés qu’ils servent.
Afrique du Sud
Nigéria
Ouganda
Inde
Mozambique
Kenya Indonésie Russie
16%
10%
7%
6%
5% 4% 4% 5%
3 %
3 %
3 %
3 %
2 %
2 %
2 %
24 %
Tanzanie
Zimbabwe
Chine
Zambie
États-Unis
Cameroun
Brésil
Reste du
monde
INFECTIONS/VIH
Pourcentage de
nouvelles infections
par le VIH
par pays
2013
30 31
CHAPITRE 2 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SANTÉ
Il est possible de prévenir efficacement le noma grâce
à des mesures de prévention, de sensibilisation et à
des interventions précoces adaptées. Le Bureau
régional de l’Afrique de l’OMS coordonne le
Programme régional de lutte contre le noma et apporte
un soutien technique aux huit pays de la région
africaine. Des ONG internationales, la plupart
membres de la Fédération NoNoma, participent à
l’effort de collaboration avec les ministères de la santé
des pays concernés dans les domaines de la prévention, des soins et de la réadaptation des patients du
noma, ainsi que de la mobilisation des ressources.
Soutenir des mesures intégrales
contribuant à réduire la pauvreté,
la malnutrition et d’autres facteurs
de risque environnementaux et
comportementaux du noma pour
les enfants.
Renforcer la détection précoce des
cas de noma en s’appuyant sur des
stratégies de santé communautaire
intégrées.
Fournir rapidement les soins
primaires adaptés dans les stades
précoces du noma.
Assurer l’orientation des patients à
un stade avancé du noma vers des
soins spécialisés.
Renforcer les systèmes de
surveillance intégrée grâce à la
documentation et au signalement
des cas de noma.
ACTIVITÉS ESSENTIELLES POUR AMÉLIORER LA DÉTECTION ET LE TRAITEMENT DU NOMA
« L’éradication
du noma requiert un effort
concerté pour diminuer la
pauvreté, pour promouvoir une
meilleure nutrition tant des
femmes enceintes que des enfants,
et pour aider à enseigner aux
parents à reconnaître les
signes précoces de la
maladie. »
Geneva Study Group on Noma,
2013
Matshidiso Moeti,
Directeur du Bureau régional de
l’Afrique de l’OMS, 2012
« Plus qu’une
maladie, le noma est une
tragédie. En tant que
problème de santé publique,
l’OMS est profondément
convaincue qu’il relève de l’agenda
politique des pays affectés. Mais
c’est aussi un problème qui va
au-delà, qui transgresse les
frontières des droits humains
et de l’équité. »
Le noma affecte
essentiellement des
enfants vivant en
Afrique subsaharienne. Maladie à
évolution rapide,
destructrice et très
souvent mortelle, le
noma est une maladie
de la pauvreté et de
la négligence.
Noma
De haut en bas :
Cas de noma aigu ;
destruction résultant du
noma ; même patient
après chirurgie
reconstructive.
Le noma est une maladie négligée qui affecte
principalement les enfants de moins de six ans
en Afrique subsaharienne. Elle se caractérise par
une destruction gangréneuse sévère, à évolution
rapide, des tissus mous et durs de la bouche et
du visage. Bien que rare, elle dévaste la vie des
personnes touchées. En l’absence de traitement,
70 à 90 % des enfants affectés en meurent.
Les survivants souffrent de défiguration à vie et ils
sont souvent incapables de parler ou de manger
à cause de la destruction massive des tissus.
Cette maladie s’accompagne d’une importante
stigmatisation sociale pour les victimes et pour
leur famille, augmentant le risque de pauvreté du
foyer.
La pauvreté et la malnutrition sont les principaux
facteurs de risque du noma. D’autres facteurs
prédisposant à la maladie sont une mauvaise
hygiène bucco-dentaire et des maladies telles que
le VIH, la malaria et la rougeole. La charge de
morbidité la plus élevée frappe le Burkina Faso, le
Mali, le Niger, le Nigéria, le Sénégal et l’Éthiopie,
qui forment collectivement ce que l’on appelle la
« ceinture du noma » du monde.
En raison des taux de mortalité élevés et de
l’absence de documentation fiable, il n’existe pas
de données épidémiologiques précises. Diagnostiqué à un stade précoce, un traitement simple et
efficace est envisageable. Cependant, les cas de
noma ont souvent déjà atteint un stade avancé au
moment de leur présentation. En cas de survie, les
patients doivent subir des opérations chirurgicales
coûteuses et complexes, qui bien souvent ne
peuvent être réalisées. Il est vital d’informer les
groupes de populations à risque, notamment les
mères, quant à la maladie si l’on veut concrétiser
les objectifs de la détection précoce et de la
prévention.
Le Programme régional de l’OMS de lutte contre
le noma, coordonné par le Bureau régional
de l’Afrique, soutient les gouvernements dans
l’élaboration de stratégies nationales contre le
noma, dans le lancement d’actions d’acquisition
de compétences, et dans le déploiement de
campagnes de sensibilisation du public.
Les efforts préventifs visant à lutter contre la
pauvreté extrême, la malnutrition, et les maladies
infantiles doivent être des priorités politiques
pour éradiquer le noma. Cela a été reconnu par le
Conseil des droits de l’homme des Nations Unies
qui a exhorté les États membres à mieux protéger
les droits humains et le droit à l’alimentation des
enfants.
32 33
CHAPITRE 2 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SANTÉ
Afrique du Nord
Caraïbes
Moyen-Orient
Asie centrale
Europe de l’Est
Moyenne mondiale
(moyenne arithmétique)
Asie de l’Est
Asie du Sud-est
Asie du Sud
Asie-Pacifique
Europe de l’Ouest
Océanie
Amérique du Nord
Australasie
Amérique latine,
Sud
Amérique latine,
Tropiques
Europe centrale
Amérique latine,
Centre
Amérique latine,
Andes
Afrique
subsaharienne, Est
Afrique subsaharienne,
Sud
Afrique subsaharienne,
Centre
Afrique subsaharienne,
Ouest
Europe du Sud
Europe du Nord
3,8
4,4
4,5
5,4
5,4
9,3
10,2
10,7
11,9
12,2
12,5
12,8
12,9
13,6
14,5
15,4
16,0
16,5
16,6
18,5
20,0
20,1
20,3
23,9
23,9
PRÉVALENCE GÉOGRAPHIQUE DES MALFORMATIONS
ORO-FACIALES
Pour 10 000 naissances
par région, 2010
1 Renforcer la tenue de registres nationaux sur les défauts de naissance et les
malformations oro-faciales, dans la mesure où ils jouent un rôle essentiel
pour les services de planification et l’évaluation des interventions
préventives primaires.
2 Encourager les efforts combinés dans les soins de santé primaires, la
prévention primaire et l’éducation afin d’améliorer l’accès aux soins des
enfants porteurs de malformations oro-faciales.
3 Exiger la mise en place d’approches plus globales de la part des ONG
participant aux soins de traitement des malformations oro-faciales, qui ne se
limiteraient pas aux services chirurgicaux primaires.
4 S’assurer que la prévention primaire tient compte des facteurs génétiques et
environnementaux pour traiter efficacement les causes des malformations
oro-faciales.
5 S’assurer que des services de prévention primaire et chirurgicaux essentiels
sont proposés pour traiter les défauts de naissance (dont les malformations
oro-faciales) dans le cadre de soins de santé intégrés.
POLITIQUES POUR AMÉLIORER
LE TRAITEMENT DES ANOMALIES CONGÉNITALES
RECOMMAND
ATIONS
Anomalies congénitales
Les fentes labiales
et/ou palatines sont
les malformations de
naissance les plus
fréquentes du visage
et de la bouche, et
elles sont à l’origine
d’une charge élevée
en termes de
mortalité, de
handicap, de qualité
de vie et de coûts
financiers.
Les anomalies congénitales du visage et de
la bouche sont fréquentes, les fentes labiales
et/ou palatines (malformations oro-faciales) en
constituant les deux tiers. Les fentes se produisent
soit de manière isolée (70 %), soit dans le cadre
d’un syndrome, affectant plus de 12 nouveau-nés
sur 10 000 dans le monde. Ainsi, en Inde seule,
on estime que près de 100 bébés porteurs de
fentes naissent chaque jour mais que la majorité
ne survit pas ; aux États-Unis, un bébé présentant
une malformation oro-faciale naît toutes les
75 minutes.
Des affections moins graves, mais à plus forte
prévalence et déterminées génétiquement, telles
que les malocclusions, concernent près de 50 %
de la population mondiale. D’autres anomalies
congénitales dentaires mineures, telles que
l’hypodontie (dents manquantes) ou des dents
supplémentaires, présentent respectivement une
incidence générale sur la population jusqu’à 20 %
pour la première et 2-3 % pour les secondes.
Même si dans le cas des anomalies congénitales,
la prédisposition génétique est un facteur important, d’autres facteurs de risque modifiables
entrent également en jeu. Une mauvaise alimentation, le tabac fumé, consommer de l’alcool
et l’obésité pendant la grossesse sont autant de
facteurs de risque supplémentaires documentés,
soulignant l’importance de mettre en place des
politiques préventives et des services de conseil,
notamment à destination des futures mères.
Il est possible de restaurer les fonctions normales
de mastication, d’élocution, et l’aspect chez
les patients souffrant de fentes labiales et/ou
palatines, et d’éviter la stigmatisation sociale, mais
cela requiert des interventions précoces multidisciplinaires. Soins infirmiers spécialisés, chirurgie
reconstructive, médecine dentaire pédiatrique,
orthophonie, orthodontie, génétique, et des
services psychologiques sont tous importants pour
une réadaptation complète des patients présentant
de telles anomalies. La plupart de ces services ne
sont pas disponibles dans les pays à faible revenu
et à revenu intermédiaire, même si dans certaines
villes, des ONG spécialisées aident à proposer au
minimum les services chirurgicaux primaires. La
réparation chirurgicale des malformations oro-faciales vient d’être portée sur la liste des services
chirurgicaux essentiels et rentables recommandés
par l’OMS.
Aux États-Unis, le coût direct des soins de traitement des malformations oro-faciales est estimé
à près de 200 000 dollars par patient, et le coût
annuel global des soins s’élèverait à 35 milliards
de dollars pour 175 000 patients. Si l’on y ajoute
les coûts indirects, la charge financière serait
probablement doublée, alourdissant le poids
psychologique déjà colossal pour les patients et
les familles affectés.
Caucasiens
15,2
Mongols et Indiens d’Amérique
15,3
Asiatiques
22,5
Afro-américains
5,0
DIFFÉRENCES ETHNIQUES DANS L’INCIDENCE
DES MALFORMATIONS ORO-FACIALES
Incidence pour 10 000 naissances vivantes
pour différents groupes ethniques de 17 pays
2006
TRAITEMENT DES
MALFORMATIONS
ORO-FACIALES
Une réadaptation
complète est possible si
les fentes labiales et
palatines sont
correctement traitées
par voie chirurgicale.
Sarah Hodges,
Anesthésiste pédiatrique,
2009
« L’absence d’accès à
des conseils et à des
services chirurgicaux peut
entraîner le décès de l’enfant ou
obliger une personne autrement
en bonne santé à une défiguration
permanente et à une diminution
fonctionnelle, ainsi qu’à
l’exclusion éducative et
sociale. »
34 35
CHAPITRE 2 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SANTÉ
agression et violence domestique
chute
accident sportif
accident de la route
travail
autres
PRINCIPALES CAUSES
DES TRAUMATISMES
BUCCO-DENTAIRES
Comparaison de l’Europe et
du Rwanda
Europe 2014, Rwanda 2003
31%
3 %
5 %
11%
11%
39%
Europe
15%
60%
18%
6%
2 %
Rwanda
Kerala
INDE
port du casque
14 %
pas de casque
53 %
FRACTURES MAXILLO-FACIALES DUES
À DES ACCIDENTS DE MOTO AU
KERALA, INDE
Incidence des fractures chez les motards
portant ou ne portant pas de casque
2014
1 Adopter des réglementations pour améliorer la sécurité routière par
l’utilisation obligatoire des ceintures de sécurité, des sièges pour enfants,
des casques de moto et de vélo, et par l’interdiction de l’alcool au volant.
2 Déployer des stratégies adéquates pour réduire la violence et le
harcèlement à l’école.
3 Imposer le port obligatoire de casques ou de protège-dents pour améliorer
la sécurité dans les sports de contact.
4 Renforcer le rôle des dentistes dans le diagnostic des traumatismes du fait
d’actes de violence et de maltraitance sur les enfants.
5 Garantir des soins d’urgence adéquats pour une réponse post-traumatique
améliorée.
POLITIQUES POUR PRÉVENIR ET LIMITER LA GRAVITÉ
DES TRAUMATISMES BUCCO-DENTAIRES
RECOMMAND
ATIONS
Mike Bossy,
Ancien joueur de la NHL, 2012
« J’ai souffert de
nombreuses blessures
bucco-dentaires au cours de ma
carrière de hockeyeur. La plus grave
a été lorsque j’ai reçu une crosse
directement dans les dents…
Le dentiste de l’équipe m’a examiné puis
il a placé un abaisse-langue derrière mes
dents de devant et les a remises en
place… À partir de ce jour, j’ai porté
un protège-dents en permanence
à chaque fois que j’allais
sur la glace. »
Leslie Halpern,
Chirurgienne bucco-dentaire et
maxillo-faciale, 2008
« Ce qu’il faut
retenir, c’est que la
violence domestique est un
sujet très délicat. Nous devons
former et éduquer la future
génération de spécialistes de soins
de santé sur le rôle que la
médecine dentaire joue dans ce
problème de santé publique
très grave. »
Les traumatismes
bucco-dentaires se
produisent fréquemment mais ils peuvent
être évités en
améliorant les
politiques de santé
publique et en
sensibilisant davantage aux risques liés à
la violence, aux
sports et à la sécurité
routière.
Traumatismes bucco-dentaires
Les traumatismes bucco-dentaires représentent
5 % de l’ensemble des blessures, et les traumatismes cranio-faciaux seraient responsables
de près de la moitié des quelques 8,5 millions
de décès par traumatisme dans le monde. Ils
comprennent les fractures des mâchoires et des
autres os du visage, ainsi que les fractures, les
dislocations et la perte des dents. Les facteurs
de risque comprennent les accidents de la route
et de vélo, les chutes, la violence physique, les
sports de contact, et les piercings de la langue
et des lèvres. Les blessures bucco-dentaires ont
d’importantes répercussions physiques, psychosociales et économiques, et elles constituent un
problème de santé publique majeur, qui affecte
particulièrement les enfants et les jeunes adultes.
Les blessures cranio-faciales sont souvent
complexes et se produisent concomitamment
à d’autres blessures corporelles, requérant des
traitements coûteux et longs. Près de la moitié
de l’ensemble des traumatismes impliquant les
dents définitives appelle un traitement dentaire.
Les coûts de traitement directs annuels des traumatismes dentaires au Danemark ont été estimés
à 2–5 millions de dollars par million d’habitants.
La prévention des blessures bucco-dentaires est
essentielle, et l’amélioration de la sécurité de
l’environnement est un élément clé. L’amélioration de la sécurité routière, et le port de casques,
de masques faciaux et de protège-dents sont des
mesures importantes pour réduire la fréquence
et la gravité des traumatismes dentaires et
cranio-faciaux.
La violence et la maltraitance sont des causes
importantes de blessures bucco-dentaires et elles
ont des conséquences graves et permanentes. Les
dentistes peuvent être le premier ou l’unique point
de contact des victimes en environnement de
santé. Les professionnels de santé bucco-dentaire
doivent donc être capables de reconnaître les
signes de maltraitance, qui portent habituellement
sur la tête, le cou ou le visage. Il est nécessaire
de renforcer la sensibilisation et l’éducation
sur ces questions, et les professionnels de santé
bucco-dentaire doivent être au fait de leur responsabilité juridique et éthique et de l’obligation qui
leur incombe de signaler les cas de maltraitance.
36 37
CHAPITRE 2 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SANTÉ
39
À l’instar de toutes les autres maladies, les maladies bucco-dentaires partagent un grand nombre
de facteurs de risque. Certains, tels que l’âge, le
sexe et les caractères héréditaires, sont intrinsèques à l’individu et ne peuvent être ni changés
ni modifiés. D’autres, qui dépendent des comportements et du mode de vie, relèvent de la catégorie des facteurs de risque dits modifiables car une
action individuelle et la modification d’une habitude ou d’un comportement spécifiques est envisageable. Dans les faits, ce changement peut être
difficile à réaliser sans mesures de soutien supplémentaires. Les facteurs de risque modifiables des
maladies bucco-dentaires sont, entre autres, le
déséquilibre alimentaire, notamment les régimes
riches en sucre, la consommation de tabac, et la
consommation excessive d’alcool. Ces facteurs de
risque clés sont aussi communs à la plupart des
autres grandes MNT. Ce chapitre revient en détail
sur l’ensemble de ces facteurs de risque clés et
cherche à mettre en lumière leur potentiel préjudiciable et à montrer l’étendue de leur impact sur
la santé bucco-dentaire à l’échelle mondiale. Des
recommandations spécifiques pour limiter ces
risques, envisagées sous l’angle de la santé publique et des populations, y sont aussi présentées.
À titre d’illustration, le risque de cancer buccal est
multiplié par 15 en cas de consommation combinée d’alcool et de tabac. La consommation de
tabac est la cause de 50 % des cas de maladies
parodontales. Les sucres ajoutés sont la principale
cause de carie dentaire chez les enfants et chez
les adultes. En outre, plusieurs grands facteurs de
risque se retrouvent généralement simultanément
au sein d’un même groupe d’individus. Ainsi, les
fumeurs sont plus enclins à avoir un régime riche
en lipides et en sucre et faible en fibres, et à avoir
une activité physique moins importante. De plus,
la consommation d’alcool et celle de tabac sont
souvent associées. De tels comportements individuels et choix de modes de vie n’ont pas seulement un impact négatif sur la santé bucco-dentaire, ils nuisent aussi généralement à la qualité
de vie globale.
Un certain nombre de facteurs externes qui ne
peuvent être que faiblement atténués par les
comportements individuels conditionnent aussi
la santé bucco-dentaire. Ces déterminants englobent la pauvreté, une éducation inexistante, le
chômage, l’accès restreint à l’eau potable et à des
installations sanitaires, ainsi que l’accès limité aux
soins bucco-dentaires. Les conditions générales
socio-économiques, culturelles et environnementales pèsent également sur la santé bucco-dentaire, mais ces déterminants sont hors du champ
d’influence individuel. La législation sur le tabac
et les programmes de fluoration de l’eau sont des
exemples des mesures « en amont » permettant
de contrer de tels facteurs. Sur l’ensemble du
gradient social, des plus riches aux plus pauvres,
les personnes moins privilégiées sont toujours en
moins bonne santé et ont toujours un accès plus
limité aux soins appropriés. Dans toutes les sociétés, les plus démunis présentent la plus mauvaise
santé, le moins bon accès aux soins et les plus
grands risques pour la santé. Ces inégalités sont
observées tant entre les régions et les pays que de
l’un ou l’une à l’autre.
Bien trop souvent, les approches et les politiques
se concentrent sur la modification des comportements individuels, notamment en ce qui concerne
les choix de mode de vie. Néanmoins, l’ensemble
de nos choix sont fortement influencés par de
nombreux facteurs, notamment les circonstances
socio-économiques et les normes sociales. Par
conséquent, les stratégies fondées sur les modes
de vie n’offrent souvent qu’une efficacité limitée
et elles risquent même d’accroître les inégalités
sanitaires qu’elles sont censées réduire.
Pour lutter contre les facteurs de risque, et accompagner les individus dans l’adoption de comportements plus sains, il est nécessaire de toujours
prendre en compte les déterminants plus larges
du comportement à risque et d’essayer d’en traiter
les raisons sous-jacentes. Le principe de la Charte
d’Ottawa pour la promotion de la santé prend ici
tout son sens : faire en sorte que le choix le plus
facile soit aussi le meilleur choix du point de vue
de la santé !
Maladies bucco-dentaires
et facteurs de risque Chapitre 3
éducation
nutrition
chômage
pauvreté
et
travail inégalité eau
assainissement
logement
soins de santé
Age, sexe
et facteurs
héréditaires
Réseaux sociaux et communautaires
Facteurs du mode de vie individuel
Conditions socio-économiques, culturelles et environnementales générales
LES DÉTERMINANTS SOCIAUX
DE LA SANTÉ
Adapté de Whitehead
& Dahlgren, 1991
Obésité
Diabète
Carie dentaire
Maladies parodontales
traumatismes
bucco-dentaires
Cancers
Maladies cardiovasculaires
Maladies respiratoires
mauvaise hygiène blessures
stress alcool
manque d’exercice absence de contrôle
alimentation
déséquilibrée consommation
de tabac
FACTEURS DE RISQUE COMMUNS ET LEUR
IMPORTANCE POUR LA SANTÉ BUCCO-DENTAIRE
Adapté de Sheiham & Watt, 2000
1 Soutenir des stratégies visant à réduire la pauvreté, améliorer l’inclusion
sociale et le niveau général d’éducation et d’emploi, améliorer l’accès
aux soins de santé, promouvoir un logement abordable, une eau potable
et des installations d’assainissement et protéger les minorités et les
groupes vulnérables pour un état général et une santé bucco-dentaire
durablement améliorés.
2 Inclure systématiquement la question de la santé générale et de la santé
bucco-dentaire dans toutes les politiques afin de réduire les effets négatifs
sur l’équité sanitaire des décisions prises dans d’autres domaines, et
contribuer à renforcer les synergies pour une meilleure santé des
populations.
3 Maximiser les occasions de travailler efficacement de manière
interdisciplinaire et intersectorielle afin de réduire les inégalités en
matière de déterminants sociaux et de santé.
4 Cibler les ressources pour remédier aux inégalités sanitaires et apporter
un soutien aux personnes présentant les besoins les plus importants et les
plus complexes afin de réduire ces inégalités.
5 Prendre des mesures pour réduire l’exposition aux facteurs de risque pour
la santé générale et la santé bucco-dentaire en réglementant les aliments
peu sains et en réduisant la consommation de tabac et d’alcool.
POLITIQUES POUR TRAITER LES DÉTERMINANTS SOCIAUX
RECOMMAND
ATIONS
Toutes les grandes MNT, notamment la plupart des
maladies bucco-dentaires, partagent les mêmes
déterminants sociaux et un petit nombre de
facteurs de risque communs – consommation de
sucre, de tabac, d’alcool et alimentation déséquilibrée – qui seront traités dans les pages suivantes.
Ces facteurs de risque communs servent de base
conceptuelle à l’Approche basée sur des facteurs
de risque communs qui est l’une des notions les
plus importantes en matière de prévention des
maladies bucco-dentaires. Parallèlement, cette
approche ouvre la voie à une intégration plus
étroite de la santé bucco-dentaire aux stratégies de
traitement des MNT.
Les déterminants sociaux de la santé sont les
circonstances de naissance, de croissance, de
vie, de travail et d’âge. Ces circonstances, qui
déterminent largement les comportements
adoptés et les choix réalisés, sont elles-mêmes
modelées par des forces plus larges : économie,
politiques sociales, éducation, politique, etc. La
distribution inégale de tous ces facteurs déterminants explique les différences persistantes et
croissantes mondiales dans l’état de santé et la
charge de morbidité. Ces inégalités qui affectent
l’état général et la santé bucco-dentaire au sein
des populations et entre ces dernières posent des
défis majeurs pour les décideurs politiques et
pour les acteurs de la santé publique.
Les mesures dominantes qui se concentrent sur la
modification des comportements sanitaires et des
choix de vie n’ont qu’un succès limité, et elles ont
été critiquées en ce qu’elles ignorent les
influences sociales plus larges qui déterminent
ces choix. Seule une stratégie intégrative plus
large capable de tenir compte des facteurs de
risque communs et des déterminants fondamentaux de la santé permettra de mettre en place des
approches équitables et justes, à même de
promouvoir une meilleure santé bucco-dentaire
et un meilleur état général.
Tant l’état général
que la santé
bucco-dentaire de
populations entières
sont largement
déterminés par les
facteurs sociaux et
par leur interaction
avec un ensemble de
facteurs de risque
communs, à savoir la
consommation de
sucre, de tabac,
d’alcool et une
alimentation
déséquilibrée.
Déterminants sociaux et
facteurs de risque communs
sucre
tabac alcool
régime
alimentaire
40 41
CHAPITRE 3 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET FACTEURS DE RISQUE
FAITS SUR LE SUCRE
Consommation de sucre Consommation quotidienne recommandée
par l’OMS pour les enfants et les adultes
Teneur en sucre par 100 g
d’aliments divers
Consommation
moyenne de sucre
et d’édulcorants
par personne par
jour en 2011 :
Recommandation forte
Pas plus de 10 % de l’apport
énergétique total :
~50 g ou 10 cuillères à café.
Recommandation
supplémentaire
Pas plus de 5 % de l’apport
énergétique total :
~25 g ou 5 cuillères à café.
Seuls 19 pays consomment
moins de 25 g par personne
par jour.
109 g
mondiale
166 g
États-Unis
65 pays consomment plus
de 100 g par personne par
jour.
<25 g
100 g
10 %
5 %
Biscuits nappés de chocolat 45,8 g
Cornflakes glacés au sucre 37 g
Ketchup à la tomate 27,5 g
Sauce aigre-douce (à ajouter) 20,2 g
Assaisonnement salade (type Salad cream)
16,7 g
Yaourt aux fruits 16,6 g
Coca-Cola 10,9 g
Jus de fruits sucré 9,8 g
NOUVELLE-CALÉDONIE
SAMOA
FIDJI
POLYNÉSIE FR.
KIRIBATI
VANUATU
CORÉE
DU SUD
CORÉE
DU NORD
TIMOR ORIENTAL
ANTIGUA-ET-BARBUDA
LA BARBADE
STE-LUCIE
TRINITÉ-ET-TOBAGO
ST-KITTS-ET-NEVIS
ST-VINCENTET-GRENAD. DOMINIQUE
BAHAMAS
OUGANDA
GÉORGIE AZERBAÏDJAN
ARMÉNIE
SRI LANKA
JAMAÏQUE
CUBA
RÉP.
DOMINICAINE
BRUNEI
MALAISIE
VIETNAM
CAMBODGE
LAOS
THAÏLANDE
BANGLADESH
CHYPRE SYRIE
LIBAN
ISRAËL
JORDANIE
EAU
KOWEÏT
YÉMEN
NÉPAL
RÉP.
CENTRAFRICAINE
SOUDAN
DU SUD
SÉNÉGAL GAMBIE
CAP-VERT
SÃO TOMÉET-PRINCIPE
GUINÉEBISSAU GUINÉE
LIBÉRIA
CÔTE
D’IVOIRE
BURKINA
FASOGHANA
BÉNIN
CAMEROUN
GABON
CONGO
RWANDA
KENYA
DJIBOUTI
SIERRA LEONE
TOGO
SWAZILAND
LESOTHO
GUATEMALA
SALVADOR
HAÏTI
HONDURAS
NICARAGUA
COSTA RICA
PANAMA GUYANA
SURINAME
BELIZE
ÎLE MAURICE
MALDIVES
GRENADE
BIRMANIE
AUT. NAT.
PALESTINIENNE
TUNISIE
MALTE
ÎLES
SALOMON
RAS HK
RAS MACAU
MALAWI
LES BERMUDES
TURKMÉN.
OUZBÉK.
TADJIKISTAN
KIRGHIZSTAN
ARABIE
SAOUDITE
MONGOLIE
PAKISTAN
AFGHANISTAN
TURQUIE
IRAK
KAZAKHSTAN
ALGÉRIE
NIGER TCHAD
NIGÉRIA
SOUDAN
ÉTHIOPIE
ANGOLA
ÉGYPTE
MAROC
LIBYE
MAURITANIE
NAMIBIE BOTSWANA
AFRIQUE
DU SUD
MOZAMBIQUE
SOMALIE
MALI
BOLIVIE
PARAGUAY
VENEZUELA
COLOMBIE
ÉQUATEUR
PÉROU
ARGENTINE
URUGUAY
CHILI
PHILIPPINES
NOUVELLEZÉLANDE
I NDONÉSI E
ZIMBABWE
ZAMBIE
MADAGASCAR
TANZANIE
IRAN
AUSTRALIE
CHINE
INDE
ÉTATS-UNIS
CANADA
MEXIQUE
BRÉSIL
JAPON
RUSSIE
É
RUS.
CROATIE
ITALIE
MOLDAVIE
UKRAINE
MACÉDOINE
LITUANIE
LETTONIE
ESTONIE
ALBANIE
MONT.
AUTRICHE HONGRIE
BULGARIE
ROUMANIE
GRÈCE
POLOGNE
SLOVÉNIE
B-H
BIÉLORUSSIE
R-U IRLANDE
ISLANDE
DANEMARK
FRANCE
ESPAGNE
PORTUGAL
ALLEMAGNE
SUISSE
BELGIQUE
LUX.
P-B
NORVÈGE
SUÈDE FINLANDE
RÉP. TCH. SLOVAQUIE
SERBIE
KOSOVO
plus de 100
76 – 100
51 – 75
26 – 50
25 ou moins
aucune donnée
CONSOMMATION MOYENNE
DE SUCRE ET D’ÉDULCORANTS
Grammes par personne par jour
2011
1 Taxer davantage les
aliments riches en
sucre et les boissons
sucrées/édulcorées.
2 Garantir un étiquetage
alimentaire transparent
pour permettre aux
consommateurs de
faire des choix
informés.
3 Réglementer
strictement la teneur
en sucre des aliments
pour bébés et des
boissons sucrées/
édulcorées.
4 Limiter la commercialisation et la disponibilité d’aliments riches en
sucre et de boissons
sucrées/édulcorées
pour les enfants et les
adolescents.
5 Communiquer des
lignes directrices
nutritionnelles
simplifiées, portant
notamment sur la
consommation de
sucre, afin de
promouvoir une
alimentation et une
consommation de
boissons saines.
POLITIQUES POUR
RÉDUIRE LA
CONSOMMATION
DE SUCRE
RECOMMAND
ATIONS
Le sucre est l’un des
principaux facteurs
de risque de la carie
dentaire. Réduire sa
consommation dans
le cadre d’une
alimentation saine
permet d’améliorer la
santé bucco-dentaire
et peut contribuer à
limiter le diabète,
l’obésité et d’autres
MNT.
Sucre
Les sucres font partie de la grande famille des
édulcorants – des substances entrant naturellement dans la composition des aliments et des
boissons, ou qui y sont ajoutées, et qui créent
la sensation sucrée. Ils constituent une source
importante et essentielle de l’apport énergétique
quotidien, mais leur consommation excessive a
de graves conséquences. Leur influence sur de
grandes MNT telles que le diabète et l’obésité,
dans le cadre d’un régime alimentaire hautement
calorique, est de plus en plus reconnue.
La nomenclature appliquée aux sucres et aux
édulcorants est complexe. Les sucres ajoutés
– tous les sucres ajoutés aux aliments par les
fabricants, les cuisiniers ou les consommateurs,
ainsi que les sucres naturellement présents dans le
miel, les sirops et les jus de fruits – sont la cause
unique de carie dentaire chez l’enfant et chez
l’adulte. La consommation de sucres modifie
l’équilibre sain des bactéries présentes dans la
bouche, favorisant les bactéries qui transforment
les sucres en acides déminéralisant l’émail des
dents. La consommation répétée de sucre au cours
de la journée augmente la fréquence des attaques
acides et le risque de carie dentaire.
La consommation de sucre est influencée par
de nombreux facteurs biologiques, comportementaux, sociaux, culturels et environnementaux.
La consommation mondiale de sucre a triplé au
cours des 50 dernières années, et ce phénomène
devrait se poursuivre, notamment dans les économies émergentes. Pour lutter contre l’épidémie
croissante de carie dentaire et des autres MNT,
l’OMS recommande de limiter la consommation
quotidienne de sucres ajoutés à moins de 5 % de
l’apport énergétique total. Cela équivaut à 25 g ou
à 5 cuillères à café de sucre par jour.
Plusieurs mesures sont à l’étude afin de réduire
la consommation mondiale de sucre. Elles vont
des taxes supplémentaires sur les produits à forte
teneur en sucre à la diminution de la surconsommation de boissons sucrées/édulcorées, à la
réduction de la teneur en sucre des aliments et des
boissons, à la mise en place de réglementations
pour un étiquetage transparent des ingrédients alimentaires, et à la limitation de la vente aux enfants
et aux adolescents d’aliments riches en sucre.
42 43
CHAPITRE 3 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET FACTEURS DE RISQUE
FAITS SUR LE TABAC
Consommation de tabac Types de consommation de tabac Effets du tabac sur la santé bucco-dentaire
Tabac fumé
cigarettes
bidîs
kreteks
pipes
cigares
narguilés
Tabac non fumé
prise de tabac, sec
ou humide
Accroît le risque de :
- cancer buccal
- palais du fumeur
- maladies parodontales
- perte prématurée des dents
- gingivite
- taches
- halitose (mauvaise haleine)
- perte du sens du goût et de l’odorat
600 000 personnes meurent chaque année
de tabagisme passif : 156 000 hommes,
281 000 femmes and 166 000 enfants.
Au moins 300 millions de personnes
consomment du tabac non fumé, et 90 %
d’entre elles se trouvent en Asie du Sud-est.
En 2011, les fabricants ont dépensé près
de 9,5 milliards de dollars en publicité
pour les cigarettes et le tabac non fumé.
Les gouvernements consacrent moins de
1 milliard de dollars par an à la lutte
anti-tabac.
800 millions d’hommes fument.
200 millions de femmes fument.
chique
snus
produits de tabac
solubles
Recommandations du
programme MPOWER
de l’OMS pour lutter
efficacement contre le
tabagisme :
1 Surveiller la
consommation de
tabac et les
politiques de
prévention.
2 Protéger les
personnes de la
fumée de tabac.
3 Offrir un accompagnement pour cesser
de consommer du
tabac.
4 Avertir des dangers
du tabac.
5 Interdire la publicité,
la promotion et les
actions de sponsorat
du tabac.
6 Augmenter les taxes
sur le tabac.
POLITIQUES POUR
LUTTER CONTRE
LE TABAGISME
RECOMMAND
ATIONS
TONGA
ÎLES COOK
ÎLES MARSHALL
KIRIBATI
VANUATU
NAURU
LA BARBADE
ST-KITTS-ET-NEVIS DOMINIQUE
OUGANDA
GÉORGIE AZERBAÏDJAN
ARMÉNIE
SRI LANKA
RÉP.
DOMINICAINE
BRUNEI
MALAISIE
VIETNAM
CAMBODGE
LAOS
THAÏLANDE
BANGLADESH
CHYPRE
ISRAËL
JORDANIE
BAHREÏN
OMAN
KOWEÏT
YÉMEN
NÉPAL
SÉNÉGAL GAMBIE
CAP-VERT
SÃO TOMÉ-ETPRINCIPE
GUINÉE
LIBÉRIA
CÔTE
D’IVOIRE
GHANA
BÉNIN
GABON
CONGO
KENYA
SIERRA LEONE
TOGO
SWAZILAND
ÉRYTHRÉE
GUATEMALA
SALVADOR
COSTA RICA
PANAMA GUYANA
BELIZE
PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
ÎLE MAURICE
MALDIVES
COMORES
SEYCHELLES
BIRMANIE
AUT. NAT.
PALESTINIENNE
TUNISIE
MALTE
ÎLES
SALOMON MALAWI
OUZBÉK. KIRGHIZSTAN
ARABIE
SAOUDITE
MONGOLIE
PAKISTAN
TURQUIE
IRAK
KAZAKHSTAN
ALGÉRIE
NIGER TCHAD
NIGÉRIA
RÉP. DÉM.
CONGO
ÉGYPTE
MAROC
LIBYE
MAURITANIE
NAMIBIE BOTSWANA
AFRIQUE
DU SUD
SOMALIE
MALI
BOLIVIE
PARAGUAY
COLOMBIE
ARGENTINE
URUGUAY
CHILI
PHILIPPINES
NOUVELLEZÉLANDE
I NDONÉSI E
ZAMBIE
IRAN
AUSTRALIE
CHINE
INDE
CANADA
MEXIQUE
BRÉSIL
JAPON
RUSSIE
GÉORGIE
RUS.
CROATIE
ITALIE
MOLDAVIE
UKRAINE
LITUANIE
LETTONIE
ESTONIE
ALBANIE
AUTRICHE HONGRIE
BULGARIE
ROUMANIE
GRÈCE
POLOGNE
SLOVÉNIE
B-H
BIÉLORUSSIE
R-U
ISLANDE
DANEMARK
FRANCE
ESPAGNE
PORTUGAL
ALLEMAGNE
SUISSE
BELGIQUE
P-B
NORVÈGE
SUÈDE FINLANDE
RÉP. TCH. SLOVAQUIE
SERBIE
KOSOVO
40 % ou plus
30 % – 39 %
20 % – 29 %
moins de 20 %
aucune donnée
CONSOMMATION DE TABAC FUMÉ
Prévalence de la consommation de tabac fumé chez
les adultes, normalisée selon l’âge
2011
La consommation de
tabac est la
principale cause
mondiale évitable de
décès et de maladies,
y compris des
maladies
bucco-dentaires. Les
professionnels de
santé bucco-dentaire
ont un rôle important
à jouer dans sa
diminution.
Tabac
La consommation de tabac est la cause évitable
de décès la plus répandue dans le monde. La cigarette provoque le décès de la moitié des fumeurs
à vie, et au 20ème
siècle, 100 millions de décès ont
été imputables à la consommation de tabac. Ce
nombre devrait passer à 1 milliard au 21ème siècle
si les habitudes ne changent pas. Par ailleurs, le
tabagisme passif provoque près de 600 000 décès
chaque année. En outre, la consommation de
tabac non fumé est un problème mondial qui ne
cesse de prendre de l’ampleur.
La consommation de tabac est une menace de
santé publique mondiale majeure pour tous les
pays, et aucune forme de consommation n’est
sans danger ; pourtant le tabac reste cultivé dans
plus de 120 pays. En 2013, plus de 6 mille milliards de cigarettes ont été fumées par près d’un
milliard de personnes. Plus de 300 millions de
personnes consomment du tabac non fumé dans
plus de 75 pays. Le tabac non fumé est particulièrement dangereux pour la santé bucco-dentaire
dans la mesure où il est en contact direct avec les
tissus de la cavité buccale.
Il existe de nombreuses approches efficaces pour
limiter la consommation de tabac. La Convention-cadre de l’OMS pour la lutte anti-tabac offre
un cadre, ayant force obligatoire pour ses États
membres, pour mettre en place des politiques
efficaces afin de réduire la consommation
mondiale de tabac. Les politiques visant à créer
des zones non-fumeurs, à accroître l’imposition
des produits du tabac et à augmenter le prix de
vente du tabac présentent ainsi la plus grande
efficacité.
Des réglementations strictes et cohérentes à
tous les niveaux de la production et de la consommation de tabac, de la culture des plantes au recyclage des déchets, peuvent permettre de limiter
les niveaux de consommation et de promouvoir
l’arrêt du tabac. Des programmes globaux de
lutte contre le tabagisme incitant à en stopper
la consommation via des interventions ciblées
par populations permettent aux gouvernements
de diminuer la morbidité et la mortalité liées au
tabac.
Les dentistes et l’équipe dentaire peuvent jouer un
rôle efficace pour aider les patients à réduire ou à
stopper la consommation de tabac. Ils devraient
aussi être un modèle à suivre et s’abstenir d’en
consommer eux-mêmes.
Margaret Chan,
Directeur général de l’OMS, 2014
« Le moyen
le plus efficace pour
limiter la consommation
de tabac et sauver des vies
est d’augmenter les taxes sur
les produits du tabac. Prendre
des mesures fiscales fermes
permet de frapper
l’industrie du tabac là
où le bât blesse ».
44 45
CHAPITRE 3 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET FACTEURS DE RISQUE
FAITS SUR L’ALCOOL
Consommation d’alcool Impact de l’alcool sur l’état général Impact de l’alcool sur la santé bucco-dentaire
Consommation moyenne
annuelle mondiale d’un
adulte en 2010 : 6,2 litres
5,1% de la charge mondiale
de morbidité sont liés à la
consommation d’alcool.
L’alcool est le troisième facteur
de risque de handicaps dans les
pays développés.
L’acidité et la forte teneur en sucre des
boissons alcooliques peuvent provoquer
l’érosion des dents et des caries dentaires.
La consommation excessive d’alcool peut
donner lieu à des blessures, souvent à la
bouche et aux dents.
L’abus d’alcool en début
de grossesse peut
provoquer la croissance
faciale anormale du
fœtus.
6,2
1
5,1 %
La consommation mondiale
excessive d’alcool provoque
près de 3,3 millions de décès par an.
L’alcool et le tabac sont les principaux
facteurs de risque des cancers de la
bouche, du larynx, du pharynx et
de l’œsophage, ainsi que des
maladies parodontales.
TONGA
SAMOA
FIDJI
ÉTATS FÉDÉRÉS DE MICRONÉSIE
KIRIBATI
VANUATU
TUVALU
NAURU
CORÉE
DU SUD
CORÉE
DU NORD
TIMOR ORIENTAL
ANTIGUA-ET-BARBUDA
LA BARBADE
STE-LUCIE
TRINITÉ-ET-TOBAGO
ST-KITTS-ET-NEVIS
ST-VINCENT-ET-GRENAD. DOMINIQUE
BAHAMAS
OUGANDA
GÉORGIE AZERBAÏDJAN
ARMÉNIE
SRI LANKA
JAMAÏQUE
CUBA RÉP.
DOMINICAINE
BRUNEI
MALAISI E
VIETNAM
CAMBODGE
LAOS
THAÏLANDE
BANGLADESH
CHYPRE SYRIE
LIBAN
ISRAËL
JORDANIE
BAHREÏN
QATAR EAU
OMAN
KOWEÏT
YÉMEN
NÉPAL
RÉP.
CENTRAFRICAINE
SÉNÉGAL GAMBIE
CAP-VERT
SÃO TOMÉET-PRINCIPE
GUINÉEBISSAU GUINÉE
LIBÉRIA
CÔTE
D’IVOIRE
BURKINA
FASOGHANA
BÉNIN
CAMEROUN GUINÉE
ÉQUATORIALE
GABON
CONGO BURUNDI
RWANDA
KENYA
DJIBOUTI
SIERRA LEONE
TOGO
SWAZILAND
LESOTHO
ÉRYTHRÉE
GUATEMALA
SALVADOR
HAÏTI
HONDURAS
NICARAGUA
COSTA RICA
PANAMA GUYANA
SURINAME
BELIZE
PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
ÎLE MAURICE
COMORES
SEYCHELLES
SINGAPOUR
GRENADE
BIRMANIE
TUNISIE
MALTE
ÎLES
SALOMON MALAWI
TURKMÉN.
OUZBÉK.
TADJIKISTAN
KIRGHIZSTAN
ARABIE
SAOUDITE
MONGOLIE
PAKISTAN
AFGHANISTAN
TURQUIE
IRAK
KAZAKHSTAN
ALGÉRIE
NIGER TCHAD
NIGÉRIA
SOUDAN
RÉP. DÉM.
CONGO
ÉTHIOPIE
ANGOLA
ÉGYPTE
MAROC
LIBYE
MAURITANIE
NAMIBIE BOTSWANA
AFRIQUE
DU SUD
MOZAMBIQUE
SOMALIE
MALI
BOLIVIE
PARAGUAY
VENEZUELA
COLOMBIE
ÉQUATEUR
PÉROU
ARGENTINE
URUGUAY
CHILI
PHILIPPINES
NOUVELLEZÉLANDE
I NDONÉSI E
ZIMBABWE
ZAMBIE
MADAGASCAR
TANZANIE
IRAN
AUSTRALIE
CHINE
INDE
ÉTATS-UNIS
CANADA
MEXIQUE
BRÉSIL
JAPON
RUSSIE
É
RUS.
CROATIE
ANDORRE
ITALIE
MOLDAVIE
UKRAINE
MACÉDOINE
LITUANIE
LETTONIE
ESTONIE
ALBANIE
MONT.
AUTRICHE HONGRIE
BULGARIE
ROUMANIE
GRÈCE
POLOGNE
SLOVÉNIE
B-H
BIÉLORUSSIE
R-U IRLANDE
ISLANDE
DANEMARK
FRANCE
ESPAGNE
PORTUGAL
ALLEMAGNE
SUISSE
BELGIQUE
LUX.
P-B
NORVÈGE
SUÈDE FINLANDE
RÉP. TCH. SLOVAQUIE
SERBIE
KOSOVO
11,00 ou plus
6,00 – 10,99
1,00 – 5,99
moins de 1,00
aucune donnée
CONSOMMATION D’ALCOOL
Consommation moyenne d’alcool pur
par personne âgée d’au moins 15 ans
2013 ou dernières données disponibles
Litres
1 Prendre des mesures
efficaces pour
réglementer la
disponibilité de
l’alcool, telles que
limiter les horaires et
les jours de vente.
2 Appliquer une
tolérance zéro à la
conduite en état
d’ivresse afin de
limiter la consommation d’alcool et les
accidents de la route
qui en résultent.
3 Augmenter les taxes
sur les boissons
alcooliques afin de
réduire efficacement
la consommation.
4 Appliquer des lois
limitant la vente et
l’achat d’alcool par
les mineurs afin de
lutter contre leur
consommation
d’alcool.
5 Réduire l’exposition
et les incitations à la
consommation
d’alcool en réglementant ou en interdisant
les publicités et la
promotion de
l’alcool.
POLITIQUES POUR
LUTTER CONTRE LA
CONSOMMATION
EXCESSIVE
D’ALCOOL
RECOMMAND
ATIONS
La consommation
excessive d’alcool est
l’un des principaux
facteurs de risque de
plus de 200 maladies,
dont le cancer buccal
et les maladies
parodontales, et elle
doit être traitée dans
le cadre d’une
approche globale de
toutes les MNT.
Alcool
La consommation d’alcool est une composante
historique de nombreuses cultures depuis des
millénaires. Mais, aujourd’hui, les niveaux très
élevés de la consommation excessive d’alcool
se traduisent par un poids sociétal important en
matière sanitaire, sociale et économique.
L’alcool est le troisième principal facteur de risque
de handicaps dans le monde développé, après
le tabac et l’hypertension. Sa consommation
est associée à plus de 200 maladies, dont les
maladies bucco-dentaires. Consommer seul ou
associé au tabac, il est un facteur de risque majeur
du cancer de la bouche, du larynx, du pharynx
et de l’œsophage, et il est associé à d’autres
maladies bucco-dentaires telles que les maladies
parodontales. Sa consommation augmente le
risque de blessures faciales et dentaires en raison
des chutes, des accidents de la route ou de la
violence interpersonnelle. En outre, les boissons
alcooliques peuvent présenter un taux d’acidité
et une teneur en sucre très élevés, avec un effet
préjudiciable sur les dents sous forme d’érosion
dentaire et de caries dentaires.
L’abus d’alcool en début de grossesse augmente
les risques de développement pour le fœtus. Il a
un effet direct sur les cellules qui vont former les
structures de la bouche et des dents, ce qui se
traduit par une croissance faciale anormale qui
est l’un des symptômes du syndrome d’alcoolisme
fœtal.
Les stratégies pour lutter contre la consommation
d’alcool doivent idéalement être intégrées aux
actions contre les autres facteurs de risque
communs des MNT. Ces approches doivent se
concentrer sur la disponibilité et sur la tarification
des alcools, ainsi que sur les mesures de prévention de l’alcoolisme et sur son traitement dans le
cadre des systèmes de santé. Les professionnels
de santé bucco-dentaire doivent être conscients
des effets néfastes de l’alcool et ils doivent fournir
les conseils et les soins adéquats à leurs patients.
« La charge de
morbidité liée à
l’alcool, ainsi que son poids
social et économique, risquent
encore de s’alourdir à moins que
des politiques de prévention
efficaces et des mesures basées
sur les meilleures données
probantes disponibles ne
soient déployées à
l’échelle mondiale. »
Oleg Chestnov, Sous-Directeur général –
Maladies non transmissibles et santé mentale
de l’OMS, 2014
46 47
CHAPITRE 3 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET FACTEURS DE RISQUE
1 Limiter la vente
d’aliments et de
boissons peu sains ;
augmenter les taxes
sur ces deux
catégories, et limiter
leur portion et leur
disponibilité.
2 Appliquer des
réglementations
d’étiquetage
alimentaire favorables
aux consommateurs
afin de faciliter des
choix alimentaires
informés.
3 Déployer des
approches intégrées
en matière de conseil
nutritionnel traitant à
la fois les aspects de
l’état général et ceux
de la santé
bucco-dentaire.
4 Bannir les boissons
sucrées/édulcorées et
les en-cas peu sains
des écoles et
proposer des repas
sains.
5 Faire la promotion de
produits naturels et
locaux offrant une
bonne valeur
nutritionnelle en lieu
et place des aliments
industriels.
POLITIQUES POUR
PROMOUVOIR UNE
ALIMENTATION
SAINE
RECOMMAND
ATIONS
Légumes/fruits
L’OMS recommande de
consommer au moins cinq
portions de fruits et légumes
par jour.
Céréales complètes
Les féculents de base, de
préférence sous leur forme
complète, doivent être la
principale source quotidienne
d’apports énergétiques.
Protéines bonnes
pour la santé
Poissons, volailles, haricots et
noix doivent être privilégiés à la
viande rouge et à la viande
transformée.
Eau
L’eau, le thé ou le café (avec peu ou pas
du tout de sucre) sont les principales
sources liquides recommandées. Les boissons
sucrées/édulcorées doivent être évitées.
Huile
Privilégier les huiles bonnes
pour la santé telles que l’huile
d’olive. Éviter les gras trans.
UN RÉGIME ÉQUILIBRÉ
TONGA
SAMOA
FIDJI
ÉTATS FÉDÉRÉS DE MICRONÉSIE
ÎLES COOK
ÎLES MARSHALL
KIRIBATI
VANUATU
NAURU
PALAOS
CORÉE
DU SUD
CORÉE
DU NORD
TIMOR ORIENTAL
ANTIGUA-ET-BARBUDA
LA BARBADE
STE-LUCIE
TRINITÉ-ET-TOBAGO
ST-KITTS-ET-NEVIS
ST-VINCENT-ETGRENAD. DOMINIQUE
BAHAMAS
OUGANDA
GÉORGIE AZERBAÏDJAN
ARMÉNIE
SRI LANKA
JAMAÏQUE
CUBA
RÉP. DOMINICAINE
BRUNEI
MALAISIE
VIETNAM
CAMBODGE
LAOS
THAÏLANDE
BHOUTAN
BANGLADESH
CHYPRE SYRIE
LIBAN
ISRAËL
JORDANIE
BAHREÏN
QATAR EAU
OMAN
KOWEÏT
YÉMEN
NÉPAL
RÉP.
CENTRAFRICAINE
SOUDAN
DU SUD
SÉNÉGAL GAMBIE
CAP-VERT
SÃO TOMÉ-ET-PRINCIPE
GUINÉEBISSAU GUINÉE
LIBÉRIA
CÔTE
D’IVOIRE
BURKINA
FASOGHANA
BÉNIN
CAMEROUN GUINÉE
ÉQUATORIALE
GABON
CONGO BURUNDI
RWANDA
KENYA
DJIBOUTI
SIERRA LEONE
TOGO
SWAZILAND
LESOTHO
ÉRYTHRÉE
GUATEMALA
SALVADOR
HAÏTI
HONDURAS
NICARAGUA
COSTA RICA
PANAMA GUYANA
SURINAME
BELIZE
PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
ÎLE MAURICE
MALDIVES
COMORES
SEYCHELLES
SINGAPOUR
GRENADE
BIRMANIE
TUNISIE
MALTE
ÎLES
SALOMON MALAWI
TURKMÉN.
OUZBÉK.
TADJIKISTAN
KIRGHIZSTAN
ARABIE
SAOUDITE
MONGOLIE
PAKISTAN
AFGHANISTAN
TURQUIE
IRAK
KAZAKHSTAN
ALGÉRIE
NIGER TCHAD
NIGÉRIA
SOUDAN
RÉP. DÉM.
CONGO
ÉTHIOPIE
ANGOLA
ÉGYPTE
MAROC
LIBYE
MAURITANIE
NAMIBIE BOTSWANA
AFRIQUE
DU SUD
MOZAMBIQUE
SOMALIE
MALI
BOLIVIE
PARAGUAY
VENEZUELA
COLOMBIE
ÉQUATEUR
PÉROU
ARGENTINE
URUGUAY
CHILI
PHILIPPINES
NOUVELLEZÉLANDE
INDONÉSIE
ZIMBABWE
ZAMBIE
MADAGASCAR
TANZANIE
IRAN
AUSTRALIE
CHINE
INDE
ÉTATS-UNIS
CANADA
MEXIQUE
BRÉSIL
JAPON
RUSSIE
GÉORGIE
RUS.
CROATIE
ANDORRE
ITALIE
MOLDAVIE
UKRAINE
MACÉDOINE
LITUANIE
LETTONIE
ESTONIE
ALBANIE
MONT.
AUTRICHE HONGRIE
BULGARIE
ROUMANIE
GRÈCE
POLOGNE
SLOVÉNIE
B-H
BIÉLORUSSIE
R-U IRLANDE
ISLANDE
DANEMARK
FRANCE
ESPAGNE
PORTUGAL
ALLEMAGNE
SUISSE
BELGIQUE
LUX.
P-B
NORVÈGE
SUÈDE FINLANDE
SLOVAQUIE RÉP. TCH.
SERBIE
KOSOVO
70 % ou plus
50 % – 69 %
25 % – 49 %
moins de 25 %
aucune donnée
SURPOIDS ET OBÉSITÉ
Pourcentage de personnes de plus de 20 ans
présentant un indice de masse corporelle d’au moins 25
2008
Margaret Chan,
Directeur général de l’OMS, 2014
« Quelque
chose ne va pas.
Une partie de notre
monde déséquilibré meurt
toujours de faim. Une autre
partie a atteint un tel niveau
d’obésité qu’il inverse les
chiffres de l’espérance
de vie. »
Une alimentation
saine, faible en sucre,
en sel et en lipides, et
riche en fruits et en
légumes, contribue à
limiter le risque des
maladies
bucco-dentaires, de
l’obésité et des autres
MNT.
Alimentation
Le développement socio-économique, l’urbanisation et la mondialisation rapide se sont traduits
par de profonds bouleversements dans la façon
dont nous produisons, stockons, préparons et
consommons la nourriture. En dépit des avancées
dans la lutte contre la famine dans le monde,
de nombreux pays restent confrontés à des taux
élevés de malnutrition et de sous-nutrition, qui
affectent en particulier le développement des
enfants et leurs chances dans la vie. 100 millions
d’enfants âgés de moins de cinq ans souffrent de
sous-poids. Parallèlement, les taux de surpoids
et d’obésité ne cessent de s’accroître, remettant
en cause les sociétés et leur système de santé par
la charge de morbidité croissante des maladies
permanentes, dont le diabète, les maladies
cardiovasculaires et les cancers. Dans le monde,
52 % des adultes de plus de 18 ans sont soit en
situation de surpoids soit en situation d’obésité,
un chiffre qui a doublé depuis 1980. En outre,
la malnutrition – carences en micronutriments
essentiels et en vitamines, tels que la vitamine A,
le fer ou l’iode – est la cause de maladies graves
qui peuvent coexister avec la surnutrition ou la
sous-nutrition.
Nutrition et santé bucco-dentaire sont étroitement
liées. Un apport en sucre élevé a un lien direct
avec la carie dentaire, et la carie dentaire non
traitée présente une forte corrélation avec un IMC
faible chez les enfants. De longues périodes de
carences en micronutriments peuvent donner
lieu à des symptômes bucco-dentaires graves.
La sous-nutrition et la malnutrition sont des
cofacteurs du noma.
Une alimentation saine et équilibrée est donc
essentielle pour la croissance et des fonctions
corporelles saines. De nombreux pays ont établi
des lignes directrices nutritionnelles définissant
les apports quotidiens recommandés pour
différentes catégories d’aliments. Le concept de
« régime équilibré » tient compte des variations
nationales et culturelles, et il se concentre sur les
principes de base de la variété, des proportions et
de la fréquence de consommation des catégories
alimentaires concernées.
Les professionnels de santé bucco-dentaire ont
un rôle important à jouer dans le traitement
des MNT et des maladies bucco-dentaires,
notamment l’obésité et la carie dentaire, en faisant
la promotion d’habitudes alimentaires saines.
La transparence de l’étiquetage alimentaire et
l’encouragement de choix sains figurent parmi les
stratégies politiques clés, tout comme la réglementation des publicités des aliments riches en sucres
et en lipides pour les enfants, et leur disponibilité
restreinte en environnement scolaire.
48 49
CHAPITRE 3 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET FACTEURS DE RISQUE
51
Maladies bucco-dentaires et société Chapitre 4
Une mauvaise santé bucco-dentaire a de multiples impacts : de nombreuses maladies provoquent des douleurs, affectent la qualité de vie,
limitent la productivité à l’école et au travail ; et
les soins nécessaires se traduisent par un poids
financier conséquent pour les systèmes de santé
et pour les personnes concernées.
La santé bucco-dentaire est affectée par un grand
nombre de déterminants sociaux, que l’OMS définit comme « les circonstances dans lesquelles
les individus naissent, grandissent, vivent, travaillent et vieillissent ». Ces déterminants sont
eux-mêmes influencés par des circonstances socio-économiques
et politiques plus larges. La
santé bucco-dentaire, à
l’instar de l’état de santé
général, est marquée
par un gradient social,
avec le meilleur état
de santé en haut du
gradient et la charge
de morbidité la plus
élevée en bas. Il s’agit
d’un phénomène général observé dans
l’ensemble des pays et
des populations au sein
des pays. Ce gradient social signifie que les inégalités
en santé générale et en santé bucco-dentaire concernent tout le monde.
Des exemples frappants d’inégalités sont par
exemple la différence de prévalence de la carie
dentaire, qui affecte uniquement 16 % des Japonais âgés de 6 à 19 ans contre 97 % des Philippins
de 12 ans ; l’édentation affecte davantage les plus
défavorisés que les plus riches ; et le nombre de
jours d’école manqués à cause d’une mauvaise
santé bucco-dentaire est significativement plus
élevé chez les enfants issus de familles à faible
revenu, de minorités ethniques et de familles
immigrées. Les inégalités sont particulièrement
criantes pour l’accès aux soins bucco-dentaires
en raison de la faible couverture des soins de
santé primaires. Ainsi, plus de 40 % des résidents américains doivent prendre eux-mêmes en
charge le coût de leurs frais dentaires, contre 10
% pour les consultations médicales. Seuls deux
tiers de la population mondiale ont accès à des
soins bucco-dentaires adéquats, avec d’énormes
disparités entre les pays. Ce chapitre illustre les
nombreuses dimensions des inégalités, il en décrit les causes et les répercussions.
Un point d’entrée essentiel pour améliorer la santé
bucco-dentaire dans le monde est, par conséquent, d’en traiter les déterminants
sociaux. À cet égard, la Charte
d’Ottawa pour la promotion
de la santé, qui appelle à
privilégier l’autonomisation, offre un cadre
adéquat pour mettre
en œuvre un changement visible. Aborder
le problème en adoptant une perspective
« ascendante » et acquérir une meilleure
compréhension des raisons pour lesquelles les
personnes occupant des
positions socio-économiques
plus défavorables ont davantage
de difficultés à s’occuper de leur
propre santé peuvent contribuer à élaborer des
politiques mieux adaptées.
Les approches faisant la promotion de l’équité
dans l’accès et les bénéfices, tels que les programmes de fluoration de l’eau et de santé scolaire, sont des moyens pour mettre en place des
environnements favorables à une meilleure santé
bucco-dentaire. D’autres stratégies incluent l’application de politiques alimentaires, notamment
un étiquetage transparent des aliments et la restriction de la disponibilité de boissons sucrées/
édulcorées dans les écoles.
« Toute
personne doit
pouvoir bénéficier d’une
amélioration de sa santé buccodentaire, à l’instar de l’amélioration
de son état général. Cet objectif
louable ne pourra être réalisé si nous
sommes incapables de remettre la
justice sociale au cœur du processus
décisionnel. »
Michael Marmot,
Professeur en épidémiologie et en santé
publique, University College
London, 2010
INÉGALITÉS AU SEIN D’UNE MÉGALOPOLE RICHE
Niveau de défavorisation à Londres 2012
L’indice de défavorisation multidimensionnel (Multiple Deprivation Index) utilisé par
le Royaume-Uni intègre sept aspects :
le revenu ; l’emploi ; la défavorisation sanitaire et le handicap
; les compétences éducationnelles et la formation ; les
obstacles au logement et
aux services ; le
crime ; l’environnement de vie.
l’espérance de vie à la naissance 2005–09
Comparé avec :
Défavorisation
élevée moyenne
80 – 83 ans 84 ans ou plus
faible
Espérance de vie
79 ans ou moins
le pourcentage d’enfants de cinq ans
souffrant de maux de dents 2012
00
%
90
Knightsbridge
88
Barbican
78
Mile End
79
White City
46%
Tower Hamlets
46%
Brent
17%
Richmond
19%
Kingston
42%
Ealing
78
Brixton
85
Barking
20%
Havering
Copyright © Guardian News &
Media Ltd 2012.
GRADIENTS SOCIAUX DE LA
PERTE DE DENTS
Différence dans le nombre de dents
naturelles conservées par les résidents
britanniques âgés d’au moins 65 ans
en fonction du quintile de revenu et
mesurée par rapport au quintile le
plus riche
2015 -5
-4
-3
-2
-1
0 plus riche plus pauvre
second
plus riche
second
intermédiaire plus pauvre
gradient social
nombre de
dents
perdues
par rapport
aux
personnes
du quintile
le plus
riche
GRADIENTS SOCIAUX DE
L’ÉDENTATION
Prévalence normalisée selon l’âge
chez les personnes âgées d’au moins 45 ans
par métier et système de santé public
welfare state regime
2013
Anglo-saxon
5,2 %
12,1 %
18,4 %
Méridional
6,3 %
8,2 %
12,7 %
Europe de l’Est
17,1 %
18,6 %
25,6 %
Scandinave
2,4 %
4,2 %
11,6 %
Bismarckien
5,4 %
11,6 %
15,0 %
ouvriers
professions intermédiaires
managers et professionnels
Le statut socio-économique est un
déterminant fondamental à la fois pour
l’état général et pour
la santé bucco-dentaire. Les actions
entreprises pour
réduire les inégalités
en santé bucco-dentaire doivent traiter
les causes
sous-jacentes des
maladies.
Les inégalités en santé bucco-dentaire
État de santé bucco-dentaire
Les inégalités en santé font référence aux différences dans l’état de santé, tant au sein des pays
que de l’un à l’autre, qui sont jugées évitables,
iniques et injustes. La lutte contre les inégalités
en santé figure désormais au rang des priorités de
santé publique mondiales. Les inégalités en santé
ne se résument pas aux différences entre riches
et pauvres d’une société. Comme pour l’état de
santé général, il existe un gradient social cohérent
pour les maladies bucco-dentaires – la santé
bucco-dentaire se détériore de manière constante
en ligne avec le statut socio-économique.
Ce gradient social est un phénomène universel
observé tout au long de la vie, de la petite
enfance à la vieillesse, et il concerne la quasi-totalité des maladies bucco-dentaires à différents
degrés, telles que la carie dentaire, les maladies
parodontales et les cancers buccaux. Tous les
pays et toutes les populations du monde sont
concernés par ce gradient social. Quelle est la
cause de ce schéma social universel ? En 2008,
l’OMS a pointé les « déterminants sociaux de
la santé – les circonstances dans lesquelles les
individus naissent, grandissent, vivent, travaillent
et vieillissent » comme les causes sous-jacentes
des inégalités.
Le gradient social des maladies bucco-dentaires
a de profondes implications en matière de
politique. L’approche clinique traditionnelle « à
haut risque » suivie en matière de prévention est
incapable de prendre en compte l’importance
et l’impact des déterminants plus larges de la
santé. Au contraire, il est nécessaire de prendre
des mesures capables de répondre pleinement
aux causes sous-jacentes d’une mauvaise santé
bucco-dentaire. Il est essentiel de travailler en
partenariat au sein des secteurs, agences et
professions pertinentes, en s’appuyant sur des
stratégies en amont, intermédiaires et en aval.
Les équipes dentaires et leur organisation professionnelle nationale ont un important rôle de
défense à jouer dans la promotion de politiques
visant à réduire les inégalités en santé au sein
des populations qu’elles servent.
Les niveaux d’édentation
affichent des modèles
similaires chez les
personnes ayant un
parcours professionnel
et éducatif identique,
quel que soit le type de
système de santé du
pays dans lequel ils
vivent. Selon les
enquêtes, l’édentation
est toujours la plus
élevée chez les ouvriers
et chez les managers et
professionnels de rang
inférieur.
52 53
CHAPITRE 4 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SOCIÉTÉ
0
5
10
15
20
diplôme supérieur quelques qualifications aucune qualification
TONGA
SAMOA
FIDJI
ÉTATS FÉDÉRÉS DE MICRONÉSIE
ÎLES MARSHALL
KIRIBATI
VANUATU
CORÉE
DU SUD
CORÉE
DU NORD
TIMOR ORIENTAL
ANTIGUA-ET-BARBUDA
LA BARBADE
STE-LUCIE
TRINITÉ-ET-TOBAGO
ST-VINCENT-ET-GRENAD. DOMINIQUE
BAHAMAS
OUGANDA
GÉORGIE AZERBAÏDJAN
ARMÉNIE
SRI LANKA
JAMAÏQUE
CUBA
RÉP. DOMINICAINE
BRUNEI
MALAISIE
VIETNAM
CAMBODGE
LAOS
THAÏLANDE
BHOUTAN
BANGLADESH
CHYPRE SYRIE
LIBAN
ISRAËL
JORDANIE
BAHREÏN
QATAR EAU
OMAN
KOWEÏT
YÉMEN
NÉPAL
RÉP.
CENTRAFRICAINE
SOUDAN
DU SUD
SÉNÉGAL GAMBIE
CAP-VERT
SÃO TOMÉ-ET-PRINCIPE
GUINÉEBISSAU GUINÉE
LIBÉRIA
CÔTE
D’IVOIRE
BURKINA
FASOGHANA
BÉNIN
CAMEROUN GUINÉE
ÉQUATORIALE
GABON
CONGO BURUNDI
RWANDA
KENYA
DJIBOUTI
SIERRA LEONE
TOGO
SWAZILAND
LESOTHO
ÉRYTHRÉE
GUATEMALA
SALVADOR
HAÏTI
HONDURAS
NICARAGUA
COSTA RICA
PANAMA GUYANA
SURINAME
BELIZE
PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
ÎLE MAURICE
MALDIVES
COMORES
SEYCHELLES
SINGAPOUR
GRENADE
BIRMANIE
AUT. NAT.
PALESTINIENNE
TUNISIE
MALTE
ÎLES
SALOMON
MALAWI
TURKMÉN.
OUZBÉK.
TADJIKISTAN
KIRGHIZSTAN
ARABIE
SAOUDITE
MONGOLIE
PAKISTAN
AFGHANISTAN
TURQUIE
IRAK
KAZAKHSTAN
ALGÉRIE
NIGER TCHAD
NIGÉRIA
SOUDAN
RÉP. DÉM.
CONGO
ÉTHIOPIE
ANGOLA
ÉGYPTE
MAROC
LIBYE
MAURITANIE
NAMIBIE BOTSWANA
AFRIQUE
DU SUD
MOZAMBIQUE
SOMALIE
MALI
BOLIVIE
PARAGUAY
VENEZUELA
COLOMBIE
ÉQUATEUR
PÉROU
ARGENTINE
URUGUAY
CHILI
PHILIPPINES
NOUVELLEZÉLANDE
INDONÉSI E
ZIMBABWE
ZAMBIE
MADAGASCAR
TANZANIE
IRAN
AUSTRALIE
CHINE
INDE
ÉTATS-UNIS
CANADA
MEXIQUE
BRÉSIL
JAPON
RUSSI E
É
RUS.
CROATIE
ANDORRE
ITALIE
MOLDAVIE
UKRAINE
MACÉDOINE
LITUANIE
LETTONIE
ESTONIE
ALBANIE
MONT.
AUTRICHE HONGRIE
BULGARIE
ROUMANIE
GRÈCE
POLOGNE
SLOVÉNIE
B-H
BIÉLORUSSIE
R-U IRLANDE
ISLANDE
DANEMARK
FRANCE
ESPAGNE
PORTUGAL
ALLEMAGNE
SUISSE
BELGIQUE
LUX.
P-B
NORVÈGE
SUÈDE FINLANDE
SLOVAQUIE RÉP. TCH.
SERBIE
KOSOVO
1.9 m – 2,3 m
100 000 – 462 000
10 000 – 99 999
moins de 10 000
aucune donnée
CHARGE DES MALADIES
BUCCO-DENTAIRES
Années de vie corrigées de
l’incapacité (AVCI) perdues à
cause des caries dentaires et
des maladies parodontales
2010
Les maladies
bucco-dentaires ont
un impact
considérable sur la
qualité de vie des
individus et des
populations,
notamment parmi les
populations plus
jeunes et parmi les
personnes occupant
une position
socio-économique
plus défavorable.
Les inégalités en santé bucco-dentaire
Impact des maladies bucco-dentaires
Les maladies bucco-dentaires ont affecté 3,9
milliards de personnes dans le monde en 2010,
la carie dentaire non soignée présentant la plus
forte prévalence sur les 291 maladies étudiées,
et la parodontite aiguë prenant la sixième place.
Leur impact sur le bien-être des personnes et des
sociétés est flagrant aux différentes étapes de la
vie. Les données de plusieurs pays apportent la
preuve du fort absentéisme scolaire et au travail
lié aux maladies bucco-dentaires. En outre,
l’état dentaire affecte le régime alimentaire et
la nutrition, particulièrement chez les enfants
et les personnes plus âgées, et les maladies
bucco-dentaires et la perte de dents ont un
impact négatif significatif sur la qualité de vie,
non seulement d’un point de vue fonctionnel,
mais aussi psychologique et social. À l’échelle
mondiale, les maladies bucco-dentaires ont
représenté en 2010 15 millions d’AVCI (années
de vie corrigées de l’incapacité), soit une perte
moyenne de 224 années en bonne santé pour
100 000 personnes.
Comme pour l’état général, l’impact des
maladies bucco-dentaires sur la qualité de vie est
inégalement distribué entre les différents groupes
socio-économiques. Des mesures subjectives de la
santé bucco-dentaire et de la qualité de vie parmi
les adultes ayant des dents révèlent des inégalités
considérables, les perceptions empirant plus la
position socio-économique est défavorable. Ces
gradients sociaux sont plus forts chez les plus
jeunes, mais, en matière de qualité de vie, aucune
inégalité de cette ampleur n’est constatée parmi
les adultes édentés plus âgés. Néanmoins, le
degré des inégalités sociales dans la qualité de vie
varie entre les pays et il dépend aussi des facteurs
politiques et du contexte social.
Pour remédier aux inégalités en santé
bucco-dentaire, il est nécessaire de
mener une action de santé publique sur
les déterminants plus larges de la santé, en
s’intéressant particulièrement aux générations
plus jeunes où les inégalités semblent être les plus
prononcées en ce qui concerne la qualité de vie.
EFFET DE L’ÉDUCATION
SUR LA PERCEPTION DE LA SANTÉ
BUCCO-DENTAIRE
Probabilité que des Britanniques adultes
ayant des dents et issus de parcours
éducatif et de groupes d’âges
différents évaluent leur propre santé
bucco-dentaire comme mauvaise/très
mauvaise
2009
21–34 ans
35–49 ans
50–64 ans
≥ 65 ans
1er quartile revenu le plus faible
2ème
quartile
3ème
quartile
4ème
quartile revenu le plus élevé
IMPACT DU
REVENU DU FOYER
SUR LA QUALITÉ DE
VIE LIÉE À LA SANTÉ
BUCCO-DENTAIRE
Perception de la
fonction bucco-dentaire
chez les adultes
possédant une dentition
naturelle
au sein des différents
quartiles de revenu
1998–2002
Australie Finlande Allemagne R-U
score de gravité
0
2
4
6
8
10
54 55
CHAPITRE 4 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SOCIÉTÉ
diabètes
137,0 mds €
MCV
105,0 mds €
79,0 mds €
maladies
bucco-dentaires
maladie
d’Alzheimer
71,1 mds €
cancer
51,0 mds €
AVC
38,0 mds €
7,7 mds €
maladies
neuromusculaires
sclérose en plaques
14,6 mds €
maladies
respiratoires
55,0 mds €
DÉPENSES PERSONNELLES
en pourcentage des dépenses
dentaires totales
au sein de l’OCDE26
2011 ou données les plus récentes
certains pays de l’OCDE
CONSULTATION POUR DES SOINS DENTAIRES
Probabilité d’une visite chez le dentiste
au cours des 12 derniers mois
par groupe de revenu
2009 ou données les plus récentes
certains pays de l’OCDE
Des plus riches aux plus pauvres
0 % 20 % 40 % 3 60 % 5 80 % 7 100 % 90 0 0 0 10 0
COÛTS DES MALADIES
Dépenses directes (publiques et privées)
pour un panel de maladies dans les
27 pays de l’Union européenne
dépenses annuelles moyennes 2008–12
soins dentaires de routine visites aux urgences
pour des raisons dentaires
LE PRIX DE
LA NÉGLIGENCE
Coûts moyens des soins
dentaires
par personne en Californie
en dollars
2009
avec hospitalisation
5 044 $
sans hospitalisation
bilan complet 172 $
60 $
bilans réguliers
41 $
Les maladies
bucco-dentaires ont
un impact considérable en termes de
coûts de traitement
et de perte de
productivité.
Garantir un accès
équitable aux soins
bucco-dentaires est
un enjeu de santé
publique majeur,
mais des inégalités
importantes
subsistent entre les
groupes de populations et les pays.
Les inégalités en santé bucco-dentaire
Accès aux soins bucco-dentaires
Les maladies bucco-dentaires ont des répercussions sur les personnes, les communautés, la société civile, les systèmes de santé et l’économie.
Pourtant, il est toujours impossible de prendre
la mesure exacte de cet impact en raison de l’absence de statistiques internationales exhaustives
et comparables sur les maladies bucco-dentaires,
notamment pour les pays à faible revenu et à
revenu intermédiaire.
L’OMS place les maladies bucco-dentaires au
quatrième rang des maladies les plus coûteuses
à traiter. Les dépenses annuelles en soins
bucco-dentaires dans les 27 pays de l’Union
européenne sont estimées à 79 milliards d’euros
(moyenne annuelle 2008-12), tandis que les
États-Unis dépensent à eux seuls plus de 110
milliards de dollars. Les dépenses dentaires
grèvent aussi lourdement le budget médical des
foyers. Dans les pays de l’OCDE, près de 55 %
des frais dentaires totaux sont pris en charge
financièrement par les patients, contre 20 % en
moyenne pour les soins de santé généraux.
Outre les coûts des traitements, les coûts indirects
des maladies bucco-dentaires sont très importants.
Selon une étude canadienne, 3,5 heures de travail
par an et par personne sont perdues à cause des
maladies bucco-dentaires, ce qui se traduit par
des pertes de productivité de plus de 1 milliard
de dollars canadiens par an pour le Canada
uniquement. Selon des études américaines
antérieures, 2,4 millions de jours de travail et 1,6
million de jours d’école ont été perdus à cause des
maladies bucco-dentaires en 1996. L’absentéisme
scolaire et au travail est une entrave à la réussite
académique et réduit les opportunités d’emploi.
Les personnes les plus favorisées du point de
vue socio-économique sont plus enclines à
rechercher des soins dentaires réguliers. Aux
États-Unis et dans d’autres pays, les admissions
aux urgences pour des problèmes dentaires ne
cessent d’augmenter, simplement parce que
de tels soins sont gratuits. Aux États-Unis, ces
admissions ont doublé au cours des 10 dernières
années et les coûts y afférents s’élèvent à 2,7
milliards de dollars américains.
Le prix des soins dentaires est un obstacle évident
dans la mesure où la plupart des coûts des
traitements doivent être supportés par les patients.
Néanmoins, une prise en charge publique plus
importante des soins dentaires, une assurance
santé étendue, et une meilleure disponibilité
des services bucco-dentaires ne suffiront pas en
eux-mêmes à réduire les inégalités, sauf si les personnes qui en ont le plus besoin sont mises au fait
des avantages d’une bonne santé bucco-dentaire
et si les programmes politiques s’attaquent aux
déterminants plus larges de la santé.
Espagne
Danemark
Pologne
Estonie
Nouvelle-Zélande
Hongrie
Finlande
Autriche
Belgique
Slovaquie
Canada
Rép. tchèque
États-Unis
France
Slovénie
Espagne
Danemark
Pologne
Estonie
Nouvelle-Zélande
Hongrie
Finlande
Autriche
Belgique
Slovaquie
Canada
Rép. tchèque
États-Unis
France
Slovénie
56 57
CHAPITRE 4 MALADIES BUCCO-DENTAIRES ET SOCIÉTÉ
59
Lors de la Réunion de haut niveau des Nations
Unies sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles en 2011, Helen Clark,
Administrateur du Programme des Nations Unies
pour le développement (PNUD) et ancien premier ministre de la Nouvelle-Zélande, a reconnu
que les maladies bucco-dentaires sont un obstacle au développement humain.
Historiquement, les approches en matière de
soins bucco-dentaires se sont concentrées sur les
soins curatifs individuels et non sur les interventions préventives à l’échelle des populations.
Cependant, les coûts financiers et en ressources
humaines qu’elles induisent sont hors de la portée financière de nombreux pays, et peu viables à
l’échelle mondiale. La plupart des maladies bucco-dentaires peuvent largement être évitées en
adoptant des mesures simples et rentables,
notamment en diminuant l’exposition aux
risques reconnus et en renforçant les comportements sains. La prévention, ainsi que la promotion d’une bonne santé bucco-dentaire, sont des
stratégies hautement rentables pour remédier à la
charge de morbidité mondiale des maladies bucco-dentaires. Ainsi, selon des études américaines, chaque dollar dépensé en soins dentaires
préventifs permettrait d’économiser entre 8 à 50
dollars en traitements de restauration et d’urgence, soulignant l’importance d’améliorer la
sensibilisation à la prévention des maladies
bucco-dentaires.
Les actions de prévention des maladies bucco-dentaires et de promotion de la santé bucco-dentaire peuvent être dirigées vers les individus, les communautés, ou des populations
entières. Un accès adéquat au fluor est l’une des
interventions préventives les plus efficaces au
niveau des populations. Au cours des 60 dernières
années, les programmes de fluoration ont prouvé
leur efficacité, leur rentabilité et leur innocuité
dans la lutte contre la carie dentaire, la maladie
qui présente la plus forte prévalence au niveau
mondial.
D’autres mesures préventives permettent de traiter
les facteurs de risque des maladies bucco-dentaires, à savoir une alimentation déséquilibrée –
en particulier une consommation élevée de sucre,
la consommation de tabac, la consommation d’alcool, et un ensemble de déterminants plus larges
de la santé. La plupart de ces facteurs de risque
sont communs aux autres grandes MNT. L’approche basée sur des facteurs de risque communs
peut donc contribuer, d’une part, à améliorer la
santé bucco-dentaire et, d’autre part, à réduire la
charge mondiale de morbidité des MNT.
L’intégration de la santé bucco-dentaire et de
l’état général doit constituer la pierre angulaire
des politiques adoptées pour améliorer la prévention et le contrôle des maladies bucco-dentaires.
Ce fait est reconnu dans le Plan d’action pour la
promotion de la santé bucco-dentaire adopté par
la 60ème Assemblée mondiale de la Santé en 2007.
Il prend acte du « (…) lien intrinsèque entre la
santé bucco-dentaire, la santé en général et la
qualité de vie » et identifie « la nécessité d’incorporer des programmes de promotion de la santé
bucco-dentaire et de prévention des maladies
bucco-dentaires dans les programmes de prévention et de prise en charge intégrées des maladies
chroniques ». Les ministres de la santé y appellent
aussi à la création de modèles de personnels
innovants afin d’intégrer les soins bucco-dentaires élémentaires aux soins de santé primaires.
Ce qui est également l’une des stratégies clés
mises en avant par la FDI dans sa Vision 2020.
L’enjeu que constituent le traitement des maladies
bucco-dentaires et la promotion d’une bonne
santé bucco-dentaire exige de parvenir au bon
équilibre entre un effort de prévention plus
important au niveau des populations, le renforcement des équipes de santé bucco-dentaire toujours en sous-effectifs, et l’évolution et l’adaptation des aptitudes et des compétences des
prestataires de soins bucco-dentaires ; tout cela
dans le contexte d’une intégration interdisciplinaire et intersectorielle accrue.
Maladies bucco-dentaires :
prévention et traitement Chapitre 5
0
Femmes
Hommes
10
20
30
40
50
60
70
80
0
10
20
30
40
50
60
70
80
Femmes Hommes
Pologne
Croatie
Rép. Tchèque
Panama
Pakistan
Bénin
Portugal
Suède
Sri Lanka
Irak
Irlande
Autriche
Rép. dém. du Congo
Allemagne
Turquie
Pays Bas
Rwanda
Canada
Togo
RAS de Hong Kong
Suisse
Corée du Sud
États-Unis
Maurice
Japon
PROPORTION DE DENTISTES FÉMININS/MASCULINS
dans une sélection de pays
2014
TONGA
SAMOA
FIDJI
ÎLES MARSHALL
KIRIBATI
VANUATU
ratio le plus élevé 500 ou plus
100 – 499
20 – 99
ratio le plus faible 2 ou moins
2 – 19
aucune donnée
RATIO DE LA CHARGE DE MORBIDITÉ/
PRESTATAIRE DE SOINS
ratio entre la charge de morbidité des maladies
bucco-dentaires en AVCI et les effectifs en santé
bucco-dentaire par pays
Les dentistes sont les
principaux acteurs
des traitements et de
la prévention des
maladies bucco-dentaires. On assiste à
une évolution de leur
rôle en réponse à
l’émergence de
nouveaux facteurs de
risque, à l’évolution
des charges de
morbidité, à l’évolution démographique,
et aux pressions plus
larges sur les
systèmes de santé et
aux pressions
socio-économiques
accrues.
Fourniture de soins bucco-dentaires
Dentistes
Les différences dans la charge de morbidité, les
inégalités dans l’accès aux soins, et la répartition
inégale des dentistes dans les pays et de l’un à
l’autre sont des enjeux majeurs pour les systèmes
de santé globaux. Ces enjeux appellent une
gestion rentable de la charge de morbidité
actuelle, ainsi que l’adoption de mesures de
prévention efficaces afin d’améliorer durablement
la santé bucco-dentaire. Les maladies suivent de
nouveaux schémas en raison de l’évolution des
tendances mondiales, des expositions aux facteurs
de risque et de l’évolution démographique,
appelant une collaboration multisectorielle et
interprofessionnelle inédite.
Dans tous les pays, la majorité des dentistes travaillent en cabinet privé, et seul un petit nombre
travaille en cliniques publiques, dans le monde
académique, dans la recherche, dans l’administration, et dans l’industrie dentaire. Les dentistes sont
les principaux acteurs des soins bucco-dentaires,
de l’éducation, de la prévention, de la supervision
et du management au sein de l’équipe dentaire.
Un nombre croissant de femmes s’établissent dans
la profession, et de nombreux pays comptent,
ou compteront bientôt, une majorité de dentistes
féminins.
Le coût financier et la disponibilité sont les
principaux obstacles à l’accès aux soins. Les
dentistes tendent à se concentrer dans les zones
urbaines les plus riches, au détriment des populations rurales ou plus démunies. Les services des
dentistes privés sont inabordables pour nombre
de personnes, et les soins bucco-dentaires sont
rarement intégrés aux systèmes de soins de santé
primaires.
La planification stratégique des effectifs dentaires
doit donc être intégrée à la planification globale
des ressources humaines en santé, afin de traiter
de manière efficace les déterminants sociaux
pressants de la santé bucco-dentaire et de l’état
général, et de réduire les inégalités en matière
d’accès et de services cruciaux. L’écart entre
la charge de morbidité et la disponibilité des
soins peut être réduit en mettant en place des
équipes de soins bucco-dentaires, pilotées par les
dentistes, et composées de personnels auxiliaires
complémentaires et d’autres intervenants, en
fonction des besoins locaux.
Avec près de 2 millions de
prestataires de soins
bucco-dentaires et une
charge de plus de
10 millions d’AVCI résultant
de la carie dentaire et des
maladies parodontales, le
ratio mondial moyen est
de 5,3.
Cette carte s’appuie sur les
données issues d’un nouvel
indice – le ratio entre les
AVCI perdues à cause de la
carie dentaire et des
maladies parodontales
(2010) et les effectifs en
santé bucco-dentaire
(2006–13, dernières
données disponibles). Il met
donc en relation la charge
de morbidité et les
personnels dentaires
disponibles, cartographiant
ainsi le potentiel de soins
bucco-dentaires. Un pays
qui présente une charge de
morbidité élevée et des
effectifs faibles aura un score
élevé, tandis qu’un pays
présentant la même charge
de morbidité mais des
effectifs importants aura un
score inférieur (de plus
amples détails sont fournis
dans l’annexe).
Ratio mondial moyen de la
charge de morbidité des
maladies bucco-dentaires/
prestataire de soins
Ratio de la charge de
morbidité/prestataire
de soins
TIMOR ORIENTAL
ANTIGUA-ET-BARBUDA
LA BARBADE
TRINITÉ-ET-TOBAGO
DOMINIQUE
BAHAMAS
OUGANDA
AZERBAÏDJAN
ARMÉNIE
SRI LANKA
JAMAÏQUE
CUBA
RÉP. DOMINICAINE
BRUNEI
M ALAISIE
CAMBODGE
LAOS
THAÏLANDE
BHOUTAN
BANGLADESH
CHYPRE SYRIE
LIBAN
ISRAËL
JORDANIE
BAHREÏN
QATAR EAU
OMAN
KOWEÏT
YÉMEN
NÉPAL
RÉP.
CENTRAFRICAINE
SÉNÉGAL GAMBIE
CAP-VERT
SÃO TOMÉ-ET-PRINCIPE
GUINÉEBISSAU GUINÉE
LIBÉRIA
CÔTE
D’IVOIRE
BURKINA
FASOGHANA
BÉNIN
CAMEROUN GUINÉE
ÉQUATORIALE
GABON
CONGO BURUNDI
RWANDA
KENYA
DJIBOUTI
SIERRA LEONE
TOGO
SWAZILAND
LESOTHO
ÉRYTHRÉE
GUATEMALA
SALVADOR
HAÏTI
HONDURAS
NICARAGUA
COSTA RICA
PANAMA GUYANA
SURINAME
BELIZE
PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
ÎLE MAURICE
MALDIVES
COMORES
SEYCHELLES
SINGAPOUR
GRENADE
BIRMANIE
TUNISIE
MALTE
ÎLES
SALOMON
TURKMÉN.
OUZBÉK.
TADJIKISTAN
KIRGHIZSTAN
ARABIE
SAOUDITE
MONGOLIE
PAKISTAN
AFGHANISTAN
TURQUIE
IRAK
KAZAKHSTAN
ALGÉRIE
NIGER TCHAD
NIGÉRIA
SOUDAN
RÉP. DÉM.
CONGO
ÉTHIOPIE
ANGOLA
ÉGYPTE
MAROC
LIBYE
MAURITANIE
NAMIBIE BOTSWANA MOZAMBIQUE
SOMALIE
MALI
BOLIVIE
PARAGUAY
VENEZUELA
COLOMBIE
ÉQUATEUR
PÉROU
ARGENTINE
URUGUAY
CHILI
PHILIPPINES
NOUVELLEZÉLANDE
INDONÉSIE
ZIMBABWE
ZAMBIE
MADAGASCAR
TANZANIE
IRAN
AUSTRALIE
CHINE
INDE
ÉTATS-UNIS
CANADA
MEXIQUE
BRÉSIL
JAPON
RUSSIE
RUS.
CROATIE
ANDORRE
ITALIE
MOLDAVIE
UKRAINE
MACÉDOINE
LITUANIE
LETTONIE
ESTONIE
MONT.
AUTRICHE HONGRIE
BULGARIE
ROUMANIE
GRÈCE
POLOGNE
SLOVÉNIE
BIÉLORUSSIE
R-U IRLANDE
ISLANDE
DANEMARK
FRANCE
ESPAGNE
PORTUGAL
ALLEMAGNE
SUISSE
BELGIQUE
LUX.
P-B
NORVÈGE
SUÈDE FINLANDE
SLOVAQUIE RÉP. TCH.
SERBIE
KOSOVO
60 61
CHAPITRE 5 MALADIES BUCCO-DENTAIRES : PRÉVENTION ET TRAITEMENT
Périmètre
légal de
la pratique
1
2
3
4
Praticien
illégal sans
aucune
formation
Praticien 2
illégal ayant
une
formation
Professionnel de
santé bucco-dentaire
outrepassant son
périmètre légal de
pratique
Professionnel de
santé bucco-dentaire
pleinement autorisé
à pratiquer
Praticien légal
pour un travail en
clinique médicale sans
formation en santé
bucco-dentaire
Autorisation de pratiquer léga
el
Autorisation de pratiquer légale
Formation en santé bucco-dentaire
Pratique illégale
Pratique illégale
Prat qi ue illégale
TYPOLOGIE DE LA PRATIQUE
ILLÉGALE DE LA MÉDECINE
DENTAIRE
Les quatre types de base de la pratique
illégale de la médecine dentaire, en
fonction de la formation et du
périmètre légal de pratique.
Adapté de Benzian et al, 2010
TONGA
SAMOA
FIDJI
ÉTATS FÉDÉRÉS DE MICRONÉSIE
NIOUÉ
ÎLES COOK
ÎLES MARSHALL
KIRIBATI
VANUATU
TUVALU
NAURU
PALAOS
CORÉE
DU SUD
CORÉE
DU NORD
TIMOR ORIENTAL
LA BARBADE
STE-LUCIE
TRINITÉ-ET-TOBAGO
ST-KITTS-ET-NEVIS
ST-VINCENT-ET-GRENAD. DOMINIQUE
BAHAMAS
OUGANDA
AZERBAÏDJAN
ARMÉNIE
SRI LANKA
JAMAÏQUE
CUBA
RÉP. DOMINICAINE
BRUNEI
MALAISIE
CAMBODGE
LAOS
THAÏLANDE
BHOUTAN
BANGLADESH
CHYPRE SYRIE
LIBAN
ISRAËL
JORDANIE
BAHREÏN
QATAR EAU
OMAN
KOWEÏT
YÉMEN
NÉPAL
RÉP.
CENTRAFRICAINE
SOUDAN
DU SUD
SÉNÉGAL GAMBIE
CAP-VERT
SÃO TOMÉ-ET-PRINCIPE
GUINÉEBISSAU GUINÉE
LIBÉRIA
CÔTE
D’IVOIRE
BURKINA
FASOGHANA
BÉNIN
CAMEROUN GUINÉE
ÉQUATORIALE
GABON
CONGO BURUNDI
RWANDA
KENYA
DJIBOUTI
SIERRA LEONE
TOGO
SWAZILAND
LESOTHO
ÉRYTHRÉE
GUATEMALA
SALVADOR
HONDURAS
NICARAGUA
COSTA RICA
PANAMA GUYANA
SURINAME
BELIZE
PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
ÎLE MAURICE
MALDIVES
COMORES
SEYCHELLES
SINGAPOUR
GRENADE
BIRMANIE
TUNISIE
MALTE
ÎLES
SALOMON
TURKMÉN.
OUZBÉK.
TADJIKISTAN
KIRGHIZSTAN
ARABIE
SAOUDITE
MONGOLIE
PAKISTAN
AFGHANISTAN
TURQUIE
IRAK
KAZAKHSTAN
ALGÉRIE
NIGER TCHAD
NIGÉRIA
SOUDAN
RÉP. DÉM.
CONGO
ÉTHIOPIE
ANGOLA
ÉGYPTE
MAROC
LIBYE
MAURITANIE
NAMIBIE BOTSWANA
AFRIQUE
DU SUD
MOZAMBIQUE
MALI
BOLIVIE
PARAGUAY
VENEZUELA
COLOMBIE
ÉQUATEUR
PÉROU
ARGENTINE
URUGUAY
CHILI
PHILIPPINES
NOUVELLEZÉLANDE
INDONÉSIE
ZIMBABWE
ZAMBIE
MADAGASCAR
TANZANIE
IRAN
AUSTRALIE
CHINE
INDE
ÉTATS-UNIS
CANADA
MEXIQUE
BRÉSIL
JAPON
RUSSI E
RUS.
CROATIE
MONACO ANDORRE
ITALIE
MOLDAVIE
UKRAINE
MACÉDOINE
LITUANIE
LETTONIE
ESTONIE
MONT.
AUTRICHE HONGRIE
BULGARIE
ROUMANIE
GRÈCE
POLOGNE
SLOVÉNIE
BIÉLORUSSIE
R-U IRLANDE
ISLANDE
DANEMARK
FRANCE
ESPAGNE
PORTUGAL
ALLEMAGNE
SUISSE
BELGIQUE
LUX.
P-B
NORVÈGE
SUÈDE FINLANDE
RÉP. TCH. SLOVAQUIE
SERBIE
KOSOVO
1 000 ou plus
500 – 999
100 – 499
moins de 10
aucune donnée
DISPONIBILITÉ MONDIALE DES
PERSONNELS DENTAIRES
Nombre de dentistes et d’autres personnels
de soins bucco-dentaires
par million d’habitants
dernières données disponibles 2000–13
Vision 2020 de la FDI – Une
prospection sur l’avenir de la
santé bucco-dentaire, 2012
« Nous pouvons
façonner un nouveau
modèle de prestation de soins
bucco-dentaires qui mise sur une
approche collaborative des soins en
équipe, assure une formation adéquate
au personnel de soins et délègue des
tâches spécifiques … tout en
conservant l’entière responsabilité
en matière de diagnostic, des
plans de traitement et des
ordonnances. »
Fourniture de soins bucco-dentaires
Équipe dentaire
Les dentistes pilotent le développement et la mise
en œuvre des services de santé bucco-dentaire,
fournissant à tous des soins équitables et
adéquats. Les équipes dentaires sont dirigées et
supervisées par un dentiste ; elles peuvent inclure
de nombreux professionnels de santé bucco-dentaire dont la formation, les compétences, les
limites de pratique, ainsi que les obligations
d’autorisation d’exercice, de reconnaissance et
de supervision diffèrent, en fonction des besoins
de la communauté, des ressources disponibles et
des législations nationales.
Les dentistes dirigent l’équipe, ils établissent
les diagnostics, ils fournissent les soins bucco-dentaires, ils prescrivent les ordonnances, et ils
assurent la supervision et le management. Ils sont
aussi les garants de la qualité et de l’innocuité
des soins conformément aux réglementations
nationales. D’autres professionnels de santé bucco-dentaire, notamment les assistants en chirurgie
dentaire, les infirmiers dentaires, et les assistants
dentaires, peuvent assister les dentistes en assurant
différentes tâches cliniques. Les assistants ou
hygiénistes dentaires travaillent dans le domaine
de la prévention, de l’hygiène bucco-dentaire
et de la promotion de comportements
sains. Les techniciens dentaires
fournissent des services techniques
en laboratoire en collaboration
étroite avec le dentiste.
Les personnels auxiliaires
peuvent comprendre des thérapeutes dentaires, qui proposent
des services de restauration
et chirurgicaux limités, parfois
pour des groupes de population
spécifiques tels que les enfants. Les
techniciens dentaires cliniques, ou prothésistes dentaires, peuvent fabriquer des
prothèses amovibles avec ou sans ordonnance
d’un dentiste, et travailler directement avec les
patients. Le rôle des travailleurs communautaires
intervenant en santé bucco-dentaire peut aller
des soins d’urgence simples en environnements
de soins primaires, à la promotion de la santé
bucco-dentaire, au dépistage, et à l’orientation le
cas échéant. Le nom et le périmètre de pratique
de toutes ces professions sont définis au niveau
national.
La pratique illégale de la médecine dentaire reste un problème
éthique, de santé publique et
juridique dans de nombreux
pays. Les praticiens illégaux ne
suivent aucune réglementation et ne
présentent pas l’éducation et les autorisations d’exercice nécessaires, ni les instruments
adéquats ; ils ne respectent pas les standards de
contrôle des infections croisées ni les normes de
sécurité des patients pour les soins bucco-dentaires avancés. Leur pratique peut induire de
graves dangers pour la santé des patients mais,
pourtant, dans certains environnements, ils sont
parfois la seule source disponible ou abordable
de soins bucco-dentaires. Des modèles de
personnels innovants et flexibles, intégrés au
système de soins primaires, peuvent permettre
de mieux répondre, et de manière plus sûre,
aux besoins des communautés défavorisées ou
Une équipe dirigée et
supervisée par les
dentistes, composée
de professionnels de
santé bucco-dentaire
aux compétences et
formation
diversifiées, permet
de mieux fournir des
soins optimaux,
garantissant ainsi des
soins de qualité pour
tous.
62 63
CHAPITRE 5 MALADIES BUCCO-DENTAIRES : PRÉVENTION ET TRAITEMENT
Slovaquie Luxembourg Finlande Russie Brésil Malaisie Paraguay Afrique
du Sud
Inde Chine Philippines Ghana Bangladesh Zambie Laos Burkina
Faso
94,3 % 92,8 %
81,8 %
77,0 %
71,4 %
66,7 %
58,8 % 56,8 %
48,0 % 46,5 %
41,6 %
32,2 % 32,1 % 30,5 % 28,4 %
21,2 %
Traitement de restauration dentaire atraumatique
Le traitement de restauration dentaire atraumatique (ART) est une
technique de traitement de la carie, qui s’appuie sur un composant
préventif (scellant de la fissure) et sur la restauration de la dent. L’ART
peut être réalisé dans le sein d’une clinique dentaire ou ailleurs, dans la
mesure où il ne nécessite que des instruments manuels et un ciment au
verre ionomère de haute viscosité, mais pas d’électricité ni d’eau
courante. Il est relativement peu douloureux, minimisant la nécessité
d’une anesthésie locale et facilitant le contrôle des infections croisées.
BASIC PACKAGE OF ORAL CARE (BPOC)
Traitement bucco-dentaire d’urgence
Le traitement bucco-dentaire d’urgence (OUT) est un service à la
demande permettant d’obtenir des soins bucco-dentaires d’urgence
élémentaires. Les trois éléments fondamentaux du OUT sont :- le soulagement de la douleur bucco-dentaire
- les premiers soins en cas d’infection bucco-dentaire et de traumatismes
dento-alvéolaires- l’orientation des cas compliqués.
Le OUT peut être fourni par du personnel non dentaire formé.
Dentifrice fluoré abordable
L’utilisation de dentifrice fluoré abordable (AFT) est l’une des mesures
préventives les plus importantes dans le traitement de la carie dentaire.
Cependant, le dentifrice fluoré est souvent trop onéreux pour les groupes
désavantagés des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. Les
stratégies en matière d’AFT visent à permettre à chacun de se brosser les
dents deux fois par jour avec un dentifrice fluoré de qualité.
Fourniture de soins bucco-dentaires
OBTENIR DES SOINS BUCCO-DENTAIRES AU BESOIN
Pourcentage d’adultes signalant des problèmes de santé bucco-dentaire
et en mesure d’obtenir des soins bucco-dentaires dans les pays indiqués
2002–04
Soins
bucco-dentaires fournis
par des dentistes
et des spécialistes
Services bucco-dentaires élémentaires –
premier point d’entrée dans le système formel
de santé (fournis par du personnel non dentaire
dans les environnements pauvres en ressources)
Soins bucco-dentaires
avancés fournis par des
dentistes (peuvent constituer le
premier point d’entrée dans le
système formel de santé dans des
environnements plus riches en ressources)
Auto-soins et prévention
Adoption d’une bonne hygiène bucco-dentaire
Utilisation de dentifrice fluoré
Éviter les facteurs de risque pour la santé bucco-dentaire
Soins informels par la communauté et médecine
traditionnelle (groupes d’entraide, programmes de santé
communautaire impliquant des professionnels non
spécialistes de la santé)
fréquence/quantité: élevée du besoin
Coûts
Quantité de soins nécessaires
CONTINUUM DES SOINS BUCCO-DENTAIRES
faible
élevé faible
élevé
Continuum des soins bucco-dentaires
Les systèmes de soins généraux et les systèmes
de soins bucco-dentaires ont généralement
suivi des évolutions parallèles au cours des 150
dernières années. Les soins bucco-dentaires
ne sont, en général, que partiellement intégrés
aux systèmes de santé publique, ou ils en sont
complètement absents. De ce fait, l’accès à des
services bucco-dentaires adéquats et abordables
reste une lointaine aspiration pour la majorité des
populations dans le monde. La carie non soignée
des dents définitives et des dents de lait prend
respectivement le 1er et le 10ème rang des 291 maladies les plus répandues. Ce sont des statistiques
effroyables qui prouvent clairement la négligence
de la question de la santé bucco-dentaire.
Un système de soins de santé (bucco-dentaire)
primaires idéal fournirait une couverture
universelle ; il s’articulerait autour des patients ; il
suivrait des politiques et des programmes émanant
de la demande ; et il serait intégré à la santé
générale dans toutes les politiques, notamment
les politiques du travail, environnementales et
éducatives. Il profiterait davantage à une plus large
proportion de la population que les approches
traditionnelles centrées sur les soins curatifs. Les
soins bucco-dentaires cliniques sont généralement
coûteux et par conséquent inabordables pour les
systèmes de santé plus faibles qui caractérisent les
économies dotées de ressources insuffisantes.
Le BPOC (Basic Package of Oral Care) est un
modèle d’intégration de la prévention et des soins
bucco-dentaires élémentaires aux points d’entrée
des systèmes sanitaires publics. Il représente
actuellement le seul modèle de système de santé
bucco-dentaire approuvé par l’OMS pour le
traitement des maladies bucco-dentaires les plus
courantes. Il se compose de modules qui peuvent
être adaptés et redimensionnés en fonction
des ressources disponibles et des besoins de la
communauté. Les auto-soins et la prévention en
forment la base, et des priorités supplémentaires
peuvent être définies en fonction de la charge de
morbidité et des ressources disponibles. L’exigence
minimale est de couvrir les soins d’urgence
élémentaires et de soulager la douleur. Des soins
curatifs et spécialisés peuvent y être ajoutés, ce qui
permet d’obtenir une gamme complète de services
dans le contexte d’une couverture universelle.
L’accès aux soins
bucco-dentaires
élémentaires est
obligatoire dans tous
les pays. Cet accès
reste possible même
en cas de ressources
rares, en prenant des
mesures rentables,
fondées sur des
données probantes,
qui mettent l’accent
sur la prévention et
sur les auto-soins.
64 65
CHAPITRE 5 MALADIES BUCCO-DENTAIRES : PRÉVENTION ET TRAITEMENT
250 dollars
L’utilisation du fluor figure parmi les 10 plus
importantes réalisations en santé publique
(selon les US Centers for Disease Control).
Le fluor peut réduire de 20 % à 60 %
la carie dentaire, en fonction de la méthode
d’application.1 dollar dépensé en fluoration du sel
économisés en futurs traitements dentaires.
FAITS SUR LE FLUOR
UTILISATION
MONDIALE DU
FLUOR
Estimation du nombre
de personnes dans le
monde utilisant
différentes sources de
fluor 2001
sel 2013
eau 2012
eau présentant les taux
adéquats de fluor
18 millions
solutions buccales au fluor
100 millions
fluoration du sel
300 millions
fluoration de l’eau (ajustée)
370 millions
dentifrice fluoré
1,5 milliard
Lait fluoré
moins de 1 million
fluor appliqué de manière topique
par des professionnels
30 millions
comprimés/gouttes de fluor
15 millions
FIDJI
KIRIBATI
CORÉE
DU SUD
SRI LANKA
BRUNEI
MALAISIE
VIETNAM
THAÏLANDE
CHYPRE
ISRAËL
SÉNÉGAL
GABON
GUATEMALA
HAÏTI
PANAMA GUYANA
PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
SINGAPOUR
MALTE
RAS HK
NIGÉRIA
RÉP. DÉM.
CONGO
LIBYE
NAMIBIE
VENEZUELA
COLOMBIE
PÉROU
ARGENTINE
URUGUAY
CHILI
PHILIPPINES
NOUVELLEZÉLANDE
ZIMBABWE
ZAMBIE
TANZANIE
AUSTRALIE
CHINE
INDE
ÉTATS-UNIS
CANADA
MEXIQUE
BRÉSIL
AUTRICHE
R-U IRLANDE
DANEMARK
FRANCE
ESPAGNE
SUÈDE FINLANDE
RÉP. TCHÈQUE
SERBIE
KOSOVO
76 % – 100 %
51 % – 75 %
26 % – 50 %
6 % – 25 %
moins de 5 %
aucune donnée
FLUOR DANS L’EAU
Pourcentage de la population
ayant accès à des niveaux adéquats
ajustés ou naturels de fluor dans l’eau
2012
solidité de la preuve
exigences de l’environnement
faisabilité de l’application
CHOISIR LA BONNE MÉTHODE DE FLUORATION
Estimation de la pertinence des interventions au fluor dans les
pays à revenu élevé (HIC) et dans les pays à faible revenu /revenu
intermédiaire (LMIC) en utilisant le FLIS (score de la méthode de
fluoration)
dentifrice eau sel lait
Score de la méthode
de fluoration (FLIS)
0
30
45
60
adaptée pour
l’application
application
envisageable, mais
avec certains enjeux
inadaptée pour
l’application,
enjeux élevés
HIC LMIC HIC LMIC HIC LMIC HIC LMIC
3 Faisabilité de l’application :
- Assurance Qualité
- Durabilité
- Surveillance
- Communication
2 Exigences de l’environnement :- Faisabilité
- Équité
- Législation
- Cartographie du fluor
1 Solidité des preuves scientifiques :- Efficacité
- Efficience
- Innocuité
- Conformité
Critères de sélection d’une
méthode de fluoration :
L’utilisation du fluor
pour prévenir la carie
dentaire est sans
danger, efficace et
hautement rentable.
Il est nécessaire
d’accentuer les
efforts pour
promouvoir l’accès et
l’utilisation de fluors
adéquats afin
d’universaliser
l’accès aux soins.
Prévention des caries dentaires
Fluors
Une bonne hygiène bucco-dentaire, la diminution de la consommation de sucre, et l’utilisation
régulière et adéquate de fluor sont des éléments
essentiels pour garantir l’efficacité des stratégies
de prévention de la carie dentaire.
Le fluor est utilisé depuis plus de 70 ans dans la
prévention de la carie dentaire. Un large corpus
de preuves scientifiques illustrant son efficacité
dans des études menées à l’échelle des populations étaye son utilisation. Néanmoins, ces
données factuelles sont en constante évolution
et varient en fonction du mode d’application.
L’effet du fluor est local (topique) à la surface
des dents : inhibant la production d’acides bactériens, stoppant la déminéralisation de l’émail,
améliorant la reminéralisation (réparation) ainsi
que larésistance de l’émail aux futures attaques
acides.
Le fluor peut atteindre la surface des dents de
nombreuses façons : il peut être ajouté
à l’eau, au sel ou au lait dans le
cadre d’interventions communautaires ; il peut être appliqué
professionnellement ou prescrit
sous forme de gel, de vernis ou
de comprimés ; ou il peut être
intégré aux auto-soins dans le
dentifrice et les solutions buccales. La solidité des preuves
pour ces méthodes de fluoration
varie fortement, par conséquent, le
choix de la stratégie de fluoration la plus adaptée
dépend de nombreux facteurs, notamment de la
preuve de son efficacité, de l’environnement et
des ressources disponibles.
Les fluors sont sans danger pour la santé et ils
sont efficaces lorsqu’ils sont appliqués aux doses
recommandées. Néanmoins, une exposition à
des doses supérieures aux niveaux recommandés
pendant le développement des dents (entre la
naissance et l’âge de 4 ans) peut être à l’origine
de fluorose dentaire. La majorité des cas sont superficiels et passent inaperçus, seules les formes
les plus sévères se matérialisent sous la forme de
taches brunes ou d’une décoloration des dents.
Le fluorure de sodium est porté sur la liste modèle
de médicaments essentiels de l’OMS, et l’accès
aux fluors a été reconnu comme faisant partie
intégrante du droit humain à la santé. La possibilité de réduire les inégalités dans la charge de
morbidité de la carie dentaire grâce à
l’accès universel aux fluors dans le
cadre de la santé bucco-dentaire
est largement gâchée par l’absence de politiques préventives
nationales faisant la promotion de la disponibilité, du
caractère abordable ou de
l’utilisation des produits fluorés, et rendant obligatoire la
fluoration de l’eau, du sel ou du
lait.
Appel à l’action pour promouvoir la
santé dentaire en utilisant le fluor, OMS,
FDI et IADR, 2006
« Les experts ont
réaffirmé le caractère
efficace, rentable et sûr
d’une utilisation quotidienne
d’un fluor de qualité optimale.
Ils ont confirmé que l’accès
universel au fluor en santé
dentaire s’inscrit dans le droit
humain fondamental à la
santé. »
66 67
CHAPITRE 5 MALADIES BUCCO-DENTAIRES : PRÉVENTION ET TRAITEMENT
FAITS SUR LE DENTIFRICE
Prévention de la carie dentaire : teneur
en fluor standard (1 000 – 1 500 ppm)
ou élevée (2 500 – 5 000 ppm).
Contrôle de la plaque dentaire : ajout de
substances antibactériennes.
Réduction de la sensibilité des dents.
Blanchiment ou effet blanchisseur.
Rafraîchissement de l’haleine.- Deux fois par jour.
- Ne pas se rincer les dents après
le brossage.- Utiliser une quantité de dentifrice
de la taille d’un pois.- Superviser le brossage des dents
des enfants jusqu’à six ans.
1 dollar dépensé dans la promotion de l’utilisation
de dentifrice fluoré au Népal = économies de
en coûts de traitement.
Marché mondial
des dentifrices
en 2016 :
14 milliards
de dollars
Principales fonctions du dentifrice : Meilleures pratiques de brossage des dents :
87–356 dollars
75 % ou plus
65 % – 74 %
55 % – 64 %
moins de 55 %
aucune donnée
HABITUDES EN MATIÈRE DE BROSSAGE
DES DENTS EN EUROPE
Proportion d’adolescents de 11 à 15 ans
indiquant se brosser les dents
plus d’une fois par jour
2010
1 Supprimer les taxes et les droits de douane, qui constituent un facteur
de coût important, et répercuter les économies sur les consommateurs.
2 Augmenter l’imposition des dentifrices sans fluor afin d’en décourager
l’utilisation.
3 Faire appliquer une tarification équitable – prix différenciés en fonction
des populations et de leur pouvoir d’achat.
4 Promouvoir la concurrence générique et la production locale, tout en
garantissant les standards de qualité.
5 Améliorer les capacités des administrations alimentaires et pharmaceutiques nationales pour mieux contrôler la qualité des dentifrices.
6 Renforcer et faire appliquer les exigences de la norme ISO 11609.
POLITIQUES POUR AMÉLIORER LA QUALITÉ
ET RÉDUIRE LE COÛT DU DENTIFRICE FLUORÉ
RECOMMAND
ATIONS
ACCESSIBILITÉ FINANCIÈRE
DES DENTIFRICES FLUORÉS
Nombre de jours de dépenses
du foyer par personne
nécessaires pour acheter
un stock annuel de dentifrice
fluoré le moins cher pour les
10 % les plus pauvres de la
population
2006
États-Unis Australie Italie Thaïlande Inde Brésil Cambodge Sénégal
0,1 0,2 0,5 1,2 2,0
3,2
4,3
8,6
Tanzanie
14,3
Zambie
30,4
RUS.
LITUANIE
LETTONIE
ESTONIE
AUTRICHE
HONGRIE
POLOGNE
DANEMARK
FRANCE
Écosse
Pays-deGalle
ALLEMAGNE BELGIQUE
NORVÈGE
FINLANDE
RUSSIE
SUÈDE
RÉP. TCHÈQUE
John Stamm, Université de
Caroline du Nord, 2007
« Le problème du
coût du dentifrice mérite que
l’on y prête davantage attention car
le prix détermine l’accès aux
dentifrices, notamment dans les
économies émergentes. La nécessité de
dentifrices fluorés est particulièrement
vitale dans la plupart de ces pays, où la
fluoration de l’eau peut être impraticable,
où la fluoration du sel n’est pas encore
bien ancrée, et où l’infrastructure des
services bucco-dentaires publics
est sous-développée. »
Prévention des caries dentaires
Le dentifrice fluoré
est hautement
efficace dans la
prévention de la
carie dentaire. Il est
sans danger et
facilement disponible, mais il est
nécessaire d’accentuer les efforts pour
en améliorer le
caractère abordable
et la qualité afin d’en
universaliser l’accès.
Dentifrice fluoré
Le dentifrice fluoré est le moyen le plus répandu
et le plus rigoureusement évalué d’utilisation
du fluor dans la prévention de la carie dentaire.
Les preuves quant à son effet de prévention
de la carie, que ce soit sur les dents de lait ou
sur la dentition permanente, sont solides. Son
association à la fluoration de l’eau ou du sel est
sans danger. En outre, l’effet de protection est
accentué. Se brosser les dents sans utiliser de
dentifrice fluoré permet d’améliorer l’hygiène
bucco-dentaire, mais cela ne permet pas de
prévenir les caries.
Du fluor a été ajouté pour la première fois à du
dentifrice en 1914, mais il a fallu attendre 1955
avant que le premier dentifrice fluoré (Crest®)
ne soit commercialisé. La plupart des dentifrices
vendus dans les pays à haut revenu contiennent
désormais du fluor, et son utilisation répandue
est perçue comme la principale raison du déclin
significatif de la carie dentaire dans ces pays au
cours des dernières décennies.
La formulation type d’un dentifrice fluoré efficace
est de 1 000 à 1 500 ppm (parties par million)
de fluor ; il existe des dentifrices faiblement
fluorés pour les enfants mais les preuves de leur
efficacité sont faibles. La norme internationale ISO
11609 définit la qualité, ainsi que les conditions
d’étiquetage et de test minimales, mais on constate
d’importants écarts dans la conformité et la mise
en œuvre nationales de cette norme.
Il existe d’importantes disparités dans le prix et
dans la qualité des dentifrices fluorés. Même s’ils
sont largement disponibles à l’achat, le coût de
ces dentifrices, notamment pour les populations
les plus démunies, est un obstacle majeur à leur
utilisation régulière. La faible qualité de certains
dentifrices dans les pays à faible revenu et à
revenu intermédiaire peut également réduire leur
effet de prévention de la carie. Les exigences
d’étiquetage ne sont pas toujours satisfaites,
compromettant la transparence pour le consommateur, et les contrefaçons peuvent même ne pas
contenir de fluor du tout.
Dans la mesure où la fluoration de l’eau et du sel
restent inaccessibles à la majorité de la population
mondiale, le dentifrice fluoré reste le moyen
d’intervention le plus important pour prévenir les
caries dans le monde, mais davantage d’efforts
sont nécessaires pour en améliorer le caractère
abordable et la qualité.
68 69
CHAPITRE 5 MALADIES BUCCO-DENTAIRES : PRÉVENTION ET TRAITEMENT
71
En 2012, La Vision 2020 de la FDI « Une prospection sur l’avenir bucco-dentaire » a identifié un
certain nombre d’enjeux et d’opportunités dans le
domaine de la santé bucco-dentaire. « (…) les
inégalités persistantes en santé bucco-dentaire ;
le non accès aux soins bucco-dentaires ; les traitements dentaires hors de prix dans de nombreuses régions ; une population croissante et
vieillissante ; la migration de la main d’œuvre ; le
tourisme dentaire ; l’émergence de nouveaux modèles éducatifs ; la répartition changeante des
tâches parmi les membres du personnel de soins
bucco-dentaires ; des mesures juridiques ciblant
les matériaux dangereux et l’utilisation croissante
des technologies de l’information et de la communication dans tous les secteurs de nos vies et
de nos professions » figurent parmi ces opportunités et enjeux qui appellent une action adéquate et
opportune.
Ce chapitre présente certains de ces enjeux et revient en détail sur des aspects importants où professionnels de santé bucco-dentaire et décideurs
politiques doivent collaborer plus étroitement
afin d’identifier des solutions pertinentes et de les
mettre en œuvre.
L’enseignement dentaire est l’un des domaines où
de nouvelles solutions sont nécessaires afin que
le modèle éducatif réponde aux nouveaux besoins, réduise de manière efficace la fracture
entre enseignement médical et enseignement
dentaire, fasse la promotion de la pratique collaborative et la renforce, et place la santé publique,
la prévention des maladies et la promotion de la
santé au cœur des activités de chaque professionnel de santé bucco-dentaire. Sans ces changements, l’objectif à long terme visant à disposer au
sein de chaque système de santé national de personnels dentaires suffisants, adéquatement formés et motivés restera lettre morte.
Dans le contexte de la crise mondiale des personnels de santé, la migration de ces derniers a suscité un regain d’intérêt. L’émigration professionnelle a toujours existé, mais l’accélération des
flux migratoires des pays les plus pauvres vers les
pays plus riches risque d’accroître les pressions
sur les systèmes de santé des premiers, déjà largement sous pression. Néanmoins, ces migrations
peuvent aussi avoir de nombreuses retombées positives, telles que la relance des économies locales grâce aux envois d’argent des travailleurs
émigrés. Même s’il ne faut pas restreindre le droit
humain à la liberté de circulation, il est nécessaire de mettre en place des stratégies permettant
de garantir une rétention efficace des dentistes
dans leur pays d’origine, en y associant un code
éthique afin d’atténuer les effets négatifs du recrutement actif par les pays à revenu élevé, et de
pouvoir disposer de professionnels de santé bucco-dentaire là où leur présence est nécessaire.
La mobilité des professionnels de santé bucco-dentaire n’est pas la seule à avoir augmenté,
celle des patients est également en hausse, et le
nombre de personnes se rendant à l’étranger en
vue d’obtenir des soins bucco-dentaires s’est nettement accru au cours de la dernière décennie.
Cette situation représente un nouvel enjeu pour la
santé bucco-dentaire, dans la mesure où elle soulève d’importantes questions quant à l’accès aux
soins et à leur qualité, aux aspects juridiques et
aux responsabilités éthiques.
Les enjeux de la recherche en santé bucco-dentaire sont essentiels et multiples. La recherche
fondamentale, ainsi que les aspects cliniques et
techniques des soins de santé resteront toujours
au cœur de la recherche, mais une part plus importante va également être accordée à la mise en
œuvre et à la recherche translationnelle, en tenant compte des implications des maladies bucco-dentaires sur l’état général, ainsi que des différents besoins des pays à faible revenu et à revenu
intermédiaire.
Ainsi que le rappelle la Vision 2020 de la FDI,
tous ces enjeux soulignent la nécessité d’adopter
un nouveau modèle de soins bucco-dentaires inclusif et efficace au bénéfice final de tous les patients dans le monde. Nous mesurerons notre
réussite dans ce domaine à l’aune du nombre
croissant de personnes capables de conserver une
dentition complète et saine pendant toute leur
vie.
Les enjeux en santé bucco-dentaire Chapitre 6
école publique
école privée
COÛT DE LA
FORMATION
DENTAIRE
Dette moyenne
contractée par les
étudiants dentaires
en écoles dentaires
publiques et privées
aux États-Unis,
ajustée pour l’inflation
2004–11
100 000
150 000
200 000
250 000
$
2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
Young Guk Park, Doyen de la faculté
d’odontologie de l’université Kyung Hee, 2015
« … Les
professeurs des écoles
dentaires sont … confrontés à
des demandes pour mettre en place
des programmes capables de
développer la sensibilisation aux services
et aux politiques de santé publique, à la
coopération interprofessionnelle, à la
pensée critique et à la prise de décision,
à l’autogestion et à la culture
organisationnelle, ainsi qu’à la
réflexion et aux retours
interpersonnels. »
FIDJI
CORÉE
DU SUD
TRINITÉ-ET-TOBAGO
AZERBAÏDJAN
ARMÉNIE
SRI LANKA
CUBA
RÉP. DOMINICAINE
M ALAISIE
VIETNAM
LAOS
THAÏLANDE
SYRIE
LIBAN
ISRAËL
JORDANIE
EAU
KOWEÏT NÉPAL
SÉNÉGAL
CÔTE
D’IVOIRE
RWANDA
KENYA
GUATEMALA
SALVADOR
HAÏTI
HONDURAS
NICARAGUA
COSTA RICA
PANAMA
SINGAPOUR
BIRMANIE
TUNISIE
MALTE
MAYOTTE
RAS HK
OUZBÉK.
TADJIKISTAN
ARABIE
SAOUDITE
MONGOLIE
PAKISTAN
TURQUIE
IRAK
ALGÉRIE
NIGÉRIA
SOUDAN
RÉP. DÉM.
CONGO
ÉTHIOPIE
ÉGYPTE
MAROC
LIBYE
AFRIQUE
DU SUD
BOLIVIE
PARAGUAY
VENEZUELA
COLOMBIE
ÉQUATEUR
PÉROU
ARGENTINE
URUGUAY
CHILI
PHILIPPINES
NOUVELLEZÉLANDE
INDONÉSIE
MADAGASCAR
TANZANIE
IRAN
AUSTRALIE
CHINE
INDE
ÉTATS-UNIS
CANADA
MEXIQUE
BRÉSIL
JAPON
RUSSIE
RUS.
CROATIE
ITALIE
UKRAINE
LETTONIE
ESTONIE
AUTRICHE HONGRIE
BULGARIE
ROUMANIE
GRÈCE
POLOGNE
SLOVÉNIE
BIÉLORUSSIE
R-U IRLANDE
ISLANDE
DANEMARK
FRANCE
ESPAGNE
PORTUGAL
ALLEMAGNE
SUISSE
BELGIQUE
P-B
NORVÈGE
SUÈDE FINLANDE
RÉP. TCH. SLOVAQUIE
SERBIE
KOSOVO
VERS LE PRIVÉ
Nombre d’institutions d’enseignement
supérieur dentaire en Inde
1950–2014
institutions publiques
institutions privées
1950
3
1960
10
1970
13
1
1980
17
5
1990
24
31
2000
30
104
2005
31
175
2010
39
251
2014
42
259
La formation dentaire
moderne permet aux
professionnels de
santé bucco-dentaire
d’acquérir les
compétences et les
aptitudes nécessaires
pour répondre aux
besoins de leurs
patients et des
populations.
Enjeux de la formation
Au cours des 150 dernières années, la formation
dentaire s’est généralement développée en
parallèle de la formation médicale, et elle
se concentre le plus souvent sur les soins de
restauration dentaire et les soins cliniques. La reconnaissance accrue des interactions entre santé
bucco-dentaire et état général, ainsi que des
déterminants communs plus larges de la santé
bucco-dentaire ont conduit à adopter de nouveaux modèles d’enseignement qui favorisent
une collaboration active entre les différentes
professions et disciplines de la santé. La priorité
donnée à la santé publique, la promotion de la
santé et la prévention des maladies, fondées sur
des données probantes, ainsi qu’une capacité de
raisonnement critique pour évaluer les nouvelles
données de la recherche, figurent parmi les nouvelles compétences essentielles permettant à la
profession de répondre aux nécessités des populations, loin de se limiter aux besoins dentaires.
Les programmes de médecine dentaire comprennent généralement des cours fondamentaux
en sciences de la santé et en compétences
cliniques dans les domaines du diagnostic et des
soins bucco-dentaires, et ils requièrent habituellement quatre à six années d’études, en fonction
des législations nationales. Il existe aussi toute
une gamme de spécialisations, ainsi que des
parcours d’enseignement formels pour les autres
professionnels de l’équipe dentaire.
L’enseignement dentaire présente d’importantes
disparités réginales, l’Afrique présentant le plus
faible nombre d’écoles dentaires de toutes les
régions du monde. À l’inverse, l’enseignement
dentaire est devenu une activité lucrative dans
certains pays, avec une hausse rapide du nombre
d’institutions de formation dentaire, en majorité
privés. Cette situation augmente les difficultés en
matière de qualité de l’enseignement, de gouvernance et d’autorisation de pratique. L’agrément
des programmes d’enseignement dentaire et les
exigences des autorisations d’exercice varient
d’une région à l’autre, et il n’existe pas de normes
de compétence mondialement
reconnues.
L’intégration de l’enseignement
dentaire à la formation médicale
est un élément crucial pour définir
le périmètre de pratique, et pour
améliorer le nombre et l’impact des
professionnels de santé bucco-dentaire dans le
monde. Il est nécessaire que la formation des
professionnels de santé générale et de santé bucco-dentaire bénéficie d’investissements publics
adéquats et que les programmes et les institutions
fassent l’objet de réformes, afin de disposer de
personnels dentaires mondiaux efficaces.
50 ou plus
10 – 49
2 – 9
1
aucune donnée
ÉCOLES DENTAIRES PAR PAYS
2014
72 73
CHAPITRE 6 LES ENJEUX EN SANTÉ BUCCO-DENTAIRE
DOMAINES DU TOURISME MÉDICAL
ET APPROCHES DE TRAITEMENT
Adapté de Hall, 2011
TOURISME
MÉDICAL
TOURISME
DE SANTÉ
TOURISME
DE BIEN-ÊTRE
Curatif Préventif
Spectre de traitement
D’amélioration
Interventions
médicales
requérant des
conditions légales
spéciales : thérapie
génique, transplantation
d’organes, avortement,
traitement de
l’infertilité.
Chirurgie
orthopédique,
chirurgie dentaire
spécialisée
(implants), chirurgie
plastique.
Visite de
spas et de
stations de
cure.
Soins
dentaires
généraux.
Chirurgie
cosmétique.
Implants
capillaires.
La migration et la
mobilité des professionnels de santé
bucco-dentaire et des
patients résultent de
facteurs d’attraction/
répulsion complexes.
Les conséquences
positives et négatives
pour les pays
d’origine et de
destination doivent
être équilibrées en
adoptant des
politiques et des
réglementations
adaptées.
Enjeux des migrations internationales
La mobilité et les migrations internationales sont
une des composantes de nos économies de plus
en plus mondialisées et interdépendantes. Les
déplacements transnationaux des professionnels
dentaires sont un phénomène connu qui présente
des effets positifs et des effets négatifs. Pourtant,
il existe très peu de données sur l’étendue des
migrations des professionnels de santé bucco-dentaire en l’absence de statistiques internationales
récentes.
La migration des professionnels de la santé est un
sujet complexe à la fois pour les pays d’origine
et pour les pays de destination, de nombreux
facteurs, tant professionnels que personnels,
influençant ce phénomène. Sont à mentionner
l’absence d’opportunités ou de spécialisations
professionnelles ; des motifs personnels et
familiaux, tels que l’éducation des enfants ;
ou des raisons économiques, notamment la
recherche d’un revenu plus élevé et plus stable.
Ces facteurs coexistent avec des problèmes plus
larges liés au système de santé, et aux questions
sociales et politiques.
Il existe une pénurie mondiale reconnue en compétences humaines dans le domaine de la santé,
mais le recrutement international n’est qu’un
remède partiel et temporaire aux insuffisances
nationales. Le recrutement actif par les pays
de destination peut se faire au détriment des
systèmes de santé des pays d’origine, qui perdent
alors l’investissement éducatif réalisé dans ces
professionnels partant à l’étranger. Par ailleurs,
l’économie de certains pays exportateurs nets
peut dépendre des envois d’argent effectués par
leurs populations émigrées.
Les pays de destination doivent, quant à eux, garantir la compétence des professionnels étrangers
et la qualité des soins fournis, ainsi que leurs
droits à une rémunération et à des opportunités
égales. De tels efforts doivent être entrepris dans le
respect du droit humain à la liberté de circulation,
ainsi que des droits et des opportunités pour les
professionnels locaux.
L’OMS et d’autres organisations ont élaboré un
code de pratique pour le recrutement international
ainsi que des options politiques destinées aux
pays afin de faciliter la planification efficace des
personnels nationaux, d’atténuer les éventuels
effets négatifs des migrations internationales,
et de superviser plus efficacement les flux de
main-d’œuvre.
Tourisme dentaire
Le tourisme médical et le tourisme dentaire
prennent toujours plus d’importance, facilités par
la simplification des voyages, de l’information
et des flux commerciaux dans le sillage de la
mondialisation. La mobilité internationale des patients qui recherchent des soins hors de leur pays
d’origine s’accompagne de questions complexes
liées à l’éthique, à la qualité des soins et à la
relation praticien-patient, et aussi aux coûts, à la
commercialisation et au consumérisme.
Des problèmes afférents à la couverture
d’assurance à l’étranger, aux garanties et aux
complications post-traitement peuvent se poser.
Par ailleurs, le tourisme médical est devenu
une source de revenu majeure pour certaines
destinations et il peut contribuer à renforcer les
systèmes de soins de santé locaux.
Parmi les principales raisons du tourisme dentaire,
on peut citer des coûts moins élevés dans les
pays de destination, pas de temps d’attente, et
des traitements plus courts, associant soins et
voyage dans des destinations touristiques
exotiques, ainsi que la fourniture
de procédures qui ne sont pas
légalement disponibles dans
le pays d’origine.
Migration des professionnels de santé bucco-dentaire
MIGRATION DES
PROFESSIONNELS
DE SANTÉ
BUCCO-DENTAIRE
Principaux flux
1999–2000
« La FDI
reconnaît que l’accès à la
santé bucco-dentaire ainsi que la
migration à des motifs professionnels,
économiques ou personnels sont des
droits humains pour lesquels tous les pays
doivent prendre les dispositions
nécessaires… Le recrutement international
planifié des professionnels de santé
bucco-dentaire ne peut être qu’une solution
partielle aux insuffisances nationales. Il
est essentiel que le recrutement
international ne se fasse pas au
détriment des services de
santé des pays. »
Déclaration de principe de la FDI sur le recrutement
international éthique des professionnels de santé
bucco-dentaire, 2006
74 75
CHAPITRE 6 LES ENJEUX EN SANTÉ BUCCO-DENTAIRE
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
Identifier les lacunes critiques dans les connaissances.
Élaborer et mettre en œuvre, en partenariat avec des organisations dentaires et médicales
apparentées qui s’appuient sur des données probantes, une base de connaissance adossée à un
ensemble standard de critères de rapport et incluant un registre des essais d’application.
Insister sur l’importance des déterminants psychosociaux de la santé bucco-dentaire, des
comportements liés à celle-ci, et des comportements liés à la recherche de soins bucco-dentaires,
sur les populations globales et sur les communautés défavorisées.
Insister sur l’importance d’intégrer la recherche sur les inégalités en santé bucco-dentaire aux
approches plus larges afin de réduire les inégalités globales dans le domaine de la santé.
Insister sur l’importance de la recherche multidisciplinaire et translationnelle, en recherchant des
données d’entrée auprès des spécialistes des sciences sociales et des professionnels de la santé.
Élaborer des stratégies de prévention des maladies fondées sur les déterminants sociaux et
environnementaux plus larges de la santé, en adoptant des approches ascendantes plutôt que des
approches descendantes.
Élaborer des stratégies pouvant être interprétées localement de manière à respecter les sensibilités
culturelles et les contraintes socio-économiques pour améliorer la littératie en santé bucco-dentaire.
Développer des systèmes nationaux et régionaux basés sur les communautés pour faire la promotion
de la santé bucco-dentaire et des soins de santé, en tenant compte des expériences passées et des
implications sur les ressources, et, lorsque cela est pertinent, en mettant l’accent sur des populations
globales et sur les populations à risque.
Sensibiliser, dans les débats publics, au problème des inégalités en santé bucco-dentaire, avec la
nécessité de promouvoir un universalisme proportionné spécifique et en mettant l’accent sur les
communautés plus démunies.
Promouvoir et défendre l’inclusion de la santé bucco-dentaire dans toutes les politiques, avec les
autres domaines de la santé, dans le fil de la Déclaration d’Adélaïde sur l’intégration de la santé
dans toutes les politiques.
LES PRIORITÉS DE
RECHERCHE DE
L’IADR-GOHIRA
Le projet GOHIRA
(Global Oral Health
Inequalities Research
Agenda) de l’Association internationale de
recherche dentaire
(IADR) a identifié les
priorités de recherche
nécessaires pour
déployer des stratégies
susceptibles de réduire
les inégalités en santé
bucco-dentaire dans le
monde.
APPLIQUER LA RECHERCHE, DE LA RECHERCHE FONDAMENTALE À LA SANTÉ
Adapté de Dzau et al, 2010
RECHERCHE
FONDAMENTALE
TRANSLATION RECHERCHE
CLINIQUE
TRANSLATION
& ADOPTION
ÉTAT DE SANTÉ
GLOBAL- recherche
fondamentale- études
précliniques- analyse in-vivo
- pharmacodynamique
- toxicologie
- vérification du
concept
d’efficacité (proof
of concept) sur
l’homme- développement
clinique- approbation
gouvernementale- médecine fondée
sur des données
probantes- lignes directrices en
matière de pratique- adoption des pratiques
- évaluation par la
communauté- prestation des soins ;
recherche sur les
services de santé- amélioration de l’état
de santé de la
communauté- recherche et services
en santé mondiaux
La recherche en santé
bucco-dentaire, qui
englobe la recherche
fondamentale, la
recherche clinique, la
recherche translationnelle, et la
recherche appliquée
aux systèmes de
santé, est essentielle
pour alléger la
charge que les
maladies bucco-dentaires font peser sur
la santé et sur
l’économie, et pour
améliorer la santé
bucco-dentaire dans
le monde.
Enjeux de la recherche
Science et recherche forment la base de
programmes, de politiques sanitaires et de
pratiques cliniques fondés sur des données
probantes. Plus de 4 milliards de personnes dans
le monde souffrent de maladies bucco-dentaires,
ce qui se traduit par une charge économique et
sanitaire énorme. Il est donc impératif de
promouvoir, de coordonner et de soutenir la
recherche fondamentale, la recherche clinique et
la recherche translationnelle, ainsi que la
formation en recherche et l’acquisition de
compétences, afin d’alléger cette charge de
morbidité.
La recherche en santé bucco-dentaire est
confrontée aux mêmes enjeux de diffusion et
d’application des études que la recherche dans
les autres spécialités médicales. Le continuum
de la recherche fondamentale à l’application
globale tient compte des différents niveaux et
types de recherches, ainsi que de leurs
interactions, afin d’en tirer le meilleur parti pour
améliorer la santé bucco-dentaire mondiale. La
première étape de ce continuum est la
traduction de la recherche fondamentale en
pratique clinique. Les étapes suivantes, tout aussi
importantes, concernent la translation et
l’adoption largement facilitée du système de
santé, ainsi que les mesures prises au niveau des
populations.
La recherche en santé bucco-dentaire s’est
traditionnellement concentrée sur les aspects
fondamentaux, cliniques et techniques des soins
bucco-dentaires, et essentiellement dans les pays
à revenu élevé. Ce n’est que récemment qu’une
plus grande attention a été accordée aux
applications et à la recherche translationnelle,
tenant compte des implications sur l’état de
santé global, des maladies bucco-dentaires et
des besoins différents des pays à faible revenu et
à revenu intermédiaire.
« L’écart 10/90 », qui veut que 90 % de la
recherche et des dépenses servent à couvrir les
besoins de seulement 10 % de la population
mondiale, s’applique aussi à la recherche en
santé bucco-dentaire. La partialité dans l’origine
des publications de recherche en est un
indicateur. En outre, il est nécessaire de procéder
à un changement de paradigme, en accordant
davantage d’importance à la prévention et à
l’intégration de la recherche bucco-dentaire dans
le courant principal de la science clinique.
Il est essentiel de développer et de coordonner
des priorités internationales en matière de
recherche collaborative, dans le cadre d’un effort
concerté, afin de remédier aux lacunes dans les
connaissances bucco-dentaires fondamentales. Il
sera nécessaire de mettre particulièrement
l’accent sur l’évaluation des mesures sociales et
comportementales, ainsi que sur la mise en
œuvre et sur la prestation des soins pour
prétendre réduire les inégalités mondiales
criantes en santé bucco-dentaire.
PUBLICATIONS
Articles publiés en
recherche dentaire
par pays d’origine
2007–11
Inde
992
États-Unis
8 661
Brésil
4 527
Japon
3 307
Angleterre
2 900
Allemagne
2 769
Chine
2 028
Italie
2 012
Turquie
1 982
Corée du Sud
1 307
Pays-Bas
1 194
Espagne
1 186
Suède
1 159
Suisse
1 137
Canada
1 021
76 77
CHAPITRE 6 LES ENJEUX EN SANTÉ BUCCO-DENTAIRE
79
Historiquement, la santé bucco-dentaire et la
médecine dentaire ont cherché à être reconnues
comme des spécialités distinctes de la santé et de
la médecine générale. On convient aujourd’hui
que cette volonté ancrée et délibérée d’une «
identité » distincte est l’une des raisons de la
faible priorité et de la négligence de la santé bucco-dentaire dans les agendas sanitaires internationaux. Cette rupture entre santé bucco-dentaire,
médecine dentaire et le courant principal des politiques et des pratiques sanitaires mondiales n’a
pas permis de tenir compte des liens intrinsèques
entre la santé et les soins bucco-dentaires et de
nombreux autres domaines, que ce soit dans le
secteur de la santé ou d’autres. En conséquence,
il a été impossible d’intégrer la santé bucco-dentaire dans les stratégies et les messages de santé
générale.
L’un des principaux enjeux auxquels professionnels de santé bucco-dentaire et défenseurs de la
santé dentaire publique sont aujourd’hui
confrontés est d’arriver à ce que les questions de
la santé bucco-dentaire bénéficient de la reconnaissance et de la considération adéquates dans
l’agenda sanitaire mondial. Parallèlement, les
politiques doivent être traduites en actions
concrètes permettant à chacun d’avoir un accès
équitable à des actions de prévention efficaces et
aux soins appropriés.
La lutte mondiale contre les MNT, qui est désormais encadrée par le plan d’action mondial de
l’OMS, est un bon exemple des avantages de l’intégration de la santé bucco-dentaire et de l’état
de santé général. Les maladies bucco-dentaires
sont un domaine d’inquiétude majeur pour la
santé publique, et une meilleure intégration de la
santé bucco-dentaire aux politiques de lutte
contre les MNT pourrait générer des avantages
pour la santé en général.
La santé bucco-dentaire peut bénéficier des stratégies de lutte contre les MNT, en particulier des
réponses apportées aux facteurs de risque communs ; en retour, les stratégies visant à améliorer
la santé bucco-dentaire peuvent aussi contribuer
de manière importante aux cibles MNT volontaires mondiales définies pour 2025.
De même, les maladies bucco-dentaires ont été
reliées directement ou indirectement à tous les
OMD (2000-2015). Cependant, ce point d’entrée
n’a pas été utilisé de manière systématique pour
améliorer la priorité et l’intégration de la santé
bucco-dentaire dans les agendas de santé publique internationaux. Avec le remplacement des
OMD par les ODD (2015-2030), la santé va
jouer un rôle clé en tant que condition préalable
et en tant que résultat du développement durable. Là encore, garantir dès le début la corrélation entre santé bucco-dentaire et objectifs et
indicateurs des ODD va permettre de renforcer
la défense d’une intégration intersectorielle de la
santé bucco-dentaire dans le contexte du développement humain durable.
En particulier, cette relation forte peut servir à
promouvoir la santé bucco-dentaire dans le
contexte de la couverture sanitaire universelle
qui, ainsi que nous le présentons dans ce chapitre, est un élément essentiel pour favoriser les
avancées en santé bucco-dentaire, et pour réduire les inégalités et les retombées
socio-économiques.
Ce chapitre se referme sur une note environnementale et, plus spécifiquement, sur la Convention de Minamata sur le mercure. Les
professionnels de santé bucco-dentaire et leurs
organisations représentatives ont pris une part
active à la rédaction de cette Convention et à
l’accord pour diminuer progressivement l’utilisation de l’amalgame dentaire. Cet engagement
prouve une nouvelle fois le sérieux avec lequel la
profession dentaire considère ses responsabilités
et ses engagements internationaux ; il prouve
également que la santé bucco-dentaire peut faire
partie intégrante d’autres questions importantes
placées en haut des agendas mondiaux du développement et de la santé.
Chapitre 7
La santé bucco-dentaire
dans l’agenda mondial
Déclaration politique
de la Réunion de haut
niveau de l’Assemblée
générale sur la
prévention et la
maîtrise des maladies
non transmissibles
Nous, chefs d’État et de
gouvernement et
représentants d’État et
de gouvernement …
1 Reconnaissons que le
fardeau et la menace
que les maladies non
transmissibles
représentent à
l’échelle mondiale
constituent l’un des
principaux défis pour
le développement au
XXIe siècle, en ce qu’il
vient remettre en
cause le développement social et
économique dans le
monde entier et
compromettre la
réalisation des
objectifs de développement arrêtés sur le
plan international ;
19 Reconnaissons que
les maladies rénales,
bucco-dentaires et
oculaires constituent
un important fardeau
sanitaire pour bon
nombre de pays et
que ces maladies
partagent les mêmes
facteurs de risque et
peuvent bénéficier
des réponses
communes aux
maladies non
transmissibles.
PLAN D’ACTION MONDIAL DE L’OMS
POUR LA PRÉVENTION ET LA MAÎTRISE DES MNT
Neuf cibles pour 2025
Au
moins 50 % des
personnes bénéficient d’une thérapie
préventive en vue de
prévenir les infarctus du
myocarde et les
accidents vasculaires
cérébraux.
Réduction
de 25 % du
risque de décès
prématuré des
personnes de 30 à 70
ans imputable aux
MNT.
Disponibilité et
accessibilité
financière de 80 %
des technologies et des
médicaments
nécessaires pour
traiter les MNT.
Réduction
de 30 % de
l’apport moyen
de sel /sodium.
Réduction de 30 %
de la consommation de
tabac.
Arrêt de
l’augmentation
du diabète et
de l’obésité.
Baisse de
25 % de la
prévalence de
l’hypertension
artérielle.
Baisse de
10 %
de l’usage
nocif de
l’alcool.
Réduction
de 10 % de la
prévalence du
manque
d’exercice
physique.
COÛT DE L’ACTION SUR LES MNT vs.
INACTION
dans les pays à faible revenu et à revenu
intermédiaire
7 000 milliards
Action
Inaction
Coûts de 11 milliards de
dollars par an pour la mise en
œuvre du Plan d’action mondial
de dollars
perdus sur 15 ans en pertes de
productivité et en coûts de soins de
santé en l’absence de toute mesure
FIDJI
800 ou plus
700 – 799
600 – 699
400 – 599
moins de 400
aucune donnée
MALADIES NON TRANSMISSIBLES
Taux de mortalité liés aux MNT
normalisés par âge
pour 100 000 habitants
2012
Les MNT constituent
une menace
mondiale croissante.
Les maladies
bucco-dentaires font
partie intégrante de
l’effort de prévention
et de maîtrise de ces
maladies.
Santé bucco-dentaire et MNT
Un plan d’action commun
Les maladies non transmissibles (MNT) sont
la principale cause de décès et de handicap,
responsables de plus des deux tiers de l’ensemble
des décès, dont 80 % se produisent dans les pays
à faible revenu et à revenu intermédiaire. Les
quatre grandes MNT sont le cancer, le diabète, les
maladies cardiovasculaires et les maladies respiratoires chroniques. Les maladies bucco-dentaires
constituent quant à elles d’importantes MNT :
la carie dentaire non soignée est la maladie qui
présente la plus forte prévalence et qui est la plus
évitable, et le cancer buccal figure parmi les 10
cancers les plus répandus.
Les causes sous-jacentes des MNT sont, d’une
part, les déterminants sociaux, économiques
et environnementaux, notamment la pauvreté,
le chômage, la discrimination, l’absence d’éducation, et des politiques commerciales iniques ;
et, d’autre part, les facteurs de risque communs
tels que la consommation de tabac et d’alcool,
l’absence d’activité physique, et une alimentation
déséquilibrée riche en sel, en gras saturés et en
sucres ajoutés. Les maladies bucco-dentaires
partagent toutes ces déterminants sous-jacents
et facteurs de risque avec les autres grandes
MNT. L’approche basée sur des facteurs de
risque communs fournit la base pour inclure les
maladies bucco-dentaires dans les programmes
de prévention et de maîtrise des MNT.
La Réunion de haut niveau des Nations Unies
sur la prévention et la maîtrise des MNT, tenue
en 2011, a pris acte de la charge mondiale de
morbidité croissante des MNT, et elle oblige ses
États membres à adopter un train de mesures pour
lutter contre ces maladies. Le paragraphe 19 de
la Déclaration politique qui en a résulté énonce
de manière explicite que les maladies bucco-dentaires partagent les mêmes déterminants que les
autres MNT.
L’Assemblée mondiale de la Santé de l’OMS
a adopté en 2013 un plan d’action mondial
afin d’arriver à diminuer la charge mondiale de
morbidité des MNT. Même si de nombreux pays
ont élaboré des politiques spécifiques à sa suite,
l’Examen MNT 2014 de l’AGNU a révélé que
de nombreux efforts supplémentaires restaient
toujours nécessaires. Il est essentiel de promouvoir
en permanence l’intégration des maladies
bucco-dentaires dans ces plans d’action nationaux
pour pouvoir diminuer les inégalités en
santé bucco-dentaire et alléger la charge
de morbidité des maladies bucco-dentaires.
CORÉE
DU SUD
CORÉE
DU NORD
TIMOR ORIENTAL
LA BARBADE
TRINITÉ-ET-TOBAGO
BAHAMAS
OUGANDA
GÉORGIE AZERBAÏDJAN
ARMÉNIE
SRI LANKA
JAMAÏQUE
CUBA
RÉP. DOMINICAINE
BRUNEI
M ALAISIE
VIETNAM
CAMBODGE
LAOS
THAÏLANDE
BHOUTAN
BANGLADESH
CHYPRE SYRIE
LIBAN
ISRAËL
JORDANIE
BAHREÏN
QATAR EAU
OMAN
KOWEÏT
YÉMEN
NÉPAL
RÉP.
CENTRAFRICAINE
SOUDAN
DU SUD
SÉNÉGAL GAMBIE
CAP-VERT
GUINÉEBISSAU GUINÉE
LIBÉRIA
CÔTE
D’IVOIRE
BURKINA
FASOGHANA
BÉNIN
CAMEROUN GUINÉE
ÉQUATORIALE
GABON
CONGO BURUNDI
RWANDA
KENYA
DJIBOUTI
SIERRA LEONE
TOGO
SWAZILAND
LESOTHO
ÉRYTHRÉE
GUATEMALA
SALVADOR
HAÏTI
HONDURAS
NICARAGUA
COSTA RICA
PANAMA GUYANA
SURINAME
BELIZE
PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
ÎLE MAURICE
MALDIVES
COMORES
SINGAPOUR
GRENADE
BIRMANIE
AUT. NAT.
PALESTINIENNE
TUNISIE
MALTE
ÎLES
SALOMON
MALAWI
TURKMÉN.
OUZBÉK.
TADJIKISTAN
KIRGHIZSTAN
ARABIE
SAOUDITE
MONGOLIE
PAKISTAN
AFGHANISTAN
TURQUIE
IRAK
KAZAKHSTAN
ALGÉRIE
NIGER TCHAD
NIGÉRIA
SOUDAN
RÉP. DÉM.
CONGO
ÉTHIOPIE
ANGOLA
ÉGYPTE
MAROC
LIBYE
MAURITANIE
NAMIBIE BOTSWANA
AFRIQUE
DU SUD
MOZAMBIQUE
SOMALIE
MALI
BOLIVIE
PARAGUAY
VENEZUELA
COLOMBIE
ÉQUATEUR
PÉROU
ARGENTINE
URUGUAY
CHILI
PHILIPPINES
NOUVELLEZÉLANDE
INDONÉSIE
ZIMBABWE
ZAMBIE
MADAGASCAR
TANZANIE
IRAN
AUSTRALIE
CHINE
INDE
ÉTATS-UNIS
CANADA
MEXIQUE
BRÉSIL
JAPON
RUSSIE
RUS.
CROATIE
ITALIE
MOLDAVIE
UKRAINE
MACÉDOINE
LITUANIE
LETTONIE
ESTONIE
ALBANIE
MONT.
AUTRICHE HONGRIE
BULGARIE
ROUMANIE
GRÈCE
POLOGNE
SLOVÉNIE
B-H
BIÉLORUSSIE
R-U IRLANDE
ISLANDE
DANEMARK
FRANCE
ESPAGNE
PORTUGAL
ALLEMAGNE
SUISSE
BELGIQUE
LUX.
P-B
NORVÈGE
SUÈDE FINLANDE
RÉP. TCH. SLOVAQUIE
SERBIE
KOSOVO
80 81
CHAPITRE 7 LA SANTÉ BUCCO-DENTAIRE DANS L’AGENDA MONDIAL
2000
L’OMS publie la première Stratégie
mondiale de lutte contre les maladies
non transmissibles.
2004
Stratégie mondiale de l’OMS
pour l’alimentation, l’exercice
physique et la santé.
Contribution de la FDI au
processus de consultation.
2003
L’OMS adopte la
Convention-cadre pour la
lutte anti-tabac (CCLAT de
l’OMS).
La FDI participe au
processus de négociation
de la CCLAT depuis 1998.
2005
LA CCLAT de l’OMS est
approuvée par l’AMS.
Publication par l’OMS du
rapport sur la Prévention
des maladies chroniques :
un investissement vital.
2025
Réalisation des
neufs cibles
mondiales en
matière de MNT.
2010
Le rapport sur les risques mondiaux du
Forum économique mondial relève la
priorité des MNT.
Fondation de l’Alliance contre les MNT.
Recommandations de l’OMS sur la
commercialisation des aliments et des
boissons non alcooliques aux enfants.
Premier rapport de situation mondial de
l’OMS sur les MNT.
2012
La FDI publie un guide de
sensibilisation à la suite
de la Réunion de haut
niveau des Nations Unies
sur la prévention et la
maîtrise des MNT.
La FDI rejoint le groupe
d’intérêt commun de
l’Alliance contre les MNT.
2014
Rapport du Secrétaire général
de l’ONU sur les avancées
réalisées depuis la Réunion de
haut niveau des Nations Unies.
Réponse de la FDI à la
consultation de l’OMS sur le
projet de lignes directrices sur
la consommation de sucre.
2008
Publication par
l’OMS du Plan
d’action
2008-2013 pour la
Stratégie mondiale
de lutte contre les
maladies non
transmissibles.
2007
Assemblée mondiale de la
santé 2007 Résolution
WHA60 R17 : Plan d’action
pour la promotion de la
santé bucco-dentaire et la
prévention intégrée des
affections.
2011
Réunion de haut niveau
des Nations Unies sur la
prévention et la maîtrise
des MNT.
La FDI participe à la
réunion de consultation
des Nations Unies en juin
2011 et participe à tous
les processus de
consultation.
2015
Publication par l’OMS de
nouvelles lignes directrices sur les
apports en sucre pour les adultes
et les enfants.
Cadres d’action des pays pour
engager les secteurs autres que le
secteur de la santé sur la question
des MNT.
2013
Le plan d’action mondial de
l’OMS pour la lutte contre les
maladies non transmissibles
2013–2020 inclut neuf cibles
mondiales et 25 indicateurs.
Constitution de l’équipe
spéciale des Nations Unies
contre les MNT.
Réunion consultative
régionale du Bureau africain
de l’OMS sur la santé
bucco-dentaire et les MNT.
Plan d’action régional de lutte
contre les MNT du Bureau
régional d’Asie du Sud-est de
l’OMS – reconnaissance des
maladies bucco-dentaires et
du cancer buccal.
Declaration de principe de la
FDI sur la santé bucco-dentaire et les MNT.
2009
Publication par l’OMS
de la Stratégie mondiale
visant à réduire l’usage
nocif de l’alcool.
2001
Lancement des
Objectifs du
Millénaire pour le
développement.
2000 2001 2003 2004 2005 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2025
UNE DYNAMIQUE MONDIALE ET SES
PRINCIPALES ÉTAPES
La dynamique
mondiale contre les
MNT offre l’occasion
d’améliorer la santé
bucco-dentaire à
l’échelle planétaire.
Santé bucco-dentaire et MNT
Une dynamique en plein essor
La Réunion de haut niveau de l’Assemblée
générale des Nations Unies de 2011, ainsi que
l’adoption de la Déclaration politique de la
Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale
sur la prévention et la maîtrise des maladies non
transmissibles, ont marqué un tournant dans la
santé mondiale. Cette Déclaration, et le processus de planification et de définition de cibles qui
en a résulté, ont vu une réorientation des efforts
mis en place pour les maladies transmissibles
vers les maladies non transmissibles, ce qui va
transformer le paysage de la santé mondiale au
cours de la prochaine décennie. Leur charge
sanitaire, sociale et financière constitue le principal facteur de priorisation des MNT.
La prévention et la maîtrise des MNT se fondent
sur l’intégration de l’approche basée sur des
facteurs de risque communs et sur des actions
traitant les déterminants sociaux communs plus
larges de la santé. Dans la mesure où les
maladies bucco-dentaires partagent les mêmes
facteurs de risque et déterminants, il y a urgence
à intégrer les objectifs de santé bucco-dentaire
aux stratégies orientées vers l’ensemble des MNT.
En outre, les preuves du gigantesque impact
économique et social d’une mauvaise santé
bucco-dentaire ne cessent de s’accumuler.
La santé bucco-dentaire bénéficiera des stratégies
de maîtrise des MNT, notamment grâce à la
diminution de la consommation de sucre, de
tabac et d’alcool et, en retour, les stratégies visant
à améliorer la santé bucco-dentaire peuvent
contribuer de manière importante à la réalisation
des cibles MNT volontaires mondiales définies
pour 2025. Les lignes directrices sur les apports
en sucre publiées par l’OMS en 2015 en sont un
exemple important. La recommandation forte
d’une consommation de sucre inférieure à 10 %
des apports énergétiques se fonde sur les preuves
de ses conséquences sur la carie dentaire. De
plus, le respect de ces lignes directrices devrait
conduire à la diminution des autres MNT, notamment l’obésité.
Dans la mesure où la plupart des déterminants à
la fois de la santé bucco-dentaire et de l’état de
santé général restent hors du champ d’influence
directe des systèmes sanitaires, il est nécessaire
d’adopter une action intersectorielle complète
pour améliorer la santé. Il est impératif d’inclure
la santé bucco-dentaire dans toutes les stratégies
visant à lutter contre l’épidémie des MNT.
Chaque opportunité doit être saisie pour
défendre l’inclusion de « la santé bucco-dentaire
dans toutes les politiques ».
Jakaya Mrisho Kikwete,
Président de la Tanzanie,
2011
« Les maladies
bucco-dentaires sont souvent des
MNT négligées par la communauté
internationale, alors qu’il s’agit d’un
domaine de santé que nous ne pouvons nous
permettre d’ignorer et qu’elles sont largement
évitables. J’invite instamment mes homologues
chefs d’État et de gouvernement à porter les
pathologies bucco-dentaires au rang de MNT,
et les ministres de la santé à s’engager
davantage. Nous devons tous partager le
devoir moral de faire d’une bonne
santé bucco-dentaire
une priorité. »
82 83
CHAPITRE 7 LA SANTÉ BUCCO-DENTAIRE DANS L’AGENDA MONDIAL
Déterminants sociaux
communs
Surveillance & soutien de la recherche
Santé générale et santé bucco-dentaire
Couverture sanitaire universelle
Facteurs de risque communs
Santé bucco-dentaire
et état de
Collecte de
meilleures données sur la
intégrée à toutes les politiques
incluant les soins buccoLes maladies bucco-dentaires et les
santé général partagent les
charge de
morbidité, notam
ment des
dentaires primaires.
autres MNT partagent les mêmes
mêmes déterminants sociaux.
maladies bucco-dentaires, et
production de preuves en faveur
d’approches intégrées pour la
productives aux
communaude santé et les économies.
elles pèsent sur les contributions
systèmes publics, les systèmes
les plus répandues.
chances dans la vie, la
dignité, et
impliquent des coûts pour les
sont les maladies humaines
bucco-dentaires diminuent les
Les maladies bucco-dentaires
Les maladies bucco-dentaires
Poids social Les maladies
Poids économique
Charge
de
morbidité
Intégration intersectorielle
fa
.
cteurs de risque.
L’AMÉLIORATION DE LA SANTÉ BUCCO-DENTAIRE ALLÈGERA LA CHARGE PESANT SUR LE DÉVELOPPEMEN
U
T
NEAPPROCHE FONDÉE SUR LES DROITS
La santé,
dont la santé
bucco-dentaire,
est un droit
humain.
Un
développement
inclusif diminue
les inégalités.
diminuer
tés et à la société civile.
Permettre à
tous de vivre en
bonne santé et
promouvoir le
bien-être de tous
à tout âge
3
Assurer l’accès
de tous à une
éducation de qualité, sur
un pied d’égalité, et
promouvoir les
possibilités
d’apprentissage tout
au long de la vie
4
Garantir
l’accès de tous à
l’eau et à
l’assainissement et
assurer une gestion
durable des
ressources en
eau
6
Réduire les
inégalités dans
les pays et d’un
pays à l’autre
10
Renforcer
les moyens de
mise en place du
partenariat mondial
pour le développement
durable et le
revitaliser
17
OBJECTIFS SÉLECTIONNÉS DU
DÉVELOPPEMENT DURABLE
LIÉS À LA SANTÉ
Statut au mois d’avril 2015
FORCES ET FAIBLESSES DES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE
POUR LE DÉVELOPPEMENT
(2000–2015)- Positionner la santé dans
l’agenda du
développement- Concentrer l’attention et
l’action sur les
problèmes de santé
majeurs liés à la
pauvreté- Mobiliser les ressources
pour réaliser les cibles
prioritaires- Créer des plates-formes
pour des partenariats
avec de multiples parties
prenantes- Renforcer les systèmes
mondiaux de
surveillance et la
responsabilisation
Les OMD ont permis de :- Ils ont focalisé l’attention
sur les maladies transmissibles, passant à côté des
MNT.- Ils ont fragmenté les
systèmes de santé en
raison de l’application de
programmes verticaux.- Ils ont opéré une
segmentation par groupes
d’âges, au lieu d’adopter
une approche tout au long
de la vie.- Ils n’ont surveillé que les
indicateurs cumulés
nationaux ; ils n’ont pas
mesuré les écarts en
matière d’équité sanitaire.- Ils ont mesuré la mortalité
mais pas la morbidité.
Mais…
Il est fondamental de
relier la santé
bucco-dentaire aux
ODD et de les y
intégrer afin d’accorder une plus grande
priorité aux maladies
bucco-dentaires dans
le contexte de la
santé publique et du
développement à
l’échelle mondiale.
Santé bucco-dentaire et développement mondial
Les Objectifs du Millénaire pour le développement des Nations Unies (OMD), établis pour la
période 2000-2015, constituaient un effort international concerté visant à éradiquer la pauvreté
extrême, à promouvoir l’éducation, la santé et
la protection de l’environnement, ainsi qu’à
accélérer le développement et la coopération
dans le monde grâce à huit objectifs convenus.
Ces objectifs ont été soutenus par un mécanisme
de surveillance complet obligeant les États
membres de l’ONU à suivre les avancées
réalisées et à établir des rapports réguliers. La
santé est directement concernée par trois de ces
huit objectifs.
Les maladies bucco-dentaires sont liées, directement et indirectement, aux huit objectifs des
OMD ; cependant, cette occasion de promouvoir
la santé bucco-dentaire n’a pas été exploitée
de manière systématique pour en relever la
priorité dans les agendas de santé publique
internationaux, ou l’y intégrer.
À l’échéance des OMD en 2015, l’ONU a
déployé un processus consultatif mondial afin de
s’appuyer sur les réalisations des OMD et d’élaborer un ensemble d’objectifs du développement
durable (ODD) pour la période 2015-2030. Les
ODD définissent de nouvelles priorités mondiales
pour promouvoir un développement mondial
durable et équitable. Ils reprennent certains des
engagements non réalisés des OMD, ils renforcent
ceux où des avancées ont été réalisées, et ils
cherchent à mettre en place un cadre pour une
intégration plurisectorielle des actions afin de
faciliter le développement humain de manière à
optimiser l’utilisation des ressources de la planète
sans mettre en péril la durabilité.
La santé, en tant que prérequis et résultat du
développement durable, joue un rôle central dans
le contexte des ODD, notamment via l’Objectif 3,
« Permettre à tous de vivre en bonne santé et
promouvoir le bien-être de tous à tout âge »,
qui comportent 13 objectifs de santé. Sur ces 13
objectifs, au moins sept concernent directement
la communauté de la santé bucco-dentaire.
Il est donc extrêmement important de lier de
manière systématique, et dès le départ, la santé
bucco-dentaire aux objectifs des ODD, à leurs
indicateurs et à leurs objectifs. Cela permettra
de constituer un cadre pour inclure de manière
systématique la santé bucco-dentaire dans des
systèmes de santé renforcés, pour promouvoir
la santé bucco-dentaire et la prévention des
maladies bucco-dentaires dans le contexte des
MNT et de la couverture sanitaire universelle,
ainsi que pour avancer de solides arguments pour
une intégration transversale et multisectorielle
de la santé bucco-dentaire dans le contexte du
développement humain durable.
Helen Clark,
Administrateur du PNUD,
2011
« Les maladies
bucco-dentaires sont un
obstacle au développement.
Une maladie aussi évitable que la
carie dentaire entrave la capacité
d’alimentation, les interactions
sociales, la présence scolaire ou
professionnelle. Ces conséquences
nuisent toutes au bien-être
humain, au potentiel
économique et au
développement. »
SAISIR LES OPPORTUNITÉS PERMETTANT D’ALLIER SANTÉ BUCCO-DENTAIRE ET DÉVELOPPEMENT
84 85
CHAPITRE 7 LA SANTÉ BUCCO-DENTAIRE DANS L’AGENDA MONDIAL
La couverture sanitaire universelle
vise à :- une « santé pour tous » –
proposer des services de santé
aux personnes qui, pour le
moment, n’en bénéficient pas.- inclure autant de services que
possible, et au minimum les
soins primaires élémentaires- réduire la participation des
patients aux frais, ainsi que les
coûts, en fournissant une
protection financière maximale
VERS UNE COUVERTURE UNIVERSELLE
JAPON
AUSTRALIE
CANADA
MEXIQUE
NOUVELLEZÉLANDE
CORÉE DU SUD
ITALIE
AUTRICHE HONGRIE
GRÈCE
TURQUIE
POLOGNE
R-U
IRLANDE
ISLANDE
DANEMARK
FRANCE
PORTUGAL ESPAGNE
ALLEMAGNE
SUISSE
BELGIQUE
LUX.
PAYSBAS
NORVÈGE FINLANDE SUÈDE
SLOVAQUIE RÉP. TCH.
Couverture à 100 %
aucune donnée
Couverture à 51 % – 99 %
Couverture à 1 % – 50 %
0% pas de couverture
TAUX DE COUVERTURE DES
SOINS BUCCO-DENTAIRES ÉLÉMENTAIRES
dans les pays de l’OCDE
2008
Les soins bucco-dentaires élémentaires
doivent faire partie
intégrante de la
couverture sanitaire
universelle, un
concept qui fait de
plus en plus consensus et qui vise à
garantir l’accès de
tous aux soins de
santé primaires.
Couverture sanitaire universelle
Le concept de couverture sanitaire universelle a
gagné de l’ampleur depuis la première résolution
de l’OMS y afférente en 2005. L’OMS définit
la couverture sanitaire universelle comme un
système où « tous les individus [ont] accès aux
services de santé sans encourir de difficultés
financières ». L’objectif de la couverture sanitaire
universelle est donc de garantir l’accès de tous
aux soins de santé et de fournir une protection
financière.
Cependant, elle ne peut à elle seule éliminer
les inégalités, même si elle représente une
étape majeure vers cet objectif, notamment
lorsqu’elle est associée à d’autres mesures traitant
les déterminants de la santé. Une couverture
sanitaire réellement « universelle » ne pourra être
proposée que lorsque les soins de promotion de
la santé, préventifs, curatifs et de réadaptation
seront totalement intégrés au contexte plus large
des systèmes de santé. En outre, les mécanismes
de financement adéquats doivent couvrir tous
les groupes de populations, notamment les plus
défavorisés tels que les pauvres, les handicapés,
les immigrants et d’autres.
À ce jour, aucun concept ni solution ne fait l’unanimité en raison de la diversité des contextes, des
besoins et des ressources des pays. Ces derniers
prennent en charge les services dentaires à des
degrés différents, en fonction de leurs ressources
économiques et de leurs priorités politiques. Les
pays à plus haut revenu mettent en place des
réformes pour contenir les coûts, notamment en
augmentant la co-prise en charge par les patients
des soins réputés non essentiels, tels que les soins
oculaires et les soins dentaires.
Par ailleurs, de nombreux pays à faible revenu et à
revenu intermédiaire tentent de répondre aux besoins de santé en fournissant des services de santé
primaires minimum à la majorité des populations
couvertes par les systèmes d’assurance santé et
d’autres mécanismes de financement. Pour le
moment, il n’est pas possible de cartographier
l’inclusion des soins bucco-dentaires à l’échelle
mondiale. Il est nécessaire de travailler davantage
sur la mise en œuvre ainsi que sur la recherche
sur les services de santé pour évaluer les modèles
existants de soins bucco-dentaires universels, et
pour orienter les décisions politiques pour les
nouveaux modèles, en les adossant à des données
probantes.
Réduire la participation
des patients aux frais,
ainsi que les coûts
Margaret Chan,
Directeur général de l’OMS, 2015
« La couverture
sanitaire universelle
est le concept unitaire
le plus puissant que la
santé publique ait à
offrir. »
« Tous les
membres de la société
civile devraient bénéficier
d’une couverture sanitaire. Dans
la mesure où la santé bucco-dentaire fait partie intégrante de l’état
de santé général, et où les soins
bucco-dentaires sont des soins
primaires essentiels, l’accès à la
couverture bucco-dentaire
devrait être universel. »
Scott Tomar, Professeur à l’université de Floride,
Faculté d’odontologie, et Lois Cohen,
Ambassadrice pour la recherche sur la santé mondiale, 2010
Population
Qui est couvert ?
Services
Quels services
sont couverts ?
Inclure
d’autres
services
Étendre
aux personnes
non couvertes Mécanismes de
couverture
Protection
financière
Quelle est la prise
en charge
financière
personnelle ?
86 87
CHAPITRE 7 LA SANTÉ BUCCO-DENTAIRE DANS L’AGENDA MONDIAL
PRINCIPALES VOIES DE REJET DU
MERCURE DANS L’ENVIRONNEMENT
DÛ À L’UTILISATION D’AMALGAME
DENTAIRE
tonnes métriques par an
total
260–340 tonnes
/an
sols
75–100
atmosphère
50–70
eaux de surface
eaux souterraines 35–45
20–25
capturé, mise
au rebut sûre
40–50
recyclage de
l’amalgame
dentaire
40–50
1 Définir des objectifs nationaux de prévention des
caries et de promotion de l’hygiène dentaire pour
réduire autant que possible le besoin de
restauration dentaire ;
2 Définir des objectifs nationaux visant à réduire
autant que possible leur utilisation ;
3 Promouvoir l’utilisation de matériaux de restauration dentaire économiques et cliniquement
efficaces qui ne contiennent pas de mercure ;
4 Promouvoir les activités de recherche-développement axées sur des matériaux de restauration
dentaire de qualité qui ne contiennent pas de
mercure ;
5 Encourager les organisations professionnelles
représentatives et les écoles de médecine dentaire
à éduquer et former les professionnels du secteur
dentaire et les étudiants à l’utilisation de
matériaux de restauration dentaire sans mercure
et à la promotion de meilleures pratiques de
gestion ;
6 Décourager les polices d’assurance et
programmes qui privilégient les amalgames plutôt
que les matériaux de restauration dentaire sans
mercure ;
7 Encourager les polices d’assurance et programmes
qui favorisent l’utilisation de matériaux de
restauration dentaire de qualité sans mercure ;
8 Restreindre l’utilisation d’amalgames dentaires à
leur forme encapsulée ;
9 Promouvoir l’utilisation de meilleures pratiques
environnementales dans les établissements de
soins dentaires afin de réduire les rejets de
mercure et de composés du mercure dans l’eau et
le sol.
Article 4 Paragraphe 3 Les mesures qu’une Partie doit prendre pour éliminer progressivement l’utilisation
d’amalgames dentaires doivent tenir compte de sa situation nationale et des orientations internationales
pertinentes et comprendre deux ou plusieurs des mesures suivantes :
CONVENTION DE MINAMATA (2013)
TONGA
FIDJI
ÉTATS FÉDÉRÉS DE MICRONÉSIE
ÎLES MARSHALL
KIRIBATI
VANUATU
SAMOA
TUVALU
NAURU
PALAOS
CORÉE
DU NORD
TIMOR ORIENTAL
ANTIGUA-ET
-BARBUDA
LA BARBADE
STE-LUCIE
TRINITÉ-ET-TOBAGO
ST-KITTS-ET-NEVIS
ST-VINCENT-ET-GRENAD. DOMINIQUE
BAHAMAS
AZERBAÏDJAN
CUBA
BRUNEI
LAOS
THAÏLANDE
BHOUTAN
LIBAN
BAHREÏN
QATAR
OMAN
SOUDAN
DU SUD
SAHARA
OCCIDENTAL
CAP-VERT
SÃO TOMÉ-ET-PRINCIPE
GUINÉE
ÉQUATORIALE
RWANDA
DJIBOUTI
SWAZILAND
ÉRYTHRÉE SALVADOR
HAÏTI
SURINAME
BELIZE
PAPOUASIENOUVELLEGUINÉE
MALDIVES
GRENADE
BIRMANIE
AUT. NAT.
PALESTINIENNE
ÎLES
SALOMON
TURKMÉN.
OUZBÉK.
TADJIKISTAN
KIRGHIZSTAN
ARABIE
SAOUDITE
AFGHANISTAN
KAZAKHSTAN
ALGÉRIE
RÉP. DÉM.
CONGO
ÉGYPTE
NAMIBIE BOTSWANA
SOMALIE
SAN MARIN
LIECHT.
MONACO ANDORRE
UKRAINE
ESTONIE
BOSNIEHERZÉGOVINE
ISLANDE
PORTUGAL
signée et ratifiée/
acceptée/
approuvée/
soutenue
signée
pas signée
SOUTIEN INTERNATIONAL
POUR LA CONVENTION
DE MINAMATA
Au mois de mars 2015
La Convention de
Minamata sur le
mercure est une
source de défis pour
la pratique dentaire
actuelle, mais elle
constitue également
une chance d’innover
et d’accorder une
plus grande priorité à
la prévention des
maladies bucco-dentaires.
Amalgame dentaire et
Convention de Minamata
La maladie de Minamata, qui tire son nom de la
ville japonaise où cette maladie neurologique a
été découverte en 1956, est provoquée par un
empoisonnement sévère au mercure. Les formes
les plus extrêmes incluent le retard mental, la
paralysie, le coma, voire la mort. Une forme
congénitale de la maladie peut également affecter
les fœtus en développement.
Pour répondre aux menaces de l’utilisation du
mercure sur la santé et sur l’environnement,
le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a lancé en 2009 un processus
qui a conduit à l’élaboration de la Convention
de Minamata sur le mercure. Cette Convention
mondiale, qui a force obligatoire, a été adoptée
en 2013 et ouverte pour signature.
L’impact de cette Convention sur la médecine
dentaire est considérable car elle impose
l’abandon progressif de l’amalgame dentaire,
un matériau d’obturation à base de mercure
et d’autres métaux, peu onéreux, utilisé en
restauration dentaire depuis plus de 150 ans.
L’utilisation mondiale de mercure à des fins
dentaires a représenté près de 8 % de l’utilisation
totale de mercure en 2000. Même si l’utilisation
de l’amalgame représente moins de 1 % des
émissions totales de mercure, des inquiétudes
ont été exprimées quant aux risques de fuites de
mercure lors de la fabrication, du stockage, de la
mise au rebut et du recyclage, que ce soit dans
les crématoriums ou les cliniques dentaires, à
cause d’une mise au rebut inappropriée.
Les dispositions de la Convention
constituent des défis pour :
les gouvernements qui ont
l’obligation d’appliquer
cette Convention via
la réglementation de
l’approvisionnement, des
importations, de l’utilisation
et de la mise au rebut de
l’amalgame dentaire ; des
chercheurs qui doivent
accélérer la recherche et le
développement de produits de
rechange présentant une solidité
et une durabilité équivalentes ; et
pour les praticiens dentaires qui
doivent limiter leur impact environnemental en utilisant des séparateurs
d’amalgame et en recyclant correctement les déchets d’amalgame.
Cependant, la Convention de Minamata
offre aussi l’occasion unique aux
professionnels de santé bucco-dentaire de
défendre des stratégies de prévention efficaces
contre la carie dentaire, et pour les décideurs politiques, de placer la prévention et le contrôle des
maladies bucco-dentaires en haut de leur agenda
dans le cadre des soins de santé primaires, afin
de diminuer la nécessité sur le long terme des
matériaux d’obturation.
Le Dr Moryama et M.
Hannaga – patient
souffrant de la maladie
congénitale de
Minamata à l’hôpital de
Meisui-en, 1991.
88 89
CHAPITRE 7 LA SANTÉ BUCCO-DENTAIRE DANS L’AGENDA MONDIAL
91
Un appel pour une action mondiale Chapitre 8
L’enjeu des maladies bucco-dentaires – un appel
pour une action mondiale dresse le panorama de
l’enjeu mondial que représente la charge de morbidité des maladies bucco-dentaires pour tous les
pays. Il propose aussi des recommandations et
des pistes d’action afin de remédier à cette charge
inacceptable et de réduire l’impact de ces maladies largement évitables.
Les enjeux associés à la croissance rapide de la
population mondiale, notamment dans les pays à
revenu intermédiaire, exacerbés par l’exposition
croissante aux facteurs de risque commun des
MNT, se traduisent par des pressions de plus en
plus fortes sur des systèmes de santé déjà sollicités de manière extrême. En dépit des progrès et
des avancées réalisés dans certains domaines,
l’état de santé bucco-dentaire mondiale reste caractérisé par la négligence, la faible priorité accordée, et des réponses inadéquates de la part des
gouvernements et des systèmes de santé nationaux.
Même dans les pays à revenu élevé, de larges
pans de la population n’ont qu’un accès limité
aux soins bucco-dentaires, de telle manière que
la charge des maladies bucco-dentaires reste une
question non traitée. De plus, les données de
bonne qualité au niveau national sur la prévalence des maladies bucco-dentaires sont rares,
notamment dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, ce qui entrave la capacité des
gouvernements à planifier la santé publique et à
développer des programmes préventifs et curatifs
adaptés.
Il est désormais temps pour les gouvernements et
pour les décideurs politiques de répondre à la
crise mondiale de la santé bucco-dentaire et
d’agir pour réduire la charge de morbidité des
maladies bucco-dentaires, en mettant en œuvre
des politiques et des stratégies adossées à des
données probantes. La dynamique actuellement
développée en matière de prévention et de maîtrise des MNT offre l’occasion unique d’intégrer
des mesures d’amélioration de la santé bucco-dentaire et de l’état général. Cet Atlas présente
certaines des approches envisageables pour parvenir à une meilleure reconnaissance, à une plus
grande intégration et à une plus grande priorité
des maladies bucco-dentaires aux niveaux communautaire, national, régional et international.
Tous les chapitres de l’Atlas L’enjeu des maladies
bucco-dentaires – un appel pour une action mondiale fournissent des recommandations pratiques,
conseils et pistes d’action. Ce chapitre fait la synthèse des points clés, afin de faciliter l’effort de
défense et de promotion et d’offrir un accès
simple aux aspects les plus importants. Il peut
donc être utilisé comme plan de base pour traiter
les enjeux des maladies bucco-dentaires.
92 93
CHAPITRE 8 UN APPEL POUR UNE ACTION MONDIALE
La charge de morbidité des maladies bucco-dentaires – une réalité largement négligée
Carie dentaire – soigner la maladie chronique la plus
répandue au monde
La carie dentaire non soignée est la maladie chronique la plus
répandue et un problème de santé publique mondial majeur,
avec d’importantes répercussions sur les personnes, les systèmes de santé et les économies. La carie dentaire est une
maladie multifactorielle complexe, mais la principale raison
de sa forte prévalence reste la consommation élevée de sucre,
associée à l’absence de stratégies préventives efficaces et à
l’accès limité à des soins bucco-dentaires adaptés.- La carie dentaire est largement évitable en diminuant
la consommation de sucre, en augmentant l’utilisation
des fluors adéquats et en adoptant une bonne hygiène
bucco-dentaire.- La détection et des soins précoces peuvent réduire la progression de la maladie vers les formes plus sévères.
- Pour réduire la charge de morbidité de la carie dentaire,
il est nécessaire d’intégrer complètement la santé bucco-dentaire dans les stratégies de promotion de santé et de
prévention menées à l’échelle des populations pour réduire
les MNT, de proposer un accès universel à du fluor financièrement accessible, et d’inclure les soins bucco-dentaires
primaires dans la couverture sanitaire universelle.
Maladies parodontales – des maladies communes mais
évitables
Les maladies parodontales figurent parmi les maladies
humaines les plus répandues, et elles présentent des interrelations étroites avec l’état général. Elles sont largement évitables
par l’adoption d’une bonne hygiène bucco-dentaire et de politiques préventives traitant les déterminants communs.- La mise en œuvre de stratégies prises à l’échelle des populations et visant à maintenir des modes de vie sains, avec
une faible exposition aux facteurs de risque tels que la
consommation de tabac ou d’alcool, associée à une bonne
hygiène bucco-dentaire et à des bilans réguliers, constituent
des approches importantes dans la prévention des maladies
parodontales.- La détection précoce grâce à des visites régulières chez
le dentiste peut aider à enrayer la progression des formes
légères de la parodontite vers ses formes les plus graves.- Le traitement et la prévention des maladies parodontales doivent être intégrés aux stratégies traitant les autres
maladies bucco-dentaires et les MNT. Cela requiert aussi
d’accroître la collaboration interprofessionnelle entre les
professionnels de santé bucco-dentaire et les professionnels
de santé générale.
Cancer buccal – un enjeu majeur pour la santé publique
dans de nombreux pays
Le cancer buccal figure parmi les 10 cancers les plus répandus dans le monde, et il affiche des variations régionales très
importantes. Les taux de survie sont faibles comparés à d’autres
cancers en raison de la détection tardive et de la complexité
des soins nécessaires. Pour les survivants, les répercussions sur
la qualité de vie peuvent être très importantes.- La réduction des principaux facteurs de risque (consommation de tabac et consommation excessive d’alcool) est
efficace pour remédier à l’incidence élevée du cancer
buccal.- La détection précoce peut améliorer les résultats des traitements grâce à l’orientation rapide vers des soins spécialisés.
Même s’il n’est pas recommandé de procéder à un dépistage de la population générale, il existe des preuves solides
de son efficacité chez les patients présentant des facteurs de
risque.- Des soins spécialisés adaptés doivent être intégrés à la
couverture sanitaire universelle, notamment dans les pays
affichant une prévalence élevée, afin d’améliorer les taux
de survie et la qualité de vie des patients, et éviter des
dépenses en santé catastrophiques pour les patients et leur
famille.- L’intégration de la prévention et de la maîtrise du cancer
buccal dans les stratégies de prévention et de contrôle
des cancers dans le contexte des MNT est nécessaire pour
réduire l’incidence de la maladie et améliorer les résultats
des traitements.
Autres maladies bucco-dentaires – une charge et des
répercussions élevées
L’infection par le VIH peut être associée à d’importants symptômes buccaux, qui pèsent sur la qualité de vie et sur la
capacité à s’alimenter des personnes affectées. L’implication
des professionnels de santé bucco-dentaire dans des soins
multidisciplinaires efficaces est donc essentielle.- Les dentistes et les professionnels de santé bucco-dentaire
ont l’obligation de fournir des soins éthiques et équitables à
tous les patients, quelle que soit leur sérologie VIH.- Les patients présentant des manifestations buccales doivent
être orientés pour un dépistage du VIH/SIDA, bénéficier
d’un suivi médical adéquat, et la prise des traitements antirétroviraux doit être contrôlée.
Le noma est une maladie de la pauvreté et de la négligence,
défigurant et provoquant le décès de nombreux enfants en
Afrique subsaharienne.- La détection précoce, des soins de santé primaires d’urgence simples, et l’orientation vers des soins spécialisés
sont essentiels pour enrayer la progression rapide de la
maladie. Les mesures pour remédier à la pauvreté et aux
carences nutritionnelles, pour proposer des soins de santé
élémentaires et pour garantir l’immunisation des enfants,
conjuguées à une meilleure sensibilisation à cette maladie,
peuvent contribuer à réduire le nombre de cas.
Les fentes labiales et/ou palatines sont les défauts congénitaux
les plus répandus du visage et de la bouche, elles sont à l’origine d’une charge élevée en termes de mortalité, de handicap,
de qualité de vie et de coûts financiers.- Les services de prévention primaire et des soins chirurgicaux essentiels pour traiter les défauts de naissance telle
que les fentes labiales et/ou palatines doivent venir renforcer des systèmes sanitaires intégrés dans les pays à faible
revenu et à revenu intermédiaire.
Les traumatismes des structures oro-faciales se produisent
fréquemment mais ils peuvent être évités en améliorant les
politiques de santé publique et en sensibilisant davantage aux
risques liés à la violence, aux sports et à la sécurité routière.- Il est important d’adopter des politiques et des stratégies
pour améliorer la sécurité routière, réduire la violence et le
harcèlement à l’école, augmenter la sécurité des sports de
contact et améliorer la réponse post-traumatique en fournissant des soins d’urgence adaptés.
Améliorer la surveillance des maladies bucco-dentaires et
la collecte des données
Les lacunes persistantes dans les données sur la prévalence des
maladies bucco-dentaires, ainsi que sur leur charge de morbidité et sur leur gravité au sein de différentes populations,
se traduisent par une faible sensibilisation à leur importance.
L’absence d’informations de bonne qualité ne permet pas de
placer leur prévention et leur traitement au rang des priorités,
et elle limite le développement de réponses efficaces en santé
publique. Il est donc nécessaire :- D’inclure systématiquement les indicateurs de la santé
et des maladies bucco-dentaires dans les programmes de
surveillance des maladies et de contrôle épidémiologique
standard, y compris les données sur leurs facteurs de risque.- De renforcer les registres sur les cancers afin de couvrir efficacement le cancer buccal.
- D’améliorer la surveillance du noma, des traumatismes
oro-faciaux et des malformations congénitales.- De garantir un accès universel aux données collectées et
de constituer des bibliothèques de données, afin qu’elles
soient disponibles pour la recherche et pour une prise de
décisions politiques informée.
Santé bucco-dentaire et état général – l’approche tout au long de la vie
Des dents de lait et des dents définitives saines – de la
plus haute importance pour la santé et le bien-être tout
au long de la vie
Les maladies bucco-dentaires ont un impact négatif majeur sur
l’état général et sur la qualité de vie. Une dentition en bonne
santé et en bon état est importante à toutes les étapes de la vie
pour les fonctions humaines essentielles, telles que parler, sourire, s’engager dans des activités sociales et manger.- De bonnes pratiques d’hygiène bucco-dentaire et des soins
dentaires professionnels, associés à un mode de vie sain
et à la suppression des risques tels qu’une consommation
élevée de sucre et une consommation de tabac fumé permettent de conserver une dentition en bon état pendant
toute sa vie.
Santé bucco-dentaire et état général – une relation
étroite et des aspects à considérer de manière holistique
L’amélioration mondiale de l’espérance de vie, et l’accroissement de la population de personnes plus âgées qui en résulte,
accentuent l’importance d’une approche tout au long de la vie
pour la santé bucco-dentaire.- La relation bidirectionnelle très étroite entre santé bucco-dentaire et état général, offre une base conceptuelle
solide pour intégrer les soins bucco-dentaires aux soins
généraux.- Il est important de connaître les associations étroites existant entre santé bucco-dentaire et état général, et d’y être
sensibilisé, et de garantir la collaboration entre professionnels de santé bucco-dentaire et professionnels en santé
générale, pour pouvoir fournir des soins holistiques.
94 95
CHAPITRE 8 UN APPEL POUR UNE ACTION MONDIALE
Tant l’état général que la santé bucco-dentaire de populations
entières sont largement déterminés par les facteurs sociaux, et
par leur interaction avec un ensemble de facteurs de risque
communs, à savoir la consommation de sucre, de tabac et d’alcool, et une alimentation déséquilibrée.- Les politiques et stratégies visant à réduire la pauvreté, à
améliorer l’inclusion sociale, à améliorer le niveau général d’éducation et d’emploi, à faciliter l’accès aux soins
de santé, à promouvoir un logement abordable, une eau
potable et des installations d’assainissement, et à protéger
les minorités et les groupes vulnérables offrent le plus grand
potentiel pour un état général et une santé bucco-dentaire
durablement améliorés.- Inclure systématiquement la question de la santé et de la
santé bucco-dentaire dans toutes les politiques peut réduire
les effets négatifs sur l’équité sanitaire des décisions prises
dans d’autres domaines, et contribuer à renforcer les synergies pour une meilleure santé des populations.- Un travail interdisciplinaire et intersectoriel efficace présente un potentiel important pour réduire les inégalités.
- S’attaquer aux inégalités requiert une action sur l’ensemble
du gradient social afin de dégager le bénéfice le plus important à l’échelle de la population.- L’adoption de mesures efficaces pour réduire l’exposition
aux facteurs de risque de la santé et de la santé bucco-dentaire est une responsabilité clé des gouvernements dans le
contexte de la protection des populations et de l’amélioration de leur qualité de vie.
Consommation de sucre
Le sucre est le principal facteur de risque de la carie dentaire.
Des stratégies et des politiques menées à l’échelle des populations pour réduire la consommation de sucre dans le cadre
d’une alimentation saine présentent le plus important potentiel pour promouvoir une meilleure santé bucco-dentaire. En
outre, elles permettent de traiter le diabète, l’obésité et d’autres
MNT. De telles politiques comprennent, mais sans s’y limiter,
les actions suivantes :- Taxer davantage les aliments riches en sucre et les boissons
sucrées/édulcorées.- Garantir un étiquetage alimentaire transparent pour permettre aux consommateurs de faire des choix informés.
- Limiter la commercialisation et la disponibilité d’aliments
riches en sucre et de boissons sucrées/édulcorées pour les
enfants et les adolescents.- Communiquer des lignes directrices nutritionnelles simplifiées, portant notamment sur la consommation de sucre,
afin de promouvoir une alimentation et une consommation
de boissons saines.- Réglementer strictement la teneur en sucre des aliments
pour bébés et des boissons sucrées/édulcorées.
Consommation de tabac
Toutes les formes de consommation de tabac sont nocives pour
la santé, y compris pour la santé bucco-dentaire. Les dentistes
et leur équipe peuvent aider efficacement les patients à arrêter le tabac et à traiter les maladies bucco-dentaires liées à sa
consommation. Les politiques de lutte contre le tabagisme
incluent, mais sans s’y limiter, les actions suivantes :- Protéger les personnes de la fumée de tabac, offrir une aide
pour arrêter le tabac, et avertir des dangers du tabac.- Augmenter les taxes sur le tabac pour limiter sa
consommation.- Interdire la publicité, la promotion et les actions de sponsorat du tabac.
Consommation excessive d’alcool
La consommation excessive d’alcool est un facteur de risque
majeur pour plus de 200 maladies, dont le cancer buccal et
les maladies parodontales, et elle doit être traitée dans le cadre
d’une approche exhaustive de maîtrise des MNT. Les mesures
incluent, mais sans s’y limiter, les actions suivantes :- Augmenter les taxes sur les boissons alcooliques afin de
réduire la consommation.- Prendre des mesures efficaces pour réglementer la disponibilité de l’alcool, et appliquer une tolérance zéro pour la
conduite en état d’ivresse.- Réglementer, limiter ou interdire les publicités et la promotion de l’alcool.
Alimentation déséquilibrée
Une alimentation saine, faible en sucre, en sel et en gras,
contribue à diminuer le risque des maladies bucco-dentaires, de l’obésité, du diabète et des autres MNT. Les mesures
incluent, mais sans s’y limiter, les actions suivantes :- Limiter la vente, les portions et la disponibilité d’aliments
et de boissons peu sains ; augmenter les taxes sur ces deux
catégories, et bannir les aliments peu sains des environnements scolaires.- Réglementer les activités de publicité et de sponsorat des
fabricants alimentaires, et appliquer des réglementations
d’étiquetage alimentaire systématique favorables aux
consommateurs pour faciliter des choix alimentaires informés dans chaque pays.- Promouvoir l’allaitement dans le respect des recommandations de l’OMS pour améliorer la nutrition et la croissance.
- Promouvoir les produits naturels et locaux offrant une bonne
valeur nutritionnelle et les privilégier à la consommation
d’aliments transformés grâce à des conseils nutritionnels
intégrés.
Le statut socio-économique est un déterminant fondamental
à la fois de l’état général et de la santé bucco-dentaire. Les
actions pour diminuer les inégalités en santé bucco-dentaire
doivent traiter les causes sous-jacentes des maladies. Les
maladies bucco-dentaires ont un impact considérable sur la
qualité de vie des individus et des sociétés, notamment parmi
les groupes de populations plus jeunes et parmi les personnes
occupant des positions socio-économiques inférieures. Les
maladies bucco-dentaires ont un impact considérable en
termes de coûts de traitement et de pertes de productivité ; l’accès équitable aux soins bucco-dentaires est un enjeu de santé
publique majeur, et d’importantes inégalités subsistent entre
les groupes de populations et les pays. Les équipes dentaires
et leur organisation professionnelle nationale ont un important
rôle de défense à jouer dans la promotion de politiques visant à
réduire les inégalités en santé au sein des populations qu’elles
servent. Les mesures politiques incluent, mais sans s’y limiter :- Une action de santé publique sur les déterminants plus
larges de la santé, en mettant particulièrement l’accent sur
les générations plus jeunes, où les inégalités en termes de
qualité de vie semblent être les plus prononcées.- Étendre la couverture de l’assurance santé, et améliorer la
disponibilité des services bucco-dentaires à destination des
groupes de populations défavorisés.- Travailler en partenariat au sein des secteurs, agences et
professions pertinentes, en s’appuyant sur des stratégies en
amont, intermédiaires et en aval.
Dentistes et équipe dentaire – principaux prestataires des
soins bucco-dentaires dans le système de santé élargi
Une équipe dirigée et supervisée par les dentistes, composée
de professionnels de santé bucco-dentaire aux compétences
et formation diversifiées, permet de mieux fournir des soins
optimaux, garantissant ainsi des soins de qualité pour tous.
Les dentistes sont les principaux acteurs des traitements et de
la prévention des maladies bucco-dentaires. On assiste à une
évolution de leur rôle en réponse à l’émergence de nouveaux
facteurs de risque, à l’évolution des charges de morbidité, à
l’évolution démographique, aux pressions plus larges sur les
systèmes de santé et aux pressions socio-économiques accrues.
L’accès aux soins bucco-dentaires élémentaires est obligatoire
dans tous les pays. Il reste possible même en cas de rareté des
ressources, en prenant des mesures rentables, fondées sur des
données probantes, qui mettent l’accent sur la prévention et
sur les auto-soins. Un système de soins de santé (bucco-dentaire) primaires idéal fournirait une couverture universelle ; il
s’articulerait autour des patients ; il suivrait des politiques et
des programmes émanant de la demande ; et il serait intégré
à la santé générale dans toutes les politiques, notamment les
politiques du travail, environnementales et éducatives. Parmi
ces mesures, une telle stratégie demande :- D’intégrer la planification des effectifs de santé bucco-dentaire stratégiques à la planification globale des ressources
humaines en santé afin de réduire les inégalités en matière
d’accès et de services cruciaux.- De réduire l’écart entre la charge de morbidité et la disponibilité des soins en mettant en place des équipes de soins bucco-dentaires, pilotées par les dentistes, et composées de personnels auxiliaires complémentaires et d’autres intervenants,
en fonction des besoins locaux et de la législation locale.- D’inclure la profession dentaire dans la planification,
le développement et la mise en œuvre des services bucco-dentaires, garantissant ainsi la fourniture de soins
équitables et adaptés pour tous.
Auto-soins et prévention par l’utilisation des fluors et du
dentifrice fluoré
L’utilisation de fluors pour prévenir la carie dentaire est un
moyen sûr, efficace et hautement rentable. Par conséquent, il
est nécessaire d’accroître les efforts pour promouvoir l’accès et
l’utilisation de fluors adaptés, notamment le dentifrice fluoré,
afin de parvenir à un accès universel. Parmi ces mesures, une
telle stratégie nécessite :- La sélection, adossée à des données probantes, de la
méthode de fourniture des fluors la plus efficace pour la
santé bucco-dentaire, en fonction des contextes et des ressources locaux.- L’amélioration du suivi et de l’évaluation des méthodes de
fluoration à l’échelle des populations afin de renforcer les
preuves pour une planification efficace des programmes.- La suppression des taxes et des droits de douane sur les produits fluorés, notamment les dentifrices fluorés, afin d’en
améliorer l’accessibilité financière, d’une part, et l’augmentation de l’imposition des dentifrices sans fluor afin d’en
décourager l’utilisation, d’autre part.- L’amélioration des capacités des administrations alimentaires et pharmaceutiques nationales pour mieux contrôler
la qualité des dentifrices, et le renforcement de la mise en
application des exigences de la norme ISO 11609, qui définit les standards minimaux de qualité et d’étiquetage du
dentifrice.
Déterminants sociaux et facteurs de risque communs – les principaux facteurs des
maladies bucco-dentaires Inégalités en santé bucco-dentaire – charges de morbidité, impact et accès aux soins
Fourniture de soins bucco-dentaires et prévention
96 97
CHAPITRE 8 UN APPEL POUR UNE ACTION MONDIALE
La formation dentaire moderne permet aux professionnels de
santé bucco-dentaire d’acquérir les compétences et les aptitudes nécessaires pour répondre aux besoins de leurs patients et
des populations ; cependant, le mercantilisme et l’évolution
rapide du contexte de l’éducation représentent un défi majeur.
En outre, les migrations et la mobilité des professionnels de
santé bucco-dentaire et des patients posent de nouvelles problématiques et résultent de facteurs d’attraction/répulsion
complexes. Les conséquences positives et négatives pour
les pays d’origine et de destination doivent être équilibrées
en adoptant des politiques et des réglementations adaptées.
Par conséquent, la recherche en santé bucco-dentaire, qui
englobe la recherche fondamentale, la recherche clinique,
la recherche translationnelle, et la recherche appliquée aux
systèmes de santé, est essentielle pour comprendre, traiter et
évaluer la multitude d’approches nécessaires pour améliorer la
santé bucco-dentaire dans le monde.- Il est fondamental d’intégrer l’enseignement dentaire à
l’éducation professionnelle en santé générale afin de définir
le périmètre de pratique, et d’accroître le nombre et l’impact des professionnels de la santé publique dans le monde.- Il est nécessaire que la formation des professionnels de
santé générale et de santé bucco-dentaire bénéficie d’investissements publics adéquats, et que les programmes
d’enseignement et les institutions soient réformés, afin de
disposer de personnels dentaires mondiaux efficaces.- Il est nécessaire d’appliquer le code de pratiques existant
pour le recrutement international, ainsi que des options
politiques pour permettre aux pays de planifier plus facilement et plus efficacement les effectifs nationaux, d’atténuer
les effets négatifs éventuels des migrations internationales,
et de surveiller plus efficacement les flux migratoires.- Il est nécessaire de développer et de coordonner des
priorités dans le domaine de la recherche collaborative internationale afin de remédier aux lacunes dans les
connaissances bucco-dentaires fondamentales.- Il est nécessaire de mettre particulièrement l’accent sur
l’évaluation des mesures sociales et comportementales,
ainsi que sur la mise en œuvre et sur la prestation des soins
pour prétendre réduire les grandes inégalités mondiales en
santé bucco-dentaire.
Le contexte de l’environnement politique international offre à
la fois des challenges et des opportunités de mieux reconnaître
la santé bucco-dentaire, et d’en améliorer la priorité et l’intégration. En saisissant ces occasions, et en les mettant à profit,
il peut être possible d’accélérer le processus d’amélioration, à
tous les niveaux, des réponses à apporter face à la charge mondiale de morbidité croissante des maladies bucco-dentaires.
Les mesures internationales pertinentes comprennent, mais
sans s’y limiter :
Prévention et contrôle des MNT
Les MNT sont une menace mondiale croissante. Les maladies
bucco-dentaires font partie intégrante de l’effort de prévention
et de maîtrise de ces maladies. La dynamique mondiale contre
les MNT offre l’opportunité d’améliorer la santé bucco-dentaire à l’échelle planétaire. Cela requiert, notamment :- De continuer à défendre et à promouvoir l’intégration des
maladies bucco-dentaires dans les plans d’action de prévention et de maîtrise des MNT.- D’entreprendre une action intersectorielle et une collaboration interprofessionnelle complètes afin d’améliorer l’état
général et la santé bucco-dentaire.
Santé bucco-dentaire et développement mondial
Il est fondamental de relier la santé bucco-dentaire aux ODD
et de les y intégrer afin d’accorder une plus grande priorité
aux maladies bucco-dentaires dans le contexte de la santé
publique et du développement mondiaux.- Il est important de lier de manière systématique, et dès le
départ, la santé bucco-dentaire aux objectifs des ODD, à
leurs indicateurs et à leurs objectifs.- Cela permettra de constituer un cadre pour inclure de
manière systématique la santé bucco-dentaire dans des
systèmes de santé renforcés, pour promouvoir la santé bucco-dentaire et la prévention des maladies bucco-dentaires
dans le contexte de la couverture sanitaire universelle ; et
pour avancer de solides arguments pour une intégration
transversale et multisectorielle de la santé bucco-dentaire
dans le contexte du développement humain durable.
Couverture sanitaire universelle
Les soins bucco-dentaires élémentaires doivent faire partie
intégrante de la couverture sanitaire universelle, un concept
qui fait de plus en plus consensus et qui vise à garantir l’accès
de tous aux soins de santé primaires.- Il est nécessaire de travailler davantage sur la mise en
œuvre ainsi que sur la recherche sur les services de santé
pour évaluer les modèles existants de soins bucco-dentaires
universels, et pour orienter les décisions politiques pour les
nouveaux, en les adossant à des données probantes.
Convention de Minamata sur le mercure
La Convention de Minamata sur le mercure vise à supprimer
complètement les rejets de mercure dans l’environnement,
notamment en cessant de l’utiliser en odontologie dans l’amalgame dentaire. Certaines dispositions de cette Convention
prévoient la hausse des investissements dans la promotion de
la santé bucco-dentaire et dans la prévention afin de limiter la
nécessité des soins de restauration. En fonction des circonstances, cela peut permettre de mettre en avant la prévention et
la maîtrise des maladies bucco-dentaires.
Enjeux en éducation, soins et recherche dentaires La santé bucco-dentaire dans l’agenda mondial
99
Les grandes dates de la médecine dentaire 7000 avant J-C – 1699
Annexe7000 avant J-C Pakistan Des cultures paléolithiques du Ba
loutchistan (la « Civilisation de l’Indus ») utilisent des forets
à archer avec des fraises en silex pour retirer la substance
des dents cariées.
5000 avant J-C Irak Un texte sumérien décrit les « vers des
dents » comme la cause de la carie dentaire. Il peut s’agir
de la toute première observation de la pulpe dentaire.
2700 avant J-C Chine L’acupuncture est utilisée pour traiter
les maux de dents.
2660 avant J-C Égypte La tombe
de Hésy-Rê (troisième Dynastie),
qui le décrit comme « le plus
grand de ceux ayant à traiter lesdents, et le plus grand des méde
cins », et les tombes de trois
autres spécialistes dentairesnommés de la cinquième Dynas
tie, toutes situées à Saqqarah,
révèlent une spécialisation pré
coce.
1750 avant J-C Mésopotamie La loi 200 du fameux Code
de Hammourabi indique que « si quelqu’un fait perdre ses
dents à un autre, il perdra ses propres dents ».
1700–1550 avant J-C Égypte Le papyrus Ebers, long de 21m, décrit de manière exhaustive les connaissances et les trai
tements des maladies bucco-dentaires de l’époque
.
900–300 avant J-C Amériques Les
Mayas incrustent des pierres semi
précieuses, telles que le jade, dans
les dents à des fins cosmétiques et
culturelles. Les dents de devantsont aiguisées de différentes ma
nières afin de ressembler à des
dents animales acérées.
700 avant J-C Birmanie Desdents découvertes dans la ré
gion de Halin révèlent des ob
turations en feuille d’or, certai
nement à des fins culturelles
ou cérémoniales.
659 avant J-C Chine Su Kung mentionne l’amalgame pour
obturer une dent cariée dans son Materia Medica
.600 avant J-C – 400 Italie/Eu
rope Étrusques et Romains de
viennent experts en médecine
dentaire de restauration et fa
briquent des couronnes en or
et des bridges fixes. Dentierscomplets et partiels sont cou
rants.
500 avant J-C Chine/Inde Des recettes décrivent une pâte
pour nettoyer les dents.
450 avant J-C Inde Le processus de cristallisation du jus de
canne à sucre est inventé.
450 avant J-C Italie La Loi romaine des 12 tables interditde placer de l’or dans les tombes à l’exception de l’or den
taire. Os, coquilles d’œuf et coquilles d’huître sont réduits
en poudre avec du miel pour nettoyer les dents. Les aris
tocrates emploient des esclaves spécialisés pour nettoyer
leurs dents.
460–322 avant J-C Grèce Le scientifique et philosopheHippocrate décrit la disposition, la salive, et l’alimenta
tion comme les principaux facteurs de la carie, s’opposant
à la croyance prédominante des vers des dents. Aristote
écrit sur la médecine dentaire, notamment sur le schéma
d’éruption des dents, le traitement des dents cariées et des
maladies parodontales, l’extraction des dents aux forceps,
et l’utilisation de fils pour stabiliser les dents branlantes et
les mâchoires fracturées. Toutefois, il estime à tort que les
êtres humains, ovins, caprins et porcins de sexe masculinont davantage de dents que leurs homologues de sexe fé
minin.
50–25 avant J-C Italie L’auteur médical romain Celse fait
la synthèse des connaissances en médecine et rédige surl’hygiène bucco-dentaire, la stabilisation des dents bran
lantes, le traitement des maux de dents et le remplacement
des dents. Il insiste sur les soins nécessaires lors de l’ex
traction des dents, et il décrit une méthode pour remettre
en place une mandibule disloquée, qui est toujours utilisée
aujourd’hui.
174 Italie Galien, le médecin personnel de l’empereur
Marc Aurèle, compile toutes les connaissances et sespropres recherches en médecine, notamment sur les ma
ladies bucco-dentaires. Il déclare que « Bientôt, il y aura
davantage de médecins que de parties du corps, et chaque
maladie sera traitée par son propre médecin ».
100 101
ANNEXE LES GRANDES DATES DE LA MÉDECINE DENTAIRE
Les grandes dates de la médecine dentaire 1700–1899
650 Inde L’auteur indien Vagbhata décrit 75 maladies bucco-dentaires.
500–1000 Europe Au cours du Moyen Âge, la médecine,
la chirurgie et la médecine dentaire sont généralement
pratiquées par les moines, les personnes les plus éduquées
de cette époque. Bien que les connaissances des époques
romaine et grecque aient été perdues, une nouvelle médecine populaire émerge avec de nombreuses pratiques douteuses, telles que les saignées.
963–1013 Espagne Abù I-Qàsim (Abulcasis), un chirurgien
arabe d’Espagne, retrouve les connaissances dentaires du
monde gréco-romain, et les éditions de ses propres travaux
circulent largement en Europe, dont certains comportent
des illustrations très détaillées des instruments dentaires
utilisés pour détartrer, cautériser la pulpe, et extraire les
dents.
980–1037 Iran/Ouzbékistan Le
philosophe et médecin Ibn Sinà,
également connu sous le nom
d’Avicenne, décrit les connaissances médicales de son époque,
traitant aussi les maladies et les
traitements bucco-dentaires. Ses
écrits ont influencé la pensée médicale européenne jusqu’au
Moyen Âge.
1258 France Une Guilde des barbiers est fondée. Les barbiers finiront par évoluer en deux groupes : les chirurgiens,
qui ont reçu une éducation et une formation pour réaliser
des opérations chirurgicales complexes, et les barbiers, ou
barbiers-chirurgiens, qui proposent des services d’hygiène
plus routiniers, notamment le rasage, les saignées et l’extraction des dents.
1280 Chine La médecine est divisée en 13 spécialités, dont
la médecine dentaire.
Années 1400 France Une série de décrets royaux interdit
aux barbiers d’effectuer toutes les procédures chirurgicales,
à l’exception des saignées, de la pose de sangsues, de la
pose de ventouses, et de l’extraction des dents.
1498 Chine Une brosse à dents en crins est décrite pour la
première fois.
1500 Caraïbes Des plantations de canne à sucre sont établies dans les nouvelles colonies, notamment dans les Canaries et dans les Antilles.
1530 Allemagne Le premier traité entièrement consacré à
la médecine dentaire, le Petit traité de médecine sur tous
les types de maladies et les infirmités de la dent, est publié. Il couvre des sujets pratiques tels que l’hygiène bucco-dentaire, l’extraction des dents, le perçage des dents, et
le placement d’obturations en or. Il restera un ouvrage de
référence pendant plus de 200 ans. La dernière édition de
ce traité est publiée en 1756.
1533–1603 Angleterre La reine Élisabeth I obture les interstices de sa dentition avec du tissu pour améliorer son
aspect en public.
1575 France Ambroise Paré, considéré comme le père de la
chirurgie, publie ses Travaux complets, qui incluent des informations pratiques sur la chirurgie, telles que l’extraction
des dents, le traitement de la carie dentaire et des fractures
de la mâchoire. Il effectue également la première réparation
chirurgicale d’une fente labio-palatine.
1664 et suivantes R-U/Italie/Pays-Bas À Oxford, ainsi qu’à
Londres, au sein de la nouvelle Royal Society, les découvertes des innervations des dents et des mâchoires par Willis, de l’aspect microscopique des dents, et des corps vivants
et inanimés observables dans les calculs dentaires par Van
Leeuwenhoek, des capillarités par Malphigi, et d’autres sont
publiées, la discipline scientifique parvenant à la médecine
dentaire. Van Leeuwenhoek identifie certains « vers des
dents » qui lui sont envoyés comme des mites du fromage.
1685 R-U Charles Allen publie son ouvrage The operator
for the teeth qui sera édité trois fois et qui intègre les découvertes récentes, ainsi que les siennes, donnant à la médecine dentaire britannique une base théorique scientifique.
1687 France Le roi Louis XIV subit une extraction d’une
molaire supérieure qui se traduit par une fracture de la mâchoire et la perforation du sinus maxillaire. L’infection et
les traitements ultérieurs qui en résultent le privent de ses
dents supérieures pour le reste de sa vie.
1690 États-Unis La culture de la canne à sucre commence.
1728 France Le dentiste Pierre
Fauchard, considéré comme le
père de la médecine dentaire
moderne, décrit dans son ouvrage Le Chirurgien Dentiste, ou
Traité des Dents, un système exhaustif pour la pratique de la médecine dentaire, incluant l’anatomie et les fonctions bucco-dentaires de base, des techniques
d’opération et de restauration, et
la construction de dentiers. Il réfute aussi la croyance de ses
contemporains pour lesquels les vers des dents seraient la
cause de la carie. Son Traité est traduit en anglais jusqu’en
1946.
1746 France Claude Mouton décrit une couronne en or à
tenon pour le maintien dans le canal radiculaire.
1756 Allemagne Philipp Pfaff, dentiste du roi de Prusse Frédéric II, lance à Paris l’utilisation de cire et de plâtre pour
prendre les empreintes. Cela améliore grandement la fixation des dentiers. À l’instar de Pierre Fauchard, il établit des
standards pour les soins dentaires et permet à la médecine
dentaire d’atteindre de nouveaux niveaux.
1760 et suivantes France/R-U/États-Unis Les dentistes
commencent à se rendre dans les écoles et sont nommés
auprès des orphelinats et des institutions de santé publique.
Ils sont répertoriés dans les registres et les annuaires publics
comme des «dentist» ou «dentiste».
1768 R-U Thomas Berdmore établit la relation patente
entre sucre, consommation de sucreries, et carie dentaire.
1771 R-U Le Natural History of the Human Teeth de John
Hunter est publié, ainsi que A Practical Treatise on the Diseases of the Teeth. Une expérience semble valider (incorrectement) la transplantation de dents. Cette pratique, soutenue par Fauchard, a été condamnée par Allen en 1685
comme une pratique consistant à « déshabiller Pierre pour
habiller Paul » ; ainsi que par Pfaff en 1756 et par Berdmore
en 1768 à cause de la transmission de maladies, notamment des maladies vénériennes.
1776 États-Unis Au cours de l’un des premiers cas d’expertise médico-légale dentaire post-mortem, Paul Revere,
un dentiste et patriote de la guerre d’Indépendance, vérifie le décès de son ami en identifiant le bridge qui lui avait
été confectionné.
1776 R-U Joseph Priestley synthétise l’oxyde d’azote, connu ultérieurement sous le nom de gaz hilarant. Dans les années 1840, ses
propriétés narcotiques et anesthésiques sont mises à profit par les
dentistes et par les chirurgiens en
particulier.
1780 R-U William Addis lance la
production semi-industrielle de la
brosse à dents moderne.
1783 R-U Robert Woofendale relie
la consommation de sucre à la carie des dents définitives
des enfants.
1790 États-Unis L’un des dentistes de George Washington,
John Greenwood, construit l’un des premiers moteurs dentaires connus. Il adapte le rouet à pédale de sa mère pour
entraîner un foret.
1790 États-Unis Josiah Flagg, un dentiste, construit la première chaise spécialement destinée aux patients dentaires.
1791 France Nicolas Dubois de Chemant se voit délivrer le
premier brevet pour des dents en porcelaine.
1795 États-Unis Samuel Thomas von Soemmering signale
l’accroissement du nombre de cancers de la bouche parmi
les fumeurs de pipe.
1815 États-Unis Levi Spear Parmly, un dentiste de la Nouvelle-Orléans, est considéré comme l’inventeur du fil dentaire moderne (un morceau de fil de soie) ; même si des fils
utilisés à des fins dentaires ont ensuite été retrouvés sur des
sites préhistoriques.
1815 R-U Les dents des 50 000 soldats tués lors de la Bataille de Waterloo sont extraites et utilisées pour fabriquer des dentiers, connus comme
les « dents de Waterloo ». Même si
l’utilisation de dents en porcelaine et d’autres nouveaux
matériaux s’est répandue, les dents humaines extraites
continueront à être utilisées dans la fabrication des dentiers
jusque dans les années 1860.
1817–21 R-U/États-Unis Levi Spear Parmly, dans une démarche éloignée de l’apprentissage traditionnel, fait la promotion de sa Dental Institution à Londres auprès de jeunes
gens et de jeunes filles souhaitant devenir dentiste.
102 103
ANNEXE LES GRANDES DATES DE LA MÉDECINE DENTAIRE
Les grandes dates de la médecine dentaire 1900–2004
1832 États-Unis James Snell invente la première chaise
dentaire inclinée.
1839 États-Unis L’American Journal of Dental Science est la
première revue dentaire du monde.
1839 États-Unis En se fondant sur
une découverte allemande antérieure, Charles Goodyear développe le caoutchouc vulcanisé,
un matériau qui permet de fabriquer des dentiers bon marché et
bien adaptés. Ce matériau sera remplacé par la résine acrylique au 20ème siècle.
1839 États-Unis La première école dentaire du monde, la
Faculté de chirurgie dentaire de Baltimore, est inaugurée.
Des écoles dentaires s’ouvrent à Berlin en 1855, à Londres
en 1858, à Paris en 1880, à Genève en 1881, à Stockholm
en 1888 et à Vienne en 1890.
1840 États-Unis L’American Society of Dental Surgeons, la
première société dentaire au monde, est fondée.
1841 R-U John Tomes publie les principes de conception
de forceps anatomiques pour l’extraction des dents. Les
instruments chirurgicaux basés sur ses concepts sont toujours utilisés aujourd’hui.
1846 France/États-Unis Le tube souple, en plomb ou en
aluminium, est inventé dans les deux pays. Ce n’est qu’en
1896, que de la pâte dentifrice commence à être vendue en
tube souple aux États-Unis et en Allemagne.
1847 Hongrie Ignaz Semmelweiss identifie le risque d’infections croisées entre les patients.
1866 États-Unis Lucy Beaman Hobbs est
diplômée de la Faculté de chirurgie dentaire de l’Ohio, devenant la première
femme au monde à obtenir un diplôme
dentaire.
1870 Japon La pratique du noircissement
des dents des femmes des classes supérieures, en signe de fidélité conjugale,
connue depuis le quatrième siècle avant J.-C., est interdite. Cette pratique aurait pu avoir des effets de protection
contre la carie.
1872 États-Unis Le premier moteur dentaire à pédale, fabriqué par James B. Morrison, est vendu lors d’une rencontre
dentaire à Binghamton, New York. L’outil mécanisé, bon
marché de Morrison permet d’entraîner les fraises dentaires
avec suffisamment de vitesse pour entamer l’émail et la
dentine rapidement et de manière homogène, révolutionnant la pratique de la médecine dentaire.
1873 États-Unis Colgate produit en masse du dentifrice en
bocal.
1874 R-U Le gouvernement britannique, sous le premier
ministre Gladstone, abolit l’imposition du sucre, démocratisant ainsi sa consommation.
1875 États-Unis Le premier foret dentaire électrique est breveté par George Green.
1884 Autriche La cocaïne, le premier anesthésique local
utilisé en chirurgie dentaire, est lancée par l’ophtalmologue Carl Koller.
1890 Allemagne Le scientifique américain Willoughby Miller établit la base
microbiologique de la carie dentaire et
lance une discussion sur ce qui deviendra le débat sur une « infection focale »
avec sa description des bactéries de la
pulpe dentaire. La croyance dans des
sources infectieuses dentaires responsables des maladies affectant d’autres parties du corps atteindra des niveaux excessifs dans les années 1920, mais
elle fait désormais l’objet d’une étude rationnelle, notamment en association avec les maladies parodontales.
1895 R-U Lilian Lindsay devient la première Britannique à
obtenir une licence en chirurgie dentaire (LDS).
1896 Allemagne/États-Unis Wilhelm Roentgen, un physicien, découvre les rayons X. Les premiers clichés aux
rayons X des dents et des mâchoires sont pris en Allemagne
seulement trois mois plus tard. Huit mois plus tard, aux
États-Unis, C. Edmond Kells prend des clichés dentaires
aux rayons X. Il développe un cancer des doigts et du
bras à cause de l’exposition permanente au rayonnement.
Après 42 opérations, qui l’amputeront de son bras et de son
épaule, il se suicide en 1928.
1898 États-Unis Johnson & Johnson est la première entreprise à breveter le fil dentaire.
1899 États-Unis Edward Angle classifie les différentes
formes de malocclusion. Son système de classification est
toujours utilisé pour décrire la malposition dentaire.
1900 France La Fédération dentaire internationale (FDI) est
fondée à Paris par le dentiste français Charles Godon.
1901 France La Commission de la FDI sur l’hygiène dentaire publique est établie.
1903 États-Unis Charles Land conçoit la première jaquette
en porcelaine.
1905 Allemagne Alfred Einhorn, un chimiste, formule la
procaïne, un anesthésique local, commercialisée plus tard
sous la marque Novocaïne, et couramment utilisée en médecine dentaire.
1905 États-Unis Irene Newman
devient la première hygiéniste
dentaire et s’engage pour la
promotion de la santé bucco-dentaire des enfants.
1908 États-Unis G.V. Black publie son monumental traité
en deux volumes Operative Dentistry, qui reste un texte
de référence dentaire clinique pendant 50 ans. Black développe par la suite des techniques pour obturer les dents,
standardise les procédures et les instruments opératoires,
développe un amalgame amélioré, et se place à l’avantgarde dans l’utilisation d’aides visuelles pour l’enseignement de la médecine dentaire.
1910 États-Unis Le premier cursus formel destiné aux infirmiers dentaires est mis en place. Il est stoppé en 1914, en
raison essentiellement de l’opposition des dentistes.
1914 États-Unis La profession d’hygiéniste dentaire est lancée et nommée par le Dr Fones. La première promotion
obtient son diplôme à Bridgeport, dans le Connecticut.
1919 États-Unis/Allemagne La société
Ritter présente une unité dentaire,
combinant foret, eau sous pression,
air, cautérisation et une lampe.
D’autres entreprises lui emboîtent le
pas, et des standards pour l’équipement de chirurgie dentaire sont établis.
Années 1920 France Le bras articulé Doriot, mis au point
par le dentiste parisien Constant Doriot, devient l’instrument
standard pour transférer la puissance du moteur électrique
au foret et à la fraise. S’y ajoute le foret pneumatique à haute
vitesse de Walsh & Borden en 1957, et il est remplacé par
le micromoteur électrique et les moteurs pneumatiques de
Siemens à partir de 1965.
1921 Nouvelle-Zélande Le cursus de formation des thérapeutes dentaires est lancé en Nouvelle-Zélande.
1926 États-Unis William J. Gies publie un rapport sur l’état
de la formation dentaire aux États-Unis, critiquant la faible
qualité des standards et appelant à une formation dentaire
académique, rattachée aux universités.
1926 États-Unis Au cours du Congrès dentaire mondial de
la FDI à Philadelphie, une résolution est adoptée recommandant à l’ensemble des gouvernements de créer le poste
de Médecin dentaire en chef.
1937 États-Unis Alvin Strock insère le premier implant dentaire à vis Vitallium.
1938 États-Unis La brosse à dents en nylon, la première à
être fabriquée avec des poils synthétiques, est lancée sur
le marché, conduisant au remplacement graduel des crins
dans les brosses à dents.
1938 États-Unis L’indice CAO est utilisé pour la première
fois dans une étude à large échelle sur la carie aux ÉtatsUnis par Klein, Palmer et Knutson.
Années 1940 États-Unis Trendley Dean détermine le taux
idéal de fluoration de l’eau de consommation afin de
réduire de manière substantielle la carie sans entraîner de
taches sur les dents.
1945 États-Unis L’ère de la fluoration de l’eau débute
lorsque les villes de Newburgh, New York et Grand Rapids
(Michigan) ajoutent du fluorure de sodium dans les systèmes d’eau publics.
1949 Suisse Oskar Hagger, un chimiste, développe le premier système de liaison de la résine acrylique à la dentine.
1949 Nouvelle-Zélande John Patrick Walsh brevette un foret dentaire entraîné par de l’air comprimé, atteignant ainsi
une vitesse très élevée.
1951 France La FDI adopte sa première résolution en faveur de l’utilisation du fluor pour la maîtrise de la carie
dentaire.
1951 Suisse L’Assemblée mondiale de la Santé de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) décide d’intégrer un
programme dentaire aux activités de l’OMS.
1954 Suisse La première brosse à dents électrique est fabriquée. Au début des années 1960, des modèles sans fil sont
mis au point.
104 105
ANNEXE LES GRANDES DATES DE LA MÉDECINE DENTAIRE
Les grandes dates de la médecine dentaire 2005–2015
1955 États-Unis Le premier dentifrice fluoré est mis sur le
marché.
1957 États-Unis Au cours du Congrès dentaire mondial annuel de la FDI à Rome, l’Américain John Borden présente
sa pièce à main dentaire pneumatique haute vitesse.
1957 États-Unis Dentsply lance le détartreur à ultrasons.
Années 1960 Des interventions dentaires assises, à quatre
mains (dentiste et assistant), où le patient est quasiment allongé, se popularisent. Cette technique améliore la productivité et réduit les délais des traitements.
Années 1960 Europe Des lasers sont développés et approuvés pour les procédures sur les tissus mous.
1961 États-Unis/URSS La médecine dentaire spatiale devient une discipline. Lors de séjours prolongés en environnement à gravité zéro, la densité osseuse des astronautes
diminue rapidement, ce qui peut conduire à la perte des
dents.
1962 États-Unis Rafael Bowen développe un complexe
en résine thermodurcissable utilisé dans la plupart des
matériaux modernes de restauration en résine composite.
1965 Allemagne La première pièce à main à micromoteur
est présentée par Siemens, mettant fin à l’ère du bras Doriot.
1971 Allemagne En se fondant sur une suggestion du professeur allemand Joachim Viohl, la notation à deux chiffres
(des dents) de la FDI est adoptée comme standard mondial.
1975 Allemagne L’articaïne devient l’anesthésique standard pour l’anesthésie locale en médecine dentaire.
Années 1980 Suède Per-Ingvar Brånemark décrit des
techniques d’ostéointégration des implants dentaires et
pose les bases de l’implantologie dentaire.
1980 Europe La première directive dentaire de l’Union européenne harmonise la formation des cursus européens,
permettant aux étudiants dentaires de travailler dans tous
les pays de l’UE.
1981 Suisse/R-U L’OMS et la FDI déclarent ensemble les
« Objectifs globaux de santé bucco-dentaire à l’horizon
2000 ».
Années 1980 Monde Les inquiétudes quant à la propagation de nouvelles infections conduisent à une révision
intensive des procédures, des équipements, des consommables et des protocoles de stérilisation dentaires, dans le
but de supprimer tout risque d’infections croisées.
Années 1990 États-Unis De nouveaux matériaux de restauration des dents colorées, ainsi que le recours accru au
blanchiment, aux facettes, et aux implants, inaugurent l’ère
de la médecine dentaire esthétique.
1990 Canada L’expression « une médecine bucco-dentaire
fondée sur le niveau de preuve » (EBD), formulée sur le
modèle d’une « médecine fondée sur des données probantes » (« intégration des meilleures données probantes
de la recherche, de l’expertise clinique et des valeurs des
patients »), est adoptée comme synthèse d’une pratique rationnelle et scientifique de la médecine dentaire.
1994 Suisse/R-U L’OMS et la FDI déclare l’année 1994
comme « l’année internationale de la santé bucco-dentaire », dédiant la Journée mondiale de la santé du 7 avril à
la santé bucco-dentaire.
1997 États-Unis La FDA approuve le laser Erbium-YAG, le
premier à être utilisé sur la dentine, pour soigner la carie
dentaire.
2000 France Au cours du Congrès
dentaire mondial annuel de la FDI à
Paris, le centenaire de l’organisation
est célébré ; à cette occasion, le président français Jacques Chirac reçoit
le Conseil de la FDI au palais de l’Élysée.
2001 France La FDI établit le Comité du développement
dentaire mondial et de promotion de la santé dentaire afin
de répondre aux disparités croissantes en santé bucco-dentaire dans le monde.
2002 États-Unis Le rapport phare Oral Health in America: A
report of the Surgeon General est publié.
2003 Suisse/France/États-Unis Les Objectifs globaux de
santé bucco-dentaire 2020 sont définis conjointement par
l’OMS, la FDI et l’IADR.
2004 Kenya La première Conférence pour la santé bucco-dentaire en Afrique est organisée par la FDI et par
l’OMS à Nairobi. La Déclaration de Nairobi sur la santé
bucco-dentaire en Afrique reconnaît pour la première fois
la santé bucco-dentaire comme un droit humain fondamental.
2005 Suisse La Convention-cadre de l’OMS pour la lutte
anti-tabac (CCLAT) entre en vigueur, en s’appuyant sur le
droit international pour améliorer la santé publique en imposant aux gouvernements de mettre en œuvre des méthodes éprouvées pour diminuer la consommation de tabac.
2005 France La publication commune FDI/OMS Tobacco or Oral
Health est publiée en six langues.
2006 France/Suisse Une consultation d’experts, organisée
par l’OMS, la FDI et l’IADR, reconnaît l’accès au fluor adéquat comme un droit humain.
2007 Suisse Les ministres de la santé de 193 pays adoptent
la première résolution sur la santé bucco-dentaire pour 26
ans lors de la 60ème Assemblée mondiale de la Santé à Genève, appelant à redoubler d’attention en faveur de la santé
bucco-dentaire dans le monde.
2008 Suisse La première journée mondiale de lutte contre
le noma est célébrée à Genève à l’occasion de l’Assemblée
mondiale de la Santé. L’OMS, la FDI et d’autres organisations alertent le monde sur cette maladie oubliée de la
pauvreté.
2008 France La FDI déclare que la Journée mondiale de
la santé bucco-dentaire sera célébrée chaque année le 12
septembre (anniversaire du fondateur de la FDI, Charles
Godon, et date de la conférence historique d’Alma-Ata sur
les soins de santé primaires). En 2013, cette journée de célébration est déplacée au 20 mars.
2009 France La première édition de l’Atlas de la santé bucco-dentaire est publiée par la FDI.
2011 États-Unis Les Nations Unies adoptent la Déclaration
politique de la Réunion de haut niveau des Nations Unies
sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles, reconnaissant la charge de morbidité élevée que
posent les maladies bucco-dentaires à de nombreux pays.
2012 Suisse La FDI publie son document d’orientation La
Vision 2020 de la FDI : une prospection sur l’avenir de la
santé bucco-dentaire.
2013 Suisse La Convention de Minamata sur le mercure est
adoptée par le PNUE afin de limiter la pollution au mercure.
2015 Suisse L’OMS publie ses lignes directrices sur l’apport
en sucres chez l’adulte et l’enfant.
2015 Suisse La FDI publie L’enjeu
des maladies bucco-dentaires : un
appel pour une action mondiale,
la seconde édition de l’Atlas de la
santé bucco-dentaire.
106 107
ANNEXE COMMENTAIRES SUR LES DONNÉES ET SUR LES SOURCES
La collecte de données sur la santé est une tâche complexe qui requiert un cadre d’indicateurs adéquats et convenus, ainsi que des
systèmes sanitaires disposant de dispositifs de surveillance fiables,
et capables d’établir régulièrement des rapports. En outre, il est
nécessaire de bénéficier d’un soutien politique pour allouer les
ressources suffisantes à l’analyse statistique, ainsi que d’un engagement pour la transparence pour garantir un accès ouvert. D’importants progrès ont été réalisés en matière de collecte de données
sur la santé générale et sur la performance des systèmes de santé.
Cependant, tous les domaines de données afférents à la santé bucco-dentaire, aux systèmes de santé bucco-dentaire, et à la performance des programmes de santé bucco-dentaire présentent des
données fortement lacunaires.
Les initiatives entreprises par l’OMS, l’Union européenne et
d’autres organisations afin d’intégrer les indicateurs adéquats de
santé bucco-dentaire aux enquêtes de routine sur la santé sont
des étapes bienvenues pointant dans la bonne direction mais qu’il
reste à mettre en œuvre au niveau national dans de nombreux
pays. La question de l’inclusion des données clés de la santé bucco-dentaire dans les statistiques sanitaires internationales reste une
tâche à entreprendre à une plus grande échelle.
La plupart des cartes et des graphiques présentés dans cet Atlas
reflètent des moyennes calculées à partir de jeux de données disparates dont la couverture et la qualité varient. Ces moyennes
masquent, malheureusement, des différences importantes par rapport à la moyenne arithmétique et peuvent dépeindre, pour certains pays, une réalité plus positive que celle vécue réellement par
d’importants groupes de leur population. Ces moyennes peuvent,
par conséquent, aussi masquer les inégalités existantes, les besoins
en matière de collecte de futures données et de recommandations
d’action.
Certaines des sources de données utilisées dans cet Atlas sont obsolètes, peu fiables, ou elles manquent d’exhaustivité. Pourtant,
elles restent les meilleures disponibles. Est-il préférable de ne pas
avoir de données ou d’avoir des informations datant de plus de
10 ans ? Il est difficile de répondre à cette question. L’étude de
ces données a révélé des écarts surprenants en termes de disponibilité et de qualité, d’ignorance des indicateurs existant en santé
bucco-dentaire lors de l’élaboration des cadres de surveillance nationaux, ou simplement l’absence de données tout court. Néanmoins, il existe tout de même des données de qualité acceptable
pour de nombreux pays, généralement des pays à revenu élevé.
Pour remédier à ce déficit global, il est nécessaire d’entreprendre
des efforts conceptuels, politiques et financiers. Cependant, en
dépit des insuffisances de certaines des données sous-jacentes, les
sources utilisées sont généralement les meilleures disponibles ; et
les cartes permettent de mettre en lumière les problèmes clés en
santé bucco-dentaire qui requièrent une attention et une action
internationales. Après tout, même l’absence de données constitue
en soi une information et un fait digne d’intérêt. Lorsque les données ne sont pas disponibles, le nom du pays n’apparaît pas sur
les cartes.
Même si tous les efforts raisonnables ont été entrepris pour présenter les données les plus récentes et les plus fiables, des erreurs
et des omissions sont toujours susceptibles de se produire. Nous
accueillerons avec le plus grand plaisir toute suggestion et tout
commentaire sur des aspects spécifiques des données et quant à
leur précision, mais nous encourageons cependant vivement nos
lecteurs à se familiariser d’abord avec les remarques suivantes, qui
soulignent la source et les limites de certaines données spécifiques.
En effet, « personne n’aime le messager porteur de mauvaises nouvelles » ! (Antigone, Sophocle, tragédien grec, 496–406 avant J-C).
2 Maladies bucco-dentaires et santé
16–19 Carie dentaire
Bien que la carie dentaire soit la maladie chronique la plus répandue au monde, le manque de données fiables est frappant.
Les données utilisées pour la carte sont extraites du Oral Health
Country/Area Profile Programme de l’OMS, qui est à ce jour le
seul référentiel international disponible sur les données épidémiologiques en santé bucco-dentaire, notamment sur la carie dentaire.
Cependant, les données disponibles sont bien souvent obsolètes :
seuls 15 % des pays dans le monde ont publié de nouvelles données au cours des 5 dernières années ; 20 % au cours des 5-10
dernières années ; 35 % il y a plus de 10 ans ; et près d’un pays sur
trois dans le monde ne dispose d’aucune donnée fiable. Des informations supplémentaires sur les données de santé bucco-dentaire
disponibles, dont des cartes et des tableaux, peuvent être consultées sur le site FDI Data Hub for global oral health (www.fdiworldental.org/data-hub) – qui est la plate-forme en ligne de la FDI et
regroupe en un seul lieu toutes les données disponibles sur la santé
bucco-dentaire.
Par ailleurs, de nombreux jeux de données ne s’appuient pas sur
une enquête nationale et ne sont donc pas représentatifs d’un pays
tout entier. Ils présentent davantage la situation d’une région, d’une
ville ou d’un village. Ils ne reflètent absolument pas les différences
au sein des pays, en d’autres termes entre les zones rurales et urbaines ou entre les différentes couches socio-économiques. Les
données s’attachent en priorité aux enfants âgés de 5 à 6 ans ou de
12 à 15 ans ; et les données pour les autres groupes d’âges ne sont
pas recueillies ou analysées de manière exhaustive. En dépit de la
définition de l’OMS sur les standards d’enquête énoncée dans sa
publication Oral health surveys: Basic Methods, dont la cinquième
édition a été publiée en 2013, les chercheurs et les gouvernements
restent libres de suivre l’ensemble ou certaines de ces lignes directrices, ou d’agir complètement différemment. Cela ne facilite donc
pas la comparaison des études.
Le chiffre illustrant le nombre de personnes affectées par les maladies communes s’appuie sur l’Étude sur la charge mondiale de
morbidité (2010), ainsi que sur les informations obtenues auprès
de la Fédération internationale du Diabète. La carie non soignée
des dents de lait et des dents définitives a été calculée de la manière suivante : la prévalence de la carie non soignée des dents de
lait a été obtenue en divisant le nombre estimé d’enfants affectés,
en se basant sur l’Étude de la charge mondiale de morbidité (caries
dentaires des dents de lait), par le nombre d’enfants âgés de 0 à 12
ans selon les statistiques sur la population mondiale 2010. La prévalence de la carie des dents définitives a été calculée en divisant
le nombre estimé d’adolescents et d’adultes affectés, en se basant
sur l’Étude sur la charge mondiale de morbidité (caries dentaires
des dents permanentes), par le nombre de personnes âgées de plus
de 12 ans selon les statistiques sur la population mondiale 2010.
Les statistiques sur la population mondiale ont été obtenues auprès
du Census Bureau des États-Unis.
Commentaires sur les données et sur les sources
22–23 Maladies parodontales
La carte sur la parodontite chronique aiguë se base sur les données de l’Étude sur la charge mondiale de morbidité et présente
des estimations de la prévalence pour l’année 2010 (Kassebaum
et al, 2014). Cette étude s’appuie sur une revue extensive et systématique de la littérature, qui comprend un total de 72 études,
couvrant 291 170 individus âgés d’au moins 15 ans dans 37 pays
(de 16 des 21 régions, et des 7 super-régions). Cette étude récente
et à grande échelle a été retenue comme source pour cette carte,
dans la mesure où les informations sur les maladies parodontales
contenues dans le Oral Health Country/Area Profile Programme de
l’OMS sont encore plus limitées et obsolètes que les données sur
la carie dentaire.
26–27 Cancer buccal
L’incidence normalisée selon l’âge du cancer buccal est issue des
données du Centre international de recherche sur le cancer, qui
est une agence de l’OMS. Sa base de données GLOBOCAN a servi
à calculer les estimations les plus récentes pour l’année 2012. Le
détail complet des sources de données et des méthodes de la base
de données GLOBOCAN peut être consulté à l’adresse : http://globocan.iarc.fr/Pages/DataSource_and_methods.aspx.
La base de données GLOBOCAN 2012 utilise le code C00-C08
de l’ICD10 pour définir le cancer buccal. Cette définition englobe
les localisations suivantes pour ce cancer : les lèvres, la langue et
le plancher de la bouche, les gencives, le palais, les glandes salivaires et d’autres zones des muqueuses buccales.
30–31 VIH/SIDA et santé bucco-dentaire
La carte est basée sur les dernières données disponibles de l’Observatoire mondial de la Santé de l’OMS et montre le pourcentage estimé de la population âgée de 15 à 49 ans positif au VIH
en 2011. Cependant, les données pour les pays suivants ne proviennent pas de l’OMS, mais de la base de données AIDSinfo 2011
de l’UNAIDS : Bangladesh, République tchèque, Égypte, Inde,
Maldives, Mongolie, Serbie, Sri Lanka, Tunisie et Ouzbékistan. Ces
pays ont été intégrés afin d’avoir une image plus exhaustive pour
établir la carte du monde.
32–33 Noma
Actuellement, il n’existe pas de données mondiales fiables sur le
noma, par conséquent, aucune carte présentant la prévalence ou
l’incidence de cette maladie n’a pu être élaborée. Les estimations
disponibles sont généralement fondées sur le nombre de cas de
noma signalés pour traitement, qui dépend de la fiabilité des systèmes de dossiers médicaux et d’enregistrement des installations
de santé. Par le passé, il a été estimé que seuls 10 à 15 % des cas
de noma ont été orientés pour traitement, et que le taux de mortalité a atteint 80 à 90 %. En se basant sur ces hypothèses, l’OMS
a estimé le nombre total de cas mondiaux annuels à 140 000 en
1994, et à près de 42 000 en 2006. Il n’existe pas de données plus
récentes.
34–35 Anomalies congénitales
Les taux d’incidence des fentes labio-palatines par région du
monde ont été repris de Mossey et al, 2012. Les taux d’incidence
des différents groupes ethniques ont été repris de Gundlach K et
al, 2006. Les données sur l’incidence sont exprimées en nombre
moyen de défauts à la naissance par 100 000 naissances vivantes.
La terminologie afférente aux groupes ethniques a été adaptée. Le
groupe « asiatique » n’inclut pas les données du Japon et de la
Mongolie.
36–37 Traumatismes bucco-dentaires
Les statistiques sur les principales causes des traumatismes bucco-dentaires ont été reprises pour l’Europe de Boffano P et al,
2015 ; et pour le Rwanda de Majambo M et al, 2013. Même si ces
deux études diffèrent de par leur méthodologie et leur périmètre,
elles permettent d’établir une comparaison valable quant au pourcentage des différentes causes des traumatismes bucco-dentaires.
- Maladies bucco-dentaires et facteurs de risque
42–43 Sucre
Les données de la carte se fondent sur les statistiques publiées par
la FAO. Ces statistiques montrent la disponibilité de chaque article alimentaire pour la consommation humaine. Les données de
la carte incluent à la fois les sucres et les édulcorants, qui, selon
la définition de la FAO, comprennent les produits suivants : fructose chimiquement pur, maltose chimiquement pur, sucre et sirops
d’érable, sucre, glucose et dextrose, lactose, isoglucose, boissons
sans alcool ; les données nutritives uniquement : la mélasse. Ces
chiffres incluent donc à la fois le sucre de table (ajouté par le
consommateur aux produits) et les sucres utilisés par l’industrie
agro-alimentaire et ajoutés aux aliments transformés.
L’infographie sur les Faits sur le sucre présente des statistiques sur
la consommation de sucre qui sont des estimations reprenant les
statistiques de la FAO citées ci-dessus. La consommation journalière de sucre par les enfants et par les adultes recommandée par
l’OMS se fonde sur les lignes directrices de l’OMS : Apports en
sucre pour l’enfant et pour l’adulte, publiées en 2015. La teneur
en sucre par 100 g de produits alimentaires se fonde sur les informations disponibles communiquées par l’agence britannique
National Health Service. Il est important de noter que la teneur
en sucre de ces différents produits peut varier entre les pays, ainsi
qu’entre les marques. Les pourcentages de sucre indiqués ne sont
donc donnés qu’à titre indicatif.
44–45 Tabac
Les données sur la consommation mondiale de cigarettes et les
faits de l’infographie sont repris du Tobacco Atlas (quatrième édition) avec la permission de l’American Cancer Society.
48–49 Alimentation
Les données sur l’indice de masse corporelle (IMC) ont été choisies
pour illustrer l’une des conséquences les plus importantes d’une
alimentation inappropriée. Ces données sont issues de l’Observatoire mondial de la Santé de l’OMS et présentent le pourcentage de
personnes âgées de plus de 20 ans présentant un indice de masse
corporelle de 25 ou supérieur, et comprenant les catégories du
surpoids et de l’obésité.- Maladies bucco-dentaires et société
52–53 Les inégalités en santé bucco-dentaire – État de santé
bucco-dentaire
La carte de Londres reprend l’indice britannique de défavorisation multidimensionnel (Multiple Deprivation Index) qui intègre
sept aspects : le revenu ; l’emploi ; la défavorisation sanitaire et le
handicap ; les compétences éducationnelles et la formation ; les
obstacles au logement et aux services ; le crime ; l’environnement
de vie. Il est utilisé avec la permission du Data Blog du Guardian.
Cette carte a été fusionnée avec les données du projet «Lives on
the Line», lancé par le University College London, qui montre la
différence d’espérance de vie d’une station de métro à l’autre. Les
108 109
ANNEXE ABRÉVIATIONS
données sur la prévalence de la carie dentaire chez les enfants de
5 ans dans une sélection d’arrondissements de Londres reprennent
les données du NHS de 2012 (Muirhead V et al, 2013).
Les données sur l’édentation sont reprises de Guarnizo-Herreño
et al, 2013. Les pays ont été regroupés en fonction de la typologie
du régime d’assurance santé de Ferrera (scandinave, anglo-saxon,
bismarckien, et méridional) avec l’ajout du régime des pays d’Europe de l’Est. Le régime scandinave englobe la Suède, la Finlande
et le Danemark ; le régime anglo-saxon englobe le Royaume-Uni
et l’Irlande ; le régime bismarckien englobe l’Autriche, la Belgique,
la France, l’Allemagne, le Luxembourg, et les Pays-Bas ; le régime
méridional englobe la Grèce, l’Italie, le Portugal et l’Espagne ; et le
régime des pays d’Europe de l’Est englobe la République tchèque,
l’Estonie, la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie, et la Slovénie. La
politique sociale suivie au sein de chacun de ces cinq modèles
sociaux présente des caractéristiques spécifiques en termes de
dépenses quant à l’aide sociale, d’emploi, de source principale
de financement, de niveaux de pauvreté, de redistribution, et de
privatisation de l’aide sociale (pour de plus amples informations,
consulter Popova & Kozhevniova, 2013). Le graphique présenté
montre que les niveaux d’édentation affichent des modèles similaires chez les personnes ayant un parcours professionnel et éducatif identique, quel que soit le type de système de santé du pays
dans lequel ils vivent.
54–55 Les inégalités en santé bucco-dentaire – Impact des maladies bucco-dentaires
Qu’est-ce que les années de vie corrigées du facteur d’incapacité (AVCI) ? Selon la définition de l’OMS, une AVCI peut être vue
comme une année en bonne santé « perdue », et la somme de
toutes ces AVCI au sein de la population, ou charge de morbidité,
comme une mesure de l’écart existant entre la situation sanitaire
actuelle et une situation idéale où tout le monde atteindrait la vieillesse sans maladie ni invalidité. Les AVCI pour une maladie ou une
affection donnée sont calculées comme la somme des années de
vie perdues (YLL) à cause d’une mortalité prématurée au sein de
la population et des années perdues à cause d’incapacités (YLD)
pour les personnes vivant avec l’affection considérée ou ses conséquences. Les données utilisées pour la carte illustrant la charge des
maladies bucco-dentaires sont reprises de l’Étude mondiale sur la
charge de morbidité (Marcenes et al, 2013). Les données pour le
graphique illustrant l’impact du revenu du foyer sur la qualité de
vie liée à la santé bucco-dentaire sont reprises de Sanders et al,- Enfin, les données du graphique illustrant l’effet de l’éducation sur la perception de la santé bucco-dentaire sont adaptées de
Guarnizo-Herreño et al. (2014).
56–57 Les inégalités en santé bucco-dentaire – Accès aux soins
bucco-dentaires
Le graphique sur « le prix de la négligence » reprend les données
de Maiuro L, 2009.
Les données illustrant le coût de différentes maladies dans les 27
pays européens ont été obtenues auprès de différentes sources
et études, toutes indiquées dans les références. Des données ont
été obtenues pour les maladies cardiovasculaires (Nichols M et
al, 2012) ; le cancer (Luengo-Fernandez R et al, 2013) ; la maladie d’Alzheimer (Wimo A et al, 2009); les maladies pulmonaires
(European Respiratory Society, 2012) ; le diabète (IDF, 2013) ; les
maladies neurologiques – notamment la sclérose en plaques, les
maladies neuromusculaires et les AVC (Olesen J et al, 2012) ; et le
coût des maladies bucco-dentaires (Eaton K, 2012).- Maladies bucco-dentaires : prévention et
traitement
60–61 Fourniture de soins bucco-dentaires – Dentistes
La méthode traditionnelle d’évaluation des effectifs nationaux
consiste à calculer le ratio de professionnels par rapport à la population. Une telle carte est présentée dans la section suivante Fourniture de soins bucco-dentaires – Équipe dentaire.
Cette section-ci présente une nouvelle approche, où l’indicateur
de mesure est un ratio entre le nombre de professionnels de santé
bucco-dentaire dans un pays donné et la charge de morbidité des
maladies bucco-dentaires. Ce ratio s’appuie sur les données de
l’OMS sur la densité du personnel de santé bucco-dentaire (appelé personnel dentaires par l’OMS, et incluant les dentistes, les
personnels auxiliaires et les techniciens de laboratoire pour certains pays). Il s’agit des professionnels disponibles pour traiter la
charge de morbidité des maladies bucco-dentaires. À des fins de
simplicité, la charge est exprimée en AVCI, et elle est calculée en
utilisant les données de la carie non soignée des dents de lait et
des dents définitives, ainsi que des maladies parodontales aiguës,
se rapportant par conséquent aux maladies bucco-dentaires présentant la charge de morbidité la plus élevée (Kassebaum et al,
2014 & 2015).
Cet indicateur de mesure permet de mettre particulièrement en
avant les régions présentant une charge de morbidité élevée et un
nombre de professionnels de santé bucco-dentaire restreint. Une
valeur donnée doit être considérée par rapport aux autres pays et
aux autres indices. Le ratio souligne également l’importance d’alléger le poids de la charge de morbidité, plutôt que d’accroître
le nombre de professionnels, s’agissant du seul moyen réaliste de
traiter les maladies bucco-dentaires. Tous les détails de ce nouvel indicateur de mesure, comprenant sa méthodologie, son interprétation et son application, seront communiqués dans un article
scientifique à venir.
Les ratios de dentistes féminins/masculins ont été communiqués
par les associations dentaires nationales membres de la Fédération
dentaire internationale.
62–63 Fourniture de soins bucco-dentaires – Équipe dentaire
Les statistiques sur le personnel dentaire sont tirées des Statistiques sanitaires mondiales 2014 de l’OMS qui couvrent les années 2006-2013. Pour les pays pour lesquels il n’existe pas de
données récentes, des données plus anciennes ont été reprises :
Antigua-et-Barbuda 1997, Somalie 1997, Haïti 1998, États-Unis
d’Amérique 2000, Honduras 2000, Papouasie-Nouvelle-Guinée
2000, Grèce 2001, Venezuela (République bolivarienne du) 2001,
Saint Kitts and Nevis 2001, Dominique 2001, Saint-Vincent-etles-Grenadines 2001, Paraguay 2002, Sainte-Lucie 2002, Andorre
2003, Portugal 2003, Espagne 2003, Pays-Bas 2003, République
populaire démocratique de Corée 2003, Nicaragua 2003, Lesotho
2003, Éthiopie 2003, Seychelles 2004, Argentine 2004, Italie 2004,
Philippines 2004, Irlande 2004, Maurice 2004, Suriname 2004,
Sao Tome-et-Principe 2004, Gabon 2004, Comores 2004, Guinée équatoriale 2004, Botswana 2004, Angola 2004, Népal 2004,
Mozambique 2004, Érythrée 2004, Congo 2004, République démocratique du Congo 2004, Burundi 2004, Tchad 2004, Barbade
2005, Iran (République islamique de) 2005, îles Salomon 2005,
Chine 2005, Ouganda 2005, Guinée 2005.
De plus, ces statistiques de l’OMS incluent non seulement les
dentistes, mais aussi les infirmiers dentaires, les hygiénistes dentaires, et les techniciens de laboratoire dentaires. Parmi toutes les
statistiques sur les professionnels de santé issus des Statistiques sanitaires mondiales 2014 de l’OMS, seule la catégorie « dentiste »
s’appuie sur une telle approche non différenciée, tandis que les
chiffres pour les médecins, les infirmiers et les pharmaciens sont
bien distincts. La raison de cette différence d’enregistrement statistique n’est pas claire. En raison de la variabilité des sources de données, il peut être difficile de faire la distinction entre les dentistes
et les professions auxiliaires pour tous les pays, dans la mesure où
ils ne font pas l’objet de rapports séparés. Les chiffres présentés
peuvent donc surestimer les personnels disponibles, et ils peuvent
ne pas être comparables avec les données sur les dentistes provenant d’autres sources, notamment les statistiques nationales.
64–65 Fournitures de soins bucco-dentaires – Continuum des
soins bucco-dentaires
Les données sur la disponibilité et sur l’utilisation des soins bucco-dentaires présentées dans le graphique sont reprises de Hosseinpoor et al, 2012, qui a analysé les données de 52 pays ayant
participé à l’Enquête mondiale sur la Santé 2002–2004. Les informations sont basées sur un questionnaire qui faisait partie d’une
enquête plus large.
66–67 Prévention de la carie dentaire – Fluors
Les informations sur l’utilisation mondiale du fluor se basent sur
des estimations réalisées pour l’année 2000 par Rugg-Gunn, 2001,
mais elles ont été adaptées car des estimations plus récentes ont été
réalisées. Ces données doivent être interprétées avec la plus grande
prudence, dans la mesure où des populations peuvent bénéficier
simultanément de plusieurs sources de fluor. Ainsi, la majorité des
personnes consommant de l’eau fluorée bénéficie aussi probablement de l’utilisation du dentifrice fluoré. La simple somme des personnes utilisant différents modes d’exposition au fluor ne permet
donc pas de fournir une estimation fiable du nombre de personnes
bénéficiant du fluor dans le monde. Les données sur la fluoration
de l’eau ont été utilisées avec la permission de la British Fluoridation Society et reprises de sa publication One in a Million, 2012.
Les informations sur les autres méthodes de fluoration sont encore
plus rares et s’appuient bien souvent sur des estimations (tel qu’indiqué dans le texte – données sur la fluoration du sel en 2013,
autres méthodes de fluoration 2001). L’absence d’informations
fiables sur l’utilisation est en contradiction avec l’importance des
fluors dans la prévention de la carie dentaire.
68–69 Prévention de la carie dentaire – Dentifrice fluoré
Les données sur les habitudes de brossage des dents sont issues
d’une étude portant sur 20 pays (Honkala et al, 2015). Les données
sur le coût annuel du dentifrice fluoré en termes de nombre de
jours de dépenses d’un foyer sont basées sur une étude menée par
Goldman et al, 2009. Dans leur calcul, la consommation annuelle
moyenne a été établie à 182 g/personne.- Les enjeux en santé bucco-dentaire
72–73 Enjeux de la formation
Les statistiques sur les écoles dentaires dans le monde sont reprises
de la base de données de l’IFDEA (International Federation of Dental Educators Association). Dans la plupart des pays, le nombre
d’écoles dentaires est resté stable au cours des 10 dernières années, notamment dans les pays à revenu élevé ; tandis que dans des
pays spécifiques, tels que le Brésil, l’Inde, le Pakistan et d’autres, le
nombre d’institutions de formation dentaire s’est fortement accru,
en raison essentiellement d’un boom des écoles privées.
74–75 Enjeux des migrations internationales
Il n’existe quasiment pas de données sur les migrations internationales des dentistes, en dépit des efforts internationaux considérables menés pour recueillir des données sur les migrations des
autres professionnels de santé. Cela peut s’expliquer par le volume
global relativement restreint de ces migrations. Cependant, pour
les pays plus petits, elles peuvent constituer un problème important. Les données disponibles sur les migrations des dentistes ont
été simplifiées et condensées ; seuls les principaux flux de migration, pays d’origine et pays de destination sont représentés sur la
carte.- La santé bucco-dentaire dans l’agenda mondial
80–81 Santé bucco-dentaire et MNT
Les données utilisées pour la carte montrant les décès dus aux
MNT – taux de mortalité normalisé selon l’âge (pour 100 000 habitants), pour les différents sexes, 2012 – ont été reprises de la base
de données de l’Observatoire mondial de la Santé de l’OMS. Les
estimations du coût de l’action vs. inaction dans les pays à faible
revenu et à revenu intermédiaire ont été reprises d’un rapport commandé par l’OMS et publié par le Forum économique mondial
en 2011. Un rapport supplémentaire publié à la même époque
estime que le coût mondial des MNT, dont les maladies mentales,
s’élèvera à 47 mille milliards de dollars américains au cours de la
période 2010–2030 (Bloom et al, 2011).
La frise chronologique fait la synthèse des grandes dates et des
autres événements liés aux MNT, repris de sources différentes, et
elle n’a pas vocation à être exhaustive.
84–85 Santé bucco-dentaire et développement mondial
Le délai éditorial de l’Atlas de la santé bucco-dentaire était avril- À ce moment, les Objectifs de développement durable
étaient toujours en négociation et n’avaient pas été approuvés
de manière définitive. La phraséologie a été choisie en conséquence afin de tenir compte de toutes les révisions et modifications possibles.
88–89 Amalgame dentaire et Convention de Minamata
Les données de la carte illustrant le nombre de parties signataires à
la Convention de Minamata sont reprises du PNUD et reflètent le
statut de la Convention tel qu’au mois d’avril 2015.
Abréviations utilisées dans l’Atlas
AVCI Années de vie corrigées de l’incapacité
CAO Dents cariées, absentes, obturées
FDI Fédération dentaire internationale
MNT Maladies non transmissibles
OCDE Organisation pour la coopération et le
ODD Objectifs de développement durable
OMD Objectifs du Millénaire pour le développement
OMS Organisation mondiale de la Santé
PNUD Programme des Nations Unies pour le
développement
PNUE Programme des Nations Unies pour l’environnement
UHC/CSU Couverture sanitaire universelle
110 111
ANNEXE RÉFÉRENCES
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alcool 11, 13, 14, 46–47, 94
disponibilité et prix de 46
facteurs de risque de
anomalies congénitales 34
cancer buccal 26, 27, 29, 39, 46, 47,
93
caries dentaires 46
maladies parodontales 22, 25, 41,
46, 92
MNT 14, 25, 39, 40, 41, 59, 80
traumatismes buccaux 41, 46
politiques visant à réduire la
consommation d’ 40, 46, 81, 82, 94
amalgame dentaire 88, 89, 99, 103
anomalies congénitales 13, 34–35
approche pour une bonne santé buccodentaire tout au long de la vie 14
brossage des dents 10, 68, 69
cancer buccal 26–29, 93
caries dentaires 10, 11, 16–21, 51, 54, 92
absence de données standardisées 16
développement de la maladie 18–19, 42
facteurs de risque de 41, 42, 46, 99
facteurs influençant le développement
des 19
impact sur la santé générale et le bienêtre 16, 21
moyenne CAO chez les enfants de
12 ans 16–17
prévention des 21, 66, 68, 69
Charte d’Ottawa pour la promotion de la
santé 39, 51
consommation de tabac 11, 13, 14, 44–45
consommation de tabac non fumé 44, 45
facteurs de risque de
anomalies congénitales 34
cancers buccaux 26, 27, 39, 45
maladies parodontales 22, 24, 25,
41, 45
MNT 14, 25, 39, 40, 41, 59, 80
politique de lutte contre le tabagisme
39, 40, 44, 82, 94
tabac fumé 44, 45
Convention de Minamata sur le mercure
(2013) 79, 88–89, 96, 105
Couverture sanitaire universelle 79, 84,
86–87, 92, 96
Déclaration universelle des droits de
l’homme des Nations Unies 13
dentifrice voir fluor
dentistes 60–61
illégaux 62, 63
ratio dentistes féminins/masculins 61
ratio par rapport à la charge de
morbidité de l’AVCI perdue à cause
des maladies bucco-dentaires 60, 61
dentition 10–11, 92
dénutrition 48 voir aussi régime
alimentaire
déterminants sociaux de la santé 39, 40,
41, 84, 94
politique pour traiter 40, 60, 94
données voir surveillance des maladies
édentation 15, 51
éducation dentaire 71, 72–73, 96, 102
étiquetage alimentaire 48, 51
Étude mondiale de morbidité 13, 16
facteurs de risque 39–50, 94
approche basée sur des facteurs de
risques communs 29, 40, 59, 82, 94
pour les MNT dont les pathologies
bucco-dentaires 13, 14, 25, 39, 41,
80, 81, 84
facteurs de risques communs voir facteurs
de risque
fente labiale et/ou palatine voir
malformations orofaciales
fentes oro-faciales 34–35, 93, 100
facteurs de risque pour 34
politique pour améliorer le traitement
des 34
traitement des 34, 35
fluor 18, 21, 66–67, 96
accès universel au 21, 59, 66, 105
capacité financière à acheter du 21, 64,
68, 69
dentifrice fluoré 10, 21, 65, 66, 68–69,
92, 96, 104
intervention de fluoration 59, 66, 67,
96, 106
politiques en matière de 68, 96
gingivite 22
gradient social voir inégalités
hygiène bucco-dentaire 11, 18, 22, 23, 32,
62, 65, 66, 68, 92, 96, 99
hypodontie 34
Indice CAO 17, 103
inégalités 51–57, 95
dans la morbidité 14, 52, 54–55, 95
dans la santé bucco-dentaire des
populations plus jeunes 54
dans l’accès aux soins bucco-dentaires
39, 51, 56–57, 95
dans l’éducation et son impact sur la
perception de sa santé buccodentaire 55
dans l’état bucco-dentaire 51, 52–53
maladies non transmissibles (MNT) 9
facteurs de risques communs avec les
maladies bucco-dentaires 13, 14, 25,
39, 41, 80, 81
taux de mortalité lié au 80, 81
maladies parodontales 11, 13, 22–25, 54,
92, 99
absence de données standardisées sur
22
association avec
bébés prématurés, ayant un poids
insuffisant à la naissance 15, 22
cancer gastro-intestinal et cancer du
pancréas 15
diabète 15, 22
maladies cardiovasculaires 15, 22
maladies respiratoires 15, 22
VIH/SIDA 14, 26
développement des 23
facteurs de risque de 22, 25, 41, 44, 46
signe d’autres troubles 14, 15
malnutrition 48 voir aussi régime
alimentaire
malocclusion 34
mercure 88–89
noma 13, 15, 32–33, 93
détection et traitement du 33, 93
facteurs de 33, 48
obésité 48, 49
facteurs de risque d’anomalies
congénitales 34
facteurs de risque de maladies
parodontales 25
Objectifs de développement durable des
Nations Unies (ODD) 9, 79, 84, 85
Objectifs du Millénaire pour le
développement des Nations Unies 79,
84, 85
Organisation mondiale de la Santé (OMS)
82–83
Index alphabétique
Crédits photographiques
Couvertures Tony Camacho/Science Photo Library; 10 iStockphoto.
En haut, de gauche à droite : bmcent1; Zurijeta; GordonsLife;
Bottom row: energy; acilo; monkeybusinessimages; yvdavyd;
Hogie; joecobbs; shironosov; Suze777; 13 G.M.B. Akash / Panos;
15 comotion_design / iStockphoto; 18 Science Photo Library; 20
iStockphoto. De gauche à droite : phildate; bowdenimages; jaroon;
24 iStockphoto / jaroon; 28 © Kurt Krieger/Corbis; © Denis O’Regan/Corbis; 32 © Charlotte Faty Ndiaye: WHO/AFRO; 33 Winds of
Hope / Philippe Rathle; Winds of Hope / Philippe Rathle; iStockphoto / MShep2; iStockphoto / ranplett; iStockphoto / agafapaperiapunta; 34 Dr MA Ansary / Science Photo Library; 37 Meinzahn
/ iStockphoto; urbancow / iStockphoto; 38 Sofie Delauw / Cultura
/ Science Photo Library; 41 iStockphoto, commençant en haut à
droite, dans le sens horaire : Twirl; PeopleImages; MotoEd; diane
39; Inakiantonana; Sergey Nivens; jonya; Fertnig; 50 Chris Stowers
/ Panos; 58 4774344sean / iStockphoto; 70 kevinruss / iStockphoto;
78 Sanjit Das / Panos; 90 Chris De Bode / Panos; 99 jade tooth,
Mayan skull: Anything and Everything Blog; Halin teeth: Myanmar
Archaeology Students Blog; Bridge: What’s behind a smile?/ Discovery Museum, Newcastle, UK; 101 Laughing gas: David Pearce,
BLTC Research; Waterloo teeth: British Dental Association; 102
Vulcanite dentures: British Dental Association; Beaman Hobbs: Kansas Historical Society; 103 Irene Newman: Find A Grave, Inc.; Ritter
chair: Ritter Dental; FDI Paris: FDI World Dental Federation.
120
code de pratique pour le recrutement
international 74
Convention-cadre de l’OMS pour la
lutte anti-tabac 44, 82, 105
définition de la santé bucco-dentaire 13
estimation du coût du traitement des
maladies bucco-dentaires 56
modèle de système de santé buccodentaire approuvé 64
Plan d’action de l’OMS pour la
promotion de la santé bucco-dentaire
(2007) 59
Plan d’action mondial de l’OMS
pour la lutte contre les maladies non
transmissibles 79, 80, 81, 83
Programme régional de l’OMS de lutte
contre le noma 32, 33
recommandations en matière de
chirurgie reconstructive des fentes
orofaciales 34
consommation de sucre 42, 43, 82,
83, 105
fluor 66
régime alimentaire 49
voir aussi stratégies
plaque dentaire 18, 19, 69
politiques pour
améliorer le dentifrice fluoré 68
améliorer le traitement des anomalies
congénitales 34
faire la promotion d’un régime
alimentaire équilibré 48
lutter contre le tabagisme 39, 44
prévenir les traumatismes buccodentaires 36
réduire la consommation d’alcool 46
réduire la consommation de sucre 42
traiter les déterminants sociaux 40, 52
priorités de recherche de l’IADR-GOHIRA
77
problèmes de santé des populations plus
âgées 14
professionnels de santé bucco-dentaire
62–63, 95
migration des 71, 74
ratio du personnel par rapport à la
population 62, 63
rôle dans l’atténuation des inégalités en
santé bucco-dentaire 52, 60, 95
programmes de fluoration de l’eau 39, 51,
66, 67 voir aussi fluor
protège-dents 11
régime alimentaire 48–49, 94
facteurs de risque de
maladies bucco-dentaires 34, 39, 41,
48, 59
MNT 14, 25, 39, 40
impact sur les maladies parodontales 22
politiques pour promouvoir un régime
équilibré 48, 59
régime équilibré 48, 49
Réunion de haut niveau des Nations Unies
sur la prévention et la maîtrise des MNT
59, 80, 82, 83
salive
absence de 13
utilisée pour identifier les marqueurs du
VIH 15
santé bucco-dentaire
en tant que droit humain 13, 84
enjeux en 71–77
intégration aux stratégies de diminution
des MNT 21, 29, 79–83, 92, 96
liens avec la santé générale 13, 14–15,
84, 92
partie intégrante du développement
durable 84, 85, 96
recherche sur 76–77
soins bucco-dentaires 60–66
accès aux 21, 60, 64, 65
continuum des 64, 65
soins bucco-dentaires élémentaires 64
soins dentaires 11
stratégies de promotion de la santé et
interventions préventives au sein de la
population 9, 51, 59
stratégies pour combattre
cancers buccaux 26, 29
caries dentaires 21, 66
consommation excessive d’alcool 46
maladies parodontales 25
sucre 42–43, 51, 99
avantages de la diminution 21
facteurs de risque de
maladies bucco-dentaires 39, 42, 101
MNT 14, 25, 39, 40, 42, 59, 80
impact sur les caries dentaires 10, 18,
19, 42, 66
impact sur les maladies parodontales 25
lignes directrices de l’OMS sur 42, 43
politique pour limiter la consommation
42, 48, 82, 94
sucres ajoutés 39, 42, 43, 46, 47, 48, 51
surveillance des maladies 93
absence de 16, 22, 56, 84
cancer buccal 29
maladies bucco-dentaires 21
maladies parodontales 29
tabac voir consommation de tabac
témoignages de patients 20, 24, 28,
tourisme dentaire 71, 75
traumatismes bucco-dentaires 13, 36–37,
93
facteurs de risque de 36, 41, 46
politique pour prévenir les 36
troubles bucco-dentaires 13–38 voir aussi
troubles spécifiques
AVCI perdue à cause des 54
charge mondiale des 9, 13, 84
coût indirect des 56, 84
impact sur la qualité de vie 16, 21, 54,
56
nombre de personnes affectées par 16,
54
surveillance, contrôle et évaluation des
21
VIH/SIDA 30–31, 93
impact sur les troubles bucco-dentaires
13, 14, 26, 30
symptômes bucco-dentaires 13, 30
Vision 2020 de la FDI 9, 59, 62, 71, 105
À propos de la FDI
La Fédération dentaire internationale (FDI) est le principal organe de
représentation de plus d’un million de dentistes dans le monde. Elle est
chargée d’élaborer des politiques de santé et des programmes d’éducation
continue, de s’exprimer au nom de la profession dentaire dans les efforts
de promotion et de défense internationaux et d’apporter un soutien à ses
associations membres lors des activités mondiales de promotion de la santé
bucco-dentaire. Au fil des ans, la FDI a élaboré de nombreux programmes,
initiatives, campagnes et politiques et tenu de nombreux congrès, toujoursdans l’optique d’occuper un espace qu’aucune autre organisation non-gou
vernementale n’est en mesure de prendre.
La FDI travaille au niveau national et au niveau international, par le bi
ais de ses propres activités et de celles des associations dentaires qui en
sont membres. Elle entretient des relations officielles avec l’Organisation
mondiale de la Santé (OMS) et elle est membre de l’Alliance mondiale des
professions de santé (AMPS).
Les maladies bucco-dentaires, telles que la carie dentaire, les maladies parodontales et le cancer buccal, comptent parmi les maladies
humaines les plus courantes et les plus répandues. Il est généralement possible de les relier aux mêmes facteurs de risque évitables
que plus de 100 autres maladies non transmissibles. Pourtant, l’attention internationale accordée aux maladies bucco-dentaires ne
reflète pas le nombre élevé de cas, ni l’impact de ces maladies sur
les personnes, sur les populations et sur la société civile.
La première édition de l’Atlas de la santé bucco-dentaire a cherché
à « cartographier un problème de santé mondiale négligé ». La nouvelle édition de cet Atlas continue à mettre en lumière l’ampleur de
ce problème dans le monde et revient sur les politiques et stratégies
mises en place pour traiter la charge de morbidité mondiale des maladies bucco-dentaires. L’enjeu des maladies bucco-dentaires – un
appel pour une action mondiale est une ressource de grande valeur
pour les experts de la santé publique, les décideurs politiques, la profession bucco-dentaire et toute personne s’intéressant à la santé bucco-dentaire.
Parmi les nombreux sujets de santé bucco-dentaire traités
dans cet Atlas :
- l’impact et la charge des maladies bucco-dentaires, telles que la
carie dentaire, les maladies parodontales, le cancer buccal et d’autres- les grands facteurs de risque et l’approche basée sur des facteurs de
risque communs • les inégalités en santé bucco-dentaire • la prévention et le traitement des maladies bucco-dentaires • les enjeux des
maladies bucco-dentaires • s’assurer que la santé bucco-dentaire est
portée sur les agendas mondiaux de la santé et du développement.